Le jazz dès potron minet…


par Annie Robert

Rencontres pédagogiques à Jazz360
Le Tourne/ Cénac / Monségur

6/ 06 /2017

Dix heures du matin, c’est un peu tôt pour les amoureux du jazz,non ?
Eh bien, pas quand on est à l’école, qu’on a un projet autour du jazz et qu’ on attend un créateur / interprète pour un échange musical de belle qualité…

Depuis huit années maintenant, le festival Jazz360 installe en douceur des curiosités de jazz dans l’Entre deux mers. Depuis huit années également, le collège de Monségur, ses classes jazz avec Rémi Poymiro à sa tête, est partenaire du festival. Et ce goût pour le jazz s’étend…
Il y a trois ans, c’est le CM de l’école du Tourne avec Vincent Nebout qui a rejoint le projet, l’an dernier la chorale TAP de l’école de Cénac avec Caroline Turtaut, cette année enfin le CM2 de Pauline Laffont. Voici donc à présent plus d’une soixantaine d’élèves qui écoutent, apprennent, chantent, travaillent le jazz avec plaisir, avec ardeur depuis plusieurs mois. Ils se produiront en ouverture du festival le 9 juin.
Mais en attendant de monter sur scène, un moment fort va les rassembler : la rencontre avec Vladimir Jelenkovic, jazzmen serbe de 23 ans, en résidence au collège de Monségur, pour écouter de près du jazz, pour de vrai…
Toutes les bonnes volontés se sont rassemblées pour faire en sorte que ce moment si riche soit possible : les municipalités voisines de Camblanes et de Quinsac ont prêté leurs bus, le Tourne a mis à disposition son centre de loisirs, les enseignants ont jonglé avec les autorisations et les emplois du temps. Mais le résultat est là, les enfants sont au rendez-vous, tous sagement assis sur des tapis, les yeux brillent, les questions se murmurent sur les lèvres et les oreilles sont à l’affût.
La rencontre commence, dans un silence attentif par une composition délicate au piano, entre jazz enjoué et mélodie slave qui se développe et se déroule comme un ruban. Un joli moment suspendu. Et puis le dialogue s’installe :
« C’est quoi une résidence d’artiste ? Vous êtes célèbre ? À quoi ça sert la pédale ? Vous jouez depuis quand ? Pourquoi avoir choisi la musique ? »
Rémi Poymiro sert d’interprète, fait les présentations, avec une petite leçon de géographie et d’histoire au passage au passage (la Serbie, quoi, où ? )
Vladimir répond à chaque question avec précision et gentillesse, il explique : chez lui, pas de musicien dans la famille, juste un amour de la mélodie depuis tout petit, pas mal de curiosité pour les musiques traditionnelles…d’ailleurs, une des phrases du premier morceau est bâtie à partir de là. Il est en dernière année au conservatoire, compose des musiques de films ou travaille pour d’autres artistes y compris des rappeurs. Il est venu pour préparer un répertoire tout neuf avec un sextet français.
Un petit intermède musical et les questions reprennent…
« Pourquoi le jazz ? Et vous mettez combien de temps pour composer ? Vous ne préférez pas un vrai piano ? Est ce que le jazz est apprécié en Serbie ? »
Puis place à un chant que tous les enfants ont travaillé pour le concert de vendredi et qu’ils se mettent à entonner à pleins poumons « J’ai perdu mes lunettes ». Wladimir Jelenkovic les accompagne au piano, intercalant une petite impro délicieuse, un vrai échange musical, bien réel, bien concret. De la musique en action .
«  Vous pourriez nous faire un dernier morceau avant de partir ? » demande une élève qui regarde la pendule à regret.
Wladimir choisit un extrait d’un morceau qu’il jouera vendredi prochain et qui se nomme :  «  5+4 =10 », une énigme qui donne l’eau à la bouche et des questions dans les oreilles… Les applaudissements pleuvent et on se quitte à regret après une heure dense et intense qui marquera sûrement des enfants déjà bien sensibilisés au jazz et à la musique en général.

Mais tous se retrouveront vendredi pour le concert scolaire à l’église de Cénac et le concert de Wladimir sur la place de la Roseraie…Comme quoi, en un petit clin d’œil, on peut dire que le jazz n’attend pas le nombre des années, ni les heures de la journée…

https://www.jazz360.fr/festival-jazz360-2017/vendredi-9-juin-2017/

Entrée libre et concert gratuit.

Aux âmes bien nées… Boeuf de la belle Lurette.

par Philippe Desmond

La Belle Lurette,

Saint-Macaire (33) le dimanche 4 juin 2017

La jam de la belle Lurette est un moment toujours très agréable, tout l’hiver et encore ce printemps elle a attiré pas mal de musiciens chaque premier dimanche du mois, en fin d’après-midi, une façon bien gaie de finir le week-end quand déjà l’esprit commence inconsciemment à penser au lundi matin. Le jazz pour combattre le blues…

Hier les conditions étaient toutes autres, un dimanche aussi mais veille d’un lundi de congé, un horaire méridien, une installation en terrasse bien agréable, un apéro très frais et des plats excellents. Cool.

Dernière séance avant la pause estivale avec autour du trio habituel Thomas Bercy (piano), Jonathan Hédeline (contrebasse) et Gaëtan Diaz (batterie) un invité local le trompettiste Bruno Bielsa. Il a eu juste la place à traverser, il est ici chez lui et n’arrive pas tout seul. Il a avec lui deux de ses élèves Théo, déjà adolescent et Timothée encore un enfant, pensez donc douze ans. Bruno est en effet professeur de trompette au conservatoire de Marmande et à l’école de musique l’Ardilla de Saint-Macaire.

Comment ne pas citer le Cid quand on entend le jeune Timothée : « Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années ». Ce tout jeune trompettiste nous l’avions remarqué lors du « Jazz Day » du 30 avril, il jouait dans le marching band et s’était déjà intégré dans la jam finale, tard dans la nuit, mais un peu noyé au milieu de tant de musiciens.

Hier nous avons pu en savoir davantage sur son talent naissant, car il en a le gamin ! Il a quasiment volé la vedette à ses ancêtres.

Le répertoire d’hier très New Orleans au début, avec un typique « second line » a planté le décor, du jazz enjoué, des standards bien adaptés à un bœuf. Théo et Timothée se sont ainsi lancés dans le grand bain sous le regard bienveillant de leurs aînés. Car il faut le souligner, ici la jam est vraiment ouverte, tout le monde a sa chance, elles est idéale pour débuter, pour ce premier pas si difficile à faire et qui, s’il se passe bien, pourra vous embarquer pour toute une vie. Si Théo est encore un peu timide dans ses interventions, Timothée fait lui preuve d’une étonnante maturité pour ses douze ans. Techniquement il est déjà très bon avec un son clair, net, il lit très bien et arrive à jouer en déchiffrant et il ose se lancer dans des chorus bien sentis.

La culture musicale elle viendra comme ce « I Don’t Mean a Thing (If It Ain’t Got That Swing) » qu’il ne connaissait pas ou « Irène » un très joli titre français des années 40, inconnu de tous sauf de Sébastien Faure, le quatrième trompettiste du jour, qui en avait amené les partitions. Et bien chaque fois il a brodé sur le thème, visiblement jamais satisfait de lui alors que nous étions nous emballés. Il fallait voir son prof Bruno Bielsa l’encourager à continuer.

On sent ce jeune motivé et avec de réelles dispositions. Reste maintenant à travailler et à polir cette pierre que je n’oserais pas encore qualifier de précieuse, ne nous emballons pas…

Les vieux n’ont pas démérité bien sûr. Si vous aimez la trompette écoutez un jour Bruno Bielsa, il en tire des aigus qui n’existent même pas, à la fois fins et puissants et avec la sourdine il n’a rien à envier à Chet. Le trio toujours au top avec un réel plaisir à jouer et à partager et un solo de batterie exceptionnel – parmi d’autres – de Gaëtan qui a réussi à nous chanter la mélodie de « Caravan » avec ses baguettes.

  • Timothée tu veux jouer quoi ? demande Thomas
  • « A Night in Tunisia ».

Et c’est parti et que je te prends le chorus de trompette du haut de mon mètre vingt. Franck Marissal en est tout intimidé lui qui a plus de quarante ans d’expérience à la guitare.

Le concert va se terminer mais voilà que débarque dans le bar une troupe de bikers américains, pas en Harley mais à vélo, descendus certainement de leur paquebot amarré à Bordeaux, des séniors en casquettes et bermudas ; alors ça repart pour trois titres pour leur montrer que le jazz c’est aussi une affaire de Français et que s’ils ont Trump ici on a des trumpetists. Le groupe et sa star Timothée doivent désormais faire le buzz sur les réseaux sociaux dans le Middle West ou la West Coast vu le nombre de photos prises.

Vraiment un très joli moment dans cet endroit si agréable, plein d’espoir pour l’avenir.

 

A noter à la Belle Lurette une exposition étonnante d’œuvres de Patrick Deletrez.

 

Jubilé d’Alain Claudien ; pianissimo !

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Pessac, Sortie 13, le 13 mai 2017.

Le piano est un instrument merveilleux et universel, il n’a pas de chapelle, il ne devrait pas en avoir. 88 touches, 52 blanches et 36 noires qui n’attendent que des doigts pour les actionner et ainsi faire naître toute forme de musique.

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Ce soir-là  nous avons pu encore une fois le constater, Alain Claudien, le “technicien du piano ” comme il se définit lui même, recevait ses amis et parmi eux de grands pianistes de tous styles. Qui de mieux qu’un accordeur pour mettre tout le monde d’accord ? Il célébrait son jubilé de 40 ans au service des musiques. Action Jazz avait la chance d’être présent pour ce beau moment d’amitié et ce grand moment musical. Autre vedette de la soirée, le majestueux Steinway & Sons, un ¾ de queue de concert si je ne m’abuse, ce qui se fait de mieux dans le genre. Avis aux amateurs, vous pouvez le louer : http://www.piano-claudien.com/

Le premier à en prendre les commandes nous le connaissons bien à Action Jazz, la Gazette Bleue #13 de novembre 2015 l’avait présenté, c’est un des maîtres bordelais du jazz et du piano, Francis Fontès.

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Avec lui ses inséparables compères d’Affinity, Dominique Bonadei et Philippe Valentine. Quelques titres de Wayne Shorter, Herbie Hancock pour lancer la soirée et de suite ce piano qui se met à chanter sur toute sa palette sonore. Rien à voir avec les claviers électriques qui certes sont plus mobiles mais qui ne donnent pas le même relief, la même profondeur.

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Intermède old jazz avec Francis Haimovici passant du piano au trombone avec son éternelle jeunesse, accompagné par Michel Juy à la guitare et Gérard Valade au sax soprano.

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Les fourchettes se taisent le temps de la prestation, la performance même, d’Hilomi Sakaguchi (CNR de Bordeaux, Proxima Centauri) interprétant une œuvre contemporaine du compositeur américain George Crumb. Une musique pas facile mais tellement belle à voir se fabriquer sous les doigts inspirés d’une artiste habitée. Un domaine à explorer.

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Un peu plus loin dans le menu c’est un autre cadeau qui nous est fait avec une nocturne et une valse de Chopin interprétées par le magnifique Hervé N’Kaoua. Professeur à Bordeaux puis Lyon il mène aussi une carrière internationale de soliste. Le jazz est loin, la musique elle est bien là, en toute simplicité mais d’une beauté stupéfiante. On sent les liens qui unissent les artistes à Alain Claudien, tant mieux on en profite.

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Le jazz revient avec un trio formé de François Faure au piano, une grande figure du jazz bordelais des années 80 qui se fait rare maintenant. Accompagné d’Antoine Faure, son fils à la basse et de Philippe Gaubert à la batterie, ce spécialiste de Bill Evans va nous proposer un bel intermède.

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Arrive alors en cours de soirée un autre grand pianiste classique – il sort de jouer en concert – Jean-Philippe Guillo (CNR de Bordeaux) qui avec Hervé N’Kaoua va improviser un sublime quatre mains ; deux mains, deux styles, deux touchers différents. Une troisième virtuose qui tourne les pages, on rêve.

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D’autant que Hilomi revient avec son mari Pascal Jean Marignan (CNR de Bordeaux), leur duo s’appelant Piano Opus 2, pour un autre quatre mains autour de Ravel avec « Ma Mère l’Oye » et « Le Jardin Féérique ». Magique de voir danser ces vingt doigts, la proximité du piano rajoutant à la rareté et à la beauté du moment.

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On repasse au jazz avec le trio Affinity qui accompagne maintenant Caroline Billa au chant. Ils se connaissent par cœur et l’intemporel « Caravan », entre autres, n’en est que plus beau.

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Pour tous les goûts, tout cela autour de ce piano magnifique mais surtout grâce et pour celui qui les règles ces si beaux instruments, les bichonne. Savez-vous qu’en France le pointilleux Chick Corea et le difficile Keith Jarrett ne jurent que par lui ?

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Dans une prochaine Gazette Bleue, Alain Claudien nous parlera de son métier, il a tant de choses à raconter.

La musique ne devrait pas avoir de frontières, les étiquettes sont tellement réductrices. Rêvons qu’une telle soirée puisse être organisée pour le grand public…

La Gazette Bleue N° 22 vient de sortir ! Concert de Post Image, bassistes, New Orleans & more !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°22 • Mai 2017 !

Retour sur le concert des 30 ans de Post Image, et Mets ta nuit dans la mienne au T4S. Mais aussi, spécial Freedom in Bordeaux avec Karfa Sira Diallo. Et puis des rencontres avec Laurent David, Ouriel Ellert, Stéphane Borde, Ceiba en studio etc…Et vos chroniques et agendas habituels !

Bonnes lectures !

Cocktail tonic: Calypso Rose

Cocktail tonic : Calypso Rose

Rocher de Palmer : Bordeaux /Cenon
13/04 /2017

Vous la croiseriez dans la rue, toute menue, avançant doucement en traînant les pieds, vous l’aideriez immédiatement à traverser la rue et à porter ses paquets, tellement elle semble fragile, et prête à rompre, . …
Mais ce bout de femme de 77 printemps au premier muguet ( elle est née le 27 Avril) est une icône, une institution, un monument dans les Caraïbes, la reine incontestée de cette tonifiante musique de carnaval qu’est la Calypso. Avec ses 800 chansons et sa vingtaine d’albums, c’est une légende vive et pétillante que la France a découverte, il y a peu avec son nouvel album, réalisé avec Manu Chao. Un succès éclatant couronné par une Victoire de la musique et une tournée dans tout l’hexagone..
Dans la 1200 places du Rocher de Palmer, les fans sont à touche–touche et chauds bouillant. On se faufile comme on peut en essayant de ne pas écraser les pieds de son voisin, ni de recevoir un coup de coude malencontreux. Les gambettes remuent déjà. Les visages sont souriants à l’avance. Il y a des jeunes, des moins jeunes, des filles, des gars et même des gamins, sans compter quelques drapeaux de Tobago qui s’agitent en dansant, en attendant celle qui pendant une heure et demie va remettre le bonheur au centre de la vie.
Après une entrée en scène à fond de ses musiciens ( une trompette et un trombone éclatants de peps, une guitare bourrée d’énergie et de rythme, une basse et une batterie déchaînées, un clavier à l’avenant et deux choristes pulpeusement chaloupées aux voix claires et bien placées) la voici enfin.

Calypso Rose

Appuyée sur le bras de son régisseur-nounou , Calypso Rose , un bouton d’or à elle toute seule, entame sa première chanson et immédiatement l’impression de fragilité disparaît. La voix est forte, malicieuse et tonique. La Caraïbe vous déboule dessus, soleil et vent du sud en prime. Ca y est, les guiboles démangent et les hanches se tortillent. On est aspiré dans la danse et le rythme.
La reine de la Calypso vibre en effet d’une énergie à toutes épreuves et la transmet à son public à pleines brassées, elle rigole, interpelle, soulève sa tenue pour montrer ses fesses qui ondulent, accroche coquinement le micro à sa culotte. Le sourire et la malice sont en effet les piliers de son combat. Mais sous sa sincère joie de vivre, et sa bouille qui inspire la sympathie, affleure un esprit vif, prompt à pointer des aberrations du monde autour d’elle. Et elle n’oublie rien de ce qu’elle est, de ce qu’elle a vécu et de ses origines d’esclave venant d’ Afrique ( Une belle chanson intitulée Back to Africa nous le rappelle).

Car c’est une battante, une féministe, une dame pas trop politiquement correcte, qui s’est cognée à tout le machisme de son île : un père qui la trouvait trop moche et qui ne voulait pas qu’elle chante, « Oh my daddy he never never likes me/Said I was black and ugly » ses propres compères en musique qui lui refusait l’ accès à la compétition de Calypso réservée aux mecs et qu’elle a ensuite gagné cinq fois ( paf dans les dents !) et les hommes en règle générale qui ne lui ont pas été tendres. Love Me or Leave Me appelle à ne pas subir le manque de respect d’un compagnon . «  Never married and not for money » ajoute elle en entonnant «  No madame » .  Les hommes de l’assistance approuvent… ses musiciens se mettent à genoux devant elle en riant et chacun de sauter partout. Les photos fusent, les mains se déplient en cœur. La joie est là. On embrasserait presque son voisin surtout s’il a vingt ans de moins !!
Après deux morceaux de rappel, c’est avec Calypso Queen qu’elle termine ce concert, fatiguée tout de même mais visiblement si heureuse de l’accueil que lui ont réservé ses fans qu’elle a du mal à quitter le plateau. On ressort de là avec un pêche incroyable, une patate grand format, le bonheur accroché aux chevilles et le sourire béat, retonifié de l’intérieur, prêt à en découdre avec la vie.
«Une chanson peut renverser un gouvernement, placer un homme politique au pouvoir et faire que des hommes se comportent comme des êtres humains et non comme des bêtes » a t elle déclaré à une radio, il y a peu…
Une vraie leçon. Cette mamie là est une grande dame, malgré son mètre cinquante, un talent à l état pur et une belle personne radieuse dont on aimerait que pleins de sosies bienfaisants se répandent dans le monde. Vive la Calypso !! Rose bien sûr !!

Le Printemps du Jazz à Saint-Macaire

Par Philippe Desmond

La Belle Lurette, Saint-Macaire (33) le 2 avril 2017 ; jusqu’au 30 avril.

Ce soir c’est jam session à la Belle Lurette de Saint-Macaire dans le Sud Gironde comme chaque premier dimanche du mois, de 17 à 19 heures ou plus.

Mais celle-ci est un peu particulière car intégrée au « Printemps du jazz » manifestation qui va courir en ce lieu jusqu’au 30 avril avec un très grand nombre de concerts et d’événements. En association avec le Collectif Caravan, l’asso l’Ardilla et Radio Entre 2 Mers, ce dynamique café à forte coloration musicale a décidé cette année de mettre le paquet. Il faut dire que l’endroit est devenu très populaire pour tous les amateurs de jazz mais pas seulement, grâce à une programmation riche et variée ; un lieu ouvert convivial et sympathique.

Au programme des concerts, des expos photos, des rencontres, des ateliers, des parades, des repas, tous nos sens seront sollicités. Action Jazz est bien sûr partenaire de cet événement.

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Tout a commencé vendredi avec un concert du trio de Thomas Bercy (p) avec Jonathan Hédeline (cb) et Gaëtan Diaz (dr) qui invitait le saxophoniste alto Julien Dubois. Celui-ci avait choisi le répertoire d’Eric Dolphy ce musicien terrassé à 36 ans par une crise de diabète mal soignée nous privant d’un des plus grands talents de sa génération ; un passeur entre le hard-bop et le free comme le répertoire joué ce soir là le souligne. Un excellent choix pour un concert de ce fait contrasté, alternant entre les titres accessibles et d’autres plus complexes. Y amenant l’avant veille au Caillou, deux proches pas spécialement amateurs de jazz, ou du moins le croyant, j’avais d’ailleurs une petite appréhension concernant l’estime qu’ils me porteraient toujours ou plus du tout à la fin. Et bien il ont beaucoup apprécié, certainement aussi grâce à la magie du live qui rend toujours la musique, et celle-là en particulier, plus lumineuse. La qualité des musiciens ne gâte rien évidemment. Julien Dubois avec sa verve, sa volubilité et sa précision est parfaitement à son aise dans les habits d’Eric Dolphy dont il ne cherche pas pour autant à singer le jeu. Il a assez de talent pour se l’approprier. Vendredi la Belle Lurette était paraît-il bondée pour ce concert.

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Samedi c’est Stéphane qui représentait Action Jazz pour un concert totalement improvisé suite aux ennuis de santé du saxophoniste initialement programmé ; je le cite « Une petite halte à la Belle Lurette de Saint Macaire pour y découvrir le trio AMOUR SUPREME CORPORATION formé par Franck Assémat : Sax Baryton / Louis Lubat : Batterie / Nikola Raghoonauth : Poète performer. Encore une soirée de musique à la marge mais ô combien réjouissante et quand le chant se fait créole, le sax baryton devient saccadé et la batterie de Louis Lubat semble l’ensorceler, on est aux anges. »  Complet là encore.

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Et donc ce soir la jam session, lancée par deux titres d’Eric Dolphy Bird’s Mother puis la sublime ballade « Serene ». Là encore le bar se remplit, beaucoup d’habitués et donc de musiciens. En plus du quartet initial il seront au moins une douzaine à occuper la scène à tour de rôle. Il y a presque la queue, certains s’entraînant à l’écart.

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Auparavant Julien Dubois a animé une petite conférence évoquant son parcours, ses goûts et influences, son métier de musicien et de professeur directeur au CNR. Aussi bavard et passionné qu’avec son sax alto ! Retrouvez son entretien pour la Gazette Bleue #13 : http://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n13/

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Surprise d’entendre Alexandre Aguilera pour une fois au sax alto et non à la flûte, mesure des progrès fulgurants de Marina Kalhart à la contrebasse, confirmation du talent de Fred Marconnet au sax ténor, le punch de Philippe Gaubert aux baguettes, découverte de nouveaux musiciens plus ou moins confirmés mais accueillis les bras ouverts dans cette jam.

Un blues en si bémol, puis « Alone Together », plein d’autres titres dont un « Take the A Train » explosif qu’on ne risquait pas de rater !

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Tout cela dans un décor fait de pochettes de 33 tours de jazz d’époque dont certaines mythiques, objet d’une expo pendant le Printemps du Jazz. A noter que le collectif « Blue Box » des photographes d’Action Jazz exposera ses clichés de musiciens très bientôt, juste à côté de la Belle Lurette.

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Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire, allez à Saint-Macaire, en plus la ville en elle même est très intéressante avec ses vestiges médiévaux.

Programme complet sur :
http://www.bar-labellelurette.com

 

 

La Gazette Bleue N° 21 vient de sortir ! Bon printemps à vous !

Bonjour !

Voici la Gazette Bleue N°21 • Mars 2017 et ça repart !

Avec Roger « Kemp » Biwandu qui se livre et « Three », puis tout sur le colloque an 1 et le 5° tremplin, mais aussi Philippe Méziat et le T4S, Post Image (30 ans !), Benoît Lugué « Cycles », Éric Séva, Franck Dijeau, et bien d’autres, + chroniques cd et agenda & more !

Bref, le printemps sera chaud !

Bonnes lectures !

Mardi Gras N.O au Cancan

par Philippe Desmond, photos N&B Laure Nasse 

Bordeaux le vendredi 24 février 2017

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C’est vendredi, donc maigre, mais c’est Mardi Gras, on est ici dans le Vieux Bordeaux mais ça sonne comme à la Nouvelle Orléans, ici c’est le CanCan « Coquetels & Flonflons ».

Ce bar accueille régulièrement, et plus particulièrement le dimanche soir, du jazz, du Old Jazz, du NO, voire du rockabilly. Une allure de clandé tant la lumière y est faible, une déco vintage avec des détails très kitschs, de la gourde d’eau bénite en forme de Sainte Vierge à des 45 tours d’André Verschuren ou Polnareff, des photos de famille anciennes, un lustre en cristal, des tas de choses et derrière les musiciens, sur la minuscule scène- – mais au moins il y en a une – un mur d’enceintes, au pluriel ; ici il n’y a pas de paires de baffles qui se perdent… C’est un bar, donc il y a un bar derrière lequel s’agitent les barmen shaker en main, l’endroit étant spécialisé dans les cocktails et donc aussi les flonflons.

Vieux jazz, vieux décor et pourtant c’est bourré de jeunes ; qui a dit sauf moi ? En discutant avec les musiciens qui sont habitués du lieu ils en sont les premiers étonnés mais satisfaits. Ce n’est pas un public de connaisseurs mais des gens qui viennent pour l’ambiance festive que procure ce genre de musique, loin de toute autre préoccupation. Ce n’est pas le seul endroit à Bordeaux où ce style de jazz est l’occasion de belles soirées. Y’a pas que l’électro dans la vie ! Ici au printemps j’ai même vu danser dans la rue devant le bar !

Ce week-end est un peu spécial car il célèbre à sa façon le Mardi Gras – ou Carnaval – de la Nouvelle Orléans. D’ailleurs les serveurs et même Romain le patron sont maquillés, portent des chemises bariolées et des colliers de perles, très chics. Belle initiative.

Ce soir sur la scénette trois excellents musiciens, Fred Dupin qui commence à la trompette, Bertrand Tessier au saxophone ténor et Jean-Michel Plassan qui lui démarre à la guitare. Duel du cuivre et du bois – et oui, le sax – arbitré par la rythmique de la guitare ; petite formation mais gros swing, une affaire qui tourne.

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Pour que ça sonne encore plus NO, Jean-Michel prend son banjo et Fred sort l’artillerie lourde : un sousaphone ou bien un soubassophone – quel mot fabuleux – bien encombrant dont le pavillon va exploser une ampoule au plafond. L’instrument est en plus customisé avec une cymbale et un washboard intégré, un wash in board donc, Fred en jouant élégamment avec des dés à coudre très seyants à la main gauche. Arriver à faire un chorus ou la mélodie de « I can give you anything… » avec cette tuyauterie est pour moi une prouesse et Fred Dupin maîtrise à merveille ces 15 kilos de cuivre.

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Le son NO c’est aussi le banjo ; tout à l’heure la guitare avait besoin d’un ampli, le banjo lui a assez de gouaille pour s’en passer, à la fois instrument harmonique et de percussion il délivre un son primitif irremplaçable pour ce style de jazz.

Si vous êtes un fan de jazz NO passez au CanCan, si vous n’êtes pas fan – comme moi – passez quand même c’est super ! Si vous n’êtes ni l’un ni l’autre allez-y pour goûter un coquetel.

Ce samedi : Bertrand Tessier trio : lui au sax, Manu Falguières (bajo, dobro) et Timo Metzemakers (contrebasse)

Ce dimanche : soirée rockabilly avec Raw Wild

Ça commence à 21h30

http://www.cancanbordeaux.com/

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Born to be blue / Cinéma

Par Annie Robert.

Film de Robert Budreau 2016
Ethan Hawke/ Carmen Ejogo

188856Le jazz et le cinéma ont souvent fait bon ménage… Les jazzmen ont composé pour lui et le cinéma a commis quelques biopics sur ces drôles de zèbres, ces hommes et ces femmes de musique, ces destins étranges le plus souvent balayés par la drogue. Certains sont impressionnants de réussite, d’autres de pâles déroulés de vies archi-connues.
Voici un film canadien, qui se veut plus que cela. Et c’est heureux. Pour entrer un petit peu dans la peau, les angoisses, les troubles et la musique prenante de
Chet Baker, trompettiste atypique et fragile, il fallait aller plus loin que le simple déroulé des faits. Et le réalisateur Robert Budreau a décidé de ne traiter que la période de 66 à 67, moment pour Chet Baker d’une longue traversée du désert, celle où il lui a fallu se reconstruire physiquement et musicalement après s’être fait casser les dents et la mâchoire par ses dealers. Une période de doute, de douleur musicale, de recherche, pendant lesquelles les portes se sont fermées puis entrouvertes.

Born to be blue, d’après un titre bien connu de Chet Baker est donc une fiction s’appuyant sur un morceau de vie du trompettiste, une biographie imaginaire qui explore de manière subtile, le passé de Baker (avec des flash back en noirs et blancs bien venus) et le présent si difficile éclairé par une belle histoire d’amour.
Le film est de facture classique, avec quelques facilités de cartes postales
( fumées des bars new yorkais, beaux couchers de soleil de la côte ouest) mais une vraie intensité qui nous fait partager ces moments sombres.
Il est tenu de façon dense par
Ethan Hawk,e dans le rôle de Chet Baker, à la fois torturé par ses addictions, drôle et touchant, maladroit et génial. Les autres rôles sont parfaitement distribués avec la beauté radieuse de Carmen Ejogo par exemple qui campe une Jane à la fois combative et sans illusions.
Le film frôle sans en donner la réponse bien sûr, les rapports entre la création et la drogue, la compétition sans merci entre musiciens ( un Miles Davis impressionnant de dureté) la fragilité du lien avec le public, l’urgence de la musique.C’est rythmé et mélancolique,triste et gai, trivial et délicat.
La bande musicale est bien sûr à l’unisson du film et offre le plaisir de retrouver le son si particulier de ce petit blanc de la côte Ouest dont Dizzy Gillespie disait qu’il ne jouait pas tout à fait, tout à fait juste, et que c’était cela qui faisait sa spécifité, sa qualité, son talent. Le final d’un « Funny Valentine » de la résurrection donne la chair de poule et on n’oubliera pas de si tôt, le visage torturé, la voix cassée de ce Chet Baker, avalé par la drogue et accroché à sa trompette comme seule planche de salut. Un beau film et pas seulement pour les accros du jazz.

 

Tremplin Action Jazz 2017, samedi 28/01/2017 20h30 au Rocher de Palmer !

Le Tremplin Action Jazz 2017, c’est le samedi 28/01/2017 à 20h30, au Rocher de Palmer, salle 650 ! Et c’est gratuit ! Alors surtout, n’hésitez pas un instant à venir voir les cinq groupes sélectionnés (*), qui vont s’en donner à cœur joie pour convaincre le jury, et surtout pour vous donner du plaisir à vous tous, public fidèle et passionné de jazz !

On vous dit à très bientôt ! 😉

(*)  Les groupes sélectionnés, parmi une quinzaine de candidatures :

Theorem of Joy ,

Le JarDin,

King Kong 3,

Capucine Quartet

On Lee Way.

unnamed

Le Rocher de Palmer
1 rue Aristide Briand, 33152 Cenon

05 56 47 36 69

www.lerocherdepalmer.fr/artistes/action.jazz/01.2017.php
Accès : 1ère sortie au rond-point Côte des Quatre Pavillons
Sortie rocade n°26 : Quatre Pavillons
Tram A : arrêt Buttinière ou Palmer

Contact Presse
Alain Piarou
Président d’Action Jazz Mobile : 06 80 56 28 09
Mail : alain@actionjazz.fr
Site web : www.actionjazz.fr

THEOREM OF JOY :

Thomas Julienne: contrebasse
Thomas Saint-Laurent: guitare
Camille Durand: chant
Boris Lamerand: violon alto
Tom Peyron: batterie

Theorem of Joy est un projet onirique et impressionniste où se côtoient sonorités Nord-Africaines, trip post-rock,
libertés jazz, saveurs sauves de la pop… Il vous emmène courir dans l’imaginaire de Miyazaki, vous cabrer sur un
rivage de Palestine, glisser sur un fil tendu entre deux destins, méditer au son d’un raga indien, exorciser vos démons
intérieurs… Compositeur du projet, Thomas Julienne a choisi de s’entourer de personnes qui ont profondément
enrichi son parcours humain et musical. Ainsi, chaque membre est impliqué en tant qu’artiste dans le projet, leur
rôle allant bien au-delà de celui de simple instrumentiste. C’est dans ce Pentaphone à géométrie variable que
gravitent les électrons libres de Theorem of Joy.

Le JarDin :

Julien Dubois : sax alto et compositions
Simon Chivallon : rhodes et synthétiseurs
Ouriel Ellert : basse électrique
Gaetan Diaz : batterie

La musique du JarDin, tout en exploitant le langage du jazz dans
l’improvisation, puise ses influences, autant dans l’écriture
contemporaine (seconde école de Vienne) que chez les maîtres du rock progressif (Zappa, King Crimson…) et les concepteurs du
jazz actuel (Steve Lehman, Donny McCaslin, Kneebody, John
Hollenbeck, David Binney…). Elle s’articule autour de trois axes »:
l’écriture, les textures sonores et enfin, l’improvisation. Le JarDin
prend forme en août 2015, lors d’une résidence au conservatoire
de Bordeaux. Julien Dubois réunit ces formidables musiciens pour
travailler sur ses compositions personnelles. Julien Dubois compte
faire de ce projet son terrain principal d’expression personnelle.

King Kong III :

Stéphane Cazilhac: piano électrique, synthétiseur
Edouard Lhoumeau: saxophone alto et soprano
Simon Pourbaix: batterie, boîte d’effets

Ces trois musiciens expérimentés sont à la recherche d’un équilibre entre lignes mélodiques soignées, complexité
rythmique, exploration sonore et improvisations idiomatiques. D’abord duo (sax/piano) travaillant sur des
compositions originales, l’arrivée d’un batteur féru de gadgets électroniques, élargit cette palette sonore et
rythmique.

Capucine :

Thomas Gaucher: guitare
Félix Robin: vibraphone
Louis Laville: contrebasse
Thomas Galvan: batterie

Capucine est un groupe formé à l’initiative de ces
quatre musiciens qui se sont rencontrés en tant
qu’élèves au Conservatoire de Bordeaux. Après
s’être engagés dans un répertoire de standards, ils se
dirigent vers un travail de création »: compositions et
arrangements originaux. Alors, fort de sa diversité,
le groupe a développé un répertoire aux influences
variées. Tantôt dans les musiques du monde ou le
répertoire post-bop des années 60/70, Capucine a
aussi un répertoire grandissant de compositions
écrites par Thomas Gaucher et Félix Robin,
orientées vers l’esthétique du jazz moderne.

On Lee Way :

Jérôme Dubois : trompette
Paul Robert : saxophone ténor
Nicolas Lancia : piano
Jérôme Amandie : contrebasse
Lionel Ducasse : batterie

A son origine, le quintet « »On Lee
way »» s’est formé dans le but de jouer
une partie choisie des compositions du
trompettiste hard bop, Lee Morgan.
Les musiciens se sont rencontrés au
Conservatoire jazz d’Agen en 2009
mais c’est lors de retrouvailles en 2015
qu’ils décident de s’engager autour
d’un projet commun. Le groupe
travaille alors sur des compositions
aux influences africaines et latines,
dans l’esprit de celles de Lee Morgan.

 

Jury tremplin Action Jazz 2017 :

Muriel Demguilhem :   journaliste France 3

Françoise Lagaillarde : Responsable FIP Bx – Arcachon

Philippe Vigier :   Animateur France Bleu Radio

Christophe Loubes : journaliste Sud-Ouest

Dominique Poublan : rédacteur en chef de la Gazette Bleue

Jean-Pierre Como : éminent pianiste – Parrain du tremplin 2017

Eric Séva : éminent saxophoniste