Nola’s news # 51

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Tout se fête à la Nouvelle Orléans et ce week end, ce sont … les huîtres ! Le week end prochain, ce sera la tomate. Et bien sûr, comme à Nola on est amateur de bonnes choses, durant tous ces événements, on mange bien, on boit bien et tout ça, en musique.

Oyster Festival

Oyster Festival

Le long du Mississippi, une multitude de stands sont dressés où l’on peut acheter des huîtres, du vin et autres cocktails et bien entendu, déguster le tout en écoutant les orchestres qui se succèdent chaque heure sur la grande scène érigée et où les gens se pressent et s’assoient confortablement sur leurs fauteuils pliants. Nous retiendrons la superbe prestation de groupe de Corey Henry.

Corey Henry & Funktet

Corey Henry & Funktet

Cet excellent tromboniste-chanteur a littéralement mis le feu. Du funk bien sûr (on est à New Orleans) et les spectateurs venus en famille dansaient devant la scène. C’est simple, c’est toujours la fête à Nola ! Corey Henry que l’on rencontre souvent dans les clubs était visiblement heureux de voir l’ambiance qu’il mettait.

Corey Henry

Corey Henry

C’était donc une très bonne fin d’après-midi. Pour le reste de la soirée, c’est encore au Maple Leaf que nous nous rendions pour écouter ce merveilleux saxophoniste qu’est Khris Royal.

Khris Royal

Khris Royal

Khris est un surdoué du saxophone alto. A Nocca (célèbre high school musicale), il était déjà 1 des 3 leaders de sa promotion avec le pianiste Johnathan Battiste et le tromboniste Troy ANdrews (Trombone Shorty) … excusez du peu. Que de bons musiciens autour de lui. Danny Abel, excellent dans ses chorus de guitare, Beck Burger, très bon aussi dans ses interventions à l’orgue ou aux claviers, Alvin Ford, en temps que métronome à la batterie et enfin le formidable bassiste, Max Moran (The Bridge Trio, Donald Harrison …).

Max Moran

Max Moran

Le répertoire ? du funk. Des compositions endiablées de Khris qui faisaient danser l’assistance venue en nombre et décidée à passer une bonne soirée. Et ce fut le cas. Khris ne joue pas à l’économie. Il ne prend pas de chorus car il joue sans arrêt et les morceaux durent environ 20 minutes. Un 1er set d’1h15 et un second d’autant. Du funk de grande classe pour une prestation hors du commun.

Khris Royal

Khris Royal

Absolument génial ! Dommage que ça se termine…

Nola’s news # 50

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

C’est au « Maple Leaf » qu’une fois par semaine, le formidable batteur Johnny Vidacovich invite 2 amis à partager la scène.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Et, cette fois-ci, c’est l’excellent contrebassiste/bassiste Chris Severin

Chris Severin

Chris Severin

et le trompettiste-pianiste-organiste, Nicolas Payton qui étaient ses hôtes.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Nicolas Payton n’utilisait que peu sa trompette, quelques fois en la tenant d’une main et en jouant du Fender Rhodes de l’autre. Mais, quand il la prenait, c’était un vrai bonheur et il nous offrait 3 ou 4 chorus magnifiques. Il partageait le reste du temps entre le Rhodes et l’orgue.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Et, si on le connaît mieux à la trompette, il faut vraiment le découvrir aux claviers car il excelle encore dans ce domaine. Johnny Vidacovich laisse toujours l’initiative à ses invités pour le choix du répertoire, même s’il prend à son compte 2 ou 3 morceaux qu’il chantonnait d’ailleurs.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Chris Severin excellait lui aussi à a basse à 4 cordes puis à 6. Il réalisait de magnifiques interventions et chantait par moment les notes qu’il jouait.

Chris Severin

Chris Severin

Nicolas Payton faisait des merveilles à l’orgue et le répertoire se concentrait sur ses thèmes ainsi que sur quelques standards. Si le 1er set était cool, le second était plus enlevé et se terminait sur un « when the saints … » qui faisait réagir les quelques 50 spectateurs (seulement).

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Johnny Vidacovich assurait plus qu’un accompagnement mais réalisait une véritable performance pour notre plus grand plaisir.

Johnny Vidacovich trio

Johnny Vidacovich trio

Belle soirée avec une musique de rêve.

Nous dédions ce très beau concert à un de des plus fervents supporters d’ Action Jazz, notre copain Pierre, disparu ces jours derniers.

 

Nola’s news # 49

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

A New Orleans, tout commence par une « second line » (parade) et c’est sous une chaleur étouffante qu’un Brass Band et ses danseurs déambulaient dans le parc Louis Armstrong lors du traditionnel rendez-vous du jeudi « Jazz in the Park ».

Second line

Second line

Tout ce petit monde démarre du pied de la scène et sillonne le magnifique parc, entraînant derrière lui une foule de gens, ombrelles et mouchoirs blancs en mains, jusqu’au pied de la statue de Satchmo (Louis Armstrong)

Second line

Second line

pour une petite démonstration de danse au son des thèmes festifs de Tremé. C’est au tour du chanteur-tromboniste Glen David Andrews d’animer la grande scène. Il rendait hommage à son cousin disparu Travis « Trompet Black » Hill et enchaînait, lui aussi, les succès de Tremé, repris allègrement par les spectateurs.

Glen David Andrews

Glen David Andrews

L’ambiance montait de plus en plus et l’on commençait à danser, un jambalaya dans une main et une bière dans l’autre. Ca, c’est Nola : la musique, la danse … et la bouffe !

Glen David Andrews

Glen David Andrews

Les gens affluent, habillés quelque fois d’une façon excentrique et faisant le va-et-vient au stand de boissons (même alcoolisées) et s’en donnaient à coeur joie car « Jazz in the Park » est toujours une fête où on vient en famille retrouver les amis pour un moment de partage.

Glen David Andrews

Glen David Andrews

L’ambiance devait encore monter d’un cran quand les « Wild Magnolias » avec l’excellent pianiste Tom Worrell

Tom Worrell

Tom Worrell

le formidable chanteur, showman, Bo Dollis Jr

Bo Dollis Jr

Bo Dollis Jr

et les « Mardi Gras Indians »

Indian

Indian

faisaient leur apparition sur scène pour un show d’1h30. Bo Dollis faisait chanter et danser l’assistance comme il sait si bien le faire et, malgré la forte chaleur, les indians dansaient sur scène avec leurs splendides costumes.

"Mardi Gras Indians"

« Mardi Gras Indians »

Bo Dollis, les Wild Magnolias et les Indians mettaient littéralement le feu dans le parc avec leurs chants et danses particulièrement entraînantes.

Bo Dollis et sa soeur

Bo Dollis et sa soeur

Bref, une fin d’après-midi comme on les aime.

Nola’s news # 48

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Tous les mercredis, le club « d.b.a. », sur la plus musicale rue de New Orleans, Frenchmen street, reçoit Walter « Wolfman » Washington et il y a toujours beaucoup de monde qui vient l’écouter.

Walter "Wolfman" Washington

Walter « Wolfman » Washington

Non, il n’est pas hué quand il entre sur scène mais c’est au cri du loup (wolfman) que ses supporters l’accueillent. Walter Washington est un excellent guitariste et un très bon chanteur. Mais, chanteur de quoi …? Il est inclassable car il touche un peu à tout. Ce soir encore, il le prouve en commençant par de la soul puis un blues et enchaîne avec un morceau jazz de sa composition.

Walter "Wollfman" Washington quintet

Walter « Wollfman » Washington quintet

Il continue avec du funk et bien sûr, tout le monde danse. Maintenant, c’est du rythm’n blues et quand il appelle une chanteuse (une petite mamie très dynamique) pour interpréter quelques classiques du genre, on est toujours dans le même registre.

Walter "Wolfman" Washington et sa chanteuse

Walter « Wolfman » Washington et sa chanteuse

Mais très vite, la chanteuse part dans la soul pour le plus grand bonheur des spectateurs qui chantent à tue tête les refrains. Les musiciens sont alors stimulés par la bonne ambiance qui règne dans le club et réalisent chacun leur tour, de superbes chorus. Les spectateurs en redemandent encore et encore, en chantant et dansant … un verre à la main. Normal, on est à Nola !  Le quintet en termine alors par du funk endiablé … et c’est encore une bonne soirée de passée.

Nola’s news # 47

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Une invitation à assister à l’enregistrement d’un CD, ça ne se refuse pas. Nous avons eu la chance d’être invité par un des bassistes néo-orléanais des plus actifs dans le domaine du jazz, James Singleton pour la réalisation de sa dernière œuvre.

James Singleton

James Singleton

Cela se passait dans un studio de la banlieue de New Orleans, ou plutôt un vaste hangar où sont réalisés également des petits tournages de film. Donc, un endroit quelque peu improbable puisqu’on se trouvait au milieu de décors bizarres comme un cercueil et des croix avec des têtes de vaches. James aime bien ces endroits marginaux, sortant du commun. Du matériel performant était mis au service des musiciens par 2 techniciens très professionnels. L’un assurait l’enregistrement et l’autre prenait des photos et filmait le sextet en action.

Séance d'enregistrement

Séance d’enregistrement

James avait souhaité que les musiciens soient disposés en rond afin que tous puissent se regarder et donc mieux communiquer par le regard. James stressait, ne voyant pas arriver un de ses amis musiciens et complice de la mouvance expérimentale. Mike Dillon arrivait enfin et après avoir débarqué tous ses instruments, quelque fois de fortune, la séance pouvait commencer. James Singleton distribuait les partitions déjà étudiées par l’ensemble.

Mike Dillon

Mike Dillon

James Singleton a réuni pour son nouvel ouvrage des musiciens chevronnés et reconnus tels que donc, Mike Dillon au vibraphone et diverses percussions, le guitariste Jonathan Frielich,

Johnatan Frielich

Jonathan Frielich

2 super saxophonistes, Rex Gregory au ténor, piccolo, fifre et à la clarinette,

Rex Gregory

Rex Gregory

l’excellent Brad Walker à l’alto, ténor et baryton,

Brad Walker

Brad Walker

et Justin Peaks à la batterie.

Justin Peaks

Justin Peaks

Le maître assurait la contrebasse et bien sûr les compositions.

James Singleton

James Singleton

Il ne fallait que 3 heures de temps pour réaliser cet enregistrement et tous les musiciens étaient cool, maîtrisant parfaitement les sollicitations de James Singleton. Tous faisaient preuve de grand professionnalisme et démontraient leur talent en interprétant la musique bien écrite de James Singleton.

James Singleton & Mike Dillon

James Singleton & Mike Dillon

Mike Dillon est toujours aussi passionnant à regarder comme à écouter car il saute sans arrêt d’un instrument à un autre avec une imagination débordante. C’est un magicien du son ou des sons. Il faut le voir déballer de sa « caisse à jouer » tous ses instruments improbables et qu’il utilise toujours à propos pour chercher le son adéquat. Un génie qui s’entend forcément bien avec l’autre génial James Singleton.

Mike Dillon

Mike Dillon

Rex passait du picolo au saxophone ténor et au fifre avec brio,

Rex Gregory

Rex Gregory

Rex Gregory

Rex Gregory

et Brad, de l’alto au ténor puis au baryton avec une aisance incroyable.

Brad Walker

Brad Walker

En tous cas, c’est un jeune musicien à suivre de près.

Brad Walker

Brad Walker

Je ne parlerais pas de la musique avant le mixage du CD, d’autant que James Singleton a encore quelques idées qu’il pourrait rajouter mais assurément, ce sera un très bon recueil de musique improvisée mais écrite, allant donc vers le free jazz. Attendons donc avec curiosité la sortie de ce nouvel album qui ravira, j’en suis certain, les amateurs de liberté musicale.

James Singleton

James Singleton

James Singleton est un musicien à suivre (ou à découvrir), débordant d’idées, très demandé par beaucoup de formations et pilier d’ « Astral Project » (à écouter impérativement). Et, il est particulièrement sympathique, ce qui ne gâche rien. C’est un réel bonheur de connaître et de côtoyer un tel musicien et un personnage hors du commun et aussi génial.

Nola’s news # 46

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Le célèbre club de New Orleans où bon nombre d’enregistrements sont réalisés a pour principe de donner carte blanche à un musicien, 2 fois par semaine. Hier soir, c’était George Porter Jr qui animait le « Maple Leaf » pour une soirée funky de haut vol.

George Porter Jr

George Porter Jr

Alors, on connait bien sûr, George Porter Jr (The Meters) mais j’ai découvert 2 autres formidables musiciens. George Porter lançait ses morceaux à la basse et très vite, l’excellent claviériste Mike Lember entrait dans le jeu

Mike Lember

Mike Lember 

et le sensationnel batteur, Terrance Houston lui emboîtait le pas avec puissance, justesse et vélocité. Une mitraillette en même temps qu’un « B52 ». On avait l’impression qu’il jouait avec des éventails, tant il était rapide.

Terrance Houston

Terrance Houston

Pas de flash et l’éclairage déficient ne nous permet pas d’apprécier ces merveilleux musiciens en action mais les photos en donnent tout de même une idée. George Porter ne se contentait pas d’introduire les morceaux et d’exécuter de magnifiques lignes de basse mais il réalisait des chorus de toute beauté.

George Porter Jr

George Porter Jr

Mike Lember faisait par moment, sonner ses claviers comme un steel drum et était très imaginatif. Mais, les surprises ne s’arrêtaient pas là car le leader appelait un autre invité de marque, Kris Royal.

Kris Royal

Kris Royal

Et là, quelle claque ! Du grand art. Un son magnifique à l’alto, une imagination débordante et un groove exceptionnel faisaient réagir le public avec frénésie. Quel saxophoniste à découvrir (en playlist dans la dernière Gazette Bleu n° 10) impérativement. Et puis, c’est un jeune guitariste, Chris Adtkins qui devait le remplacer sur la scène. Alors, difficile de passer après un tel phénomène bourré de talent.

Chris Adtkins

Chris Adtkins

Mais Chris s’en sortait honorablement. Il était efficace dans l’accompagnement et bon dans les 2 ou 3 chorus effectués. Pendant ce temps, un artiste réalisait une peinture représentant les musiciens sur la scène.

Peinture réalisée en direct

Peinture réalisée en direct

Le concert (2 fois 1h15) se terminait en feu d’artifice avec un « Twist and shout » qui ne laissait personne assis. Les spectateurs enthousiastes en redemandaient mais le concert ayant été d’une telle intensité qu’on devait se quittaient là. Un grand moment et du funk de grande classe. (Pardon pour la mauvaise qualité des photos mais, sans flash et avec aussi peu de lumière, et en plus, des spots rouges et bleus …)

 

Nola’s news # 45

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Old Mint Museum New Orleans

Old Mint Museum New Orleans

L’ Old Mint est un très intéressant musée qui dans sa salle de spectacle, organise de très nombreux concerts dans la journée. Cet après-midi, l’orchestre formé principalement par des employés du musée racontait en musique une partie de l’histoire de la musique du Sud des Etats Unis et donc du jazz à la Nouvelle Orléans. Le guitariste-narrateur expliquait la naissance de certains styles en citant quelques anecdotes sur sur les musiciens.

"Dolto" Band

« Dolto » Band

Le très bon pianiste exécutait des standards du ragtime et du boogie puis passait du swing au blues et tout cela fort bien accompagné par (entre autre) le guitariste et le bassiste qui chantait du blues, du rythm’n blues et du funk. Et l’histoire était très bien racontée et expliquée à l’auditoire (conséquent) composé principalement de touristes. Les conditions d’écoute étaient également excellente. Outre le concert dans le bel auditorium, le musée présentait une exposition de photos d’artistes ayant contribué à la naissance ou au développement du jazz à New Orleans. De très belles photos avec des légendes retraçaient bien cette musique. Et puis, dans une autre salle, sont exposés toute l’année, quelques instruments de musique ayant appartenu à des musiciens majeurs de Nola. C’est ainsi que l’on peut voir le premier cornet de Louis Armstrong (acheté 2 ou 3 dollars),

1er cornet de Louis Armstrong

1er cornet de Louis Armstrong

le saxophone soprano de Sidney Bechet,

saxophone soprano de Sidney Bechet

saxophone soprano de Sidney Bechet

le trombone de Kid Ory,

Trombone de Kid Ory

Trombone de Kid Ory

la trompette de Louis Prima,

Trompette de Louis Prima

Trompette de Louis Prima

le magnifique piano Steinway de 1980 de Fats Domino. Le dernier piano de Fats Domino ayant été récupéré dans un état lamentable après la catastrophe de 2005 est exposé au Katrina museum (à côté de la cathédrale St Louis).

Steinway 1980 de Fats Domino

Steinway 1980 de Fats Domino

Le violon, lui aussi sorti de l’eau pendant Katrina de Clarence « Gatemouth » Brown, musicien qui refusait d’être classé dans le blues, le jazz ou la country était également présenté, évidement tout « destroy ». Clarence Brown voulait simplement être un musicien américain.

Violon de Clarence "Gatemouth" Brown

Violon de Clarence « Gatemouth » Brown

Bref, l’Old Mint Museum est un lieu incontournable à visiter. Enfin, à la sortie, et comme on en rencontre souvent à New Orleans, un Brass Band de jeunes musiciens joue au coin d’une rue, ce qui donne cet aspect festif, bien réel à cette merveilleuse ville.

Brass Band de rue

Brass Band de rue

Nola’s news # 44

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

A New Orleans, 2 clubs de blues sur Bourbon street : le « Sing Sing » et le « Funky Pirate ».

Funky Pirate Blues Bar

Funky Pirate Blues Bar

Le Funky Pirate est tenu et animé 4 soirs par semaine, de 20h00 à 01h00 par l’incontournable Big Al Carson.

Big Al Carson

Big Al Carson

Il est accompagné depuis de nombreuses années par la même équipe des « Blues Masters », autant dire qu’ils se connaissent parfaitement bien et que la complicité est totale. Plusieurs sets de 30 à 40 minutes sont assurés par l’équipe.

Big Al Carson & The Blues masters

Big Al Carson & The Blues masters

Big Al Carson possède une belle voix et chante des standards de blues du Delta mais aussi de Chicago. Il interprète aussi quelques chansons connues et bien arrangées. Il est cabotin et parfois ses chansons personnelles ont des paroles un peu salasses, à connotation sexuelle, mais ça fait toujours rire le public, surtout quand il s’adresse à quelques femmes, gestes à l’appui.

Big Al Carson

Big Al Carson

Ce n’est pas le plus grand chanteur de blues de la région mais c’est le seul qui ait un intérêt sur Bourbon street. Et puis, au Funky Pirate, on y déguste un breuvage très spécial que l’on ne trouve que dans cette rue : the hand grenade. Oui, oui, vous avez bien compris : la grenade à main ! Vous pouvez imaginer les dégâts que ça fait dans la gorge puis dans l’estomac. D’ailleurs, certains spectateurs ont quelque fois du mal à s’en remettre. Mais le blues est là et bien là et on passe toujours un agréable moment dans ce club.

Big Al Carson

Big Al Carson

 

 

Nola’s news # 43

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

17h30, la musique a déjà commençait depuis longtemps dans les clubs mais là, c’est dans un restaurant/lounge réputé de New Orleans, au nom bien français (« Tableau ») juste à côté du « Petit Théâtre » et de la cathédrale, à Jackson square, que nous avions décidé de nous poser, d’autant que la pluie avait annulé le traditionnel rendez-vous du jeudi à l’Armstrong Park. Quelques amis ont bien fait de nous conseiller ce lieu pour y prendre un verre car nous y retrouvions un petit quartet de rêve pendant l’apéro. En effet, l’excellent pianiste David Torkanowski

David Torkanowski

David Torkanowski

avait réuni autour de lui quelques amis et non des moindres, puisqu’on trouvait à la basse, George Porter Jr,

George Porter Jr

George Porter Jr

le magicien Stanton Moore, à la batterie,

Stanton Moore

Stanton Moore

et un trompettiste, également local, du nom de Nicolas Payton.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Un grand merci à mes amis de nous avoir donné l’info car on a passé un moment délicieux (comme les cocktails) avec cette belle affiche. Aucune publicité particulière n’avait été faite mais, le bouche à oreille a bien marché puisqu’en quelques minutes, le restaurant/lounge s’est rempli. Certes, un bus de touristes Israéliens venus faire un « music tour » ont envahi le lieu et le bar, le salon et la salle de restaurant étaient pleins. Ce quartet de rêve, confiné dans un tout petit emplacement nous a offert un sublime concert  en 2 sets.

D. Torkanowski, G. Porter Jr, S. Moore, N. Payton 4Tet

D. Torkanowski, G. Porter Jr, S. Moore, N. Payton 4Tet

Ces néo-orléanais se connaissent bien mais c’est David Torkanowski qui dirigeait les débats et choisissait le répertoire. Répertoire qui tournait autour de standards, de thèmes de Harold Batiste et de compositions de chacun d’eux. Il y avait pas mal de bruit ambiant mais nous étions presque assis sur les genoux des musiciens, alors, l’écoute était correcte. Que dire de plus ? … un régal !

Après quoi, nous nous dirigions, d’un coup de street car (Tramway) vers le club « Chickie Wah Wah » sur Canal street pour écouter, dans une toute autre ambiance, une toute autre musique, cette fois, plus intimiste mais non moins intéressante avec un duo bien rodé. Dave Easly est guitariste mais joue le plus souvent, comme ce soir d’ailleurs, du peedal steel (voir photos).

Dave Easly

Dave Easly

magnifique son quelque peu inhabituel chez nous où cet instrument n’est pas ou très peu utilisé (dommage). Il chante et joue aussi très bien de la guitare.

Dave Easly

Dave Easly

Un ami à lui assurait avec brio et intelligence une ligne de basse magnifique. Le brillant contrebassiste James Singleton ne se contentait pas d’assurer l’accompagnement mais réalisait (comme d’habitude) des chorus magnifiques et reprenait souvent la mélodie à son compte.

James Singleton

James Singleton

Il prenait également sa trompinette pour faire quelques belles interventions.

James Singleton

James Singleton

Le répertoire était varié puisque le duo interprétait des thèmes tels que « Bye Bye Blackbird », des thèmes de Cole Porter, de Louis Armstrong, du folk. La musique était douce et reposante et les quelques spectateurs (pas plus d’une trentaine) adhéraient à leur musique (de salon).

Dave Easly-James Singleton Duo

Dave Easly-James Singleton Duo

Belle musique, bonne ambiance amicale avant d’allait se coucher.

Nola’s news # 42

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Depuis 1 semaine et l’annonce du décès d’une des figures montantes du jazz de la Nouvelle Orléans, Travis « Trumpett Black » Hill, à l’âge de 28 ans, lors d’une tournée au Japon, tous les jours sont organisées des « second line » (défilé derrière un Brass Band) dans les rues de Tremé. Elles partent toutes du club « Ooh Poo Pah Doo » où Trompett Black animait la scène, tous les lundis. Hier soir, après la second line, c’est le « Cafe Istambul » qui appelait les très nombreux musiciens à se recueillir en musique (on est à New Orleans) et rendre hommage à Travis.

Peinture hommage

Peinture hommage

Un peintre avait réalisé un portrait et l’on pouvait, comme pour un livre de condoléances y apposer sa signature. Le plus émouvant, et j’en ai encore la chair de poule, c’est lorsque le Preservation Hall Orchestra entra dans le club en jouant la fameuse marche funèbre néo-orléanaise.

Preservation Hall Orchestra

Preservation Hall Orchestra

Après quoi, l’hommage commençait toujours en musique, mais cette fois dans la joie avec un morceau qui faisait déjà danser le public. Et, il y avait un nombre impressionnant de gens venus partager avec la famille ce moment de recueillement. Plusieurs « têtes d’affiches » étaient présentes et venaient se produire pendant 30 minutes. Et c’est Walter Wolfman Washington qui commençait cet hommage.

Walter Wolfman Washington

Walter Wolfman Washington

« Wolfman » jouait et chantait du blues mais aussi 2 thèmes rapides et entraînants. Puis, c’est Brother Tyrone qui prenait la suite et venait chanter quelques standards du rythm’n blues avec beaucoup de ferveur, comme il le fait à chaque représentation.

Brother Tyrone

Brother Tyrone

Le public se déchaînait, chantait et dansait. Brother Tyrone partageait régulièrement la scène avec Travis à Ooh Poo Pah Doo, ainsi d’ailleurs que le très apprécié pianiste Tom Worrell.

Tom Worrell

Tom Worrell

Nous étions dans un spectacle comme pouvait le faire James Brown et on oubliait presque pourquoi on était là.

Brother Tyrone Band

Brother Tyrone Band

C’est comme ça à la Nouvelle Orléans, on partage joies et peines, toujours en musique. C’était au tour du « Dirty Dozen Brass Band » de rendre hommage, et on connaît leur entrain. 30 minutes de folies durant lesquelles ils demandaient aux spectateurs de rester debout et de danser.

Dirty Dozen Brass Band

Dirty Dozen Brass Band

L’excellent trompettiste Leroy Jones était venu se joindre a à eux pour une prestation à tout casser.

Leroy Jones

Leroy Jones

Puis, le « Big Sam’s Funky Nation » occupait à son tour la scène pour un moment de frénésie car Big Sam est un showman qui sait « mettre le feu » … et c’est bien ce qu’il a fait. Il a même organisé des chorégraphies depuis la scène que les spectateurs exécutaient.

Big Sam

Big Sam

Et les « Funky Nation » donnaient, comme d’habitude tout ce qu’ils avaient et le public adhérait à cent pour cent.

Big Sam's Funky Nation

Big Sam’s Funky Nation

Le « New Breed Brass Band » poursuivait cet hommage et quand on parle de Brass Band, on parle bien sûr, de musique entraînante et joyeuse, comme pour parader dans les rues.

New Breed Brass Band

New Breed Brass Band

Cette excellente formation devait laisser la place à un autre Brass Band tout aussi important à Nola, le « Brass-A-Holic »

Brass-A-Holic Band

Brass-A-Holic Band 

qui lui aussi jouait cette musique de Brass Band si particulière. Chaque demi heure donc, les groupes se succédaient et l’ambiance n’avait pas le temps de retomber. Corey Henry, autre tromboniste- chanteur, faisait son show d’une intensité incroyable.

 

Corey Henry

Corey Henry

Sa formation s’était étoffée et l’on y retrouvait avec plaisir le saxophoniste Calvin

Calvin

Calvin

et le guitariste June Yamagushi qui donnaient une dimension encore plus importante à cet orchestre.

June Yamagushi

June Yamagushi

J’ai rarement connu une telle ambiance et lorsque Corey Henry et James Andrews (cousin de Travis) faisaient monter sue scène la mère de Trumpett Black pour l’honorer, on atteignait alors le sommet de l’émotion.

Corey Henry, mère de Travis, James Andrews

Corey Henry, mère de Travis, James Andrews

Quoiqu’il en soit, tous étaient là pour honorer Travis et James Andrews, très ému, au bord des larmes se présentait sur scènes avec ses musiciens et chantait et jouait en montrant le ciel du doigt.

James Andrews

James Andrews

Peu à peu, le groupe grossissait sur la scène qui n’était plus assez grande.

une partie de la section de cuivres

une partie de la section de cuivres

James Andrews Band

James Andrews Band

Des éléments de « Bonerama » venaient participer à l’hommage dans une ambiance surréaliste.

Tromboniste de Bonerama

Tromboniste de Bonerama

L’ambiance était à son comble quand les indiens faisaient leur entrée et traversaient le club pour rejoindre la scène en chantant et en dansant.

Indian

Indian

Indian

Indian

Big Chief Bo Dollis Jr était également présent

Big Chief Bo Dollis Jr

Big Chief Bo Dollis Jr

Le temps n’avait plus d’importance et tous ces musiciens jouaient avec la ferveur que Travis avait sur scène.

Indian et Bo Dollis Jr

Indian et Bo Dollis Jr

James Andrews avait donc réussi à regrouper tous ces musiciens pour une véritable communion.

James Andrews

James Andrews

James Andrews + invités

James Andrews + invités

Enfin, l’autre cousin de Travis, Glen David Andrews venait lui aussi rendre hommage dans une ambiance qui n’arrêtait pas de monter.

Glen David Andrews

Glen David Andrews

Lui aussi, très ému, invitait le public à chanter et à danser, encore et encore. La longue soirée se terminait avec un chanteur de gospel bien connu à Nola, Josh. Sa voix atteignait des extrêmes dans les aigus.

Gospel singer, Josh

Gospel singer, Josh

Et comme dans les églises de Louisiane, Josh faisait monter l’ambiance par ces chants de gospel impressionnants

Gospel singer, Josh

Gospel singer, Josh

et entraînait le public à crier le nom de Trompett Black en finissant allongé par terre. 5 heures de musique pour un hommage extraordinaire, un partage et une solidarité hors du commun. C’est vraiment la première fois de ma vie que j’assistais à un tel événement de cette ampleur, d’une telle intensité et d’une émotion aussi bouleversante. Il fallait bien toutes ces photos pour témoigner de cet hommage. Travis « Trompett Black » allait avoir 29 ans le 7 août prochain. RIP.