HBC the super trio du guitariste Scott Henderson

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Par Philippe Desmond – Photos Alain Pelletier

Hier matin en me réveillant – ça commence comme du blues – encore dans un demi sommeil, je crois bien avoir entendu à la radio que l’on fêtait les soixante ans de la Fender Stratocaster. Je ne me doutais pas encore que le soir même j’allais assister à une magnifique célébration de cet anniversaire.

Hier soir donc nous voilà avec les amis d’Action Jazz au Rocher de Palmer pour un évènement exceptionnel, la venue de HBC the super trio du guitariste Scott Henderson. Plus exactement HBN, le C du trio, le batteur Denis Chambers confronté à de graves problèmes de santé ayant laissé sa place tout récemment à une autre grosse pointure, Gary Novak (Chick Corea, George Benson, Bob Berg…). Le B du trio n’est autre que Jeff Berlin (Bill Bruford, John Mc Laughlin, ABWH…) un géant avec une dégaine de vieil ado à la Harry Potter, doté d’une exubérance et d’un humour hors pair. Le H c’est donc Scott Henderson qui a joué avec le Chic Corea Elektric band, Jean Luc Ponty, Joe Zawinul… Excusez du peu. Entre deux morceaux hier soir et dans l’hilarité générale il nous a dit avoir un jour refusé une proposition de Miles Davis, la plus grande bêtise de sa vie !

Mes amis quel concert ! Après un début chaotique où ni la basse ni la guitare n’étaient sonorisées et pendant lequel Jeff Berlin, un vrai clown, nous a entonné la vie en rose – LE symbole de la chanson française pour un Américain – le concert s’est de suite emballé sans jamais tourner à la démonstration technique des musiciens.

Soixante ans la Strato donc – comme son guitariste – et toutes ses cordes ! D’un bleu turquoise bien criard elle a enchanté dans les mains de Scott le public d’une 650 du Rocher bien garnie. Quel hommage à cette guitare mythique !

Répertoire jazz rock, jazz fusion, hard jazz, appelez ça comme vous voulez, de la musique amplifiée – et le mot est faible – de grande qualité ; des exemples ? Quelques extraits du Black Market de Weather Report, dont le morceau titre remarquablement interprété la guitare, Scott reprenant avec finesse ou violence la partition de Zawinul, Jeff Berlin nous faisant oublier ce Jaco Pastorius qui lui a fait un peu trop d’ombre dans sa carrière… Gary Novak ? Sur ce titre qu’il jouait live pour la première fois, en plus du public, il a même épaté ses partenaires ce que n’a pas manqué de nous avouer un Jeff Berlin ébahi : « depuis le temps que je joue Black Market je ne l’ai jamais fait parfaitement et lui dès la première fois il l’a fait ! ». Quel grand batteur, finesse, puissance, polyrythmie, du grand art.

Un morceau plus ancien de Wayne Shorter, une version cataclysmique de Come Together des Beatles, the Chicken de Jaco Pastorius, du blues, chaque fois l’occasion de chorus enthousiasmants sans je le répète tourner à la démonstration. Un trio de vrais virtuoses jouant avec un plaisir communicatif. Quel guitariste ! Quel bassiste ! Quel batteur ! Quel trio !

Une petite pause qui permet à Jeff Berlin seul en scène de nous livrer avec sa Fender Bass une improvisation délicate de notre Marseillaise nationale, entremêlée de notre Vie en Rose internationale ; la revoilà.

Entre les morceaux beaucoup de connivence avec le public – malheur aux non anglophones – notamment quand Scott Henderson précise que nous pouvons enregistrer des vidéos mais surtout ne pas les mettre sur Youtube, non qu’il ait honte de sa prestation, mais parce que les basses ne sortent pas bien ! Il nous donnera ensuite la solution pour retrouver un peu de paix dans ce monde difficile : acheter ses CD ! En plus une fille de 10 ans à nourrir ; ce sur quoi renchérit Berlin, nous montrant la photo de sa nouvelle femme et nous précisant qu’elle souhaitait une nouvelle maison !

Public debout, ovation, rappel ; un concert mémorable

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