Il pleut des cordes . Rachael Magidson et le Hot Strings Trio

Par Philippe Desmond.

molly malone

Ce dimanche soir à Bordeaux, dehors il pleut des cordes . A l’intérieur du Molly Malone’s aussi mais pas les mêmes.

En effet une guitare, un violon et une contrebasse composent le trio qui joue ce soir, dit par certains « à la Française »  en référence au quintette à cordes du Hot Club de France. Le nom du groupe d’ailleurs est le « Hot Strings Trio » avec Thierry Lujan à la guitare, Nicolas Frossard au violon et Franck Richard à la contrebasse. Mais le trio est en fait un quartet car plus qu’épaulé par Rachael Magidson au chant, à la batterie légère – une femme avec un balai dans chaque main au 21ème siècle ? – et parfois à la trompette.

Il y a longtemps que je n’avais pas entendu ce type de formation, c’était en août 2014 à Capbreton avec trois débutants du nom de Clarke, Ponty et Lagrene… Pas de piano, pas de vraie batterie, pas de cuivres et c’est vrai que la couleur est totalement différente. Une certaine douceur, de la délicatesse, de la légèreté et de la chaleur acoustique.

Le ton est enjoué, donné par le dynamisme du violon et ses dialogues avec la guitare, Rachael pose sa très jolie voix la dessus et on se laisse prendre, On est dans du « classique » de l’historique que certains puristes de la vieille école revendiquent comme le seul vrai jazz écoutable ; il l’est et même plus que ça mais heureusement pas le seul !

Avec une aisance remarquable et dans la bonne humeur les musiciens vont nous proposer de finir ce dimanche, et pour certains ces vacances, dans une ambiance bien agréable. Répertoire de standards magnifiquement chantés, « I can’t give you anything but love », « Love for sale », un joli arrangement de « J’attendrai », d’autres titres moins connus – de moi – dont un certain « Esperando » originalement commencé et conclu à la trompette par Rachael.

Les interventions de Thierry Lujan à la guitare sont pleines de rondeur et d’élégance avec ce son si caractéristique des demi-caisses électriques de jazz. Le violon de Nicolas Frossard ajoute cette légèreté que ses illustres prédécesseurs nous ont habitué à entendre, une certaine gaîté même, du swing. L’assise du tout étant parfaitement assurée par Franck Richard, la formation tourne vraiment très rond. Une soirée bien sympa.

Merci au Molly Malone’s de Bordeaux de proposer ainsi des atterrissages en douceur les fins de dimanches.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *