Capucine au festival « Jazz et Garonne » de Marmande

Le 6 octobre 2017 au 180 à Sainte-Bazeille, chronique de Fatiha Berrak, Photos de Thierry Dubuc

Thomas Gaucher – guitare,

Félix Robin – vibraphone,

Louis Laville – contrebasse,

Thomas Galvan – batterie

 

Ah ! Quel plaisir de nous retrouver de nouveau pour le festival « Jazz et Garonne » et quelle chance d’avoir près de Bordeaux des voisins amoureux fous de musique pour nous ouvrir leurs portes en cette saison. C’est bon cette lueur flamboyante qui danse dans les yeux de nos hôtes et toute l’harmonie qui va avec, pour faire en sorte que chacun se sente parfaitement bien, j’allais dire, « simplement » malgré le travail d’organisation que cela représente, pour les maîtres de cérémonies.

Eric Séva, magnifique musicien et Myriam Esparcia, sa charmante manager, nous accueillent ce soir à la médiathèque de Marmande, pour l’inauguration de l’exposition de photos du collectif « Blue Box » créé par Alain Pelletier, Thierry Dubuc et Philippe Marzat, qui se tiendra jusqu’au 15 Octobre prochain, date de la fin de la 7eme édition du festival.

À noter également, la sortie du nouvel album d’Eric Séva « BODY AND BLUES » à écouter absolument!.

Après quoi nous nous sommes tous rendus au  « 180 » à Sainte-Bazeille, c’est une vieille bâtisse rénovée vaste et cosy à la fois. Sandrine et Eric, le jeune et sympathique couple de créateurs de ce lieu, nous reçoivent à l’heure du dîner, d’ailleurs bon nombre de spectateurs se régalent déjà … Avant d’apprécier le décor original,  nous sommes immédiatement attirés par la grande et belle scène placée au fond de la salle. Il y a aussi les habitués de ces rendez-vous musicaux et des découvreurs heureux et pour cause, ce soir est consacré au talent incontestable du groupe bordelais « Capucine » lauréat du dernier tremplin Action Jazz.

Et bien justement, les voilà installés prêts à entamer avec enthousiasme et sérénité les belles compositions de Thomas Gaucher, entrecroisées de quelques standards. Tissés avec finesse et soin, sur un sillage particulier de crescendo bien dosé, l’accent musical épuré de Capucine s’exprime avec diverses influences mais tend vers le modern jazz.

D’abord, il y a « Eva » de Tim Green qui vous emporte sans vous le demander, dans le mouvement d’une vie trépidante et puis il y a « le chemin des barres » en hommage au grand-père de Thomas, qui débute en rythme lent de l’enfance, puis s’éclaire et s’anime, les notes dorées de guitare s’envolent avec vigueur et se voient cernées par celles du vibraphone, jongleur cristallin et pétillant, soutenus avec élégance par la contrebasse et la batterie en charpente fine et élancée.

Évidemment, tout le monde ici y trouve son compte en bonheur ! Il y a aussi et entre autres jolis moments, « Rosetta » Ah! Lorsque la muse est là tout va! Qu’elle soit vêtue de jean ou de taffetas, de velours ou de soie, tout ce qui compte, c’est qu’elle soit là, sous le lamé, le satin ou le lin, tant mieux parce que ce qu’elle préfère, ce sont les rivières de notes qui l’enveloppent à sa manière. Il y a encore « Casa Pino », l’instant gourmand, souvenir d’un resto sympa désormais fermé.

Sur un air quelque peu nostalgique du bon temps passé, presque plongé dans un film en noir et blanc, voici les bons jours retrouvés, où la joie danse entre plats et les couverts. Le goût des notes papillaires est sucré et léger, lorsque vient le café chaud qui s’excite dans sa tasse aux couleurs d’une Afrique rayonnante sans bracelets ! Une chose est certaine, c’est que ce soir Capucine nous a régalés !

Chroniques Marciennes 3.15

Chapiteau de Marciac le 09 Aout 2017, Chronique Fatiha Berrak photos Thierry Dubuc

Wynton Marsalis Septet, invite Naseer Shamma

 

Wynton Marsalis : trompette

Naseer Shamma : oud

Walter Blanding : saxophone

Jeffery Miller : trombone

Immanuel Wilkins : saxophone

Dan Nimmer : piano

Carlos Henriquez : contrebasse

Ali Jackson : batterie

 

Il n’y a que Wynton Marsalis pour s’affranchir de toutes les réticences, et oser se lancer dans une telle expérience ! A-t-on encore besoin de le présenter ? Parrain du festival et personnalité « phare » de Jazz In Marciac à l’aura internationale. Ce soir son invité est Naseer Shamma, d’origine irakienne. C’est lors d’une cérémonie qu’Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO, l’a nommé « Artiste de l’UNESCO pour la paix », le 23 février 2017. Naseer Shamma prête son talent pour des collaborations scéniques, des bandes-son de films, des pièces de théâtre et des feuilletons. Installé en Egypte, il a fondé et dirige une école de musique prestigieuse, Bayt al ûd (la Maison du luth).

Les deux artistes font se côtoyer et rimer cet instrument qui a vu le jour il y a plus de quatre mille ans avec les cuivres et cordes plus récents. La trompette et le oud semblent aux antipodes l’un de l’autre. Les sonorités de la trompette sont souvent légères et lumineuses. Alors que celles du oud, sont habitées la plupart du temps par une indescriptible profondeur, teintée de nostalgie et peut-être même d’un soupçon de mystère ancestral.

Il y a un ajustement habile, une lumière intermédiaire, entre l’aube et le crépuscule. Cet ajustement, précisément apporté par le jeu du oud à la façon d’une guitare ou parfois d’un banjo, un curieux pont au design arabo – new orléanais, qui interpelle l’oeil de notre oreille tel un impromptu. C’est le jazz qui crée de nouveaux reliefs, de nouveaux visages. Ces nouveaux reliefs qui se suspendent aux murs d’un univers jazz et que l’on peut regarder, tel un tableau original fantaisiste ou encore telle une fenêtre ouverte, à l’aube d’un nouveau jour musical.

En fin de concert, Gregory Porter nous a fait la surprise de se joindre au septet

 

Chroniques Marciennes 3.13

Chapiteau de Marciac le 5 août 2017, Chronique de Fatiha Berrak, photos de Thierry Dubuc

 

Carte Blanche à Henri Texier

 

Henri Texier : contrebasse

Airelle Besson : trompette

Sébastien Texier : saxos

François Corneloup : saxo baryton

Jocelyn Mienniel : flûte

Manu Codjia : guitare

Louis Moutin : batterie

Manu Katché : batterie

Henri Texier est le grand chef autour duquel se tient une belle assemblée. La « French All Stars », où chacun apporte l’élément essentiel de sa touche personnelle. Sur une trame musicale tissée tout au long de cette soirée, tel un bijou orchestral, incrusté de perles auditives. Nous sommes dans le registre d’un hommage dédié aux peuples des grandes plaines et des grands espaces amérindiens. Notamment avec un très beau titre parmi d’autres, « Sand Woman ». Les Sioux, les Comanches sont évoqués.

Manu Katché est l’invité spécial d’Henri Texier, il se tient sur sa monture or et feu qu’il cingle de ses houssines de maestro. Du Solo aux duos éclatants avec son compagnon de chevauchée Louis Moutin.

Airelle Besson, François Corneloup et Sébastien Texier, cuivrent et colorent le paysage sauvage et gracieux sur un nuancé de vert et de bleu. Manu Codjia illumine le ciel aux rayons de sa guitare

et la flûte de Jocelyn Mienniel, élève le chant des oiseaux et leur attribue des ailes, comme autant de messages au-dessus des nuages …

Il y a aussi cet hommage dédié à un ami disparu avec le titre « Sunshine ». Si vous avez manqué ce voyage, dites-vous qu’il était quasi chamanique.

Alors que Henri Texier décoche les plus belles flèches de son carquois, Manu Katché et Manu Codjia font résonner sur terre, la ruée de sabots de bisons encore libres en ces lieux. Ils sont conduits par les parfums du printemps, puis de toutes les saisons qui se jouent dans la joie aux confins de ces plaines encore vierges de la moindre idée, celle qui sème convoitise et haine, ici comme ailleurs. Que cessent les pleurs afin qu’éclosent toutes fleurs.

Chroniques Marciennes 3.9

Dhafer Youssef  « Diwan of Beauty and Odd »

Chapiteau de Marciac, le 2 août 2017. Chronique de Fatiha Berrak, photos de Thierry Dubuc

Dhafer Youssef : oud et voix

Aaron Parks : piano

Matt Brewer : basse

Ferenc Nemeth : batterie

 

C’est un rendez-vous que l’on ne peut manquer, avec Dhafer Youssef. La clémence et la sérénité nous reçoivent d’abord avec des sonorités arabo-andalouses avant une pluie fraîche dispensée par un piano, piano …!

Sous le chapiteau un grand calme prend possession de l’atmosphère. Dehors, le soleil décline et semble vouloir nous faire don de ses ultimes rayons, comme autant de relais pour le reste de notre soirée. ‘’ Diwan Of Beauty And Odd’’ est le nom du dernier album sorti en septembre 2016 dans lequel a participé le pianiste, Aaron Parks, l’un des complices de jeu ce soir. Dhafer Youssef reste fidèle à ses sources d’inspiration et particulièrement, aux vers poétiques du mythique soufi, Al-Akhtal né au septième siècle à Damas. Un concentré philosophique destiné à l’ouverture d’esprit et à l’élévation dans tous ses degrés, tel le nuancier des parfaits contraires, bref, un rameau d’olivier  …

Le compositeur a cette spécificité, de s’approcher tour à tour de chacun de ses musiciens comme pour communier ou alimenter les braises d’un encens rare à l’ombre d’un sourire constant.

Au fur et à mesure que les titres s’égrainent, ils apparaissent plus accès sur un voyage autour du monde, plus instrumentaux que lors de ses albums précédents, mais toujours ponctués d’éclaircies vocales ascensionnelles vertigineuses. L’alternance entre douceur et énergie débordante à l’image de la rencontre et du croisement des êtres humains. Il y a ces instants magnifiques où le Oud converse avec le piano, suivi d’une délicate discrétion de la basse et de la batterie qui laissent penser, « que se taisent les mots, pour ne céder place qu’à l’écoute seule de la beauté …»

 

Chroniques Marciennes 3.7

Chapiteau de Marciac, le 1er Aout 2017, chronique de Fatiha Berrak, photos de Thierry Dubuc

George Benson

George Benson : guitare

David Garfield : piano et clavier

Michael O’Neill : guitare et voix

Thom Hall : clavier

Stanley Banks : basse

Khari Parker : batterie

Lilliana de Los Reyes : percussions et voix

Depuis l’enregistrement de son premier disque à l’âge de 8 ans sous le nom de Little George Benson avec deux titres  « She makes me mad » et « it Should have been me », l’enfant de Pittsburgh (Pennsylvanie) va prendre le train de sa vie à l’heure. Son premier album voit le jour en 1964.

Sa carrière solo débute en 1965 et très vite son talent est remarqué. Deux ans plus tard son nom figure sur l’album « Miles in the Sky ». Sa carrière déploie réellement ses ailes, lors de la deuxième moitié des années 70, dans la forme musicale ‘’Jazz-Funk Westcoast’’ avec l’album « Breezin’ » puis avec  « In The Flight » qui symbolise son jeu de guitare et chant de notes, simultanément improvisés dans un phrasé jazz et rythme funk.

Le zénith de sa carrière a pour nom « Give Me The Night » réalisé par Quincy Jones en 1980. Un album précieux pour cette génération qui m’inclut. En ce temps là, dès que tout mon cher petit monde avait quitté les lieux, je poussais les quelques meubles du séjour et comme par magie, la piste sous mes pieds s’éclairait, le 33 tours ouvrait ses portes pour des instants d’expressions déchainées les bras ouverts ou repliés tourbillonnaient, l’espace déserté m’appartenait ! Ce souvenir personnel me revient comme sans doute, pour tant d’autres fans cette nuit.

J’avais alors 17 ans. Ma grande surprise c’est de constater lors de ce concert, plusieurs générations de 17 ans, avec les mêmes étincelles au fond des yeux, avec le même bonheur partagé dans le coeur.

Dès le début du show, tout le monde a remarqué la présence d’une très belle jeune femme, Lilliana de Los Reyes. C’est un petit bijoux de percussionniste, doublé d’une voix magnifique qui se rapproche de celle de Joss Stone et pour couronner le tout, Lilliana est parée d’une plastique « bombèsque ». Décidément, George Benson sait toujours parfaitement s’entourer.

Monsieur George Benson traverse les ans en beauté et en générosité à l’image du concert de ce soir avec une énergie étonnante.

Chroniques Marciennes 3.4

Chapiteau de Marciac 30 Juillet 2017  Chronique : Fatiha Berrak, photos : Thierry Dubuc 

 

Nico Wayne Toussaint Big Band

Nico Wayne Toussaint : harmonica, voix

Pascal Drapeau : trompette

Sebastien Iep Arruti : trombone

Jean-Pierre Legout : Keyboard, voix

Michel Foizon : guitare, voix

Antoine Perrut : basse, voix

Romain Gratalon : batterie

Cyril Dumeaux : saxophone ténor

 

Ah quelle soirée mes amis … ! Une de celles dont on se souviendra longtemps.

Ce soir, le chapiteau est plus que jamais semblable à une fourmilière particulièrement agitée. Vous savez celle où règne cette forme de jubilation, avant l’événement dont on pressent quelque chose de singulier.

Sur les écrans du vaste chapiteau, défilent des images du festival dans tous ses états et commentées par une voix grave à l’accent rocailleux et caractéristique du terroir, sans parler de ses intonations typiques qui viennent éclairer d’un sourire certains minois, pareils aux tournesols alentours.

Il est 21 heures, lorsque les musiciens gagnent leur places dans l’obscurité avant d’allumer un brasier blues, ce brasier va immédiatement attirer un félin fou qui va s’y jeter, comme on plonge dans la vague immense. C’est Nico Wayne Toussaint qui surgit les bras grands ouverts vers son public comme pour l’enlacer en totalité et absorber son énergie et dispenser la sienne en échange équitable et chaleureux dans cet espace captivé.

C’est d’abord par un hommage vibrant rendu à James Cotton qui était l’harmonisiste de Muddy Waters et pour qui Nico Wayne Toussaint voue une grande admiration. C’est dans ce passé pas si lointain oh combien riche en événements chargés de larmes et de sang, mais d’espoir aussi, dont le ‘’présent » est cet héritage musical si vivant qu’est le blues qui porte en lui les stigmates aujourd’hui transcendées, comme autant de forces, de dignité et n’ayons pas peur des mots, autant d’amour par dessus tout.

Ici et maintenant celui qui le chante, le danse et le respire par tous les pores de sa peau, célèbre sa mémoire tel un trait d’union, un digne relais.

Un rythme dont l’esprit reflète toutes les couleurs de peau, le blues est bien l’héritage humain qui se chante et se danse dans toutes les langues dites libres ou en devenir de « l’être ».

Nico Wayne Toussaint possède un tempérament de feu. Après son triomphe de l’an dernier à l’Astrada avec son quintet, le « Get Booster Tour » aux couleurs blues funk, entouré de magnifiques musiciens, il revient pour cette édition 2017 avec une formation riche de trois nouveaux membres avec Pascal Drapeau, Sébastien Iep Arruti et Cyril Dumeaux.

Sur scène Nico Wayne Toussaint trépigne, sautille, et bondit. Il alterne librement tour à tour au rythme de son harmonica, les directs droites gauches, les l’uppercuts et les crochets fusent, mais également avec les caresses sensuelles et enivrantes. Le public ne tient plus en place, la salle est surchauffée et tout le monde est debout pour lui faire une haie d’honneur, lorsque l’artiste sillonne les artères d’une salle grisée et gorgée d’enthousiasme.

 

 

Dee Dee Bridgewater « Memphis Project »

Dee Dee Bridgewater : voix

Marc Franklin : trompette

Arthur Edmaiston : saxophone

Dell Smith : piano, orgue

Charlton Johnson : guitare

Barry Campbell : basse

James Sexton : batterie

Sharisse Norman : voix

Shontelle Norman-Beatty : voix

 

Une histoire d’amour évidente entre Madame Dee Dee Bridgewater et le public de Marciac, peut-être ! Mais, ce qu’il y a de certain c’est que ce soir, nous sommes tous véritablement impressionnés par l’indéniable charisme, le talent mais en plus, il y a autre chose de naturel chez elle, c’est cette incroyable classe et cette générosité. Au-delà de cela un mot me revient sans cesse à l’esprit tout au long de cette soirée en sa compagnie. Ce mot est ‘’jeunesse’’, bien entendu je parle non seulement de son aspect extérieur, mais surtout et avant tout de ce qui émane d’elle et qui véritablement rayonne tout autour.

Est-ce une grande part de ce blues dans lequel elle nous plonge plus particulièrement ce soir et qui surgit avec puissance ? Dans l’évocation de l’histoire américaine et son exhortation à toujours veiller sur l’aspect humain de l’être.

Dee Dee Bridgewater s’exprime dans un français parfait et va tout au long déployer une énergie communicative colossale elle semble clairement heureuse d’être de retour à Marciac. Elle présente son nouvel album « Memphis Project» sur lequel elle reprend des titres phares issus de la soul music, sa voix est puissante et percutante. La lady chante et danse ‘’Rock Me Baby ‘’.

Sous le chapiteau il y a peu de place pour danser mais certaines personnes n’ont pu résister longtemps et se défoulent avec bonheur. Le public est sous le charme de tous ses envoûtements. Lorsque le titre « Purple Rain » retenti des myriades de lumières se font jour en rythme dans l’obscurité.

Mais la fin du spectacle arrive à grands pas même si personne ne veut partir malgré plusieurs rappels auxquels madame Dee Dee Bridgewater à répondu avec un grand panache … Bravo bravo bravo !!!

Yilian Cañizares « Invocatión » #7 Jazz à Oloron

Chronique de Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

Le 30 juin 2017, salle Jéliote à Oloron Sainte Marie

Le magazine Les Inrockuptibles parle d’une « orchestration jazz mêlée de percussions empruntées aux rituels yoruba. » Elle chante en espagnol, en yoruba et en français et l’une de ses particularités est de chanter et de jouer du violon en même temps.

Yilian Cañizares (violon chant),

Daniel Stawinski (piano),

David Brito (contrebasse),

Cyril Regame (batterie),

Inor Sotolongo (percussion)

Décidément c’est un jour d’automne en été !

Heureusement la vraie saison nous attend à l’intérieur de la salle Jéliote. Encore tout recroquevillés et amassés devant la porte d’entrée sous les pépins dégoulinants, qu’à cela ne tienne, ça ne se prolongera pas trop longtemps.

Ouff ! Autant vous dire que Yilian Cañizares et son aura de bon génie était ardemment attendue et pour cause !

Enfin, c’est l’entrée des artistes, d’abord celle de David Brito à la contrebasse, il s’échappe seul  paisiblement dans la pénombre et dispense ses premières notes aux 400 paires d’oreilles avides de sonorités calientes. Il est peu à peu suivi par Inor Sotolongo, Cyril Regame, Daniel Stawinski et enfin la belle violoniste chanteuse suisse, d’origine Cubaine.

Yilian Cañizares va de par son savoir faire nous captiver dans un tourbillon mêlant la parole au chant et le jeu du violon à la danse, le tout sous le drapeau de l’amour qu’elle cueille et brandit sur son chemin. Lorsque la soirée se termine tout le publique reconnaissant lui offre un tonnerre d’applaudissements et des bravos à tous vents !

Sa discographie :

Ochumare Quartet

•2009 – Caminos

•2011 – Somos Ochumare

Yilian Cañizares

•2013 – Ochumare, Naïve Records

•2015 – Invocación, Naïve Records

Toutes les photos sur : http://thierrydubucphotographe.zenfolio.com/p835734039

Yaron Herman dix ans plus tard #6 Jazz à Oloron

Chronique Fatiha Berrak, Photos Thierry Dubuc

Yaron Herman Trio

Le Jeudi 29 Juin 2017 à la salle Jéliote

Yaron Herman, clavier

Ziv Ravitz, batterie, voix

Bastien Burger, basse électrique, clavier, voix

 

Oui il « y » a  déjà dix ans et pour la première fois, le jeune artiste donnait un concert devant le public d’Oloron-Sainte-Marie, qui a su reconnaitre son talent et le reçoit aujourd’hui pour la troisième fois.

Nous voilà devant ce cocktail savoureux savamment dosé, composé d’électro, post-rock et jazz. Avec la sortie de l’album « Y » Le binôme Herman, Ravitz, se voit riche d’un nouveau membre, le bassiste Bastien Burger, qui vient donner un angle supplémentaire et ajouter de la rondeur harmonique au moyen entre autres des vocalises.

Nous sommes peut-être, au bout d’une allée ombragée pour une ballade romantique auréolée de douceur qui se voit éclairée de notes lumineuses, lorsque s’élève derrière les trois musiciens, une brume passagère telle un pont suggérant le contraste.

Il y a aussi le titre « Jacob » thème  d’abord électro, puis plus évanescent, qui laisse s’entrouvrir des fenêtres par où des chants ethniques lointains nous parviennent comme une mémoire intact, quant au piano, il laisse s’échapper ses mots tels des vagues venues couvrir et enfin tout emporter dans son courant.

Les maitres du jeu ce soir, nous livrent également des sonorités évoquant les esprits d’une Afrique victorieuse au coeur battant fort, suivi de ses chauds frissons sous les doigts de Yaron Herman.

Sans parler de ce même piano qui joue à tourner les pages du temps calmement, afin de le voir défiler avec ses peines et ses joies. Dans ce tableau où rien n’est tout noir ni tout blanc et où osent s’aventurer des larmes de couleurs aux allures d’aurores boréales.

Il y a aussi ce solo de batterie totalement fou ! Qui nous laisse assis et encore cet autre moment, plus jazz électro qui brusquement cède au silence et aux voix teintées d’une certaine spiritualité sculptée sur notes, qui toujours erre sans jamais dériver …

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin !  C’est après deux ovations que se retrouvent  Yaron Herman et Ziv Ravitz pour un face à face autour du piano, l’un est à sa place l’autre, tête et main plongées dans l’antre de la grande boite à musique pour en extraire les dernières singulières percutions.

 

Patricia Barber incontournable # 5 Jazz à Oloron

Dimanche 25 juin 21h00, salle Jéliote

Chronique de Dominique Legeay, photos de Thierry Dubuc

Patricia Barber, piano, vocal
Patrick Mulcahy, contrebasse
Jon Deitemeyer, batterie

 

La salle Jéliote était complète pour écouter une référence, un must, une authentique chanteuse de jazz. Devant un public qui lui était acquis dès les premières mesures elle a avec métier et décontraction fournit une prestation conforme aux attentes de ses admirateurs.

Assise devant un piano sans abattant, elle a démontré son sa maîtrise dans l’interprétation des grands standards du jazz mais aussi son talent de compositrice de chansons vives et intelligentes dans des climats envoûtants.

Le Luxembourg à l’heure du trio # 4 Jazz à Oloron

Dimanche 25 juin 21h00, salle Jéliote

Chronique de Dominique Legeay, photos de Thierry Dubuc

Michel Reis, piano
Marc Demuth, contrebasse
Paul Wiltgen, batterie

 

RDW ce n’est pas le nom d’un robot musicien mais l’acronyme de Reis, Demuth, Wiltgen un trio, piano, contrebasse, batterie, venu du Grand Duché pour présenter aux festivaliers du piémont pyrénéen leur conception et leur approche musicale de cet art particulier en jazz. Leurs compositions sont mélodiques, bien structurées, conformes à l’exigence de l’exercice. Ils alternent des thèmes rythmés et balades avec aisance.

Concernant le rythme justement, la pulsation apportée par Paul Wiltgen est vitale c’est le pilier de la formation.

Michel Reis au piano excelle dans les balades, on peut juste regretter qu’il n’aille pas plus avant dans ses improvisations entrainant ainsi un Marc Demuth discret à la contrebasse.

L’ensemble est agréable à l’écoute et sur la fin de la prestation ce trio a su se libérer provoquant deux rappels des nombreux spectateurs présents, à suivre…