Dans le sillage de la petite fée…

Youn Sun Nah au Rocher de Palmer
par Annie Robert

Salle comble ce jeudi soir au Rocher, salle debout, enthousiaste, émue, étonnée, ravie, éblouie, subjuguée, conquise, bouleversée.  Les adjectifs se bousculent, se pressent en masse et se ressemblent…..
Il faut dire qu’à l’instar d’un de ses titres, le « momento magico » a une nouvelle fois agi avec force et douceur. La petite fée coréenne a tout  emporté sur son passage.
Autour de Youn Sun Nah, dans sa robe papillon de nuit, un trio de rêve, son trio habituel : accordéon, guitare, contrebasse : Vincent Peirani , pieds nus comme à son habitude, dont on ne peut plus dire qu’il soit l’étoile montante de l’accordéon tellement il a porté haut les multiples facettes de cet instrument qu’il sait faire chanter comme un oiseau, valser en musette pour un clin d’oeil, ou  assombrir comme une menace ; Ulf Vakenius, un guitar hero tel qu’on les aime, qui se faire tendre dans une ballade suédoise, ou virtuose à couper le souffle avec des accents de  rockeur déchaîné et Simon Tailleu à la contrebasse, mélodique, solide et attentif qu’on redécouvrait avec grand plaisir .
Et puis bien sûr Youn Sun Nah, la voix exceptionnelle de Youn Sun Nah. En voix pleine, en voix de gorge pour des reprises rock ou folk , en voix de tête pour des virtuosités de dentelle, la voix est toujours belle, équilibrée, puissante ou délicate. Elle joue d’une incroyable palette de timbres et de couleurs, d’une technique exceptionnelle qui lui permet de passer des aigus aux graves avec une étonnante facilité et met en relief la beauté d’une voix tout en nuances et en subtilité.
Et chacun se demande alors de quoi sont faites ses cordes vocales.
Avec un petit plus qui fait toute la différence, la présence permanente d’une émotion et d’un plaisir véritable de partager un moment avec ses spectateurs.
Son  répertoire varié avec des compositions originales et des reprises fait voyager le public du «  Mistral » d’Avignon ( ah le bruit du vent dans le souffle de la voix)  à la Suède, en passant par le folklore irlandais ou suédois ou des reprises  de Nat King Cole. C’est chaque fois étonnant, décalé et à propos.
Le dernier morceau, où seule sur scène avec son looper, elle superpose  deux puis quatre  puis huit, puis douze fois sa propre voix  pour une polyphonie jazzy  est un vrai moment de bonheur et le public après des applaudissements debout  quitte à grand regret la petite fée et son sillage d’émotions  musicales.
Il fallait en profiter car sous cette forme le quartet va arrêter là son chemin dans quelques temps pour voguer vers d’autres ailleurs et de nouvelles recherches.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *