Saint Emilion Jazz Festival : Kind of Blue et Kind of Red.

Sur le net en ce moment, suite à un article du journal la Croix, ça discute ferme sur l’évolution du jazz, sa survie sans mélange des genres, sans cross over ; influence de la pop, de la soul, de l’électro, du hip-hop, les tenants du jazz « pur » contre ceux du jazz métissé, la famille contre parents et alliés. Voir le lien en bas de page.

Pour moi il y a deux façons de regarder les choses, une très prosaïque et commerciale qui consiste à élargir la sphère du jazz pour attirer du public et rentabiliser, l’autre plus noble et stratégique qui consiste certes à attirer du public mais sur une passerelle vers le « vrai » jazz. Je n’en donnerai pas la définition, j’en suis bien incapable mais on se comprend je suppose.

En 1975, j’avais 20 ans, ne suis-je pas entré en jazz grâce au jazz-rock tel qu’on disait avant l’apparition de l’expression jazz fusion ? Les très électriques Return to Forever, Jean-Luc Ponty, Larry Coryell, Mahavishnu Orchestra, the Headhunters, Weather Report ont inondé ma discothèque me permettant de découvrir que Chick Corea, Herbie Hancock, John McLaughlin, Zawinul… avait eu une vie avant et m’embarquant pour des années de bonheur dans leurs univers variés. Et ainsi sans aucune chronologie ai-je découvert (!) Miles en combinaison pailletée puis en costard cravate, Coltrane, McCoy Tyner… puis toute la scène française.

Reconnaissons que le procès en élitisme fait au jazz est d’une grande injustice. De la même façon que le grand public ne va pas spontanément se déplacer dans des expositions pour admirer des toiles mais va y être sensible voire bouleversé si on lui met devant les yeux, le jazz si on y emmène les gens par des chemins détournés ou flirtant avec le mainflow, a certainement à y gagner, du moment que des artistes continuent à créer et innover. Il y en a des tas il faut les montrer.

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Cette longue introduction pour parler de l’ouverture ce vendredi du Saint Emilion Jazz festival et notamment de son premier concert celui de Karmarama. On ne peut pas faire au passionné Dominique Renard un procès en trahison pour ce choix. Il correspond d’abord à la philosophie du festival, faire connaître les musiciens du cru – grand ici – en les associant dans la programmation à des « stars » internationales. Et donc ensuite il procède aussi de ce « cross over », cette passerelle évoquée ci-dessus. Le métissage est ici indien et pop mais le jazz y est présent, de par les musiciens dont certains sont des spécialistes et de par la structure des titres permettant des improvisations.

Je vous renvoie à la chronique détaillée sur ce même blog lors du premier concert du groupe au Rocher : http://blog.actionjazz.fr/mark-brenner-au-rocher-another-world/

Pour les pressés j’en rappelle juste mes lignes de conclusion qui alimenteront le débat évoqué plus haut : « Une soirée merveilleuse dans différents univers et que nous ne souhaitons pas sans lendemain ; producteurs, organisateurs de festivals, ne laissez pas passer une telle qualité musicale. A l’heure où les festivals de jazz s’ouvrent à d’autres musiques profitez-en ! »

Merci à Dominique Renard d’avoir suivi ces recommandations.

Merci aussi d’avoir intégré deux groupes récemment primés au tremplin Action Jazz 2017 : On Lee Way et Capucine, des jeunes artistes qui créent et composent du jazz.

Venez-donc à Saint Emilion ce week-end, entre les vieilles pierres, les macarons, le vin et la musique vous allez vous régaler ! Et il y aura du jazz !

A noter que tous les concerts au parc Guadet sont gratuits et que sur place, en plus du plaisir musical, vous trouverez tout pour le bonheur de votre palais : Kind of Blue et Kind of Red !

http://revolution-de-jazzmin.blogspot.fr/2017/07/une-croix-sur-le-jazz.html?spref=fb

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De l’importance des nuages…

Respire Jazz Festival /Abbaye de Puypéroux 2/07/ 2017
Paul Lay trio / Alcazar memories

par Annie Robert

Respire Jazz Festival est un festival atypique : léger, verdoyant, sincère et à l’affût des talents. Créé en 2009, il poursuit son bonhomme de chemin dans son Sud Charente, au gré de ses bottes de paille, de son abbaye magnifique et sauvage, loin des grandes métropoles, intrépide et risqué jusqu’au bout de ses choix. Le cadre historique et délicieux de l’Abbaye de Puypéroux pousserait les plus citadins au pique-nique, à la balade, et bien sûr à l’ouverture tout en grand des petites oreilles jazzistiques par le lieu alléchées.
Mais ce dimanche, comme les jours précédents, les nuages se sont accumulés au flanc des collines. Pas de problèmes techniques ni financiers, rassurons nous, mais de joufflus et gris cumulus, un peu trop insistants, chargés de pluie et de petit vent frais, qui nous ont obligés au repli, bien à l’abri de la vaste grange parmi l’odeur de foin coupé et les poutres vénérables, un nid douillet loin de la grisaille, fait pour l’échange et l’écoute attentive.

la grange

Les nuages frisquets sont restés à la porte (ouf) mais d’autres ont pris leurs places, des nuages gracieux remplis de notes rêvées. On s’est installé dessus et on s’est laissé porter sans peine puisque Paul Lay était au piano, Simon Tailleu à la contrebasse et l’étonnante Isabel Sörling à la voix.
Voici un attelage qui à première vue pouvait sembler étrange : l’association de la glace et du feu, du Nord et du Sud, d’une Lorelei scandinave à la voix épurée, fine sirène aérienne et tendue, hors norme, et de deux jazzmen aux touchers fastueux, aux harmonies moelleuses, à l’inventivité incessante, à l’énergie parlante. Le mélange fonctionne pourtant magnifiquement. Le piano de Paul Lay est leste et protéiforme comme on le connaît ( quel talent ce garçon !) changeant de rythme et d’atmosphère au tournant d’une portée, du swing, du bop et surtout de la classe en tous instants; la contrebasse de Simon Tailleu est active ou douce, gavée de blues ou de mélancolie, généreuse, toujours à l’écoute. Quant à la voix incantatoire d’Isabel Sörling poussée dans les suraigus, au bord de se briser en éclaboussures émouvantes, elle s’engage dans des couleurs de lieds irlandais, de musiques trad ou de chansons de fjords lointains, d’appels de princesses perdues. On a presque peur pour elle, pour ses instants de voix suspendues dans l’impro, de ses cassures possibles, pour sa façon de déconstruire le rythme et parfois l’harmonie. Mais l’émotion est au rendez-vous, les trois artistes se parlent, nous parlent, se complètent, nous complètent et nous étonnent. Ils nous donnent à entendre des souvenirs d’un travail fait ensemble, pour la ville de Marseille, un mélange de leurs influences et de leurs harmonies réciproques.
«  Blues Roses » et « Memories », compositions de Paul Lay engagent le set dans une atmosphère délicate et intime. Puis c’est une création en forme de prière païenne due à Isabel Sörling, toute en suspension. Les petits nuages se chargent de douceur et d’étonnement.
Premier contre-pied: une réinterprétation décalée d’un  standard du cabaret marseillais « Adieu Venise provençale » nous prouve ensuite qu’on peut extraire du jazz coloré et émouvant de musiques bien éloignées ( il suffit d’en avoir un brin dans son ADN). Faire d’Isabel Sörling une Fanny nostalgique du pays natal, il fallait oser et c’est réussi. On est conquis par le son d’ensemble, la délicatesse des voicings, l’abandon dans l’interprétation de cette chanson d’amour, son temps étiré. Suit « Hundred fire » et un chant de noël au « nom suédois imprononçable » ( dixit Paul Lay) qui commence très simplement à l’archet pour s’épanouir en fleur puissamment charpentée de groove. Les petits nuages s’étoffent.
La revisite du succès de George Gershwin « The man I love » achève de séduire en totalité le public. Le thème est égrené par la contrebasse. La voix et le piano se partagent les impros ; c’est prenant, touchant et on a l’impression d’entendre ce thème tant chanté, pour la première fois. La voix aérienne d’Isabel Sörling y tutoie le cristal au bord de se briser. Et les petits nuages se déploient avec plus de consistance encore.
Le set se termine par une valse ancienne d’Emile Waldteufel « Amour et printemps », un air qui ramène en flots une brassée de poésie couleur sépia, un soupçon d’enfance et de nostalgie. Un petit limonaire de poche achèvera en suspension sur ses lames désuètes de colorer de sérénité nos petits nuages.
Et le rappel amusé sur « le plus beau de tous les tangos du monde » ne parviendra pas à nous en faire descendre, bercés dans la grange à foin…

Un moment de respiration profonde, poumons pleins et tête claire…

https://www.respirejazzfestival.com/

NB: Mille excuses pour la piètre qualité des photos faites à l’arraché … les photographes d’Action Jazz étaient sur d’autres sites…( et moi, pas douée pour cela…..)

La Gazette Bleue N° 23 vient de sortir ! Spécial Thomas Bercy « Coltrane Jubilé » et bien plus encore !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°23 • Juillet 2017

 
Bonjour à tous ! C’est l’été et c’est un spécial Thomas Bercy et le « Coltrane Jubilé »qui ouvrent les festivités d’été, avec la Gazette Bleue N° 23 de Juillet 2017. On y parle aussi de Frank Catalano, de Jazz 360, du Jazz Day # 2 à St Macaire, de Snarky Puppy, de Jazz au pluriel, de Vacances et Jazz à Montreal et de Canapé bleu.
Retrouvez-y aussi vos rubriques, chroniques de cds et agenda.
Nous vous souhaitons de très bonnes vacances, une maximum de bonnes musiques, et d’excellentes lectures !

Olivier Hutman trio invite Tom Ibarra

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Caillou du Jardin Botanique,

Bordeaux, le 23 juin 2017.

Ce soir deux bonnes raisons me poussent à aller au Caillou ; certains vont me dire que je n’en ai pas besoin pour m’y rendre… Et oui, il est annoncé un concert du trio d’Olivier Hutman avec en invité Tom Ibarra. Le second on en parle souvent dans ces lignes et même très récemment, et il est ma première raison, l’autre c’est la première fois.

Olivier Hutman est un grand pianiste, primé en 1984 par l’Académie du Jazz, qui a joué notamment avec Toots Thielemans, Philip Catherine (le guitariste belge pas le chanteur déjanté) , Eric le Lann, Christian Escoudé… a accompagné de nombreuses chanteuses comme Dee Dee Bridgewater, Anne Ducros, Denise King, récemment Alice Ricciardi pour Cristal records et le phénomène web Camille Bertault. Il a aussi beaucoup composé pour le cinéma et la télévision.

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Mais tout ça à la limite ne m’intéresse pas, pour moi il a surtout joué dans un disque que je possède depuis plus de quarante ans, au sein d’un groupe de jazz rock – on ne parlait pas encore de jazz fusion – bâti autour des frères Patrice et Mino Cinélu, « Chute Libre ». J’avais acheté leur 33 tours – on ne parlait guère non plus de vinyle à l’époque – en février 1977 et il n’était toujours pas dédicacé par un de ses membres. Voilà donc ma deuxième raison.

Terrasse bien remplie avec une fraîcheur enfin retrouvée qui au bout d’un moment nous ferait presque regretter la canicule, beaucoup d’amis présents ce qui me rajoute une troisième raison et un premier set en trio, comme la veille où l’assistance était malheureusement moins nombreuse.

Au piano donc Olivier Hutman, à la basse Marc Bertaux et à la batterie Tony Rabeson au CV lui aussi impressionnant. Un trio habitué à jouer ensemble depuis plus de trente ans ! Du jazz à la limite de la fusion sans tout à fait y être tout en y mettant le pied, la présence d’une basse pastoriusienne plutôt que d’une contrebasse étant quand même un indice. Olivier utilise toutes les facettes du Yamaha électrique, le faisant sonner comme un orgue, un Fender Rhodes… ou un piano. Il a un jeu riche et foisonnant mais utilise aussi les silences. Tony lui joue tout en légèreté, avec une posture qui lui est propre, inhabituelle.

A la pause je vais donc utiliser la machine à remonter le temps et oser aborder Olivier Hutman avec mon album exhumé le matin même, identifié de mon nom avec la date du 11/2/77. Et là je vois à sa réaction, que cette relique le touche et le fait instantanément rajeunir de 40 ans. « Oh là là, à l’époque on en vendait plus de 50000 alors que maintenant quand on arrive à 500 c’est pas mal » et ainsi avec beaucoup de retard Olivier me propose spontanément de le dédicacer. Sur la pochette il est le seul avec des lunettes, il a 22 ans, j’en avais 21. A noter, avec perfidie, un titre de cet album nommé « Pénélope au balcon » prémonitoire quand on s’appelle Chute Libre… Et à la réécoute un disque qui n’a pas tant vieilli que ça, contrairement à d’autres du genre plus datés, avec un son de soprano et de flûte intéressant . Tom Ibarra est à mes côtés, curieux de la réaction d’Olivier et imaginant en 2055 un ancien combattant de mon genre lui présenter son album « 15 » !

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Au second set comme prévu, après deux titres joués en trio, Tom Ibarra monte sur la scène-remorque, particularité du Caillou, et qui retrouve son garage chaque nuit. C’est Benoît Lamarque le maître du lieu qui a eu l’idée de proposer à Olivier d’inviter le jeune guitariste. Ils ne se sont jamais rencontrés bien qu’ils fréquentent tous les deux le Centre des Musiques Didier Lockwood, l’un comme élève, l’autre comme professeur, je vous laisse deviner dans quel ordre.

Au programme deux titres de Miles Davis, « Solar » et « All Blues ». Avec son groupe, Tom a souvent repris et bien tordu « So What » mais m’avoue que question standards il n’est pas au top et a besoin de concerts comme ça pour trouver le bon tempo et le bon flux ; on le sent un peu nerveux. C’est ce qui est bien avec lui, il ne bombe pas le torse et mène sa carrière avec lucidité et humilité.

C’est lui qui attaque le thème de « Solar » et de suite on sent la mayonnaise prendre, la guitare éclairant le trio de son timbre. Très long chorus – tant mieux – réponse d’Olivier et de Marc, drumming de dentelle de Tony, tout baigne. Confirmation sur le mythique « All Blues » et l’envie d’un rappel réclamé au public (!) par Olivier Hutman. Ce sera un standard, un vrai (ceux qui sont issus du répertoire des comédies musicales de Broadway), de Cole Porter « What is this thing called love » immortalisé par Ella. Allez Tom c’est le métier qui rentre ! Et il apprend drôlement vite le bougre, superbe.

Le jazz n’a pas d’âge, pas de limites, tant mieux on n’a pas l’impression de vieillir comme ça ! Et pourtant…

http://olivierhutman.com/

http://www.tomibarra.com/

 

Le jazz dès potron minet…


par Annie Robert

Rencontres pédagogiques à Jazz360
Le Tourne/ Cénac / Monségur

6/ 06 /2017

Dix heures du matin, c’est un peu tôt pour les amoureux du jazz,non ?
Eh bien, pas quand on est à l’école, qu’on a un projet autour du jazz et qu’ on attend un créateur / interprète pour un échange musical de belle qualité…

Depuis huit années maintenant, le festival Jazz360 installe en douceur des curiosités de jazz dans l’Entre deux mers. Depuis huit années également, le collège de Monségur, ses classes jazz avec Rémi Poymiro à sa tête, est partenaire du festival. Et ce goût pour le jazz s’étend…
Il y a trois ans, c’est le CM de l’école du Tourne avec Vincent Nebout qui a rejoint le projet, l’an dernier la chorale TAP de l’école de Cénac avec Caroline Turtaut, cette année enfin le CM2 de Pauline Laffont. Voici donc à présent plus d’une soixantaine d’élèves qui écoutent, apprennent, chantent, travaillent le jazz avec plaisir, avec ardeur depuis plusieurs mois. Ils se produiront en ouverture du festival le 9 juin.
Mais en attendant de monter sur scène, un moment fort va les rassembler : la rencontre avec Vladimir Jelenkovic, jazzmen serbe de 23 ans, en résidence au collège de Monségur, pour écouter de près du jazz, pour de vrai…
Toutes les bonnes volontés se sont rassemblées pour faire en sorte que ce moment si riche soit possible : les municipalités voisines de Camblanes et de Quinsac ont prêté leurs bus, le Tourne a mis à disposition son centre de loisirs, les enseignants ont jonglé avec les autorisations et les emplois du temps. Mais le résultat est là, les enfants sont au rendez-vous, tous sagement assis sur des tapis, les yeux brillent, les questions se murmurent sur les lèvres et les oreilles sont à l’affût.
La rencontre commence, dans un silence attentif par une composition délicate au piano, entre jazz enjoué et mélodie slave qui se développe et se déroule comme un ruban. Un joli moment suspendu. Et puis le dialogue s’installe :
« C’est quoi une résidence d’artiste ? Vous êtes célèbre ? À quoi ça sert la pédale ? Vous jouez depuis quand ? Pourquoi avoir choisi la musique ? »
Rémi Poymiro sert d’interprète, fait les présentations, avec une petite leçon de géographie et d’histoire au passage au passage (la Serbie, quoi, où ? )
Vladimir répond à chaque question avec précision et gentillesse, il explique : chez lui, pas de musicien dans la famille, juste un amour de la mélodie depuis tout petit, pas mal de curiosité pour les musiques traditionnelles…d’ailleurs, une des phrases du premier morceau est bâtie à partir de là. Il est en dernière année au conservatoire, compose des musiques de films ou travaille pour d’autres artistes y compris des rappeurs. Il est venu pour préparer un répertoire tout neuf avec un sextet français.
Un petit intermède musical et les questions reprennent…
« Pourquoi le jazz ? Et vous mettez combien de temps pour composer ? Vous ne préférez pas un vrai piano ? Est ce que le jazz est apprécié en Serbie ? »
Puis place à un chant que tous les enfants ont travaillé pour le concert de vendredi et qu’ils se mettent à entonner à pleins poumons « J’ai perdu mes lunettes ». Wladimir Jelenkovic les accompagne au piano, intercalant une petite impro délicieuse, un vrai échange musical, bien réel, bien concret. De la musique en action .
«  Vous pourriez nous faire un dernier morceau avant de partir ? » demande une élève qui regarde la pendule à regret.
Wladimir choisit un extrait d’un morceau qu’il jouera vendredi prochain et qui se nomme :  «  5+4 =10 », une énigme qui donne l’eau à la bouche et des questions dans les oreilles… Les applaudissements pleuvent et on se quitte à regret après une heure dense et intense qui marquera sûrement des enfants déjà bien sensibilisés au jazz et à la musique en général.

Mais tous se retrouveront vendredi pour le concert scolaire à l’église de Cénac et le concert de Wladimir sur la place de la Roseraie…Comme quoi, en un petit clin d’œil, on peut dire que le jazz n’attend pas le nombre des années, ni les heures de la journée…

https://www.jazz360.fr/festival-jazz360-2017/vendredi-9-juin-2017/

Entrée libre et concert gratuit.

Aux âmes bien nées… Boeuf de la belle Lurette.

par Philippe Desmond

La Belle Lurette,

Saint-Macaire (33) le dimanche 4 juin 2017

La jam de la belle Lurette est un moment toujours très agréable, tout l’hiver et encore ce printemps elle a attiré pas mal de musiciens chaque premier dimanche du mois, en fin d’après-midi, une façon bien gaie de finir le week-end quand déjà l’esprit commence inconsciemment à penser au lundi matin. Le jazz pour combattre le blues…

Hier les conditions étaient toutes autres, un dimanche aussi mais veille d’un lundi de congé, un horaire méridien, une installation en terrasse bien agréable, un apéro très frais et des plats excellents. Cool.

Dernière séance avant la pause estivale avec autour du trio habituel Thomas Bercy (piano), Jonathan Hédeline (contrebasse) et Gaëtan Diaz (batterie) un invité local le trompettiste Bruno Bielsa. Il a eu juste la place à traverser, il est ici chez lui et n’arrive pas tout seul. Il a avec lui deux de ses élèves Théo, déjà adolescent et Timothée encore un enfant, pensez donc douze ans. Bruno est en effet professeur de trompette au conservatoire de Marmande et à l’école de musique l’Ardilla de Saint-Macaire.

Comment ne pas citer le Cid quand on entend le jeune Timothée : « Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années ». Ce tout jeune trompettiste nous l’avions remarqué lors du « Jazz Day » du 30 avril, il jouait dans le marching band et s’était déjà intégré dans la jam finale, tard dans la nuit, mais un peu noyé au milieu de tant de musiciens.

Hier nous avons pu en savoir davantage sur son talent naissant, car il en a le gamin ! Il a quasiment volé la vedette à ses ancêtres.

Le répertoire d’hier très New Orleans au début, avec un typique « second line » a planté le décor, du jazz enjoué, des standards bien adaptés à un bœuf. Théo et Timothée se sont ainsi lancés dans le grand bain sous le regard bienveillant de leurs aînés. Car il faut le souligner, ici la jam est vraiment ouverte, tout le monde a sa chance, elles est idéale pour débuter, pour ce premier pas si difficile à faire et qui, s’il se passe bien, pourra vous embarquer pour toute une vie. Si Théo est encore un peu timide dans ses interventions, Timothée fait lui preuve d’une étonnante maturité pour ses douze ans. Techniquement il est déjà très bon avec un son clair, net, il lit très bien et arrive à jouer en déchiffrant et il ose se lancer dans des chorus bien sentis.

La culture musicale elle viendra comme ce « I Don’t Mean a Thing (If It Ain’t Got That Swing) » qu’il ne connaissait pas ou « Irène » un très joli titre français des années 40, inconnu de tous sauf de Sébastien Faure, le quatrième trompettiste du jour, qui en avait amené les partitions. Et bien chaque fois il a brodé sur le thème, visiblement jamais satisfait de lui alors que nous étions nous emballés. Il fallait voir son prof Bruno Bielsa l’encourager à continuer.

On sent ce jeune motivé et avec de réelles dispositions. Reste maintenant à travailler et à polir cette pierre que je n’oserais pas encore qualifier de précieuse, ne nous emballons pas…

Les vieux n’ont pas démérité bien sûr. Si vous aimez la trompette écoutez un jour Bruno Bielsa, il en tire des aigus qui n’existent même pas, à la fois fins et puissants et avec la sourdine il n’a rien à envier à Chet. Le trio toujours au top avec un réel plaisir à jouer et à partager et un solo de batterie exceptionnel – parmi d’autres – de Gaëtan qui a réussi à nous chanter la mélodie de « Caravan » avec ses baguettes.

  • Timothée tu veux jouer quoi ? demande Thomas
  • « A Night in Tunisia ».

Et c’est parti et que je te prends le chorus de trompette du haut de mon mètre vingt. Franck Marissal en est tout intimidé lui qui a plus de quarante ans d’expérience à la guitare.

Le concert va se terminer mais voilà que débarque dans le bar une troupe de bikers américains, pas en Harley mais à vélo, descendus certainement de leur paquebot amarré à Bordeaux, des séniors en casquettes et bermudas ; alors ça repart pour trois titres pour leur montrer que le jazz c’est aussi une affaire de Français et que s’ils ont Trump ici on a des trumpetists. Le groupe et sa star Timothée doivent désormais faire le buzz sur les réseaux sociaux dans le Middle West ou la West Coast vu le nombre de photos prises.

Vraiment un très joli moment dans cet endroit si agréable, plein d’espoir pour l’avenir.

 

A noter à la Belle Lurette une exposition étonnante d’œuvres de Patrick Deletrez.

 

Jubilé d’Alain Claudien ; pianissimo !

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Pessac, Sortie 13, le 13 mai 2017.

Le piano est un instrument merveilleux et universel, il n’a pas de chapelle, il ne devrait pas en avoir. 88 touches, 52 blanches et 36 noires qui n’attendent que des doigts pour les actionner et ainsi faire naître toute forme de musique.

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Ce soir-là  nous avons pu encore une fois le constater, Alain Claudien, le “technicien du piano ” comme il se définit lui même, recevait ses amis et parmi eux de grands pianistes de tous styles. Qui de mieux qu’un accordeur pour mettre tout le monde d’accord ? Il célébrait son jubilé de 40 ans au service des musiques. Action Jazz avait la chance d’être présent pour ce beau moment d’amitié et ce grand moment musical. Autre vedette de la soirée, le majestueux Steinway & Sons, un ¾ de queue de concert si je ne m’abuse, ce qui se fait de mieux dans le genre. Avis aux amateurs, vous pouvez le louer : http://www.piano-claudien.com/

Le premier à en prendre les commandes nous le connaissons bien à Action Jazz, la Gazette Bleue #13 de novembre 2015 l’avait présenté, c’est un des maîtres bordelais du jazz et du piano, Francis Fontès.

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Avec lui ses inséparables compères d’Affinity, Dominique Bonadei et Philippe Valentine. Quelques titres de Wayne Shorter, Herbie Hancock pour lancer la soirée et de suite ce piano qui se met à chanter sur toute sa palette sonore. Rien à voir avec les claviers électriques qui certes sont plus mobiles mais qui ne donnent pas le même relief, la même profondeur.

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Intermède old jazz avec Francis Haimovici passant du piano au trombone avec son éternelle jeunesse, accompagné par Michel Juy à la guitare et Gérard Valade au sax soprano.

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Les fourchettes se taisent le temps de la prestation, la performance même, d’Hilomi Sakaguchi (CNR de Bordeaux, Proxima Centauri) interprétant une œuvre contemporaine du compositeur américain George Crumb. Une musique pas facile mais tellement belle à voir se fabriquer sous les doigts inspirés d’une artiste habitée. Un domaine à explorer.

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Un peu plus loin dans le menu c’est un autre cadeau qui nous est fait avec une nocturne et une valse de Chopin interprétées par le magnifique Hervé N’Kaoua. Professeur à Bordeaux puis Lyon il mène aussi une carrière internationale de soliste. Le jazz est loin, la musique elle est bien là, en toute simplicité mais d’une beauté stupéfiante. On sent les liens qui unissent les artistes à Alain Claudien, tant mieux on en profite.

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Le jazz revient avec un trio formé de François Faure au piano, une grande figure du jazz bordelais des années 80 qui se fait rare maintenant. Accompagné d’Antoine Faure, son fils à la basse et de Philippe Gaubert à la batterie, ce spécialiste de Bill Evans va nous proposer un bel intermède.

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Arrive alors en cours de soirée un autre grand pianiste classique – il sort de jouer en concert – Jean-Philippe Guillo (CNR de Bordeaux) qui avec Hervé N’Kaoua va improviser un sublime quatre mains ; deux mains, deux styles, deux touchers différents. Une troisième virtuose qui tourne les pages, on rêve.

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D’autant que Hilomi revient avec son mari Pascal Jean Marignan (CNR de Bordeaux), leur duo s’appelant Piano Opus 2, pour un autre quatre mains autour de Ravel avec « Ma Mère l’Oye » et « Le Jardin Féérique ». Magique de voir danser ces vingt doigts, la proximité du piano rajoutant à la rareté et à la beauté du moment.

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On repasse au jazz avec le trio Affinity qui accompagne maintenant Caroline Billa au chant. Ils se connaissent par cœur et l’intemporel « Caravan », entre autres, n’en est que plus beau.

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Pour tous les goûts, tout cela autour de ce piano magnifique mais surtout grâce et pour celui qui les règles ces si beaux instruments, les bichonne. Savez-vous qu’en France le pointilleux Chick Corea et le difficile Keith Jarrett ne jurent que par lui ?

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Dans une prochaine Gazette Bleue, Alain Claudien nous parlera de son métier, il a tant de choses à raconter.

La musique ne devrait pas avoir de frontières, les étiquettes sont tellement réductrices. Rêvons qu’une telle soirée puisse être organisée pour le grand public…

La Gazette Bleue N° 22 vient de sortir ! Concert de Post Image, bassistes, New Orleans & more !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°22 • Mai 2017 !

Retour sur le concert des 30 ans de Post Image, et Mets ta nuit dans la mienne au T4S. Mais aussi, spécial Freedom in Bordeaux avec Karfa Sira Diallo. Et puis des rencontres avec Laurent David, Ouriel Ellert, Stéphane Borde, Ceiba en studio etc…Et vos chroniques et agendas habituels !

Bonnes lectures !

Cocktail tonic: Calypso Rose

Cocktail tonic : Calypso Rose

Rocher de Palmer : Bordeaux /Cenon
13/04 /2017

Vous la croiseriez dans la rue, toute menue, avançant doucement en traînant les pieds, vous l’aideriez immédiatement à traverser la rue et à porter ses paquets, tellement elle semble fragile, et prête à rompre, . …
Mais ce bout de femme de 77 printemps au premier muguet ( elle est née le 27 Avril) est une icône, une institution, un monument dans les Caraïbes, la reine incontestée de cette tonifiante musique de carnaval qu’est la Calypso. Avec ses 800 chansons et sa vingtaine d’albums, c’est une légende vive et pétillante que la France a découverte, il y a peu avec son nouvel album, réalisé avec Manu Chao. Un succès éclatant couronné par une Victoire de la musique et une tournée dans tout l’hexagone..
Dans la 1200 places du Rocher de Palmer, les fans sont à touche–touche et chauds bouillant. On se faufile comme on peut en essayant de ne pas écraser les pieds de son voisin, ni de recevoir un coup de coude malencontreux. Les gambettes remuent déjà. Les visages sont souriants à l’avance. Il y a des jeunes, des moins jeunes, des filles, des gars et même des gamins, sans compter quelques drapeaux de Tobago qui s’agitent en dansant, en attendant celle qui pendant une heure et demie va remettre le bonheur au centre de la vie.
Après une entrée en scène à fond de ses musiciens ( une trompette et un trombone éclatants de peps, une guitare bourrée d’énergie et de rythme, une basse et une batterie déchaînées, un clavier à l’avenant et deux choristes pulpeusement chaloupées aux voix claires et bien placées) la voici enfin.

Calypso Rose

Appuyée sur le bras de son régisseur-nounou , Calypso Rose , un bouton d’or à elle toute seule, entame sa première chanson et immédiatement l’impression de fragilité disparaît. La voix est forte, malicieuse et tonique. La Caraïbe vous déboule dessus, soleil et vent du sud en prime. Ca y est, les guiboles démangent et les hanches se tortillent. On est aspiré dans la danse et le rythme.
La reine de la Calypso vibre en effet d’une énergie à toutes épreuves et la transmet à son public à pleines brassées, elle rigole, interpelle, soulève sa tenue pour montrer ses fesses qui ondulent, accroche coquinement le micro à sa culotte. Le sourire et la malice sont en effet les piliers de son combat. Mais sous sa sincère joie de vivre, et sa bouille qui inspire la sympathie, affleure un esprit vif, prompt à pointer des aberrations du monde autour d’elle. Et elle n’oublie rien de ce qu’elle est, de ce qu’elle a vécu et de ses origines d’esclave venant d’ Afrique ( Une belle chanson intitulée Back to Africa nous le rappelle).

Car c’est une battante, une féministe, une dame pas trop politiquement correcte, qui s’est cognée à tout le machisme de son île : un père qui la trouvait trop moche et qui ne voulait pas qu’elle chante, « Oh my daddy he never never likes me/Said I was black and ugly » ses propres compères en musique qui lui refusait l’ accès à la compétition de Calypso réservée aux mecs et qu’elle a ensuite gagné cinq fois ( paf dans les dents !) et les hommes en règle générale qui ne lui ont pas été tendres. Love Me or Leave Me appelle à ne pas subir le manque de respect d’un compagnon . «  Never married and not for money » ajoute elle en entonnant «  No madame » .  Les hommes de l’assistance approuvent… ses musiciens se mettent à genoux devant elle en riant et chacun de sauter partout. Les photos fusent, les mains se déplient en cœur. La joie est là. On embrasserait presque son voisin surtout s’il a vingt ans de moins !!
Après deux morceaux de rappel, c’est avec Calypso Queen qu’elle termine ce concert, fatiguée tout de même mais visiblement si heureuse de l’accueil que lui ont réservé ses fans qu’elle a du mal à quitter le plateau. On ressort de là avec un pêche incroyable, une patate grand format, le bonheur accroché aux chevilles et le sourire béat, retonifié de l’intérieur, prêt à en découdre avec la vie.
«Une chanson peut renverser un gouvernement, placer un homme politique au pouvoir et faire que des hommes se comportent comme des êtres humains et non comme des bêtes » a t elle déclaré à une radio, il y a peu…
Une vraie leçon. Cette mamie là est une grande dame, malgré son mètre cinquante, un talent à l état pur et une belle personne radieuse dont on aimerait que pleins de sosies bienfaisants se répandent dans le monde. Vive la Calypso !! Rose bien sûr !!

Le Printemps du Jazz à Saint-Macaire

Par Philippe Desmond

La Belle Lurette, Saint-Macaire (33) le 2 avril 2017 ; jusqu’au 30 avril.

Ce soir c’est jam session à la Belle Lurette de Saint-Macaire dans le Sud Gironde comme chaque premier dimanche du mois, de 17 à 19 heures ou plus.

Mais celle-ci est un peu particulière car intégrée au « Printemps du jazz » manifestation qui va courir en ce lieu jusqu’au 30 avril avec un très grand nombre de concerts et d’événements. En association avec le Collectif Caravan, l’asso l’Ardilla et Radio Entre 2 Mers, ce dynamique café à forte coloration musicale a décidé cette année de mettre le paquet. Il faut dire que l’endroit est devenu très populaire pour tous les amateurs de jazz mais pas seulement, grâce à une programmation riche et variée ; un lieu ouvert convivial et sympathique.

Au programme des concerts, des expos photos, des rencontres, des ateliers, des parades, des repas, tous nos sens seront sollicités. Action Jazz est bien sûr partenaire de cet événement.

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Tout a commencé vendredi avec un concert du trio de Thomas Bercy (p) avec Jonathan Hédeline (cb) et Gaëtan Diaz (dr) qui invitait le saxophoniste alto Julien Dubois. Celui-ci avait choisi le répertoire d’Eric Dolphy ce musicien terrassé à 36 ans par une crise de diabète mal soignée nous privant d’un des plus grands talents de sa génération ; un passeur entre le hard-bop et le free comme le répertoire joué ce soir là le souligne. Un excellent choix pour un concert de ce fait contrasté, alternant entre les titres accessibles et d’autres plus complexes. Y amenant l’avant veille au Caillou, deux proches pas spécialement amateurs de jazz, ou du moins le croyant, j’avais d’ailleurs une petite appréhension concernant l’estime qu’ils me porteraient toujours ou plus du tout à la fin. Et bien il ont beaucoup apprécié, certainement aussi grâce à la magie du live qui rend toujours la musique, et celle-là en particulier, plus lumineuse. La qualité des musiciens ne gâte rien évidemment. Julien Dubois avec sa verve, sa volubilité et sa précision est parfaitement à son aise dans les habits d’Eric Dolphy dont il ne cherche pas pour autant à singer le jeu. Il a assez de talent pour se l’approprier. Vendredi la Belle Lurette était paraît-il bondée pour ce concert.

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Samedi c’est Stéphane qui représentait Action Jazz pour un concert totalement improvisé suite aux ennuis de santé du saxophoniste initialement programmé ; je le cite « Une petite halte à la Belle Lurette de Saint Macaire pour y découvrir le trio AMOUR SUPREME CORPORATION formé par Franck Assémat : Sax Baryton / Louis Lubat : Batterie / Nikola Raghoonauth : Poète performer. Encore une soirée de musique à la marge mais ô combien réjouissante et quand le chant se fait créole, le sax baryton devient saccadé et la batterie de Louis Lubat semble l’ensorceler, on est aux anges. »  Complet là encore.

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Et donc ce soir la jam session, lancée par deux titres d’Eric Dolphy Bird’s Mother puis la sublime ballade « Serene ». Là encore le bar se remplit, beaucoup d’habitués et donc de musiciens. En plus du quartet initial il seront au moins une douzaine à occuper la scène à tour de rôle. Il y a presque la queue, certains s’entraînant à l’écart.

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Auparavant Julien Dubois a animé une petite conférence évoquant son parcours, ses goûts et influences, son métier de musicien et de professeur directeur au CNR. Aussi bavard et passionné qu’avec son sax alto ! Retrouvez son entretien pour la Gazette Bleue #13 : http://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n13/

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Surprise d’entendre Alexandre Aguilera pour une fois au sax alto et non à la flûte, mesure des progrès fulgurants de Marina Kalhart à la contrebasse, confirmation du talent de Fred Marconnet au sax ténor, le punch de Philippe Gaubert aux baguettes, découverte de nouveaux musiciens plus ou moins confirmés mais accueillis les bras ouverts dans cette jam.

Un blues en si bémol, puis « Alone Together », plein d’autres titres dont un « Take the A Train » explosif qu’on ne risquait pas de rater !

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Tout cela dans un décor fait de pochettes de 33 tours de jazz d’époque dont certaines mythiques, objet d’une expo pendant le Printemps du Jazz. A noter que le collectif « Blue Box » des photographes d’Action Jazz exposera ses clichés de musiciens très bientôt, juste à côté de la Belle Lurette.

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Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire, allez à Saint-Macaire, en plus la ville en elle même est très intéressante avec ses vestiges médiévaux.

Programme complet sur :
http://www.bar-labellelurette.com