Capucine’s Jam n°3 au Starfish Pub le 17/11/2016

Par Ivan Denis Cormier, photos Dom Imonk

Capucine Quartet feat. Louis Gachet (tp)

Capucine Quartet feat. Louis Gachet (tp)


En jazz comme en politique, pour bousculer la hiérarchie, se faire une place au soleil, il faut  des tueurs, instinctifs mais intelligents, de préférence roués, fins stratèges, persévérants et impitoyables, animés par de vrais projets personnels et collectifs. S’ils ne sont pas encore arrivés au sommet de la pyramide, les musiciens de Capucine en prennent assurément le chemin.
La cohésion du groupe est la condition première. Dressons l’oreille, car nous avons affaire à une meute habile, structurée et organisée, qui ne tombe pas dans les pièges grossiers, économise sa salive, son souffle, son mouvement et progresse sournoisement, implacablement. Les adeptes de la volubilité et du jeu irréfléchi devraient en prendre de la graine. Gare à ces jeunes loups, dont le goût s’affine et l’appétit grandit, qui ont déjà ravi la vedette aux vieux loups solitaires et s’apprêtent à détrôner les mâles dominants.
Malgré tout le respect qu’ils portent aux anciens, envers lesquels ils reconnaissent qu’ils ont une dette sacrée (ils en ont repris les codes d’honneur et les tics de langage musical, ils ont aussi assimilé les signes de ralliement, ayant dès le départ prêté allégeance à la race des jazzmen pour mieux en phagocyter l’âme et le swing, ils se sont dernièrement ralliés à la tribu des hard-boppers…), ils s’attaquent désormais à Wes Montgomery comme à Freddie Hubbard.
Ils s’approprient avec audace des territoires longtemps considérés comme des chasses gardées, gravissent des pentes harmoniques réputées casse-gueule, et poussent leurs hurlements toujours plus fort et plus loin, se calmant parfois pour hululer une ballade langoureuse. On se dit qu’ils ne seraient pas mécontents de pousser à l’exil les musiciens vivants moins intrépides ni même de reléguer aux oubliettes les symboles mythiques d’un passé glorieux. Méfiez-vous, se sont-ils déguisés en Freddie Hubbard 5tet pour mieux vous croquer ? En tout cas, le charme opère, et on se laisse volontiers dévorer par une passion commune.

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 La Jam, ils se reconnaîtrons !

Retrouvons-les donc le jeudi 01/12/2016 au Starfish Pub, 24 Rue Sainte Colombe à Bordeaux, de 21h à 1h du matin, pour un tribute à Julian « Cannonball » Adderley, avec en invité spécial,  le saxophoniste  Jonathan Bergeron.

Par Ivan Denis Cormier, photos Dom Imonk

http://capucinequartet.wix.com/jazz

http://www.starfishbordeaux.fr

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