Chroniques Marciennes *, ** (# 2)

par Annie Robert

Marciac

Marciac

2- Homo Bénévolus Marciacus

Quel est donc cet être hybride, au mollet alerte, au tee-shirt immaculé, au sourire  perpétuel dès le matin ; au visage las et aux jambes lourdes lorsque arrive le soir  mais qui renaît de ses cendres fatiguées dès le lendemain ?
Quel est donc cet animal bizarre, qui perd son temps, donne de son temps, accueille, transporte, coupe le jambon, manipule des palettes et des plateaux, oriente le festivalier perdu, nettoie les toilettes, ramasse les canettes, contrôle les billets ; j’en passe et des meilleures…..
Quel est donc cet individu, mâle ou femelle, enthousiaste qui encourage les artistes, apporte les serviettes et les bouteilles d’eau, encadre les journalistes, répond aux très nombreuses sollicitations, essuie les critiques et les râleries, et se sent porté et heureux par le même désir de bien faire ?
Un fou, un dément, une plaie, une anomalie, une erreur de la nature, une exception ?
Ben non, … un simple et multiple bénévole … le chaînon indispensable  à tous les festivals, celui sans lequel rien ne se ferait, sans lequel rien n’existerait sans doute, ni culture, ni musique, ni échanges, de la fête de village au festival   gigantesque.
À Marciac, presque 800 bénévoles se relaient sur la durée du festival, il y en  a 600 en permanence et à tous les postes.
Des jeunes, des moins jeunes, des riches, des fauchés, des roots, des bourgeois, ceux qui connaissent les rouages par cœur, qui sont là depuis les modestes débuts, ceux qui commencent et découvrent; ceux qui sont là pour le fun, la fête et les retrouvailles entre copains, ceux qui ont le sens du partage et du don de soi, ceux qui viennent pour la musique, pour le jazz, ceux qui sont tout cela à la fois.
Une troupe variée, colorée mais portée par la même envie d’aider, soucieuse de donner une belle image de la musique et de la vie…
Car vivants, plus que vivants, ils le sont tous…. Généreux et sûrement pour certains incompréhensibles. Dans une société de l’argent roi, où tout se monnaye, qu’est-ce que c’est que ces olibrius qui bossent pour des presque clopinettes, pour pas ou peu de reconnaissances et qui en plus reviennent l’année suivante et sont contents d’être là ?
Ce soir au chapiteau place à la musique pour cette première soirée : The Bad Plus et le fantastique Joshua Redman et juste avant : Kenny Garrett … du bonheur pour les oreilles. Il y aura eu des bénévoles pour les accueillir, les transporter, les sonoriser, contrôler les billets et nourrir tous ces ventres affamés.

Merci à tous ces Homo Bénévolus  ( Marciacus ou autres)
J’en fais partie cette année et j’ en suis super fière…..

( A la prochaine, il y aura de la musique cette fois… !! )

*    non, il n’y a pas de faute d’orthographe…
**  pardon à Ray Bradbury  de subir mes jeux de mots laids…( quand on n’a plus Ray Charles, on a Ray Bradbury !!)

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