Christophe Dal Sasso/Sylvain Ghio : DaoElectro

Texte et photos Philippe Desmond.

Le Comptoir Ephémère, Bordeaux, jeudi 5 octobre 2017. 

Ce qui est intéressant dans la musique et notamment dans le jazz c’est que rien n’est jamais figé, il reste toujours des pistes à explorer ce dont certains ne se privent pas. Christophe Dal Sasso en fait partie, toujours une idée nouvelle en tête. Après son adaptation en big band de « A Love Supreme » de John Coltrane vue au Rocher de Palmer (voir Blog Bleu du 29 mars 2015, lien en fin d’article) il a créé et composé le projet « Les Nébuleuses » en associant un trio à cordes à un quintet de jazz. Pourquoi pas.

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Ce soir, avec son compère lui aussi varois, le batteur, au physique de 2ème ligne, Sylvain Ghio (prononcer Guio), il va nous faire voyager dans le cosmos avec son tout nouveau projet « DaoElectro ». Dans le Comptoir Ephémère pas beaucoup de voyageurs courageux pour embarquer dans le vaisseau alors qu’ils étaient si nombreux la veille pour parcourir le monde avec Ceïba… Les absents, comme souvent, ont eu tort. Il est vrai que le jeudi soir ça joue partout.

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Pour cette soirée le duo a invité Laurent Agnès – Julien Alour normalement – bien connu dans nos contrées et désormais trompettiste de Post Image ; entre autres. Laurent découvre la musique et joue en lisant quasiment sans répétition, une prouesse.

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Comme son nom l’indique le projet repose beaucoup sur des machines électroniques, claviers, pads, pédales d’effets, tout ce que la technique offre maintenant ; sacrilège ? Non, Bach et Mozart ou Jelly Roll Morton joueraient probablement du synthé maintenant et ajouteraient des loops à leur musique.

Pour autant ce que j’ai trouvé central dans cette musique c’est le rôle du batteur, lui seul jouant avec un son naturel. Tout tourne autour d’une rythmique nerveuse, répétitive, allant jusqu’à la transe. Les nappes électros proposées par Christophe Dal Sasso contrebalancent une énergie de percussion inouïe, la trompette de Laurent et les flûtes venant poser des mélodies ou des diversions sur cet ensemble. Parfois à la limite du free, souvent dans des développements mélodieux et toujours cette rythmique enivrante. Musique electro mais sans cette froideur souvent présente.

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Le drumming à la fois lourd et fin de Sylvain Ghio rappelle celui d’Elvin Jones – tiens revoilà Coltrane – il joue du tambour, très souvent avec les mailloches qu’il utilise un peu à contre-emploi percutant ses peaux et les cymbales sauvagement avec ;  il faut voir dans quel état elles finissent, totalement échevelées.

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Le premier morceau à ce titre a été édifiant, il relatait le décollage de la fusée vers le cosmos, une explosion d’énergie, un orage de percussions.

Trompette souvent en sourdine aiguë, parfois avec des effets surprenants, les flûtes variées, traversière, de Chine, de Lettonie, gardant elles leurs sons naturels Christophe, très affairé, en jouant avec toujours un œil et un doigt sur ses machines pour en gérer les effets insolites, tantôt planants, tantôt violents.

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Belle interaction entre les musiciens, Sylvain Ghio quand il n’a pas décollé pris par sa musique, fixant Christophe pour capter les infos. Bravo encore à Laurent Agnès qui a su entrer si vite dans ces compositions d’avant-garde.

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« Light Star », « New Star », « Planète Rouge »… nous sommes bien dans un autre univers. Vers la fin on vient se poser du côté de la Bretagne paraît-il avec un titre en forme de ronde dont la mélodie vous reste en tête ; c’est cela que j’ai aimé, ces audaces qui n’oublient pas la musique, ces expérimentations qui restent accessibles.

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Rien d’étonnant, Christophe Dal Sasso est un excellent arrangeur il a d’ailleurs électronisé le « Juba Juba » de Yusef Lateef – avec qui il a eu le bonheur de  jouer nous précise-t-il – Sylvain y martyrisant ses mailloches et le tom basse de la batterie prêtée par  Philippe Gaubert ; elle a tenu. Elle a tenu même après un extraordinaire solo hors sol – normal on est dans l’espace – où un Sylvain totalement habité a confirmé son talent reconnu pas les nombreux grands jazzmen avec qui il a collaboré. Epoustouflant.

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Une belle découverte que ce DaoElectro qui nous fait sortir des sentiers battus sans pour autant la crainte de se perdre.

https://www.facebook.com/DaoElectro-1693934134238155/

http://blog.actionjazz.fr/le-big-bang-du-dal-sasso-belmondo-big-band/

 

 

Un commentaire sur “Christophe Dal Sasso/Sylvain Ghio : DaoElectro

  1. Piarou Alain dit :

    Superbe article qui retranscrit bien la musique et l’atmosphère. Et, belles photos. Merci Philippe.

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