Elling 21 ans Gran Reserva

Par Nathalie Pigneguy, Photos : Thierry Dubuc

Kurt Elling

Kurt Elling

Vendredi 18 novembre, au Rocher de Palmer, se produisait le grand Kurt Elling et son quartet….

T’as beau savoir que, vu le talent du monsieur, tu vas forcément en prendre plein les esgourdes, en fait c’est une claque magistrale que tu te prends en pleine face.
Assise au premier rang, à quelques centimètres de la scène, tu oublies de suite le public et te crois dans un concert privé et intimiste.
Kurt…. et son quartet de musiciens fantastiques.

La magie opère dès la première seconde.
Stu Mindeman, tantôt sur son Steinway&Sons à queue, tantôt sur son orgue Hammond, te fait frissonner de plaisir, Clark Sommers à la contrebasse -fiévreux et précis- fait le taf, John McLean à la guitare est complètement habité et fait pleurer son instrument, et Ulysses Owens Jr, à la batterie est en transe.
Toi aussi tu l’es. En transes.

John Mclean

John Mclean

Elling fait partie des plus grands chanteurs de jazz au monde.
Et ça se comprend.
Sa voix de baryton riche de quatre octaves, sa décontraction absolue, sa désinvolture apparente, sa maîtrise du swing, du scat et de l’art de la scène en font un personnage charismatique, d’une profondeur troublante.
Dans son costume rayé style années 30, le mouchoir de soie colorée à la poche, les cheveux lissés à la Gomina, tel un Cary Grant ou un Count Basie, il déboule tout en finesse et nonchalance affichée.

Ulysses Owens Jr

Ulysses Owens Jr

Tu fermes les yeux, tu savoures un Glenfiddich 21 ans Gran Reserva.
Oui, Kurt et ce merveilleux whisky s’entremêlent dans tes sens aiguisés et affolés.
Le nez est intense, avec une pointe de caramel et de cuir neuf.
La bouche – Ah la bouche!- est initialement douce puis vive et brillante, avec une touche poivrée.
Et la finale est longue, chaude et épicée.
Elling c’est ce whisky écossais, distillé dans des fûts cubains, subtil et raffiné, qui a réussi une étonnante fusion aromatique.
Sa voix est chaude, enveloppante, ses inflexions délicieusement riches et crémeuses. C’est mature, capiteux, viril.

L’heure et demie de concert s’appréhende comme des secondes.
Tu as la bouche ouverte, le souffle coupé.
Ce joyeux quintet s’amuse, s’éclate, se donne à fond, se répond.
C’est du Jazz, du vrai.
Celui qui te laisse pantois, qui te fait vibrer.
Celui qui t’emporte loin…
Et les larmes coulent silencieusement sur tes joues tant, à la note près, la perfection musicale est là.

Kurt Elling

Kurt Elling

Il débuta sa carrière en 1995. Sur le prestigieux label Blue Note.
Il y a donc 21 ans.
A l’image de ce single malt Gran Reserva dont l’affinage délicat nous donne ces suaves pointes émotionnelles associées à sa technique étonnante, les morceaux s’enchaînent, incluant les nouveaux, célébrant Noël approchant.

C’est beau. C’est bon.
Sa bonne humeur, ses plaisanteries, leurs sourires éclatants, font de ce moment unique quelque chose de simple et évident.
C’est classe et sans prétention.
Monsieur Elling est un grand.
A consommer sans modération. »

Kurt Elling & Clark Sommers

Kurt Elling & Clark Sommers

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