GEORGE SPANOS – Chronique « DREAMS BEYOND »

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D’Olympie à New York downtown.

Par Dom Imonk

Parue le 01 mai 2015 dans la Gazette Bleue N° 10

George Spanos est né à Athènes, il y a un peu plus d’un tiers de siècle. Il s’est assez vite intéressé à la musique, commençant le piano à l’âge de huit ans, puis choisissant la batterie quelque six ans plus tard. Son apprentissage le pousse vers des univers éclectiques, où ses professeurs et prestigieux guides seront, entre autres, Victor Jones, Antonio Sanchez, Gary Burton et Horacio El Negro Hernandez.
Curieux de tout et devenant peu à peu un expressionniste aux multiples directions, il se produira en Europe (dont en de hauts lieux de la Grèce), aux USA et au Canada, dans divers styles, allant du jazz à la world, en passant par le classique, avec notamment le « Symphony Orchestra of Iasi ».
Puis, il y a à peine deux ans, il a rejoint la scène « downtown » de New York, et s’y est pour la première fois produit au Stone, club incontournable du Lower East Side, où se retrouve une bonne part de la mouvance d’avant-garde de la Grosse Pomme. Le maître des lieux, John Zorn, l’avait invité dans le cadre d’une « Improv Night » de folie, dont on entend encore parler aujourd’hui. Ce fut pour lui l’occasion de se frotter à quelques grandes figures, comme Ikue Mori et Sylvie Courvoisier, dont une vidéo de leur trio, glanée sur les réseaux sociaux et postée par George Spanos en personne, m’avait fortement intrigué.
Après un premier album, « Jungle of Illusions », encensé par la critique, le voici de retour avec le très ambitieux « Dreams Beyond », qu’il produit, et dont le titre sans équivoque, annonce bien ce que sera la teneur des sept perles qu’il a composées.
La liste des invités est impressionnante et explique le parfum cosmique et libertaire des divers climats « free » qu’on y traverse. Jugez plutôt, Juini Booth (contrebasse) et On Ka’A Davis (guitare) viennent tous deux de chez Sun Ra. Lawrence Clark (saxophone) a joué avec Rashied Ali et l’on ne compte plus les participations d’Ikue Mori (electronics) aux projets de John Zorn. Mais ce n’est pas tout ! Au chant c’est Lola Danza, également fondatrice de Evolver Records, le label de l’album. On retrouve par ailleurs d’autres sacrés illuminés des sons libres, qui participent aussi à cette fête volcanique : Vasko Dukovski (clarinette), Ben Stapp (tuba), Fung Chern Hwei (violon), Adam Fischer (cello), Sayun Chang (percussions), Keaton Akins (trompette), et Simone Weißenfels (piano).
La batterie de George Spanos est luxuriante et fourmille d’idées. Selon le cas, il saura tout offrir, du free jazz au bruitisme, en passant par quelques scories rock très aguichantes. Mais son instrument reste toujours au service de l’album et du groupe, sans masquer qui que ce soit, en créant une synergie et de l’unicité dans le magma final. On y retrouve aussi par bribes, la poésie des lieux qui l’ont vu grandir. La Grèce, et Athènes en particulier, sont chargées d’histoires, d’anecdotes, de parfums et de couleurs, que l’on perçoit dans son jeu. C’est un intuitif, un peintre des sons, dont le foisonnement évoque soleil, turbulence et espace.
Sept pièces d’aujourd’hui, aux titres évocateurs, qui nous emportent en un tourbillon futuriste, avec toute sorte de détails et d’implants, électriques, électroniques et j’en passe. « Intergalactic nucleus », « The Third dimension », « Innerspace », « Eternal voyage », « Eclipse », « Cosmic ray » et « Beyond the sky » semblent, rien qu’à leur énoncé, avoir été écrits en hommage aux révolutions brûlantes d’hier, menées par les John Coltrane, Pharoah Sanders et autres Ornette Coleman. Avec une grande force, « Dreams Beyond » en propulse de nouveau l’esprit, intact et majestueux, vers le futur.
Go ahead George !

Par Dom Imonk

www.georgespanosdrums.com

EVOLVER – TG 008

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