THE BRIDGE TRIO – « The Search : Departure »

THE BRIDGE TRIO

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

The Bridge Trio est formé de jeunes musiciens de la Nouvelle-Orléans (Là-bas, on dit « NOLA »). Ce disque est leur deuxième, nous avions chroniqué leur premier dans la gazette n°2 (janvier 2014). Conun Pappas (piano, Fender Rhodes, synths), Max Moran (basse et contrebasse) et Joe Dyson (batterie, percussions), sont tous issus du célèbre « NOCCA » (New Orleans Center for Creative Arts). Joe Dyson et Max Moran se sont aussi formés au Berklee College of Music de Boston et Conun Pappas a été diplômé de The New School for Jazz and Contemporary Music de New York City. Ils ont chacun déjà accompagné les plus grands, citons Alvin Batiste, Donald Harrison, Terence Blanchard, Christian Scott et bien d’autres. Ils font partie de cette nouvelle génération de jeunes musiciens surdoués, dons les talents fleurissent un peu partout à « Nola ». Le nouveau disque est toujours aussi riche en compositions, treize au total, dont neuf signées Conun Papas, deux de Max Moran et deux de Joe Dyson. Dès le premier morceau, « Acces approved », on est soufflé par un jazz groove rappelant un peu Herbie Hancock période Head hunters. C’est épais et sensuel, une pépite. D’autres morceaux restent dans la fraîche couleur acoustique des débuts (« The encourager »), mais l’ambiance est à plus de groove, grâce à la maîtrise du Fender Rhodes, alliée à une utilisation plus fréquente de la basse électrique, renforcée par la puissante batterie. On trouve aussi des accalmies comme « Wondering », une superbe balade. Ce disque est revigorant, pêchu en diable, et on est impressionné par le chemin parcouru. Belle réussite, NOLA n’a pas de souci à se faire !

Par Dom Imonk

www.thebridgetrio.com

Auto produit par The Bridge Trio – 2015 – 0002

HILDEGARD

HILDEGARD

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

Hildegard est un groupe explosif et incroyablement doué, mêlant divers courants musicaux, rock, pop, expérimental, jazz. A la base, Sasha Masakowski (vocaux, synths) et Cliff Hines (guitare, basse VI, vocaux, synths, arrangts cordes), les leaders, sont issus de la scène jazz de NOLA, puisqu’ayant étudié à « NOCCA ». Ils ont d’ailleurs des albums à leur actif, citons entre autres « Old Green River » (avec les Sidewalk Strutters) et « Wishes » (avec Musical Playground) pour Sasha, et « Like Mystics of old » et « Wanderlust » pour Cliff. Ils ont beaucoup tourné et participé à des expériences solaires, comme Cliff Hines et le Mike Dillon Band. Pour Hildegard, ils se sont entourés de Max Zemanovic (batterie, percussions), de John Maestas (guitare, synths), de Max Moran (basse) et d’Andrew McGowan (piano, rhodes, orgue). C’est ce qui participe à donner ce son et cette richesse au disque. En toute simplicité, ils indiquent quelques influences comme Little Dragon, Knower, Tool, The Mars Volta et autres Tigran Hamasyan. On ne les citera pas toutes. Dix compositions aux ambiances très variées composent cet album, quatre de Sasha Masakowski et six de Cliff Hines. Parmi elles, il y a des atmosphères survoltées comme « A-Z » et « Sally Brown » qui ouvrent l’album, des mi-teintes comme « Siren Song » et « Witness » et des morceaux au feeling éthéré comme « Cabin 72 » et « Isolation ». La liste des invités révèle d’autres pointures de NOLA comme par exemple Oliver Bonie, Paul Thibodeaux et Martin Masakowski (bassiste, frère de Sasha). Signalons enfin le jeu de très haut niveau de tous ces musiciens, et le plaisir intense qu’on a pris à écouter ce disque.

Par Dom Imonk

http://hildegardband.com/

Auto produit par HILDEGARD – 2015

THE DOWNTOWN AVENGERS

THE DOWNTOWN AVENGERS

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

On ne s’ennuie jamais à New York, quand on aime les musiques tangentielles qui se jouent downtown. C’est ce qu’a dû se dire le violoniste Fung Chern Hwei. Natif de Kuala Lumpur, il est séduit par le violon dès l’âge de quatre ans, et trouvera un professeur à huit. Il a étudié, bercé des cultures chinoise, malaise, indienne et occidentale. Il arrive à New York pour y poursuivre ses études à la Aaron Copland School of Music, dont il sortira diplômé. Brillant musicien, il vogue du classique au hip hop, en passant par le jazz et le rock. Très demandé, il travaillera avec Uri Caine, Ryuichi Sakamoto, Stanley Clarke, Elliot Sharp et bien d’autres. Violoniste attitré du Sirius Quartet, il crée « The Downtown Avengers », qui est, selon lui, plus une « communion musicale » qu’un groupe. Ce disque, leur premier, sort fin 2014 sur le label Evolver que dirige Lola Danza, ici à la production et aux vocaux. Autour de Fung Chern Hwei sont réunis de sérieux aventuriers, allumés des sons : Vasko Dukovski (clarinettes), Ben Stapp (tuba), Sayun Chang (percussion), et l’on retrouve avec plaisir George Spanos (batterie et percussion). Les « avengers » sont les figurines de la pochette, sortes de « vengeurs » musicaux, libérateurs des sons. Ce disque est un régal d’échappées free. Dès « Testing Waters » et « Placing Dots », Sayun Chang et George Spanos, créent des merveilles qui évoquent la magie du « Magg Zelma » de l’Art Ensemble of Chicago (album « Full Force »), ou la bizarrerie du « Farmer’s reserve » de Mesdeski, Martin & Wood. Suit l’animé « Choosing the next leader » qui désigne Vasko Dukovski pour conduire le monstrueux » Alejandro muy muy grande ». Ça monte en puissance avec un « Cosmic Drift » qui porte bien son nom, on perd pied, on dérive, surtout que déboule un « Obey the chief » de folie, suivi des deux brûlots paroxystiques « Deep circle » et « Rotation II », où l’on croit presque entendre Linda Sharrock ! Cet album est fou, ces musiciens sont au-delà du terrestre ! La « bonus tracks » calme un peu le jeu, on a samplé les voix de ses vengeurs géniaux, de grands enfants hyperdoués. C’est le « New York downtown state of mind » quoi. Et on en redemande !

Par Dom Imonk

http://www.downtownavengers.com/
http://chernhwei.webs.com/
Evolver records (2014)

 

FUGU

FUGU

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

L’ambiance est plus expérimentale sur « FUGU » (2014). Il s’agit d’un duo où Fung Chern Hwei joue du violon électrique et son complice Ng Chor Guan du thérémine. Dans un pays qui ne permet pas tout, ils se sont bien trouvés, dans cette quête des sons libérés. Le disque, enregistré à Kuala Lumpur, comporte deux longues pièces, « FUGU #1 » et « FUGU #2 ». La musique est un dialogue épuré. Le violon, instrument humain, passe du répétitif, voire rugueux, aidé par des samples, à des ambiances plus évanescentes. Il fait partie du « réel ». Le thérémine évoque un contradicteur fantomatique, qui ne s’exprime pas dans le même langage. Il pose des questions électroniques, il émet des interjections, des exclamations, il s’énerve, on croit entendre les battements de son cœur mutant, une voix peut être aussi perçue, semblant chercher des réponses. On peut imaginer qu’il fait partie d’un monde parallèle. Les deux pièces du disque offrent chacune des alternances d’ambiances, tantôt mouvementées, tantôt éthérées et lunaires. Dans la deuxième, on est à un moment bouleversé par une voix de femme. Et si c’était celle de Clara Rockmore ? Cet album est un must-have, « FUGU » est un curieux poisson, mais il ne vous empoisonnera pas. Il est d’une irrésistible poésie !

Par Dom Imonk

http://whatisfugu.com/
http://chernhwei.webs.com/
Evolver records (2014)

Greg Abate Quartet – Chronique « MOTIF »

greg abate quartet motif 2014 - 1

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

Greg Abate est un saxophoniste, flutiste et compositeur, originaire du Massachusetts, et actuellement établi à Coventry, Rhode Island (USA). Au milieu des seventies, juste sorti diplômé du Berklee College of Music, il est embauché dans le groupe de Ray Charles, en remplacement de David « Fathead » Newman. Fin 70, il crée son groupe « Channel One », puis, dans les années 80, il rejoint le groupe d’Artie Shaw. Sa carrière en leader a vraiment débuté au début des années 90. Il a depuis sorti la bagatelle de quatorze albums, le dernier en date étant « MOTIF » (2014). Il livre dix superbes compositions, dont certaines plus ou moins allusives à des standards. C’est le cas de «Motif » (« All the things you are »), « Buddy’s rendez-vous » (« When lights are low ») ou encore « Steppin’out » (Giant steps »). « Bop’n Bob don’t stop » qui clôt l’album est écrite par Phil Woods qui est, avec Charlie Parker et Paul Desmond, l’une de ses principales influences. Il est entouré de musiciens hors pair, tous professeurs au Berklee College of Music, comme lui. Tim Ray (piano), John Lockwood (basse) et Mark Walker (batterie) poussent sans relâche leur leader dans un hard-bop – d’aucun diront post-bop – puissant et élégant, et lui s’échappe dans de sublimes envolées à l’alto et au soprano, mais nous séduit aussi quand il taquine flûte et baryton. Même si le rythme est en général assez rapide, les délicieux havres de paix que sont « Snowfall » et « Morning the leaves » sauront caresser les oreilles des romantiques. Greg Abate tourne plus de deux cent jours par an, tout autour de la planète. Il m’indiquait être déjà venu deux fois à Jazz à Toulon et trois fois à Jazz à Vienne. Il brûle de pouvoir être réinvité un jour. Alors avis aux programmateurs !

Par Dom Imonk

http://www.gregabate.com/

Whaling City Sound – WCS 070 (2014)

The Greg Abate Quintet – Chronique de « Featuring Phil Woods »

the greg abate quintet featuring phill woods - 2012

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

The Greg Abate Quintet « Featuring Phil Woods » est sorti en 2012. Son titre est explicite puisque Phil Woods joue sur cinq des dix morceaux qui composent l’album, et ça s’entend ! Greg Abate signe huit compositions, reprend « Marny » de John Patrick, alors que Phil Woods lui offre un remarquable « Goodbye Mr Pepper ».Très touchante collaboration en forme d’échanges à base de dialogues subtils entre les deux hommes, qui se respectent et se vouent mutuelle estime. Phil Woods est à l’alto, tandis que, outre l’alto, Greg Abate joue aussi du baryton et de la flûte. On est toujours dans ces atmosphères bop/post-bop, où tout est abordé, des tempos les plus soutenus aux balades les plus rafraîchissantes. Mentions spéciale au délicieux échange alto (Woods)/flûte (Abate) sur un « J.A.G. » bien guilleret. « Contemplation » est prétexte à des envolées de flûte et sont autant d’invitations à voler comme un oiseau, surtout que le suscité « Goodbye Mr Pepper » qui suit, ne nous engage pas à redescendre. Le disque se termine par un agile « Realization (Living the dash)», composition de Greg Abate, sur un tempo de course, qui confirme l’élégance de son jeu et la qualité de son écriture. Un mot sur les musiciens de la session, tous excellents et rompus à cet exercice : Jesse Green (piano), Evan Gregor (basse) et Bill Goodwin (batterie). Quand on reçoit Monsieur Phil Woods, on doit réunir les meilleurs, et c’est le cas ici. Un disque qu’on est fier d’avoir dans sa discothèque !

Par Dom Imonk

http://www.gregabate.com/

Rhombus Records – RHO 7112 (2012)

 

ANNE QUILLIER 6 TET – Chronique de « DAYBREAK »

ANNE QUILLIER 6TET DAYBREAK

Par Dom Imonk

Parue le 01 mai 2015 dans la Gazette Bleue N° 10

Découverts il y a presqu’un an, au Festival Jazz 360 de Cénac (33), nous avions été impressionnés par ce groupe. Anne Quillier nous offrit en avant-première ses compositions, fraîches et modernes, empreintes d’une poésie fine et ciselée, avec par moment un côté enjoué, élégant et pêchu, qui relançait cette belle équipée. Une grande qualité d’écriture que nous retrouvons donc dans ce « Daybreak », sorti en début d’année, et qui a très bien été accueilli par la critique. Neuf compositions, aux climats variés, qui se succèdent et comblent nos appétits. Les influences évoquées par le groupe sont de haut vol et on les y ressent. Citons par exemple Wayne Shorter, Ambrose Akinmusire, David Binney, ainsi que Vijay Iyer et Aaron Parks, deux pianistes qui se voient dédié un morceau chacun, « Dance with Robots » pour le premier et « Aaron’s piece » pour le second. Tous les titres émeuvent, mais certaines compositions plus que d’autres, comme « Ondes de choc » ou « Lost continuum », qui ont une profondeur particulière. La qualité de jeu des musiciens est de premier plan, ils ne furent pas lauréats du concours national de Jazz de la Défense pour rien ! Nous sommes définitivement conquis par Anne Quillier, qui excelle au piano et au Fender Rhodes, guettant toute opportunité, ainsi que par ses complices, Aurélien Joly (tp, bu), Grégory Sallet (saxes), Pierre Horckmans (clarinettes), Michel Molines (contrebasse) et le drive de batterie, presque rock par moment, de Guillaume Bertrand. Une chose est sure, si cet album n’est que « l’aube » (Daybreak), alors attendons impatiemment la journée qui la suivra !

Par Dom Imonk

https://labelpinceoreilles.bandcamp.com/album/daybreak

Label Pince Oreilles

VIRET FERLET MOREAU – Chronique de « L’ineffable »

VIRET FERLET MOREAU L INNEFABLE

Par Dom Imonk

Parue le 01 mai 2015 dans la Gazette Bleue N° 10

Le printemps est enfin là, et ce disque arrive à point nommé pour célébrer la délicate beauté des choses qui s’éveillent. Son écoute, le nez à la fenêtre grande ouverte, ouvre l’âme à des éléments qui nous dépassent, et nous laissent muets d’admiration. La nature dans toute sa splendeur, ses grands arbres protecteurs, les fleurs, les parfums, les chants d’oiseaux qui se font la cour…Tout devient petite symphonie de l’instant, à nous de prendre le concert au vol, avec un bouton d’or comme ticket. Ce sont toutes ces impressions délicieuses que m’inspire ce disque dès son ouverture. Tout y semble simple et naturel, alors que ces trois hommes y bâtissent des constructions complexes, enrichies par l’évidente complicité qui les unit depuis plus de quinze ans, avec sept disques à leur actif. Ici, l’atmosphère voit s’animer un jazz vif, à la modernité semblant sans limite, respirant à pleins accords l’air frais et libre du vent contemporain. Jean-Philippe Viret (contrebasse), Édouard Ferlet (piano), signant chacun quatre compositions, et Fabrice Moreau (batterie), auteur du très beau « Valence », forment un trio d’exception, qui évolue bien au-delà de toute notion de virtuosité. Is sont depuis longtemps passés au stade d’après, celui de la création naturelle de beauté, ineffable, pure et accessible à tous. Romantisme et limpidité du piano, solidité et voix plurielle de la contrebasse, précision, clarté et puissance et de la batterie, les trois se testent, se confrontent, se séduisent, puis s’épousent, en une fête rare, servie par une prise de son parfaite. Album indispensable car ivre de sons.

Par Dom Imonk
http://www.viret.com
http://www.melisse.fr/lineffable-trio-viret/

Mélisse MEL666015

Chronique EDMOND BILAL BAND

EDMOND BILAL BAND

Par Dom Imonk

Parue le 01 mai 2015 dans la Gazette Bleue N° 10

En quelques années, Edmond Bilal Band est devenu un groupe incontournable dans la région et s’est forgé une sacrée réputation en live. Bordeaux et ses environs ne sont jamais oubliés, Marciac non plus, près de vingt sets la saison dernière ! Mais no limit pour eux, ne se sont-ils pas retrouvés tout récemment à Douvres, Hambourg et même Berlin ? Tourner forge l’âme des musiciens, et façonne un métier. Et ils le possèdent de mieux en mieux. La route c’est idéal, pour faire tourner des morceaux, roder de nouvelles compositions, accumuler les idées, pour les futurs passages en studio. Et justement, ils en sortent avec un nouvel album très bien né. Le jazz-groove est toujours là, mais en plus pointu et pro, ils ont beaucoup travaillé depuis cet EP que nous avions eu plaisir à chroniquer dans ces colonnes. Tout a évolué en bien. On a ici plus de compositions, onze au total, dont cinq délicieux interludes très brefs, de vrais bijoux qui aèrent l’ensemble. Les titres sont plus charpentés, tournoyants et, surtout, ont cette élégance qui touche et les cale dans nos mémoires. Coup de cœur pour « La Repeinte » (l’hymne ?), « Zealot charge » et « Water Touch II » (ces chorus de guitare !), mais aussi pour le speed de « Spelgo Shuffle » et l’ambitieux « Un p’tit café ». On y retrouve avec plaisir les chaleureuses envolées de toute l’équipe. Aux avant-postes, Paul Robert (as,ts), Philippe Gueguen (p, kbs), Mathias Monseigne (el g) et un beau pacte rythmique pour pousser le tout avec Philippe Sifre (db,b) et Curis Efoua (dms). Vivement les festivals d’été pour les revoir en live, et avec ces morceaux, ce sera épatant !

Par Dom Imonk

https://www.facebook.com/EdmondBilalBand/

Autoproduit

OGGY & THE PHONICS – Chronique « ATLAS »

oggy & the phonics

Par Dom Imonk

Parue le 01 mai 2015 dans la Gazette Bleue N° 10

Oggy & The Phonics est un groupe de cinq jeunes musiciens, d’horizons divers, mais ayant tous commencé très tôt l’étude de la musique. Ils ont étudié à la prestigieuse « Haute École de Musique de Lausanne » (HEMU). Faisons les présentations : Louis Billette (sax), Théo Duboule (el g), Gaspard Colin (el b), Clément Meunier (clar) et Marton Kiss (dms). « Atlas » est leur premier album, il est produit par Free Art Kollectiv et la très belle pochette est signée Simone Ringer (la fille de Catherine). Ce qui frappe d’entrée c’est la qualité d’écriture des onze compositions, qui sont œuvre collective. On est aussi fortement séduit par la précision de l’enregistrement (Alain Wits et Emil Spanyi). Dès « Mi & Fa », on est embarqué dans un voyage à travers de belles histoires toutes simples, mais fort bien construites. L’ambiance est celle d’un jazz mutant de ce siècle, sans barrière. La beauté nostalgique qui habite « Adagio », « Slippery Leaf » et « Lyria » pousse à la méditation, alors que le groove furieux de « Staka » et le speed oblique de « Goûts et couleurs » nous entraineraient plutôt vers quelque piste de danse. Les musiciens ont des jeux très complices et l’humour est parfois bien présent, comme dans le « Buried alive » en deux parties, la première cachant bien le jeu de la seconde. On se régale de leurs chorus, inspirés et plutôt perchés. Chacun a un son très personnel, saxophone, guitare et clarinette s’en donnant à cœur joie, alors que la basse féline et profonde veille et que la batterie, épatante, relance sans relâche. L’album s’achève dans la fureur et la beauté avec « Comme le vent », Midnight bird » et « Air comprimé ». Une petite merveille de disque.

Par Dom Imonk

http://www.oggyandthephonics.com/

UTR 4591/Unit Records/Gema/Suisa