Didier Ballan Jazz Ensemble, Saint Jean D’Illac 20/01/2017

Par Dom Imonk, photos Irène Piarou

 Didier Ballan Jazz Ensemble 20-01-17 092

L’été dernier, nous avions laissé s’envoler le tapis volant Japam des rives de Chez Alriq, en bord de Garonne, et le voici de retour sur la terre de Saint Jean d’Illac, froide des gelées de janvier, et ravie de se voir réchauffée. C’est la troisième soirée de l’excellent festival Jallobourde, 8° édition, mené avec beaucoup de goût et de persévérance sur quatre communes (Canéjan, Cestas, Saint Jean d’Illac et Martignas), par le passionné Louis Gilly et ses équipes et partenaires. On retrouve donc le bel ensemble jazz du pianiste Didier Ballan. Celui-ci revient d’un voyage en Inde, pays aimé et maintes fois visité, accompagné de Christiane, son épouse vidéaste,  et, pour ce dernier, avec aussi son fils Jéricho, batteur du groupe. Les voici de retour pour un concert dont on pressent déjà que paix et spiritualité en seront les moteurs. Japam s’ouvre par le morceau titre qui en révèle d’entrée le concept. Un doux souffle est murmuré par Émilie Calmé (flûte, bansuri), que nous sommes tous heureux de retrouver en pleine forme, et l’émotion se met naturellement en mouvement, le reste de la troupe la suit, le piano du leader écrit son parchemin, formant de beaux signes et la tension grandit, rythmes qui battent et percutent l’air, alchimie de guitare ensorcelée qui saigne son blues. Ici point de messe, mais une célébration du son, au travers de carnets de voyages, aux vélins noircis et froissés de souvenirs délicieux. Voici alors Egyptomania, le tempo ne faiblit pas, la plume libère son encre qui s’abandonne en des espaces percussifs et enflammés. Grondements associés de batterie (Jéricho Ballan) et de contrebasse (Nolwenn Leizour), modération poétique du piano (Didier Ballan) qui survole l’affectif. Ersoy Kazimov (derbouka, bendir) est époustouflant. Il maintient son instrument qui, éclairé de l’intérieur, voit sa peau former un petit soleil vertical sur lequel dansent ses doigts en de frénétiques chorégraphies, alors que Christophe Maroye (guitare) a encore déchiré l’air de ses éclairs lumineux. Une suite profondément humaniste a su hypnotiser le public, en trois pièces soudées à la vie, à la mort : « Amour », « Kaos », et « Doute ». Trois splendeurs qui décrivent avec force et une infinie tendresse ce qu’est la nature humaine. On passe des humeurs subtiles de l’amour, sa foudre, ses clins d’yeux, ses vertiges, au chaos de la crise, en s’abandonnant à « Doute », probablement l’une des pièces les plus belles de ce projet. Le regard de Didier Ballan sur sa troupe, et sur son fils en particulier, est touchant et fait de lui un « sage » prévenant, présent, au service du groupe ; il est l’un des six, ni plus, ni moins. « Jeru’s dance », hommage au fils, est toujours aussi enjoué et permet à Jéricho Ballan de s’échapper en de précises envolées, et de montrer une fois de plus la flamme et la ferveur qui l’animent, alimentées à n’en point douter, par le récent voyage en Inde. Mention spéciale à la grande qualité de tout le groupe, et à Christophe Maroye en particulier, dont l’excellent « No Turning Back » vient de sortir. Notre ami Ivan Denis Cormier va l’interviewer pour une prochaine Gazette bleue et chroniquera cet album. Ce soir encore, le Didier Ballan Jazz Ensemble a enchanté un public venu en nombre, et qui n’est pas près d’oublier la force collective de Japam ! Revoyons-les vite en concert et, surtout, procurez-vous leur disque, c’est un must have !

Par Dom Imonk, photos Irène Piarou

http://www.didierballan.com/

Christophe Maroye (2) Didier Ballan (3) Didier Ballan (6) Emilie Calme-Nolwen Leizour (2) Ersoy Kazimov Jericho Ballan

Capture-AFFICHE

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *