FUGU

FUGU

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

L’ambiance est plus expérimentale sur « FUGU » (2014). Il s’agit d’un duo où Fung Chern Hwei joue du violon électrique et son complice Ng Chor Guan du thérémine. Dans un pays qui ne permet pas tout, ils se sont bien trouvés, dans cette quête des sons libérés. Le disque, enregistré à Kuala Lumpur, comporte deux longues pièces, « FUGU #1 » et « FUGU #2 ». La musique est un dialogue épuré. Le violon, instrument humain, passe du répétitif, voire rugueux, aidé par des samples, à des ambiances plus évanescentes. Il fait partie du « réel ». Le thérémine évoque un contradicteur fantomatique, qui ne s’exprime pas dans le même langage. Il pose des questions électroniques, il émet des interjections, des exclamations, il s’énerve, on croit entendre les battements de son cœur mutant, une voix peut être aussi perçue, semblant chercher des réponses. On peut imaginer qu’il fait partie d’un monde parallèle. Les deux pièces du disque offrent chacune des alternances d’ambiances, tantôt mouvementées, tantôt éthérées et lunaires. Dans la deuxième, on est à un moment bouleversé par une voix de femme. Et si c’était celle de Clara Rockmore ? Cet album est un must-have, « FUGU » est un curieux poisson, mais il ne vous empoisonnera pas. Il est d’une irrésistible poésie !

Par Dom Imonk

http://whatisfugu.com/
http://chernhwei.webs.com/
Evolver records (2014)

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