Daniel Mille au Rocher de Palmer, Samedi 23/01/2016

Par Dom Imonk, photos Alain Pelletier

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Douce nostalgie, beauté et profonde sensibilité, c’est ce qui est ressorti de ce concert, donné dans une salle « 650 » quasiment pleine. Daniel Mille est venu y jouer son remarquable « Cierra Tus Ojos » sorti il y a deux ans, hommage à Astor Piazzolla. Il nous a confié avoir découvert il y a bien longtemps ce grand homme, associé à Gerry Mulligan, sur un disque scellant déjà une rencontre au sommet entre tango et jazz west-coast (Piazzolla & Mulligan – « Reunión Cumbre – Summit» -1974). C’est tout jeune que Daniel Mille aborde l’accordéon. Il l’abandonne un temps, mais c’est grâce à Richard Galliano qu’il y reviendra et l’étudiera au Conservatoire National de l’École Normale de Musique. Depuis il a emprunté divers chemins musicaux qui l’ont vu maintes fois primé. Son style riche et éclairé s’est aussi forgé par la curiosité et l’amour des rencontres, croisant chanson, jazz, et même world, avec le même bonheur fait de simplicité, de vérité et de cœur. Ce sont les musiciens du disque qui l’entourent, de vrais magiciens : Grégoire Korniluk, violoncelle et direction, Paul Colomb, violoncelle, Frédéric Deville, violoncelle et Diego Imbert, contrebasse. Avec une grâce complice, ils ont délicatement répondu aux contes de Daniel Mille, dont les notes semblaient danser un peu partout autour de ces hommes, de valses mélancoliques aux silences réfléchis en pas plus empressés et sifflets de fêtes. Ce sont ainsi de délicieuses scènes, portant l’âme populaire à son niveau le plus noble, qui se sont peu à peu jouées, avec cette pétillante diversité qui fait aussi la nature humaine, ses joies et ses peines, le grain simple de sa vie. La beauté enveloppe tout, en de précieux drapés qui s’étendent et protègent un public bouche bée. Il faut se laisser emporter sans résister par « Milonga para tres », « Vuelvo al sur », Llueve sobre Santiago » et quelques autres pépites telles que « Cierra tus ojos y escucha » (qui figurait déjà sur le disque de Piazzolla et Mulligan), afin d’entrer librement dans ce rêve. « Oblivion » sera joué en un équilibre trouvant appui délicat sur le chuchotement beau et triste de Daniel Mille et le riff admirable de douceur de Diego Imbert, lequel fut déjà joué par le piano d’Eric Légnini sur un autre disque du maître : « Après la pluie » (2005). D’autres perles seront aussi jouées comme ce splendide « Ave Maria », qui fit murmurer d’aise le public, au simple énoncé du titre du morceau. Le temps n’a pas compté, tout s’est vécu si naturellement et dans une telle sérénité ! Standing ovation pour ce groupe d’exception, qui est revenu pour s’envoler en un « Libertango » agile, frais et bien disposé à nous emmener danser avec lui dans les étoiles.

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Le Rocher de Palmer

 

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