Nola’s news # 41

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Quand on la chance de voir Mike Dillon, entre ses nombreuses tournées dans le pays, il faut en profiter et c’est ce que nous faisons. Comme tous les lundis, le club « Gasa Gasa » organise ses « mondays impros » et c’était Mike Dillon

Mike Dillon

Mike Dillon

qui se prêtait à l’exercice avec, tout d’abord le guitariste néo-orléanais Rob Cambry

Rob Cambry

Rob Cambry

dans un premier set. Tous deux dialoguaient en improvisant et donnaient une première partie de concert, remarquable. Pour le deuxième set, Mike avait invité 3 jeunes musiciens pour une improvisation collective. Mike lançait les débats et bassiste, batteur et percussionniste se jetaient dans la fosse au lion avec beaucoup d’envie et d’à propos. L’excellent bassiste (6 cordes) se faisait remarquer par un son de basse magnifique et le batteur avec un jeu rapide et sec. Le percussionniste assurait avec intelligence sa partie, cherchant à trouver et à imposer un tempo.

Mike Dillon et invités

Mike Dillon et invités

Quand à ce génie de Mike Dillon, ingénieur des sons, toujours créatif, suggère, relance, change de tempo, construit puis déconstruit pour mieux repartir sur autre chose. Ce musicien est un phénomène qu’il faut impérativement découvrir. Il sait tout faire, tout jouer et jouer avec tout. Il est entouré d’une multitude d’instruments (vibraphone, timbale, congas, tablas, etc …) et d’objets que j’appelle ses casseroles, avec lesquels il trouve des sons improbables. Et,quand il trouve une mélodie, il l’exploite à fond et ses musiciens lui emboîte rapidement le pas. Rob Gambry finit par se joindre à eux pour quelques impros complètement folles qui ravissaient les nombreux mélomanes présents. Il ne faut absolument pas passer à côté d’un concert du fabuleux Mike Dillon car ce n’est jamais pareil et c’est toujours plein de surprises.

Mike Dillon et son invité

Mike Dillon et son invité

Encore un superbe concert de musique improvisée et la découverte de jeunes musiciens que Mike Dillon félicitait après chaque morceau. Mike Dillon est un vrai magicien du son !

Nola’s news # 40

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

La dernière journée du Bayou Boogaloo Festival a commencé sous une chaleur étouffante, torride et à 14h20, c’est le « Mike Dillon’s New Orelans Punk Rock Percussion Consortium » qui animait 1 des 3 scènes installées au bord du Bayou St John, pratiquement le seul endroit où à la Nouvelle Orléans il y a un peu d’air (relativement) frais.

Mike Dillon's New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Mike Dillon’s New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Avec ce génial musicien (Mike Dillon), il faut s’attendre toujours à tout et le style Punk rock n’était pas la bonne étiquette. En effet, Mike Dillon avait rassemblé autour de lui, 4 autres vibraphonistes et non des moindres (Jason Marsalis, Otto Schrang, entre autre)  et un certain nombre de percussionnistes (dont l’extraordinaire batteur, Stanton Moore)

Jason Marsalis

Jason Marsalis

pour interpréter ses compositions. Tout ce beau monde passait du vibraphone aux percussions et on assistait à une suite de plus ou moins longs morceaux qui sidéraient littéralement le public. Mike Dillon est certes un magnifique compositeur mais aussi, un remarquable vibraphoniste, un percussionniste hors pair, un meneur, un animateur, un showman et un formidable chef d’orchestre.

Mike Dillon

Mike Dillon

Sous sa direction, les 12 musiciens sur scène se transcendaient et offraient un spectacle exceptionnel. On passait du jazz fusion au free en passant par la musique de fanfares, ce qui caractérise bien ce musicien inclassable. Otto Schrang, un de ses élèves s’en donnait à coeur joie

Otto Schrang

Otto Schrang

et les musiciens assurant les percussions, dont l’extraordinaire batteur Stanton Moore, se régalaient sur cette suite de mouvements, écrite par Mike Dillon.

Stanton Moore

Stanton Moore

Le public exultait à chaque morceau et les musiciens prenaient un plaisir particulier sur scène. Jason Marsalis se trouvait (pour une fois) interprète et visiblement s’amusait bien lorsque Mike, face à lui, le provoquait.

Jason Marsalis & Mike Dillon

Jason Marsalis & Mike Dillon

Malgré la chaleur intense, musiciens et public prenaient un réel plaisir. D’ailleurs, les festivaliers avaient du mal à laisser partir tous ces extraordinaires musiciens car ils avaient envie de les pousser dans leurs derniers retranchements. Bon, il faudra attendre l’année prochaine, peut-être, pour voir ça. Toujours est-il que nous avons assisté (encore une fois) à un concert exceptionnel (malgré la chaleur). Suivait ensuite un autre concert sur la même scène avec une toute autre musique. Dans les « 101 runners », on retrouvait l’exceptionnel guitariste June Yamagushi

June Yamagushi

June Yamagushi

et l’incontournable pianiste, Tom Worrell.

Tom Worrell

Tom Worrell

Et quand on voit Tom Worrell (Wild Magnolias, Big Chief Bo Dollis, etc …), les indiens ne sont pas loin … d’ailleurs, les voila qui arrivent sur scène.

Indians

Indians

Les voici donc avec leurs chants lancinants et répétitifs mais tellement entraînants. Et, le groupe, amené avec beaucoup de métier et de compétence par Tom et June, donnent la vrai mesure de ce funk indien,si particulier.

101 Runners

101 Runners

La foule se rue au bord de la scène pour reprendre les refrains et danser sur ce rythme transcendant. Et, croyez-moi, les indiens savent mettre l’ambiance en se pavanant dans leurs splendides costumes.

Indian

Indian

Mais la chaleur aura eu raison de nous et nous avons dû déclarer forfait pour le concert de Ian Neuville’s Dumstafunk. On reviendra l’an prochain …

La soirée n’était pas pour autant terminée car elle se poursuivait, cette fois à la clim, au club de Frenchmen street, « Vaso » où se produisait le bluesman louisianais, Troy Turner.

Troy Turner

Troy Turner

Alors, comme chaque formation au Bayou Boogaloo Fest, Troy Turner rendait un bel hommage à Mr BB King qui a tellement influencé de musiciens, en interprétant, entre autre, un « Thrill is gone » poignant que tout le très large public qui avait investi le lieu, applaudissait avec ferveur, comme pour remercier le « maître du blues ». Gros succès pour ce trio qui se produit chaque semaine.

Troy Turner Trio

Troy Turner Trio

Excellent concert qui clôturait, grâce à la clim et une bonne margarita, une magnifique journée.

 

Nola’s news # 39

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Encore un festival à New Orleans ? Les néo-orléanais disent qu’il n’y a pas assez de week end dans l’année pour organiser des festivals. Celui-ci marque en principe le début de la saison chaude … et c’est vrai. Heureusement, le « Bayou Boogaloo Fest » est organisé au bord du bayou St John et c’est le seul endroit à Nola où il y a un peu d’air … pas frais mais ça donne l’impression. Durant 3 jours, 3 grandes scènes sont installées le long de ce bayou et c’est un festival (gratuit) ou les gens viennent en famille et certain font même du canoé, du pédalo … du radeau et de toute autre forme d’embarcation (ils ont de l’imagination). Côté musique, on y trouve du jazz (Tom McDermott, Meshiya Lake, Davis Rogan,…), du Blues (Kim Carson …), du punk rock (Mike Dillon, …), du Zydeco (Terrance Simien …), des Brass Band et beaucoup de funk. Et c’est justement le funk des « Wild Magnolias » qui nous a intéressé. C’est une magnifique formation avec un guitariste extraordinaire, Jake (John « papa » Gros)

Jake

Jake

et l’incontournable pianiste Tom Worrell, toujours aussi efficace.

Tom Worrell

Tom Worrell

Et bien entendu, on trouve au chant Bo Dollis Jr, superbe chanteur et showman.

Bo Dollis Jr

Bo Dollis Jr

Et Big Chief Bo Dollis Jr est toujours accompagné d’ indiens en costume qui viennent parader et assurer des chants.

Wild Magnolias Indians

Wild Magnolias Indians

Indian

Indian

Cette musique et l’ambiance qu’elle procure ne peut vous laisser indifférents et assis dans votre fauteuil. Car, c’est une véritable invitation à la danse que proposent ces musiciens. Et Bo Dollis et ses indiens viennent même se mêler à la foule pour faire quelques pas de danse.

Indians

Indians

Bo Dollis et sa soeur

Bo Dollis et sa soeur

Le spectacle est total car les costumes des indiens sont magnifiques et la musique excellente. Du funk de toute beauté.

Indian

Indian

Du funk, oui, mais avec une touche tellement particulière comme, seuls Bo Dollis et ses indiens savent proposer. Tant et si bien qu’après ça, le concert qui suivait paraissait presque fade. Et pourtant, là encore de très bons musiciens offraient une musique, peut-être (pour moi, du moins) trop variée. Mené par le bassiste-chanteur  Tony Hall,

Tony Hall

Tony Hall

nous passions du funk au rythm’n blues en passant par du reggae et du rock. Bon, très bien fait mais pas passionnant. Il fallait attendre le dernier concert de la soirée pour se relancer dans la frénésie d’une superbe prestation des « New Orleans Suspects ». On y retrouve encore ce merveilleux guitariste (que finalement beaucoup de groupes s’arrachent) Jake. Et, tout de suite, c’est lui en tant que guitariste mais aussi chanteur qui attire l’attention.

Jake

Jake

Un très bon pianiste qui prenait également des initiatives au chant ou sur l’instrument,

pianiste

pianiste

et un saxophoniste tonitruent qui faisait des interventions magnifiques.

Saxophoniste N.O. Suspects

Saxophoniste N.O. Suspects

Particulièrement bien soutenus par un bassiste efficace et une batterie performante, ils offraient un funk d’une qualité extrême. Une autre sonorité que les Wild Magnolias et la guitare et le saxophone étaient mis en avant.

New Orleans Suspects

New Orleans Suspects

Le guitariste faisait évidement un hommage au maître disparu, BB King, très apprécié du public qui n’a pas cessé de gigoter pendant 1h30. Magnifique concert.

 

Nola’s news # 38

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Soirée de début de week-end au « d.b.a. » sur Frenchmen street.

club d.b.a.

club d.b.a.

La jeunesse est de sortie pour danser dans les clubs qui sont souvent bien remplis. Au « d.b.a. » c’est le trompettiste Shamarr Allen qui assurait la soirée avec sa formation.

Shamarr Allen

Shamarr Allen

Un peu déçu par le répertoire que proposait cet excellent trompettiste. Du gros funk pour la danse, lui qui s’adonne pourtant au modern jazz. Bon, il ne faut pas non plus faire la fine bouche; c’était très bien fait mais il ne jouait pas beaucoup de sa trompinette et se contentait de chanter et de faire bouger le public. Nous avons tout de même pu apprécier ses quelques chorus, certes trop rares et on reste sur notre faim.

Shamarr Allen

Shamarr Allen

Très bonne formation de funk, tout de même et très au point.

Shamarr Allen & The Underdawgs

Shamarr Allen & The Underdawgs

 

Nola’s news # 37

par Alain Piarou, photos: Irène Piarou

Là encore, c’était un autre rendez-vous à ne pas manquer. Tous les jeudis, le batteur Johnny Vidacovich invite 2 autres musiciens à « jammer » avec lui au « Maple Leaf » et hier soir, c’était le prolifique multi-instrumentiste Mike Dillon.

Johnny Vidacovich - Mike Dillon - Nath Lambertson Trio

Johnny Vidacovich – Mike Dillon – Nath Lambertson Trio

Mike Dillon et Johnny Vidacovich (Astral Project) sont des chefs de file du jazz moderne néo-orléanais. La balance était en train de se faire et Mike Dillon faisait régler par le technicien, le son du micro des tablas. Il jouait donc et Johnny Vidacovitch, installé à la batterie lui a emboîté le pas et tous les deux se sont mis à se répondre et à installer le dialogue et c’était parti pour 2 heures de concert.

Mike Dillon

Mike Dillon

Les 2 complices s’amusaient comme des petits fous, se provoquant sans cesse.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Le contrebassiste arrivait sur ces entre faits, s’installait tranquillement et, sans réglage, se mêlait à la conversation. L’improvisation se faisait donc maintenant à 3 car il s’agissait bien là de musique improvisée et lorsqu’ils trouvaient une mélodie, tous trois l’exploitait et groovaient.

Nath Lambertson

Nath Lambertson

Ca partait alors dans tous les sens et on passait du free au punk rock, au rap, en faisant de nombreux détours par le be bop et le hard bop avec des moments de rêve. C’est Mike Dillon qui avait pris les choses en main et qui suggérait. Il passait des tablas à ce que j’appelle ses casseroles, à savoir, un nombre considérable d’ objets dont émanaient des sons très précis. Il revenait le plus souvent au vibraphone pour faire des chorus de toute beauté.

Mike Dillon

Mike Dillon

Quel musicien, maître de l’improvisation mais aussi de la musique bien écrite. De l’impro, on allait sur ses compositions et il changeait souvent de tempo mais ses complices le suivaient au doigt et surtout à l’oeil. Ils s’attardaient aussi sur le jazz avec des thèmes standards sur lesquels tous trois participaient amplement et avec brio et grande classe. Un vrai régal ! Pourtant, hier soir, bizarrement, le public n’était pas au rendez-vous. Juste une cinquantaine d’inconditionnels mais peu importe, les 3 musiciens réalisaient toute de même une grande performance. Les absents ont eu tort … comme d’habitude. Mike Dillon est un musicien inclassable puisqu’il touche à tout, que vous devez absolument découvrir. D’ailleurs, on vous en reparlera plus longuement, plus tard.

Mike Dillon

Mike Dillon

A la fin du concert, il invitait sur scène un autre jeune musicien avec qui il partageait le vibraphone pour une série de « questions-réponses » superbes. Le technicien menaçant de « débrancher la prise », on devait se quitter après avoir passé un moment magique.

Mike Dillon & Otto Schrang

Mike Dillon & Otto Schrang

Nous ne sommes pas prêts d’oublier cette soirée. Que d’excellents musiciens !

 

Nola’s news # 36

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Le rendez-vous hebdomadaire est bien entendu « Jazz in the Park ». Tous les jeudis, à partir de 17h00, le Parc Louis Armstrong où il y a la fameuse place « Congo square », reçoit sur une belle scène adossée à l’auditorium (malheureusement fermé depuis Katrina), les meilleurs artistes locaux de renommée. Cela commence toujours par une « second line » derrière un Brass Band qui sillonne le magnifique parc Louis Armstrong. Après un 1er concert d’un groupe de rock, c’est au pied de la scène que le spectacle avait lieu. En effet, une quinzaine d’hommes de tous âges, déguisés en « Elvis Presley » s’étaient donnés rendez-vous pour réaliser 2 ou 3 chorégraphies sur les tubes du King.

"Elvis Brothers"

« Elvis Brothers »

Oh, ils ne se prenaient pas au sérieux mais ils s’appliquaient et même si ça n’était pas toujours au point, ils prenaient plaisir à danser et à amuser le public qui s’était agglutiné devant eux, le sourire aux lèvres et l’envie de « bouger ». Après quoi, sur la scène cette fois, c’est le James Andrews Band qui faisait son show.

James Andrews Band

James Andrews Band

James Andrews fait partie d’une autre grande famille néo-orléanaise de musiciens (Glen David, Troy « Trombone Shorty », etc …). Il est le cousin de Travis « trompet Black » Hill, décédé ces derniers jours, à l’âge de 28 ans alors qu’il était en tournée au Japon.

James Andrews

James Andrews

Pour lui rendre hommage, après avoir fait observer une minute de silence, James Andrews avait rassemblé quelques musiciens qui animaient régulièrement (tous les lundis) le club « Ooh Poo Pah Doo » (Mondays trompet summit) avec lui. Et, pas des moindres, puisqu’on y trouvait, entre autre, l’excellent guitariste June Yamaghushi

June Yamaghushi

June Yamaghushi

et un autre personnage marquant de la Nouvelle Orléans, le saxophoniste John Stubbelfield (Dirty Dozen Brass Band)

John Stubbelfield

John Stubbelfield

pour interpréter les airs de Tremé qu’il affectionnait particulièrement. James Andrews, depuis la scène suggérait quelques chorégraphies que le public appliquait bien volontiers. L’ambiance était vraiment à la fête et une « second line » s’organisait, les femmes avec leurs ombrelles et les hommes avec leurs mouchoirs blancs. Tout le monde chantait avec beaucoup de ferveur ces fameux airs de Tremé et de la Nouvelle Orléans. Et puis, la scène faisant face à la très belle statue de Satchmo, hommage lui devait d’être fait et c’est un « wonderful world » et « St James Infarmery » qu’interprétait avec brio James, au chant et à la trompette et son orchestre de rêve. Voilà donc une soirée qui commençait donc sous les meilleurs hospices.

James Andrews

James Andrews

Nola’s news # 35

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

David Torkanowski 4 Tet

David Torkanowski 4 Tet

La 2ème partie de soirée nous conduisait au club « Gasa Gasa » sur Freret street où tous les lundis, il y a un concert « free ». Et hier soir, c’était l’excellent pianiste David Torkanowski qui animait et invitait 3 autres musiciens. Public clairsemé en ce lundi, lendemain de « Mother day » mais public intéressé  et attentif. David Torkanowski avait invité le guitariste, aussi néo-orléanais Shan Kenner.

Shan Kenner

Shan Kenner

Pour accompagner ou improviser ensemble, il y avait aussi un excellent contrebassiste/bassiste, Chris Severin

Chris Severin

Chris Severin

qui ne s’attardait pas à faire de la figuration ou de l’accompagnement, mais qui avait son mot à dire dans cette improvisation collective. Il s’y employait, tantôt à la contrebasse, tantôt à la basse électrique,

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avec toujours beaucoup de maîtrise et d’inventivité. Quel son à la contrebasse … et la basse à 6 cordes ouvre tellement d’horizons … La batterie était tenue par un autre néo-orléanais, Jermal Watson, avec efficacité et créativité.

Jermal Watson

Jermal Watson

Mais, c’est tout de même le guitariste Shan Kenner qui se mettait en évidence, tout au long de ces 2 heures d’improvisation collective. En 2 heures, 4 improvisations avec, certes des temps plus faibles mais les temps forts étaient tellement intenses qu’on était transporté dans un autre monde.

Shan Kenner

Shan Kenner

2 heures de pur bonheur où on se laissait transporter par ce fabuleux quartet. Quand on les pensait à court d’idée, le guitariste changeait pour la guitare sèche, amplifiée et ça repartait. D’autres fois, c’était le contrebassiste qui prenait la basse électrique et qui relançait. Et David Torkanowski, aux claviers, jouait le plus souvent sur sa tablette sur laquelle il avait enregistré un certain nombre de choses, tant mélodiques que percussives et il s’amusait bien.

David Torkanowski

David Torkanowski

C’était une soirée à ne pas manquer.

Nola’s news # 34

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Fin d’après-midi très particulière en ce lundi puisque nous assistions au club « Ooh Poo Pah Doo », ou plutôt à l’angle de la rue où était monté une scène, pour un hommage à un trompettiste local, décédé brutalement lors d’une tournée au Japon, la semaine dernière. Travis « Trompet Black » Hill n’avait que 28 ans était déjà reconnu à Nola où il remplaçait régulièrement Kermitt Ruffins lorsque celui-ci était en tournée. Il était le cousin de James Andrews, Glen David Andrews et Troy Andrews (Trombone Shorty), tous étant des musiciens importants de Nola.

Travis "Trompet Black" Hill

Travis « Trompet Black » Hill à Ooh Poo Pah Doo club

Nous l’avions croisé, justement à « Ooh Poo Pah Doo » une quinzaine de jours avant puisqu’il y animait les « Mondays trompets summit » chaque semaine. Toute la communauté de Tremé était là et de nombreux musiciens étaient venus pour lui rendre hommage (Kermit Ruffins, Big chief Bo Dollis Jr, Rockin Dopsie Jr, son cousin James Andrews, …). Tous ne pouvaient monter sur scène mais étaient présents autour de la famille pour honorer Trompet Black en jouant de la musique et en dansant. Et oui, on est la Nouvelle Orléans où tout se passe en musique.

Walter "Wolfman" Washington

Walter « Wolfman » Washington

Walter « Wolfman » Washington était là pour interpréter 4 chansons,

Hot 8 Brass Band + invités

Hot 8 Brass Band + invités

Le Hot 8 Brass Band avait invité quelques autres musiciens à se joindre à eux et faisaient danser la foule amassée devant le podium où photographes et caméramens se disputaient la meilleure place.

New Beed Brass Band

New Beed Brass Band

Le New Breed Brass Band prenait le relai dans l’effervescence. Les femmes brandissaient leurs ombrelles en dansant et les hommes, les mouchoirs blancs, d’autres dégustaient des crawfish (écrevisses) confortablement installés sur les fauteuils pliants. Véritable ambiance de deuil …. à New Orleans ! Comment seront les obsèques ?

Brother Tyrone

Brother Tyrone

Brother Tyrone était évidement présent car il partageait, tous les lundis, les « trompet summit » à l’Ooh Poo Pah Doo ».

Indien

Indien

La communauté indienne était également représentée sur la scène comme dans le public avec beaucoup de ferveur. Les danses sont toujours très démonstratives et appellent souvent à la transe. Le Rebirth Brass Band puis le Treme Brass Band se relayaient et une « second line » s’organisait jusque chez la grand-mère de Travis, à quelques centaines de mètres plus loin. Bizarre impression partagée entre recueil et fête.

 

Nola’s news # 33

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Soul Project

Soul Project

Après plusieurs parades dans la ville pour le « Mother day » (et oui, ici, la fête des mères, c’est le 2ème dimanche de mai) et un bon mal aux pieds, c’est une soirée encore endiablée qui nous attendait. « Soul Project » était au club « Maison » sur Frenchmen street et il ne fallait pas les rater. Ce quartet diffuse une musique soul funk à tout casser. C’est vrai que les décibels maltraitaient nos pauvres oreilles … et nos pieds car, impossible de rester assis. Le saxophoniste est une « bête » du genre. Il participe à plusieurs projets et à chaque fois, il s’attire les faveurs du public.

sax

sax

C’est un saxophoniste qui excelle dans le genre funk et avec le co-leader Jérémy Habegger, ils dialoguent avec beaucoup de complicité. Le claviériste Jérémy Habegger est un franco-américain qui s’est installé à Nola, il y a 5 ans et depuis, participe à ce projet. C’est toujours lui qui propose et introduit les morceaux.

Jérémy Habegger

Jérémy Habegger

Et, c’est du gros soul funk que nous proposaient donc ces 4 musiciens pour la danse. Et, ceux qui n’avaient pas fini de fêter « Mother day » étaient bien là pour danser et se trémousser. Tous les âges étaient représentés et tous venaient faire la fête avec « Soul Project ». Il est vrai qu’avec autant d’énergie déployée sur la scène, on ne pouvait pas être insensible et le public en redemandait. Un bon batteur, lui aussi infatigable, et un très bon bassiste qui n’hésitait pas à prendre de superbes chorus.

Bassiste

Bassiste « Soul Project »

Batteur "Soul Project"

Batteur « Soul Project »

Tous les quatre reprenaient les refrains mais c’était surtout Jérémy Habegger, le claviériste, desservi pourtant par une sono trop mal réglée qui assurait le chant. Les 2 partenaires, clavier et sax, se stimulaient et nous faisaient passer encore, une très bonne soirée.

les co-leader de "Soul Project"

les co-leader de « Soul Project »

Jérémy Habegger a plusieurs cordes à son arc puisque, la journée, il est un guide très spécial car il propose de faire découvrir pourquoi et comment le jazz est né à La Nouvelle Orléans, mais nous en reparlerons …

 

 

 

 

 

Nola’s news # 32

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Si vous ne connaissez pas « Astral Project », de grâce, écoutez cette formation qui délivre un jazz de toute beauté.

Astral Project

Astral Project

Ces 4 compères se connaissent depuis de nombreuses années. Steve Masakowski, Directeur du Département Jazz de la U.N.O. (Université de la Nouvelle Orléans) représente aussi une grande famille de musiciens. Sa femme Ulrike est pianiste classique, leur fils Martin est contrebassiste et leur fille Sasha est une superbe chanteuse.

Steve Masakowski

Steve Masakowski

Le guitariste effectue une belle envolée sur, entre autre, « secret sky », pleine de finesse et de sensibilité. Le quartet joue des compositions mais aussi des reprises de Monk. Magnifique intro du batteur Johnny Vidacovich sur « second line » dans l’esprit de la Nouvelle Orléans et chacun prenait sa part, tour à tour avec intelligence et virtuosité. Lorsqu’on regarde Johnny jouer, on pense à un jongleur, à un mime ou à un peintre. Il est démonstratif, certes, mais élégant dans sa gestuelle et tellement efficace.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

On retrouve toujours le contrebassiste James Singleton dans toutes les formations qui privilégient la création musicale. Cet extraordinaire contrebassiste se met toujours au service des autres mais apporte aussi sa créativité au groupe. Il grimace et se donne systématiquement à fond. Un plaisir de le voir et de l’écouter.

James Singleton

James Singleton

Il propose une de ses magnifiques compositions « Cowboy Bill » dont l’intro est tout simplement remarquable. Quand tous les protagonistes ont proposé leur solo, James se lance dans une longue improvisation en utilisant par moment, l’archer. Formidable chorus qui attira de très larges applaudissements. Sur « Open space », c’est le ténor de Tony Dagradi qui était largement mis en évidence. « L’étranger » du groupe, comme le faisait remarquer avec humour, le présentateur, puisqu’il arrive du New Jersey, alors que les 3 autres sont des locaux, se distinguait à son tour par une belle introduction et deux solos bien construits, faisant référence à Billy Strayhorn.

Tony Dagradi

Tony Dagradi

Johnny Vidacovich assurait un drumming en finesse, comme il sait si bien le faire et Steve Masakowski laissait cour à son intelligence de jeu et au son, si particulier, de sa magnifique guitare à 7 cordes, principalement sur une composition lente « Flower is a … ». Ce superbe concert était donné au « Snug Harbor » haut lieu du jazz moderne à Nola, dans une ambiance feutrée. Un concert comme on les aime.

A écouter : Astral Project : « Bleu streak », « Elevado », « The legend of cowboy Bill » et de Steve Masakowski : « Things I live »