Le Blog Bleu déménage…

Bonjour à tous !

Le site d’Action Jazz a fait peau neuve et s’est enrichi en concentrant désormais toutes les informations et publications de l’association.

Ainsi, retrouvez-y tous nos articles, chroniques, billets divers, lesquels rejoignent gaiement l’agenda, diverses sections qui existaient aussi déjà, ainsi que nos gazettes bleues, tout ceci directement sur le site à :

actionjazz.fr

Bonnes lectures et au plaisir de vos retours et de vous croiser en quelques lieux de ce jazz qui nous passionne tous !

A ce sujet, notez bien le prochain rendez-vous que nous vous proposons, le Tremplin Action Jazz # 6 au Rocher de Palmer, salle 650, le samedi 27/01/2018 à 20 h !

Pensez à déposer vos dossiers de candidature au maximum le 15/12/2017.

Pour ce faire, dossier d’inscription à demander par mail à : tremplin@actionjazz.fr

Qu’on se le dise !

La Rédaction

 

 

 

Michel Macias et Fouad Achkir

 Faire danser les déesses et les paysans

Créon /les jeudis du jazz /19 octobre 2017

Il y a des moments remplis, qui respirent et qui aident à respirer, des lieux heureux, de la musique qui nourrit, des projets qui sentent bon la rose et le réséda comme disait le poète.. On en soupire d’aise et on s’y sent bien installé, d’emblée dès qu’une chaise nous tend les bras et nous accueille. Adieu les bistrotiers véreux ou les propositions répétitives dont la musique se sort tout de même avec grâce (car elle a de la ressource heureusement…)
Ici à Créon, on pense autrement, on raisonne avec générosité. Et pour cette reprise des jeudis du jazz, la Rural nous accueille avec sa gentillesse habituelle. La découverte est le mot d’ordre aussi bien dans les petits plats, le verre de vin du viticulteur local, les jus de fruits bios, que dans le concert qui les suit. Les sourires des bénévoles sont gratuits, l’accompagnement bienveillant et les prix doux sont une incitation pour tous et chacun à grignoter la culture et la musique avec ardeur, comme l’écureuil sa noisette.
Et ce soir, on va savourer et déguster Michel Macias et son compère Fouad Achkir.

Un joli menu et un alliage peu commun. D’ailleurs leur spectacle se nomme « Pourquoi pas ? ». Le premier nous est bien connu : Michel Macias et son accordéon, son amour pour le bal concertant, le musette swing, les compositions occitanes, les chemins de traverse également avec la compagnie Lubat ou Christian Vieussens, son esprit d’échange. Du second, on ne demande qu’à découvrir les percussions et la voix, les chants berbères et marocains. On sait que son terroir est celui des Manufactures Verbales ou du métissage de Chet Nuneta.
Bref, on se dit que dans ce plat mijotent de sacrés ingrédients, du sucré, du salé, de l’épice et du terroir… avec un soupçon d’émotion et de complicité puisqu’ils sont au sens littéral du terme des voisins. Et le résultat est une savoureuse réussite, une marmite de plaisirs.

D’emblée, les sons tremblés de l’accordéon, les frottés de mains, les petits bruits de graines en bâtons nous entraîne dans l’ailleurs, le rêve délicat se faufile entre les tables et la danse est là en embuscade. Percussions profondes et éclats d’émail. La multiplicité des voix et des styles se déploie. Le musette pointe sa petite frimousse, le jazz se fait tonique (ah la belle « Indifférence » au détour d’un morceau) ou mahousse costaud avec un scat magnifique de Fouad Achkir. Les chants berbères s’élèvent d’une pureté à faire pâlir les muguets…

Les deux musiciens nous baladent d’un morceau bulgare détricoté, à un chant de noce kabyle, d’une mazurka toulousaine, à un solo à cappella où pointent les larmes. Les deux origines s’entremêlent souvent. Parfois l’une prend le pas sur l’autre et la seconde vient en soutien discret, en complément attentif. On écoute les silences, le détournement des instruments. La salle chantonne, s’émeut, se penche et les pieds se balancent.
La question qui se pose lorsque l’on écoute ces deux-là, c’est « pourquoi ?». Pourquoi cet échange entre deux cultures fonctionne si bien alors qu’on a pu entendre dans d’autre cas des choses juxtaposées ou plaquées, sans beaucoup d’âme ou de conviction ? Ils sont généreux, directs, faciles d’accès, certes mais cela ne suffit pas tout à fait. Le secret, c’est peut-être qu’ils se fondent tous les deux sur ce que la musique a pour essence, ce qui fait tourner les bretons en rond et sauter les zoulous : le rythme et la danse.
Car la danse ne quittera pas un instant nos petites guiboles ; que ce soit dans des ondulations sahariennes, des pointes de jazz ou de valse gasconne. Le plat bouillonne, assaisonné de nostalgie à la fleur d’oranger, de piment de Galice tonique, de senteurs de gemme ou de fleurs sauvages de Haute Lande. La musique conte la joie, la tristesse, la rencontre, le raccommodage, l’accommodage et elle s’appuie sans cesse sur l’élan vital, celui qui fatigue les muscles mais qui n’épuise ni les sourires, ni le plaisir d’être ensemble. Au fur et à mesure du set, la mélodie s’effacera doucement devant le rythme. Un tambour comme une grosse lune blanche, un steel-drum, des balais toniques, et bien sûr l’accordéon forment l’horizon musical mais pas que. Comme ces deux-là osent tout, ils nous offriront aussi un duo désopilant de percussions corporelles comme deux commères caquetant sur le pas de leurs portes et un morceau baroquo-occitan avec la voix claire et puissante de Fouad Achkir poussée en haute-contre qui nous laissera plein de brumes et d’émotion.

Une chance qu’ils habitent dans le même village sinon on aurait perdu quelque chose. Pour faire danser les déesses et les paysans, réjouir les mariages et le temps perdu, sublimer le quotidien, ces deux-là, ce sont bien trouvés et nous ont bien trouvés aussi.
L’association la Rural, ce soir nous a offert une belle cuisine métissée et profonde.

Photos : Philippe Desmond

Ouverture du Comptoir Éphémère

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Bordeaux, mercredi 4 octobre 2017

Un endroit quasi historique

Le Comptoir du Jazz a une longue histoire. Créé en 1997 en même temps que le restaurant mitoyen « Le Port de la Lune » par Michel Daroque – et sa moustache à la Dali – il a vécu après la vente par ce dernier en 2011 des moments compliqués et pas toujours glorieux, notamment une fermeture pour mauvaise gestion, ce qui est un euphémisme… Musicalement par contre il a connu des nuées de soirées remarquables et des moments inoubliables de jazz et de blues.

Il y a deux ans suite à une prise de contrôle par des personnes proches du monde du Rugby bordelais, le Comptoir avait essayé de changer de nom pour « le Club-House », dénomination qui n’a guère convaincu, la communication se faisant toujours avec ce nom suivi de « ex Comptoir du Jazz » et la mayonnaise sport/musique n’a jamais vraiment pris malgré une programmation régulière de qualité.

En mai dernier l’affaire étant disponible Benoît Lamarque et sa société Arcadia Ego, déjà gérants du Caillou, ont décidé d’investir le lieu pour le relancer. De nouveaux noms ont été évoqués dont « le Pastorius » en hommage à Jaco, ou encore « l’Abattoir » en référence aux anciennes installations voisines ; mais avouez qu’envoyer des musiciens à l’Abattoir aurait pu être mal pris par ceux-ci ! Finalement au regard du passé du lieu, de sa notoriété et des habitudes des Bordelais il a été décidé de garder le nom « Comptoir » en y ajoutant le qualificatif « Moderne ».

Vers la démolition du lieu

A Action Jazz, un peu au courant de l’affaire, nous en étions restés à cette dénomination jusqu’à que commence à poindre de la communication avec « Le Comptoir Ephémère ». On a compris de suite. L’établissement se trouve dans un quartier en pleine transformation urbaine et allait en faire les frais. Effectivement en juillet Benoît Lamarque a appris par le propriétaire des murs que le lieu était voué à démolition, l’obligeant à réduire ses projets à la baisse. Ceci a d’ailleurs créé une polémique assez vive entre différents acteurs dans laquelle nous n’avons pas à nous immiscer, notre rôle étant seulement d’informer le public jazz sur les lieux où il peut vivre sa passion.

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En présence de Fabien Robert adjoint à la culture de la ville de Bordeaux, et devant un nombreux public, le mercredi 4 octobre a donc vu la (re)naissance du « Comptoir Éphémère » et cela pour une durée indéterminée allant de un à deux ans. Alors autant en profiter pour vivre intensément ces mois restants.

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Une exposition des superbes photos de Thierry Dubuc accueille les visiteurs qui découvrent aussi la nouvelle décoration.

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Fini les cadres avec les maillots de rugby tout avachis, place à une déco plus sobre et élégante, des boiseries rouges et noires, des écrans vidéo, une nouvelle sono, un bar réaménagé et surtout une nouvelle scène ! Celle-ci était jusque là engoncée entre un mur et un énorme poteau, ressemblant plus à un tunnel dans lequel s’entassaient les musiciens ; le simple fait d’y avoir ajouté une avancée l’a métamorphosée. On se demande comment cette solution n’avait pas été trouvée avant.

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La programmation du lieu devrait être plus éclectique gardant sa forte couleur jazz mais avec aussi de la chanson, de la danse, du cabaret et cela du mercredi au dimanche. Musique du monde aussi notamment pour cette soirée inaugurale avec Ceïba présentant son nouvel album « Tout Va ». Voir sur le Blog Bleu du 29 septembre le compte-rendu du concert au Rocher.

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Alors pour une fin heureuse il faut donc profiter de ces dernières heures du « Comptoir » qui disparaîtra sous les coups de bulldozer d’ici peu. Quand ? Nul ne le sait !

https://comptoirephemere-bordeaux.com/

Galerie photos d’Alain Pelletier :

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Concert de Soutien à FIP Bordeaux

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Le Rocher, mardi 3 octobre 2017.

Vous le savez certainement les trois locales de FIP, celles de Nantes, Strasbourg et Bordeaux/Arcachon sont menacées car remises en question par le PDG de Radio France Mathieu Gallet. Le dossier est très avancé et la fin annoncée très proche paraît-il. Économies. Pourtant une goutte d’eau dans la galaxie Radio France, car une locale c’est 7 ou 8 personnes et la moitié en équivalent temps plein. Par contre pas de reclassement prévu pour ces personnes… Idem à Nantes et Strasbourg les deux autres locales rescapées des précédentes purges.

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Certes FIP continuerait à diffuser sa bande son mais comme le déclare la pétillante animatrice Stéphanie

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puis Patrick Duval dans son mot d’accueil « chez lui » au Rocher de Palmer, devant une 650 pleine, finies les annonces locales si importantes pour la vie culturelle : les concerts, les expositions, le cirque, le théâtre, le court métrage, les pestacles pour enfants, les rencontres littéraires, les conférences, les « petits » festivals, tous ces événements qui ainsi ne passent pas inaperçus.

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Souvent ces spectacles ou événements annoncés n’ont pas accès au grands médias ils trouvaient là un relais important.

Ces radios FIP créées il y a plus de 40 ans ont déjà subi trois attaques, la première en 1986 comme le rappelle Patrick Balbastre, ancien de Radio France.

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A cette époque à Bordeaux nous avions FIB, il y avait FIL à Lyon, FIM à Marseille et aussi d’autres, FIP étant uniquement à Paris ; le FI voulant dire France Inter, la troisième lettre correspondant à la ville. Devant le mécontentement des auditeurs les radios avaient subsisté mais sous le seul nom de FIP et avaient tout de même gardé leurs antennes et ainsi leurs annonces locales. La dernière attaque date de 2000, époque où FIP Lille a été supprimée comme le précise Jean-Gabriel Guichard du comité de soutien.

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Et voilà que ça recommence au moment où cette radio vient d’être déclarée la meilleure du monde par Jack Dorsey le PDG de Twitter. Les présidents de la Région, du Département, de la Métropole, de gauche et de droite, solidaires de FIP,  ont écrit à ce sujet au PDG de radio France sans résultat pour le moment.

FIP est un joyau, combien de découvertes avons nous faites en l’écoutant.  Ma discothèque est pleine de disques puis de CD entendus sur FIP pour la première fois. Je me souviens au début où il fallait téléphoner pour connaître le titre, notant l’heure dans la voiture et appelant le soir ou le lendemain ! Puis le portable permettant d’appeler immédiatement, puis les playlists sur le net jusqu’aux autoradios indiquant maintenant le titre en direct. Combien d’entre nous on téléphoné au 05 56 24 13 13 pour essayer de gagner une place pour un concert à Eysines, au Fémina ou ailleurs ou encore pour gratter un album à l’œil. Je me souviens avoir gagné plusieurs fois. La musique certes mais aussi les annonces.

Ces annonces ce sont les jolies voix des Fipettes qui nous les prodiguent et ce soir elles sont là révélant ainsi – enfin – au public leurs personnes, leurs visages, comme Zorro qui enlève son masque. C’est que la situation est grave.

Les amateurs de la radio se sont déplacés et après l’inquiétude de voir arriver le public au compte goutte c’est la satisfaction de constater la 650 pleine. FIP c’est avant tout la musique et peu de paroles alors va pour peu de discours et beaucoup de musique(s) ce soir.

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FIP c’est tout, le jazz, le classique, la chanson, la pop, les musiques du monde… tout on vous dit mais de qualité, alors ce soir l’échantillon proposé est éclectique et de grande valeur.

Du jazz avec Edmond Bilal Band le quartet de bordelais bien connu d’Action Jazz car vainqueur du Tremplin 2013. Prestation courte de 20 minutes comme les autres mais dense et sans round d’observation. Les excellents Paul Robert au sax, Mathias Monseigne à la basse, Simon Chivallon aux claviers et un époustouflant Curtis Efoua à la batterie. Une musique inventive, dynamique et moderne, une découverte pour beaucoup une confirmation pour nous. Ecoutez leur dernier opus sorti en mai dernier « Starouarz » vous verrez.

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Changement radical avec Las Hermanas Caronni, deux sœurs jumelles argentines venant de Rosario, mais vivant à Bordeaux depuis plusieurs années et fidèles auditrices de FIP comme elle nous le révèlent. Laura au violoncelle et Gianna aux clarinettes, les deux chantant. Un moment de grâce d’une beauté dépouillée magnifique et si musicale mais bien trop court – j’ai déjà eu la chance de les voir lors d’un vrai concert, merveilleux, ne vous en privez pas à l’occasion – Pleines de fraîcheur et d’humour en plus, comme Gianna qui nous déclare pendant que Laura s’accorde que celle-ci a accouché sous FIP. Style indéfinissable mais à quoi bon, du jazz, du tango, de la chanson, une touche de classique, FIP à elles deux. Une 650 bouche bée sous le charme ; moi quand je les vois et les entends, c’est simple, je tombe amoureux des deux à la fois.

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FIP sans musique du monde n’est pas FIP nous voilà partis dans les Balkans avec la Cie Mohein et ses 8 musiciens « seulement », la chanteuse n’étant pas là.

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Autour du cymbalum – un piano sans clavier en quelque sorte – au son si caractéristique, trois violons endiablés, la clarinette de Nicolas Lascombes, une guitare, une contrebasse et des percussions.

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Ça virevolte, ça balance, le public finissant debout. Musique aux sons parfois tristes et pourtant si gaie, musique d’émotions, pour mariages et enterrements comme on le dit pour elle.

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Tout les musiciens viennent saluer rejoints par les Fipettes, les applaudissements de la salle debout sont scandés, c’est émouvant et rappelons nous, seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livre pas.

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Sauvons les locales de FIP, signez la pétition !

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Les six Fipettes (Photo Dom Imonk)

lien pétition : https://www.change.org/p/pr%C3%A9servez-et-d%C3%A9veloppez-fip-la-p%C3%A9pite-%C3%A9clectique-de-radio-france

contact : fipbordeauxarcachonendanger@gmail.com

 

 

Les photographes d’Action Jazz s’exposent. Concert d’OD en bonus

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat Lire la suite

La Gazette Bleue N° 24 vient de sortir ! Spécial UZEB, Festivals d’Été, Cuba et plus !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°24 • Septembre 2017

Bonjour à tous ! Voici la Gazette n° 24 qui ouvre avec Uzeb, le retour au Rocher de Palmer en juillet dernier. Spécial Festivals de l’Été, mais aussi Cuba et le Jazz, des interviews, des chroniques CD, l’agenda etc… Bref, une riche rentrée musicale !

Bonnes lectures !

Le nouveau Tom Ibarra Group en studio.

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Depuis maintenant plus de deux ans Action Jazz suit de très près la carrière du guitariste Tom Ibarra. Installé dans la région depuis quelques années, à Bergerac exactement, il fait partie de ces musiciens locaux et régionaux que notre association a pour but de mettre en avant. Mais il est vrai qu’avec lui et son entourage d’autres liens se sont tissés. C’est donc depuis pas mal de temps déjà que nous savions que sa carrière allait prendre un tournant. C’est déjà Alain Piarou le président et créateur d’Action Jazz qui avait mis en rapport Tom avec le batteur Pierre Lucbert devenu maillon essentiel du groupe. Ils étaient faits pour se rencontrer. Mais là le changement est plus profond, le quartet devenant quintet avec trois nouveaux membres. Jean-Marie Morin le bassiste historique et Christophe de Miras qui avait rejoint le groupe fin 2015 partent vers leurs propres projets, sans amertume, mais par choix de vie. Place aux jeunes, pensez donc ils sont à peine quadras ces deux derniers !

C’est au studio d’enregistrement Cryogène de Bègles que nous faisons connaissance avec le nouveau Tom Ibarra Group, le TIG. Ils sont là pour dix jours à enregistrer le deuxième album de Tom avec Guillaume Thévenin à la console. Neuf compositions originales du guitariste.

Faisons connaissance avec les petits nouveaux.

A la basse Antoine Vidal, 22 ans, un parisien rencontré là-bas par Tom lors des jams du Caveau des Oubliettes. Possédant son propre projet de jazz fusion, le groupe Ishkero, Antoine a de suite accroché avec Tom . Lors des sessions d’enregistrement, il est force de proposition quant aux arrangements et musicalement il possède déjà une belle expérience qui s’entend, maîtrisant aussi la technologie et les effets électros.

Aux claviers, natif de Tourcoing, Auxane Cartigny, 21 ans, une pépite selon certains. Piano classique à l’âge de 7 ans, puis percussions, le jazz spontanément vers 12 ou 13 ans en écoutant des disques puis des prix de jazz et classique ; il vient d’achever avec succès son cycle de trois ans au Centre des Musiques Didier Lockwood où il a rencontré Tom Ibarra qui lui vient de finir sa première année. Il compose aussi pour son propre trio de forme classique, piano, contrebasse, batterie.

Au sax ténor et ça c’est quand même une grosse nouveauté, Jeff Mercadié originaire de Nérac en Lot-et-Garonne où il a commencé la musique avant de poursuivre à Marmande puis en licence au Mirail et en DEM à Montauban. Lui aussi achève son cycle au CMDL. Déjà bien âgé, 27 ans (!) , il mène des projets, funk et salsa, et a monté un quintet de jazz moderne pour lequel il compose. Lui aussi apporte ses idées à Tom pour les compositions.

L’idée du sax est venue à Tom pour étoffer le son du groupe et, attitude pas égoïste du tout, pour créer un contrepoint, une complémentarité avec la guitare. De fait à l’écoute des premières maquettes la différence avec le précédent album et même ses évolutions est flagrante. Un son plus frais, plus jazz, vraiment un univers différent.

A la batterie bien sûr on retrouve Pierre Lucbert, 21 ans, qui vient d’achever ses études de musique et se lance dans le grand bain. Il est devenu un maillon essentiel du groupe de part sa technique, son apport rythmique et son groove.

Tom Ibarra bientôt 18 ans, et oui il va finir par vieillir lui aussi, a donc composé neuf titres, il y travaille dur depuis janvier en parallèle avec ses études au CMDL. L’école leur a d’ailleurs mis des locaux à disposition permettant au groupe de nombreuses sessions de répétition, gain de temps – et d’argent – inestimable pour le passage en studio.

Il faut voir travailler ces jeunes musiciens pour voir le soin qu’ils apportent à leur création ; pas un détail ne leur échappe et le moindre pain, voire la moindre imperfection, provoque aussitôt à la réécoute un chambrage en bonne et due forme.

Car ils s’entendent comme larrons en foire et si tout se passe très sérieusement il règne aussi une très bonne humeur dans le studio. Ils y habitent dans un joyeux capharnaüm pour la durée de l’enregistrement. Mais ils travaillent et aujourd’hui ils avaient même un jour d’avance sur le planning, 4 titres en 3 jours.. Ils commencent déjà à ressentir la fatigue car quand on est méticuleux comme eux il y a une tension et une attention permanentes qui finissent par ronger votre énergie. Mais ils sont jeunes et vu ce qu’ils avalent à table ils devraient tenir.

Le CD est prévu à la vente pour le mois de décembre et sa release officielle aura lieu en mars. En attendant deux concerts du nouveau TIG sont programmés le 6 octobre au Sunset à Paris et le 13 octobre au Comptoir Ephémère (ex CdJ)   à Bordeaux . Action Jazz vous tiendra bien sûr au courant mais le résultat vaudra le coup d’après les premières écoutes brutes avant mixage.

Saint Emilion Jazz Festival : Kind of Blue et Kind of Red.

Sur le net en ce moment, suite à un article du journal la Croix, ça discute ferme sur l’évolution du jazz, sa survie sans mélange des genres, sans cross over ; influence de la pop, de la soul, de l’électro, du hip-hop, les tenants du jazz « pur » contre ceux du jazz métissé, la famille contre parents et alliés. Voir le lien en bas de page.

Pour moi il y a deux façons de regarder les choses, une très prosaïque et commerciale qui consiste à élargir la sphère du jazz pour attirer du public et rentabiliser, l’autre plus noble et stratégique qui consiste certes à attirer du public mais sur une passerelle vers le « vrai » jazz. Je n’en donnerai pas la définition, j’en suis bien incapable mais on se comprend je suppose.

En 1975, j’avais 20 ans, ne suis-je pas entré en jazz grâce au jazz-rock tel qu’on disait avant l’apparition de l’expression jazz fusion ? Les très électriques Return to Forever, Jean-Luc Ponty, Larry Coryell, Mahavishnu Orchestra, the Headhunters, Weather Report ont inondé ma discothèque me permettant de découvrir que Chick Corea, Herbie Hancock, John McLaughlin, Zawinul… avait eu une vie avant et m’embarquant pour des années de bonheur dans leurs univers variés. Et ainsi sans aucune chronologie ai-je découvert (!) Miles en combinaison pailletée puis en costard cravate, Coltrane, McCoy Tyner… puis toute la scène française.

Reconnaissons que le procès en élitisme fait au jazz est d’une grande injustice. De la même façon que le grand public ne va pas spontanément se déplacer dans des expositions pour admirer des toiles mais va y être sensible voire bouleversé si on lui met devant les yeux, le jazz si on y emmène les gens par des chemins détournés ou flirtant avec le mainflow, a certainement à y gagner, du moment que des artistes continuent à créer et innover. Il y en a des tas il faut les montrer.

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Cette longue introduction pour parler de l’ouverture ce vendredi du Saint Emilion Jazz festival et notamment de son premier concert celui de Karmarama. On ne peut pas faire au passionné Dominique Renard un procès en trahison pour ce choix. Il correspond d’abord à la philosophie du festival, faire connaître les musiciens du cru – grand ici – en les associant dans la programmation à des « stars » internationales. Et donc ensuite il procède aussi de ce « cross over », cette passerelle évoquée ci-dessus. Le métissage est ici indien et pop mais le jazz y est présent, de par les musiciens dont certains sont des spécialistes et de par la structure des titres permettant des improvisations.

Je vous renvoie à la chronique détaillée sur ce même blog lors du premier concert du groupe au Rocher : http://blog.actionjazz.fr/mark-brenner-au-rocher-another-world/

Pour les pressés j’en rappelle juste mes lignes de conclusion qui alimenteront le débat évoqué plus haut : « Une soirée merveilleuse dans différents univers et que nous ne souhaitons pas sans lendemain ; producteurs, organisateurs de festivals, ne laissez pas passer une telle qualité musicale. A l’heure où les festivals de jazz s’ouvrent à d’autres musiques profitez-en ! »

Merci à Dominique Renard d’avoir suivi ces recommandations.

Merci aussi d’avoir intégré deux groupes récemment primés au tremplin Action Jazz 2017 : On Lee Way et Capucine, des jeunes artistes qui créent et composent du jazz.

Venez-donc à Saint Emilion ce week-end, entre les vieilles pierres, les macarons, le vin et la musique vous allez vous régaler ! Et il y aura du jazz !

A noter que tous les concerts au parc Guadet sont gratuits et que sur place, en plus du plaisir musical, vous trouverez tout pour le bonheur de votre palais : Kind of Blue et Kind of Red !

http://revolution-de-jazzmin.blogspot.fr/2017/07/une-croix-sur-le-jazz.html?spref=fb

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De l’importance des nuages…

Respire Jazz Festival /Abbaye de Puypéroux 2/07/ 2017
Paul Lay trio / Alcazar memories

par Annie Robert

Respire Jazz Festival est un festival atypique : léger, verdoyant, sincère et à l’affût des talents. Créé en 2009, il poursuit son bonhomme de chemin dans son Sud Charente, au gré de ses bottes de paille, de son abbaye magnifique et sauvage, loin des grandes métropoles, intrépide et risqué jusqu’au bout de ses choix. Le cadre historique et délicieux de l’Abbaye de Puypéroux pousserait les plus citadins au pique-nique, à la balade, et bien sûr à l’ouverture tout en grand des petites oreilles jazzistiques par le lieu alléchées.
Mais ce dimanche, comme les jours précédents, les nuages se sont accumulés au flanc des collines. Pas de problèmes techniques ni financiers, rassurons nous, mais de joufflus et gris cumulus, un peu trop insistants, chargés de pluie et de petit vent frais, qui nous ont obligés au repli, bien à l’abri de la vaste grange parmi l’odeur de foin coupé et les poutres vénérables, un nid douillet loin de la grisaille, fait pour l’échange et l’écoute attentive.

la grange

Les nuages frisquets sont restés à la porte (ouf) mais d’autres ont pris leurs places, des nuages gracieux remplis de notes rêvées. On s’est installé dessus et on s’est laissé porter sans peine puisque Paul Lay était au piano, Simon Tailleu à la contrebasse et l’étonnante Isabel Sörling à la voix.
Voici un attelage qui à première vue pouvait sembler étrange : l’association de la glace et du feu, du Nord et du Sud, d’une Lorelei scandinave à la voix épurée, fine sirène aérienne et tendue, hors norme, et de deux jazzmen aux touchers fastueux, aux harmonies moelleuses, à l’inventivité incessante, à l’énergie parlante. Le mélange fonctionne pourtant magnifiquement. Le piano de Paul Lay est leste et protéiforme comme on le connaît ( quel talent ce garçon !) changeant de rythme et d’atmosphère au tournant d’une portée, du swing, du bop et surtout de la classe en tous instants; la contrebasse de Simon Tailleu est active ou douce, gavée de blues ou de mélancolie, généreuse, toujours à l’écoute. Quant à la voix incantatoire d’Isabel Sörling poussée dans les suraigus, au bord de se briser en éclaboussures émouvantes, elle s’engage dans des couleurs de lieds irlandais, de musiques trad ou de chansons de fjords lointains, d’appels de princesses perdues. On a presque peur pour elle, pour ses instants de voix suspendues dans l’impro, de ses cassures possibles, pour sa façon de déconstruire le rythme et parfois l’harmonie. Mais l’émotion est au rendez-vous, les trois artistes se parlent, nous parlent, se complètent, nous complètent et nous étonnent. Ils nous donnent à entendre des souvenirs d’un travail fait ensemble, pour la ville de Marseille, un mélange de leurs influences et de leurs harmonies réciproques.
«  Blues Roses » et « Memories », compositions de Paul Lay engagent le set dans une atmosphère délicate et intime. Puis c’est une création en forme de prière païenne due à Isabel Sörling, toute en suspension. Les petits nuages se chargent de douceur et d’étonnement.
Premier contre-pied: une réinterprétation décalée d’un  standard du cabaret marseillais « Adieu Venise provençale » nous prouve ensuite qu’on peut extraire du jazz coloré et émouvant de musiques bien éloignées ( il suffit d’en avoir un brin dans son ADN). Faire d’Isabel Sörling une Fanny nostalgique du pays natal, il fallait oser et c’est réussi. On est conquis par le son d’ensemble, la délicatesse des voicings, l’abandon dans l’interprétation de cette chanson d’amour, son temps étiré. Suit « Hundred fire » et un chant de noël au « nom suédois imprononçable » ( dixit Paul Lay) qui commence très simplement à l’archet pour s’épanouir en fleur puissamment charpentée de groove. Les petits nuages s’étoffent.
La revisite du succès de George Gershwin « The man I love » achève de séduire en totalité le public. Le thème est égrené par la contrebasse. La voix et le piano se partagent les impros ; c’est prenant, touchant et on a l’impression d’entendre ce thème tant chanté, pour la première fois. La voix aérienne d’Isabel Sörling y tutoie le cristal au bord de se briser. Et les petits nuages se déploient avec plus de consistance encore.
Le set se termine par une valse ancienne d’Emile Waldteufel « Amour et printemps », un air qui ramène en flots une brassée de poésie couleur sépia, un soupçon d’enfance et de nostalgie. Un petit limonaire de poche achèvera en suspension sur ses lames désuètes de colorer de sérénité nos petits nuages.
Et le rappel amusé sur « le plus beau de tous les tangos du monde » ne parviendra pas à nous en faire descendre, bercés dans la grange à foin…

Un moment de respiration profonde, poumons pleins et tête claire…

https://www.respirejazzfestival.com/

NB: Mille excuses pour la piètre qualité des photos faites à l’arraché … les photographes d’Action Jazz étaient sur d’autres sites…( et moi, pas douée pour cela…..)

La Gazette Bleue N° 23 vient de sortir ! Spécial Thomas Bercy « Coltrane Jubilé » et bien plus encore !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°23 • Juillet 2017

 
Bonjour à tous ! C’est l’été et c’est un spécial Thomas Bercy et le « Coltrane Jubilé »qui ouvrent les festivités d’été, avec la Gazette Bleue N° 23 de Juillet 2017. On y parle aussi de Frank Catalano, de Jazz 360, du Jazz Day # 2 à St Macaire, de Snarky Puppy, de Jazz au pluriel, de Vacances et Jazz à Montreal et de Canapé bleu.
Retrouvez-y aussi vos rubriques, chroniques de cds et agenda.
Nous vous souhaitons de très bonnes vacances, une maximum de bonnes musiques, et d’excellentes lectures !