Evidence et Christophe Maroye autour de John Scofield

 

Texte et photos Philippe Desmond.

Il se trouve que j’ai vu John Scofield sans le savoir en 1976 aux arènes de Bayonne pour ce fameux concert déjà relaté dans le blog (lien en fin d’article) ; il « accompagnait » Billy Cobham et le regretté George Duke. C’était l’époque de Stratus et de Spectrum, il avait 25 ans, moi pas encore. C’était le plein essor du jazz rock porte d’entrée dans le jazz pour pas mal d’entre nous. Depuis, baptisé jazz fusion – en opposition au jazz infusion ? – ce genre s’est un peu éteint et ça fait plaisir que des musiciens encore bien jeunes – et pas nés à l’époque – s’intéressent à cette musique.

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Aussi ne fallait-il pas rater cette soirée au Caillou ou le groupe Évidence du bassiste Shob accueillait, non pas John Scofield, mais Christophe Maroye dont la dernière Gazette Bleue vous parle en long en large et en travers. Aux claviers Xavier Duprat (entre autres le Mister X de Mister Tchang), à la batterie Simon Renault

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Et bien croyez moi il y a des soirées comme ça, toutes simples, où on se prend un gros panard. Et encore ils sont restés raisonnables question décibels dans un Caillou bien plein ; on les entendait très bien quand même, merci mes bouchons d’oreilles parfois.

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Du jazz-rock, du jazz ? Du rock ? Qu’importe ! Le plaisir d’une grosse rythmique avec un Simon Renault impeccable, un drumming d’une clarté limpide, chaque temps marqué avec précision et énergie, un vrai régal.

Bien sûr un Shob au sommet comme toujours, c’est dans le coin et au delà une vraie référence des grosses cordes, ça groove, ça funke, ça rocke ça donne envie de se mettre à la basse.

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Déchaîné comme jamais aux claviers, prêt à exploser le piano numérique du Caillou, tantôt en son naturel parfois en son Fender-Rhodes , se levant pour triturer son clavier Nord et en sortir ces sons caractéristiques de ce type de musique, Xavier Duprat a visiblement lui aussi apprécié le concert.

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Avec son originale guitare de luthier, une Pensa MK 90, Christophe Maroye a pris sans complexe – il en a largement les capacités – les habits de John Scofield. Là aussi une grande clarté de jeu, pas d’esbroufe, c’est un sacré guitariste qu’on a dans le coin sachez-le.

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Répertoire complet avec notamment « Boogie Stupid » qui ne peut que vous faire bouger, l’explosif « I’ll take less », le sautillant « Hottentof », le style boucherie – dixit Christophe – de « Make Me » et d’autres.

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Il y a avait le feu au Caillou hier soir, même en cuisine…

Set list :

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https://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n25-novembre-2017/

Retour vers le futur : Bayonne 1976

 

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Le retour du IEP 4tet

Texte et photos Philippe Desmond

Le Haillan, mercredi 8 novembre 2017.

Sébastien « Iep »Arruti est un musicien étonnant. D’abord, comme tromboniste il est un expert de cet instrument insolite, qu’on trouve de la fanfare de bandas à l’orchestre symphonique, ce cuivre difficile à manier, « fretless » pour le trombone à coulisse et qui dans ses mains obéit si bien.

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Ensuite comme musicien qui par son éclectisme n’a aucune frontière. On peut l’entendre jammer sur du old jazz New Orleans chez Pépère, jouer du be bop, du hard bop, mais aussi de la pop, du blues avec Nico Wayne Toussaint, voire même du hip hop avec Smokey Joe and the Kids, avec t shirt et casquette et un plaisir visible . Il peut évoluer dans un groupe soul avec le Biwandu All Stars tout comme dans le big band de Franck Dijeau. De ce point de vue il est complet.

Et il est aussi compositeur ! Il y a plusieurs années il avait à cet effet créé le Iep 4tet et enregistré l’album « Behin Bat Zen » signifiant dans sa langue basque « Il était une fois ». Déjà étaient présents Alain Coyral au sax baryton, Didier Ottaviani à la batterie et Timo Metzemekers à la contrebasse. Dès cette époque sa signature musicale était dans la structure de ses compositions : des suites. La « suite auscitaine », la « suite arcachonnaise », la « suite pour Maritxu ». Des morceaux très écrits, complexes, inventifs, une musique parfois brutale, parfois douce, des atmosphères New Orleans puis des développements à la limite du free. Étonnant.

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Ce soir dans l’église du Haillan et dans le cadre des mercredis du jazz de l’Entrepôt voisin c’est un nouveau répertoire qui va être présenté. Un répertoire qui va faire l’objet d’un prochain CD. Sous la lumière bleutée – la note bleue ? – qui colore la voûte de la nef, cette musique disons de jazz, ou contemporaine au sens classique du terme, aux accents NO ou be bop, ou autres, va être proposée à notre curiosité. La première suite se nomme tout simplement (!) « Bransle et variations anachroniques » du mouvement donc et en plusieurs mouvements. On découvre, on pense reconnaître, s’accrocher à des choses déjà entendues et ils nous perdent dans des débuts de transe, nous ramènent.

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La première surprise est le choix d’associer le trombone au sax baryton, le trombone étant pour une fois l’instrument le plus aigu ? Non me dira Sébastien mais parce que j’adore le sax baryton, tout simplement ; ça tombe bien moi aussi. Avec la « Suite impaire au vitriol » les connaisseurs identifient une compositions en trois, puis cinq, voire sept mesures. Pas facile à jouer me diront Alain et Didier, beaucoup de complexité, pas mal de « rendez-vous » à ne pas rater et une grande concentration. Le résultat lui est surprenant, on est familier des chorus successifs de chacun mais l’ensemble sonne différemment, on est vraiment dans la création. Chaque suite possède plusieurs mouvements sur des tempos différents et parfois même des atmosphères diverses.

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Sébastien est un être très intéressant, ouvrant souvent des débats, engageant publiquement ses opinions, il est un homme citoyen. Ainsi au vu de ce qui se passe aux USA depuis quelques mois il a jugé opportun de rappeler ce tragique épisode de 1963 ou le KKK avait commis des crimes racistes à Birmingham en Alabama. John Coltrane avait composé le titre « Alabama » pour la circonstance. C’est Didier Ottaviani qui l’introduit d’une façon magistrale par un solo plein d’émotion, de violence traduisant l’horreur du sujet. Décidément quel batteur !

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De façon plus gai, Iep nous propose la « suite arcachonnaise » écrite en souvenir des vacances passées chez ses grands parents sur le Bassin. Séquence émotion car ils sont là dans l’église, Sébastien redevient petit garçon. Une suite superbe figurant dans le premier album. Des tempêtes de batterie, des éclaircies de cuivres, des arcs en ciel de contrebasse pour évoquer les contrastes de ce lieu magique et les souvenirs d’enfance.

Pour finir voilà une suite très impolie en « hommage » à une personne et dont Sébastien ne tient pas à dévoiler le titre réel ; un indice « Suite pour une c… » . En plus il a de l’humour notre Basque, noir certes ici.

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Bientôt un album pour ce quartet et ces merveilleux artistes que nous avons la chance de cotoyer si près de nous à Bordeaux. On vous tiendra au courant.

Un portrait de Iep : www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n16-mai-2016/

Jazz à Caudéran : Atrisma / MT4

photos Thierry Dubuc.

La Pergola, vendredi 10 novembre 2017.

Le week-end en pente douce

Des mois de réflexion et de préparation et déjà deux jours sur trois de passés !

Soirée cool hier soir, pour les bénévoles d’Action Jazz d’abord, pas grand chose à remettre en place, presque rien à ranger…

Mais surtout soirée cool musicalement avec deux groupes pleins de délicatesse.

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Alain Piarou nous présente de façon très paternelle le trio Atrisma, lauréat du Tremplin Action Jazz 2015. Ces trois jeunes musiciens issus du Conservatoire National de Région de Bordeaux sont bien soutenus par notre association ce qu’ils auront l’élégance de souligner. Sur des compositions de Vincent Vilnet (piano, synthé, moog, effets) le trio va proposer son univers plein de délicatesse et de modernité.

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Johary Rakotondramasy n’est pas un guitar hero, il caresse sa guitare plus qu’il n’en joue, il en tire des sons subtils et chauds souvent en retenue mais toujours mélodieusement.

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Même chose pour Hugo Raducanu à la batterie avec laquelle il fait plus de musique que de percussions, en jouant avec finesse mais aussi modernité par un usage intelligent de pads électroniques.

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Le lunaire Vincent virevolte d’un clavier à l’autre, du beau piano à queue aux synthés les plus modernes. Musicalement on est vite pris dans un cocon d’émotions, de la joie à la mélancolie. On pense à Satie, à Pierre Henry à d’autres. Prise de risque pour ces jeunes musiciens qui n’ont pas choisi la facilité au grand bonheur du public surpris et sous le charme comme les commentaires de l’entracte le confirmeront. Pour les initiés une confirmation que ce concert d’hier.

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A l’entracte un ami me confie qu’il lui manquait quand même la contrebasse ; attends un peu tu vas être servi…

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Au tour de MT4 de faire connaissance avec le public. Que cache ce drôle de nom ?Certains comme nous on connu MC5 mais vraiment rien à voir. MT c’est Marc Tambourindéguy qui comme son nom l’indique n’est pas breton et comme il ne l’indique pas, joue du piano ; 4 parce que quartet tout simplement. Marc est aussi la cheville ouvrière de « Jazz sur l’herbe » le festival d’Anglet au Pays Basque. Mais ce soir il est pianiste et ravi du beau piano qui lui est proposé ; c’est Alain Claudien qui a fourni l’instrument dont vous pouvez lire le portrait dans la dernière Gazette Bleue #25 de novembre.

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Avec Marc, Pascal Ségala à la guitare, le bordelais Pascal Legrand à la batterie et Jean-Luc Fabre à la contrebasse ; mon ami est sauvé. Le public aime les étiquettes pour définir ce qu’il va entendre alors allons-y. Disons que l’univers de MT4 peut s’approcher de celui de Pat Métheny dont Pascal Segala a d’ailleurs écrit une jolie biographie.

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Musique délicieusement élégante, mélodieuse, romantique parfois, toujours pleine d’harmonie. Des improvisations qui ne sont pas prouesses mais émotion, une musique qui vous enveloppe délicatement, confortablement . La voix fredonnante de Marc rajoute cette couleur humaine à ce jazz déjà chaleureux. Régal du piano en son naturel, de la guitare aux cordes pincées avec suavité, de la batterie caressée mais pas que, de ce son si rond et profond de la contrebasse.

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Finir la semaine, trépidante pour beaucoup, dans cette ambiance là est vraiment une offrande, un début de week-end en pente douce.

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Tiens à propos de pente, celle de la scène caractéristique des plateaux de théâtre. Elle est si prononcée que Jean-Luc Fabre en perdait ses repères aux balances, la position de la pique de l’instrument étant plus basse que d’habitude et modifiant ainsi son équilibre, surtout pour les accords aigus sur lesquels il se penche. Le diable est dans les détails.

Et nous voilà donc au troisième jour du festival avec un plateau de choix encore.

Les gagnants du Tremplin Action Jazz 2017 d’abord, les bordelais de Capucine tous issus du CNR avec leurs compositions originales la guitare de Thomas Gaucher et le vibraphone de Félix Robin dialoguant sur la rythmique de Louis Laville à la contrebasse et de Thomas Galvan aux baguettes. Un répertoire qui vit, qui s’étoffe en public, encore un groupe de la nouvelle génération à découvrir.

Final en beauté avec Eric Séva et son projet « Body & Blues » pour un concert coïncidant avec la sortie de l’album du même nom. Un CD superbe que vous pourrez faire dédicacer ce soir. Au tour d’Eric Séva et de ses saxophones, Noé Huchard (piano), Manu Galvin (guitare), Christophe Wallemme (contebasse), Stéphane Huchard (batterie) et Michael Robinson (chant) que des pointures ! Hommage au blues la musique source avec une musique d’une grande richesse.

Et toujours l’exposition dans le hall des photographes d’Action Jazz.

Places sur www.actionjazz.fr

A ce soir ! Il y aura même une petite surprise gourmande à la fin…

Retouvez sur ce blog les articles sur tous ces groupes en tapant leur nom dans la case rechercher.

https://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n25-novembre-2017/

Jazz à Caudéran : Affinity quintet/ Tom Ibarra Group

photos Thierry Dubuc.

Ca y est c’est parti ! Le premier festival Jazz à Caudéran a réellement vu le jour en ce jeudi 9 novembre 2017. Et c’est même bien parti !

Près de 300 personnes ont convergé vers la salle Art Déco de la Pergola, récemment rénovée et lieu habituellement dédié au théâtre. C’était la première organisation en tant que mettre d’oeuvre d’Action Jazz agissant pour le maître d’ouvrage la Mairie de Bordeaux et les bénévoles de l’association piaffaient depuis des semaines en attendant cet événement. Les pré réservations et le défilé continu de personnes venant prendre leur billet dans l’après midi permettaient d’envisager une belle affluence ce qui fut le cas.

Il faut dire que l’affiche était alléchante, pas de grandes vedettes internationales, ça viendra peut-être un jour, mais des valeurs sûres de l’ancienne et de la nouvelle génération.

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En première partie il était logique d’ouvrir ce festival avec le groupe de jazz historique de Bordeaux et même de Caudéran, Affinity. Groupe certes bien connu mais cette fois, et c’est nouveau, en quintet. Aux trois piliers magnifiques que sont Francis Fontès au piano, Dominique Bonadei à la basse

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et Philippe Valentine à la batterie,

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sont venus se joindre une figure bien connue du milieu du jazz régional, le trompettiste Mickaël Chevalier

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et un néo bordelais – que les grincheux se rassurent il n’est pas parisien – Pascal Faidy au sax ténor.

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Ce dernier a d’ailleurs amené avec lui des compositions qui ajoutées à celles de Mickaël Chevalier créées pour le projet Nokalipcis et quelques standards be bop ou hard bop ont embarqué un public mêlé de connaisseurs et de néophytes. Une musique toujours accessible, mélodieuse, mettant en valeur les différents instrumentistes, une passerelle vers ce monde du jazz que certains ont encore peur de découvrir. Un set d’une heure trente qui a conquis tout le monde.

Après cette entrée en matière place à un break au foyer permettant les discussions autour d’un verre et aussi d’admirer l’exposition des clichés de nos photographes Thierry Dubuc, Philippe Marzat, Alain Pelletier et la petite nouvelle Fatiha Berrak. Expo pendant tout le festival, accès libre.

Place à la nouvelle génération avec un des poulains d’Action Jazz le guitariste Tom Ibarra et son quintet.

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Le blog a déjà relaté ce nouveau projet présenté récemment à Bordeaux mais là dans cette belle salle et ce nombreux public, la barre était plus haute. Pas de problème pour ces jeunes musiciens plein de sève, d’énergie et déjà de professionnalisme. Sur la solide, et encore plus, base rythmique avec Pierre Lucbert à la batterie et Antoine Vidal à la basse, grâce à la présence harmonique d’Auxane Cartigny aux claviers, Tom Ibarra à la guitare et Jeff Mercadié au sax ténor vont nous livrer une fantastique prestation alternant entre violence et douceur, énergie et émotion.

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Uniquement des compositions de Tom aux arrangements concertés entre les cinq, pour ce set percutant qui a surpris pas mal de monde par son audace et sa fraîcheur. De redoutables instrumentistes qui s’entendent comme larrons en foire et la confirmation d’une relève assurée. Vivement la mi janvier que l’on découvre le nouvel album enregistré au studio Cryogène de Bègles !

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Place au deuxième jour ce vendredi 10 novembre !

Venez découvrir le trio Atrisma et son jazz progressif à la fois mélodieux et inventif, utilisant à bon escient l’électro tout en restant simple. Venez encourager cette nouvelle génération de musiciens formé à Bordeaux au CNR et qui seront les grands de demain. Vincent Vlinet (claviers), Hugo Raducanu (batterie) et Johary Rakotondramasy (guitare)

Venez aussi faire connaissance avec nos voisins du pays basque le groupe MT4, 4 comme quartet et MT comme Marc Tambourindéguy, un nom plein de musique et de basquitude. A côté de ce magnifique pianiste, porteur aussi du festival de jazz d’Anglet, Pascal Ségala (guitare), Jean-Luc Fabre (contrebasse) et le bordelais Pascal Legrand (batterie). Un jazz harmonieux riche en improvisations.

Prenez vos places sur www.actionjazz.fr . A ce soir !

« Jazz à Caudéran » première !

Voilà une bonne nouvelle, la ville de Bordeaux par le truchement de son satellite Caudéran organise un festival de jazz tout simplement intitulé « Jazz à Caudéran ».

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Le maire de quartier Pierre Lothaire et l’adjoint à la culture Fabien Robert se sont naturellement rapprochés d’Action Jazz pour les conseiller dans la programmation et les aider dans l’organisation. Comme le précise l’affiche, d’autres partenaires participent à la naissance de cet événement dont nous espérons tous la pérennisation.

Ainsi notre association dans son rôle de promotion des jeunes talents mais aussi dans celui du rayonnement régional du jazz a accepté avec joie cette proposition.

C’est ainsi que trois soirées se tiendront dans la magnifique théâtre Art Déco de la Pergola, en plein centre de Caudéran, derrière l’église et la mairie.

Trois récents lauréats du Tremplin Action Jazz seront présents, Tom Ibarra et son nouveau groupe, le trio Atrisma et Capucine vainqueur en 2017. Tous ces jeunes artistes ont déjà joué sur de grande scènes et dans des lieux prestigieux, de Marciac à Saint-Emilion en passant par Paris pour certains.

Un groupe de Caudéranais et surtout une formation quasi historique du jazz bordelais ouvrira le festival le jeudi , Affinity Quintet.

Venu du Pays Basque, mais avec un batteur bordelais pour l’occasion, MT4 jouera le vendredi.

Enfin pour clore en beauté la manifestation le très beau projet du néo Marmandais Eric Séva entouré de musiciens parisiens plus que renommés comme lui dans le milieu du jazz.

Une programmation de très grande qualité et tout cela pour un prix très doux, surtout, et c’est ce que vous allez faire, vous venez les trois soirs !

Et il y aura de quoi trinquer en admirant l’exposition de photos de nos artistes d’Action Jazz !

Programme détaillé ci-dessous ainsi que des liens vers des articles récents du Blog Bleu.

On vous attend !

Programme détaillé

JEUDI 9 NOVEMBRE 

20h30

Affinity Quintet

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Photo Philippe Marzat

Près de trois décades après sa formation, l’Affinity Quartet trouve un souffle nouveau et opère une mutation en quintet proposant un jazz au goût du jour via un répertoire de compositions originales mais aussi de reprises. L’arrivée d’un trompettiste voyageur, Mikaël Chevalier et celle d’un nouveau saxophoniste fraîchement débarqué dans la région, Pascal Faidy injecte une énergie différente à ce quartet mythique de l’horizon aquitain.
Francis Fontès : piano
Mickael Chevalier : trompette
Philippe Valentine : batterie
Dominique Bonadei : basse
Pascal Faidy : saxophones

Tom Ibarra Group

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Photo Thierry Dubuc

À tout juste dix-huit ans, Tom Ibarra fait déjà figure de nouveau phénomène du jazz hexagonal. Attirés par son talent, des artistes de renommée internationale l’invitent sur scène à différentes occasions. Détenteur de plusieurs prix, il invite le public à découvrir ici l’univers de son deuxième album, Sparkling, enregistré au studio Cryogène à Bègles. Cet opus sortira au début de l’année 2018.
Tom Ibarra : guitare & compositions
Jeff Mercadié : saxophone
Auxane Cartigny : claviers 

Antoine Vidal : basse
Pierre Lucbert : batterie
www.tomibarra.com

VENDREDI 10 NOVEMBRE 

20h30

Atrisma

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Formé en 2014, Atrisma est un groupe de jazz progressif délivrant un univers tout en rupture empreint à la fois de passion et de délicatesse. Passant d’un rythme à l’autre, Atrisma dévoile, tout en simplicité, une musique captivante qui emporte le public dans un voyage teinté de joie et de mélancolie. Le premier album du groupe, Aurosmose, résume l’idée de l’aurore et de l’osmose. Considérant la musique comme une école de la vie, Atrisma évolue au fil de ses expériences.
Vincent Vilnet :claviers
Hugo Raducanu : batterie
Johary Rakotondramasy: guitare
www.atrisma.com

MT4

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Un jazz aérien, suave, romantique où s’entremêlent mélodies délicieuses, riches harmonies, et improvisations hautes en couleurs. Marc Tambourindéguy, pianiste et leader du quartet mt4, va parfois chercher au fond de notre inconscient musical des phrases qui nous semblent venues des profondeurs de l’évidence, celle qu’on a souvent oubliée avec trop de facilité.
Marc Tambourindéguy : piano, voix, compositions
Pascal Ségala : guitare
Pascal Legrand : batterie
Jean-Luc Fabre : contrebasse
www.mt4.fr


SAMEDI 11 NOVEMBRE 

20h30


Capucine

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Photo Thierry Dubuc

En Janvier 2017, Capucine remporte le tremplin Action Jazz et se voit ainsi décerner le « Grand prix du jury ». Le quartet développe un répertoire aux influences variées, tantôt par les musiques du monde tantôt par le post bop des années 60/70. Les compositions, écrites par Thomas Gaucher, sont marquées par des sonorités aériennes orientées vers l‘esthétique du jazz moderne. Elles font référence à des anecdotes, à des lieux ou à des personnages chers aux membres du groupe, donnant un aspect chaleureux et convivial à la musique de Capucine.
Thomas Gaucher : guitare
Félix Robin : vibraphone
Louis Laville : contrebasse
Thomas Galvan: batterie
http://capucinemusic.com/

Eric SEVA : « Body & Blues »

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Photo Philippe Marzat

Après deux albums signés sur le label le Chant du Monde chez Harmonia Mundi, puis « Nomade Sonore » (Disque choc 2015 Jazz Magazine) sur le label Gaya, Éric Séva, musicien atypique, poursuit sa route avec ce quatrième opus « Body and Blues » consacré au blues et à la note bleue. Dans ce nouveau projet d’enregistrement et de scène, il puise l’essence même de sa propre sensibilité, de sa propre histoire. Entouré d’un panel impressionnant de musiciens dont le passé confirme la familiarité avec les racines du jazz, Éric Séva compose un nouveau répertoire.
Eric Séva: saxophones baryton, soprano, sopranino, compositions
Noé Huchard, piano
Manu Galvin, guitares
Christophe Wallemme, basse, contrebasse
Stéphane Huchard, batterie, percussions
Michael Robinson, voix
http://ericseva.com/

Tarifs :

Plein : 15 € 
Réduit : 10 € (– 12 ans, demandeurs d’emploi, étudiants, adhérents www.actionjazz.fr
)
Pass 3 jours : 35 €
Pass 2 jours : 25 €

Billetterie en ligne sur Weezevent

Renseignements: 05 56 47 36 69 – 05 24 57 68 40

Liens vers des articles récents du Blog Bleu : d’autres articles sur le blog, utiliser la zone de recherche

http://blog.actionjazz.fr/affinity-quartet-caillou-16062017/

http://blog.actionjazz.fr/encore-un-cran-au-dessus-pour-le-tom-ibarra-group/

http://blog.actionjazz.fr/atrisma-et-edmond-billal-au-rocher-dune-pierre-deux-coups/

http://blog.actionjazz.fr/capucine-au-festival-jazz-et-garonne-de-marmande/

http://blog.actionjazz.fr/eric-seva-a-villeneuve-sur-lot/

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C’est la rentrée à la Belle Lurette : Bercy/Dubois/Lubat et du slam !

Texte et photos Philippe Desmond.

La Belle Lurette, Saint Macaire le 8 octobre 2017.

C’est la rentrée du Collectif Caravan à la Belle Lurette de Saint-Macaire. Toujours plein d’idées il a concocté un programme révolutionnaire pour ce dimanche avec la célébration des 100 ans d’octobre 1917, la révolution russe. Quelqu’un arbore même un magnifique sweat CCCP. Autour de Thomas Bercy (p) et Jonathan Hédeline (cb) et puisqu’on évoque la révolution on ne pouvait pas se passer de Bernard Lubat, cette fois à la batterie. Au sax Julien Dubois pour son esprit d’avant-garde et originalité du jour, le slameur Marco Codjia qui anime les sessions slam du Quartier Libre à Bordeaux.

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Avant le concert octobre 1917 ce dernier nous explique un peu l’origine du slam, cette poésie libre, ouverte à tous, que l’on scande -ou pas – qui fait l’objet de tournois, de compétitions si l’on peut dire sur toute la planète. Ne pas confondre avec le rap ou le hip-hop. Marco est slameur et surtout auteur. Il va nous slamer avec un flow impressionnant un poème de sa composition « L’homme crocodile » une allitération de mots en « cr » pleine de rythme mais aussi de sens. De la haute voltige.

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Après l’intervention d’une slameuse avec un texte très noir sur Bordeaux qui donnerait presque envie de quitter la ville place au musiciens que Marco va accompagner pour ce qu’on appelle une performance.

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Sur deux longues suites dont un hommage à Coltrane, l’apport du slam sur la musique, un jazz très libre pour ne pas dire free, va apporter une touche inattendue et vraiment intéressante.

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Textes engagés, musique d’avant-garde, c’est ça le jazz, on l’a déjà dit, le renouveau permanent.

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Développements libres de Julien Dubois au sax alto, rythmique nerveuse de Bernard Lubat à la batterie assouplis par la rondeur de la contrebasse et les nappes aux claviers.

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Sur la terrasse comble, les gens ayant annexé une partie du parking, une fois la surprise passée on apprécie. Il faut dire que le public fidèle à ces après-midis de jazz est ici friand de découvertes. Ce lieu pour ça est admirable et insolite.

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A l’intérieur de la Belle Lurette une expo photos de Kami intitulée « About men and politics » accrochée jusqu’au 30 décembre et consacrée aux manifs souligne l’esprit engagé et citoyen du Collectif Caravan. Une remarque qui n’engage que moi, le tarif des photos paraît décalé par rapport au sujet qui relate souvent des revendications liées au pouvoir d’achat.

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La deuxième partie de l’après-midi est consacrée à la jam habituelle et là les instruments sortent de partout pour enfiler les standards avec des musiciens de tous âges et de tous niveaux ; une vraie jam ouverte, le blog en a souvent parlé. Celui qui souffle dans son bugle est le même que celui qui a fait le Sainte Croix du Mont que je suis en train de siroter, il n’y a qu’ici qu’on peut voir une chose pareille ! Première jam de la saison et certainement dernière en plein air avant de s’entasser dans la chaude ambiance de la Belle Lurette chaque premier dimanche du mois.

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Alors souhaitons une belle saison au Collectif Caravan qui organise le 28 octobre à Monsaguel (24), en association avec le Maquizart, un concert du Coltrane Jubilé intitulé « Orphée »

Coltrane Jubilé Quartet
Thomas Bercy – piano, compositions, arrangements et direction artistique
Maxime Berton saxophones ténor et soprano
Jonathan Hedeline  contrebasse
Gaétan Diaz  batterie

Avec la participation de
Bernard Lubat causerie & batterie
Claude Magne danse contemporaine
Marco Codjia slam
Sébastien Arruti – trombone

Ouverture du Comptoir Éphémère

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Bordeaux, mercredi 4 octobre 2017

Un endroit quasi historique

Le Comptoir du Jazz a une longue histoire. Créé en 1997 en même temps que le restaurant mitoyen « Le Port de la Lune » par Michel Daroque – et sa moustache à la Dali – il a vécu après la vente par ce dernier en 2011 des moments compliqués et pas toujours glorieux, notamment une fermeture pour mauvaise gestion, ce qui est un euphémisme… Musicalement par contre il a connu des nuées de soirées remarquables et des moments inoubliables de jazz et de blues.

Il y a deux ans suite à une prise de contrôle par des personnes proches du monde du Rugby bordelais, le Comptoir avait essayé de changer de nom pour « le Club-House », dénomination qui n’a guère convaincu, la communication se faisant toujours avec ce nom suivi de « ex Comptoir du Jazz » et la mayonnaise sport/musique n’a jamais vraiment pris malgré une programmation régulière de qualité.

En mai dernier l’affaire étant disponible Benoît Lamarque et sa société Arcadia Ego, déjà gérants du Caillou, ont décidé d’investir le lieu pour le relancer. De nouveaux noms ont été évoqués dont « le Pastorius » en hommage à Jaco, ou encore « l’Abattoir » en référence aux anciennes installations voisines ; mais avouez qu’envoyer des musiciens à l’Abattoir aurait pu être mal pris par ceux-ci ! Finalement au regard du passé du lieu, de sa notoriété et des habitudes des Bordelais il a été décidé de garder le nom « Comptoir » en y ajoutant le qualificatif « Moderne ».

Vers la démolition du lieu

A Action Jazz, un peu au courant de l’affaire, nous en étions restés à cette dénomination jusqu’à que commence à poindre de la communication avec « Le Comptoir Ephémère ». On a compris de suite. L’établissement se trouve dans un quartier en pleine transformation urbaine et allait en faire les frais. Effectivement en juillet Benoît Lamarque a appris par le propriétaire des murs que le lieu était voué à démolition, l’obligeant à réduire ses projets à la baisse. Ceci a d’ailleurs créé une polémique assez vive entre différents acteurs dans laquelle nous n’avons pas à nous immiscer, notre rôle étant seulement d’informer le public jazz sur les lieux où il peut vivre sa passion.

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En présence de Fabien Robert adjoint à la culture de la ville de Bordeaux, et devant un nombreux public, le mercredi 4 octobre a donc vu la (re)naissance du « Comptoir Éphémère » et cela pour une durée indéterminée allant de un à deux ans. Alors autant en profiter pour vivre intensément ces mois restants.

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Une exposition des superbes photos de Thierry Dubuc accueille les visiteurs qui découvrent aussi la nouvelle décoration.

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Fini les cadres avec les maillots de rugby tout avachis, place à une déco plus sobre et élégante, des boiseries rouges et noires, des écrans vidéo, une nouvelle sono, un bar réaménagé et surtout une nouvelle scène ! Celle-ci était jusque là engoncée entre un mur et un énorme poteau, ressemblant plus à un tunnel dans lequel s’entassaient les musiciens ; le simple fait d’y avoir ajouté une avancée l’a métamorphosée. On se demande comment cette solution n’avait pas été trouvée avant.

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La programmation du lieu devrait être plus éclectique gardant sa forte couleur jazz mais avec aussi de la chanson, de la danse, du cabaret et cela du mercredi au dimanche. Musique du monde aussi notamment pour cette soirée inaugurale avec Ceïba présentant son nouvel album « Tout Va ». Voir sur le Blog Bleu du 29 septembre le compte-rendu du concert au Rocher.

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Alors pour une fin heureuse il faut donc profiter de ces dernières heures du « Comptoir » qui disparaîtra sous les coups de bulldozer d’ici peu. Quand ? Nul ne le sait !

https://comptoirephemere-bordeaux.com/

Galerie photos d’Alain Pelletier :

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Concert de Soutien à FIP Bordeaux

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Le Rocher, mardi 3 octobre 2017.

Vous le savez certainement les trois locales de FIP, celles de Nantes, Strasbourg et Bordeaux/Arcachon sont menacées car remises en question par le PDG de Radio France Mathieu Gallet. Le dossier est très avancé et la fin annoncée très proche paraît-il. Économies. Pourtant une goutte d’eau dans la galaxie Radio France, car une locale c’est 7 ou 8 personnes et la moitié en équivalent temps plein. Par contre pas de reclassement prévu pour ces personnes… Idem à Nantes et Strasbourg les deux autres locales rescapées des précédentes purges.

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Certes FIP continuerait à diffuser sa bande son mais comme le déclare la pétillante animatrice Stéphanie

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puis Patrick Duval dans son mot d’accueil « chez lui » au Rocher de Palmer, devant une 650 pleine, finies les annonces locales si importantes pour la vie culturelle : les concerts, les expositions, le cirque, le théâtre, le court métrage, les pestacles pour enfants, les rencontres littéraires, les conférences, les « petits » festivals, tous ces événements qui ainsi ne passent pas inaperçus.

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Souvent ces spectacles ou événements annoncés n’ont pas accès au grands médias ils trouvaient là un relais important.

Ces radios FIP créées il y a plus de 40 ans ont déjà subi trois attaques, la première en 1986 comme le rappelle Patrick Balbastre, ancien de Radio France.

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A cette époque à Bordeaux nous avions FIB, il y avait FIL à Lyon, FIM à Marseille et aussi d’autres, FIP étant uniquement à Paris ; le FI voulant dire France Inter, la troisième lettre correspondant à la ville. Devant le mécontentement des auditeurs les radios avaient subsisté mais sous le seul nom de FIP et avaient tout de même gardé leurs antennes et ainsi leurs annonces locales. La dernière attaque date de 2000, époque où FIP Lille a été supprimée comme le précise Jean-Gabriel Guichard du comité de soutien.

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Et voilà que ça recommence au moment où cette radio vient d’être déclarée la meilleure du monde par Jack Dorsey le PDG de Twitter. Les présidents de la Région, du Département, de la Métropole, de gauche et de droite, solidaires de FIP,  ont écrit à ce sujet au PDG de radio France sans résultat pour le moment.

FIP est un joyau, combien de découvertes avons nous faites en l’écoutant.  Ma discothèque est pleine de disques puis de CD entendus sur FIP pour la première fois. Je me souviens au début où il fallait téléphoner pour connaître le titre, notant l’heure dans la voiture et appelant le soir ou le lendemain ! Puis le portable permettant d’appeler immédiatement, puis les playlists sur le net jusqu’aux autoradios indiquant maintenant le titre en direct. Combien d’entre nous on téléphoné au 05 56 24 13 13 pour essayer de gagner une place pour un concert à Eysines, au Fémina ou ailleurs ou encore pour gratter un album à l’œil. Je me souviens avoir gagné plusieurs fois. La musique certes mais aussi les annonces.

Ces annonces ce sont les jolies voix des Fipettes qui nous les prodiguent et ce soir elles sont là révélant ainsi – enfin – au public leurs personnes, leurs visages, comme Zorro qui enlève son masque. C’est que la situation est grave.

Les amateurs de la radio se sont déplacés et après l’inquiétude de voir arriver le public au compte goutte c’est la satisfaction de constater la 650 pleine. FIP c’est avant tout la musique et peu de paroles alors va pour peu de discours et beaucoup de musique(s) ce soir.

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FIP c’est tout, le jazz, le classique, la chanson, la pop, les musiques du monde… tout on vous dit mais de qualité, alors ce soir l’échantillon proposé est éclectique et de grande valeur.

Du jazz avec Edmond Bilal Band le quartet de bordelais bien connu d’Action Jazz car vainqueur du Tremplin 2013. Prestation courte de 20 minutes comme les autres mais dense et sans round d’observation. Les excellents Paul Robert au sax, Mathias Monseigne à la basse, Simon Chivallon aux claviers et un époustouflant Curtis Efoua à la batterie. Une musique inventive, dynamique et moderne, une découverte pour beaucoup une confirmation pour nous. Ecoutez leur dernier opus sorti en mai dernier « Starouarz » vous verrez.

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Changement radical avec Las Hermanas Caronni, deux sœurs jumelles argentines venant de Rosario, mais vivant à Bordeaux depuis plusieurs années et fidèles auditrices de FIP comme elle nous le révèlent. Laura au violoncelle et Gianna aux clarinettes, les deux chantant. Un moment de grâce d’une beauté dépouillée magnifique et si musicale mais bien trop court – j’ai déjà eu la chance de les voir lors d’un vrai concert, merveilleux, ne vous en privez pas à l’occasion – Pleines de fraîcheur et d’humour en plus, comme Gianna qui nous déclare pendant que Laura s’accorde que celle-ci a accouché sous FIP. Style indéfinissable mais à quoi bon, du jazz, du tango, de la chanson, une touche de classique, FIP à elles deux. Une 650 bouche bée sous le charme ; moi quand je les vois et les entends, c’est simple, je tombe amoureux des deux à la fois.

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FIP sans musique du monde n’est pas FIP nous voilà partis dans les Balkans avec la Cie Mohein et ses 8 musiciens « seulement », la chanteuse n’étant pas là.

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Autour du cymbalum – un piano sans clavier en quelque sorte – au son si caractéristique, trois violons endiablés, la clarinette de Nicolas Lascombes, une guitare, une contrebasse et des percussions.

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Ça virevolte, ça balance, le public finissant debout. Musique aux sons parfois tristes et pourtant si gaie, musique d’émotions, pour mariages et enterrements comme on le dit pour elle.

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Tout les musiciens viennent saluer rejoints par les Fipettes, les applaudissements de la salle debout sont scandés, c’est émouvant et rappelons nous, seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livre pas.

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Sauvons les locales de FIP, signez la pétition !

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Les six Fipettes (Photo Dom Imonk)

lien pétition : https://www.change.org/p/pr%C3%A9servez-et-d%C3%A9veloppez-fip-la-p%C3%A9pite-%C3%A9clectique-de-radio-france

contact : fipbordeauxarcachonendanger@gmail.com

 

 

Les photographes d’Action Jazz s’exposent. Concert d’OD en bonus

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat Lire la suite

Ceïba au Rocher : Tout Va !

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Le Rocher de Palmer, jeudi 28 septembre 2017.

Sortie de l’album « Tout va »

La sortie d’un album n’est pas un événement anodin quand on est de véritables artistes. Elle est là pour couronner le travail de plusieurs mois, lui même assis sur une base de plusieurs années.

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Une sortie en public est bien sûr une des meilleures façons de présenter son œuvre à condition que tout se passe bien. Pour que tout se passe bien il faut une forte préparation des artistes et que le public réponde présent. Connaissant les musiciens nous n’étions pas inquiets sur le premier point et cela s’est confirmé de façon éclatante lors du concert. Pour le second et bien la salle de 650 places du Rocher s’est avérée trop petite et la chasse aux places disponibles s’est ouverte à peu près en même temps que la traditionnelle ; complet depuis deux semaines.

Nous avions rencontré Ceïba et ses musiciens lors de l’enregistrement de l’album au studio Cryogène de Bègles pour un article paru dans la Gazette Bleue #22 de mai 2017. La minutie du travail, le soin des détails nous avaient frappés et déjà, avant même le mixage définitif, on avait perçu la beauté et la richesse des compositions. . Le résultat est un très bel album de dix titres baptisé « Tout Va », c’est son contenu que beaucoup vont découvrir ce soir avec d’autres surprises. Ceïba a pratiquement tout composé avec bien sûr la pianiste Valérie Chane-tef sur quelques titres.

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La première surprise c’est la présence sur scène outre Ceïba, Valérie Chane-tef, Franck Leymerégie et Benjamin Pellier le quartet habituel, de Guillaume Thévenin l’ingénieur du son et responsable du studio Cryogène. Il est aux « machines » électros et sa guitare est près de lui. Guillaume qui est aussi musicien, a été une pièce importante de l’enregistrement, apportant ses idées, ses suggestions et c’est naturellement que le groupe l’a intégré pour ce spectacle et les suivants. Il va proposer les ambiances sonores faites de voix off africaines, de bruits de marchés, de nature, de divers bruitages, chanter et ponctuer les thèmes de virgules musicales avec sa guitare. Une excellente idée.

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Un voyage plein d’émotion

Le concert commence avec la perle « Un Petit Bout de Toi » qui ouvre aussi l’album. Valérie l’introduit au piano, puis la rythmique arrive sur la voix délicate de Ceïba ; le voyage commence. Si tu veux partir avec moi je t’attends (… ) viens je t’emmène en voyage (…), voilà « Kidou » et l’arrivée sur scène avec sa valise d’une voyageuse, la danseuse Khady Saar que nous avions vue avec Ceïba en 2016 à Ambarès ; toujours cette grâce et cette puissance félines, cette présence scénique ondulante très forte qui va nous régaler toute la soirée et nous manquer dans l’album !

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A voir ses réactions c’est déjà gagné avec le public dans lequel beaucoup d’amis mais aussi énormément de gens qui découvrent le groupe et sa musique.

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Souffle alors l’émouvant « Vent Nouveau » dont il faut un peu raconter l’histoire. Il y a deux ans le groupe avait repris « Evariste Siyed Lon » un titre créé par Kan’nida sur le rythme Boulaguel traditionnel de la Guadeloupe, ce style dont certains ont fait un emblème politique lié à l’indépendance de l’île. Et certains là-bas – et ici – ont pris ça comme une provocation que des métropolitains s’emparent de leur musique allant même jusqu’à des menaces. « Vent Nouveau » est une réaction en forme de droit de réponse, mais surtout un message de fraternité, de tolérance et d’amour. D’ailleurs l’an dernier le groupe avait pu se rassurer sur la nature humaine en chantant lors d’un festival en Guadeloupe « Evariste Siyed Lon » devant un public chaleureux.

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Le voyage va continuer en Afrique, aux Antilles avec une belle variété. Voilà des intermèdes où tous sont aux percussions Khady Saar étalant son talent de danseuse dans des costumes et des chorégraphies extraordinaires, Ceïba n’étant pas en reste dans ce domaine. Elle sait d’ailleurs tout faire à merveille.

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Qualité musicale et visuelle

Le spectacle est coloré, visuellement très soigné grâce aussi aux éclairages. L’harmonie des voix, les breaks, les fins de titres, on comprend qu’il y a eu énormément de travail car tout est fluide.

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Valérie Chane-tef , pièce maîtresse du groupe, apporte sa touche jazz créole comme elle la définit elle-même et nous offre quelques moments de grâce avec notamment un chorus au piano sur lequel elle scatte , ou des développements qui font tourbillonner Khady Saar.

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Franck Leymerégie nous a réservé lui aussi une surprise avec quelques interventions assis sur un ka dont il joue des deux mains et d’un pied, technique venant du Bèlè martiniquais. Au set de percussions il est inégalable avec sa rythmique au rasoir et ses trouvailles. Il nous offre même un passage au bendir, cet instrument à la vibration sonore si caractéristique.

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Au fond à droite comme toujours, Benjamin Pellier à la basse, avec son groove plein de rondeur indispensable à la charpente du groupe, va même nous proposer des chorus dont une magnifique intro en solo ; personnage discret mais si efficace !

Vers l’issue du concert, Ceïba va enfin libérer le public qui a depuis longtemps des fourmis dans les jambes en lui proposant de se lever et danser ; il n’attendait que ça ! Khady Saar elle est survoltée

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Triomphe, rappel bien sûr et cette fois Ceïba qui fait chanter la salle conquise.

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Une dernière surprise avec l’arrivée sur scène du Béninois Ewa Touhinnou magnifique chanteur et percussionniste pour le dernier titre de l’album dont il est co-auteur avec Ceïba « Wedouto ».

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Un spectacle complet très abouti, magnifique !

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Dire que j’évitais les musiques classées du monde avant de connaître Ceïba…

Si vous avez raté ce concert, rendez-vous le 4 octobre à 21h30 lors de la soirée d’ouverture du Comptoir Éphémère quai de Paludate ou au festival de la Ruche à Saucats le 14 octobre.

http://ceibamusic.com/ ; http://valeriechanetef.com/ ;

Gazette Bleue n°22 – Mai 2017