Encore un cran au dessus pour le Tom Ibarra group

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Le Comptoir Ephémère, Bordeaux le vendredi 13 octobre 2017.

Il y a quelques semaines dans ce blog nous vous avions présenté le nouveau Tom Ibarra Group à l’occasion de l’enregistrement de son album au studio Cryogène de Bègles. L’album annoncé pour janvier a désormais un nom « Sparkling » et au vu du concert ça va faire des étincelles !

Le premier concert du groupe a eu lieu la semaine dernière au Sunset à Paris où la jauge du lieu a été dépassée avec un grand succès à la clef. Et oui, les cinq musiciens sont désormais basés à la capitale et nous étions heureux de les retrouver chez nous ; les anciens (!) Tom Ibarra (g) et Pierre Lucbert (dr) et les nouveaux Jeff Mercadié (st), Antoine Vidal (b) et Auxane Cartigny (kb).

A Action Jazz on connaît par cœur Tom Ibarra du moins le croyait-on car ce soir au Comptoir Ephémère c’est une découverte que nous allons faire ; découverte d’un son nouveau du groupe, d’un répertoire original et de merveilleux musiciens.

Les fidèles sont là ainsi que Jean-Marie Morin et Christophe de Miras les précédents musiciens du groupe et ça ça fait très plaisir.

Le changement le plus visible c’est la présence d’un sax ténor aux mains et aux lèvres du formidable Jeff Mercadié ;

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avec son look d’enfer chemise à fleurs et casquette il va nous éclabousser de son talent dès le début du set. Un son et un timbre très propres, une belle volubilité, de la puissance, c’est un vrai sax hero. Tom Ibarra tenait à cela, il souhaitait être moins présent, partager le devant de la scène avec un autre instrument, démarche peu égoïste, la preuve qu’il a bien la tête sur les épaules. Toujours aussi surprenant à la guitare mais sans démonstration démesurée, il a encore progressé ; où s’arrêtera t-il ?

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Ainsi les titres laissent souvent place à un dialogue où la complémentarité des instruments donne de l’épaisseur à la musique déjà bourrée d’énergie. Ces titres nouveaux ils vont sur scène les faire vivre encore davantage laissant aller les développements beaucoup plus loin ; sur des mélodies bien ficelées les montées en tension fiévreuses sont caractéristiques et vous embarquent très loin.

Dialogue certes mais aussi une présence très forte des claviers avec un Auxane Cartigny incroyable ; synthé, piano, machines électros ajoutent encore une autre dimension aux créations originales de Tom. Le son est ainsi très dense comme dans cette montée en puissance lors de l’avant dernier titre.

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Guillaume Thévenin du studio Cryogène qui a été leur ingénieur du son lors de l’enregistrement me confiait récemment qu’il n’avait jamais vu de jeunes musiciens aussi déterminés, aussi exigeants avec eux-même et aussi riches d’idées. Un plaisir de travailler avec des pros de cette trempe.

Et la rythmique ? On connaît Pierre Lucbert et son drumming implacable, c’est notre Billy Cobham avec presque autant de fûts et de cymbales que lui mais surtout avec sa polyrythmie, son groove et sa pulsation. Il est drôlement à son aise dans cette nouvelle formule.

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Avec lui Antoine Vidal avec seulement ses quatre cordes consolide la charpente rythmique d’une façon plus qu’efficace ; il faut de temps en temps se concentrer sur son jeu pour entendre qu’il n’est pas là seulement en soutien mais que sa présence est fondamentale ; chorus magnifiquement enflammé à la clé en plus !

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Mais il y a vraiment une chose à signaler, c’est la bonne entente et la bonne humeur des musiciens, il faut les voir, excusez moi mais c’est la seule expression qui me vient, se fendre la gueule sur scène ! Un plaisir que partage le public dont les acclamations n’attendent pas la fin des titres ou des chorus mais se manifestent spontanément lors des moments de grande intensité musicale et il y en a beaucoup !

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Dans le final avec le titre « Sparkling » ce sont effectivement des étincelles qui vont jaillir et enflammer la mèche de kilos de TNT. La structure du Comptoir a résisté mais de justesse !

Le Tom Ibarra group c’était déjà quelque chose mais là plusieurs marches ont été franchies. Pour ceux qui les ont ratés et ceux qui veulent les revoir ils seront au festival Jazz à Caudéran, dont Action Jazz va bientôt vous parler en détail, le jeudi 9 novembre prochain avec le New Affinity Quartet en première partie où officie Philippe Valentine le prof de batterie de Pierre Lucbert !

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Le nouveau Tom Ibarra Group en studio.

https://www.tomibarra.com/

 

Poussez-vous, voilà l’Apollo All Star Band !

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

 L’Apollo Bar, Bordeaux le 11 octobre 2017.

Les rendez-vous mensuels de l’Apollo pour les cartes blanches à Roger Biwandu font partie des passages obligés. Variés, du trio aux presque big bands, du rock au jazz en passant par la soul ou le hip hop, avec les musiciens du coin ou des surprises comme Camélia Ben Naceur, Christophe Cravero, John Beasley, Patrick Bebey et d’autres, ils sont une source de plaisir sans arrêt renouvelée. On y retrouve les habitués du lieu, concert ou pas, les fidèles des cartes blanches, les amis, les potes, des musiciens beaucoup de monde toujours.

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Pour les rater il faut vraiment vivre en ermite car Roger Biwandu inonde les réseaux sociaux des semaines avant avec un teasing toujours alléchant. Autre avantage les couche tôt peuvent venir car à 22 heures pétantes la musique s’arrête, pas les tireuses de bière par contre. Bon d’accord c’est un peu frustrant mais deux heures de musique surtout avec l’engagement des musiciens c’est très correct, surtout pour le prix du billet d’entrée ; il n’y en a pas, c’est gratuit mais il est de bon ton de – bien – consommer. Derrière le bar Caro et son équipe turbinent dans un mouvement brownien – Robert pas James – permanent. Alors on s’accommode de l’étroitesse du lieu, du côté boîte de sardines – non ils ne la chantent jamais – du boucan ambiant car l’ambiance est toujours festive et cool même si parfois, souvent, toujours, c’est hot.

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D’ailleurs ça fait vingt ans que ça dure cette histoire ce n’est donc pas par hasard. Vingt ans que Roger le chef spirituel de l’endroit y use ses peaux et ses baguettes au seul motif de nous régaler et de se régaler lui aussi. Depuis six ans que je fréquente l’endroit je n’ai pas raté beaucoup de mercredis soir mais je regrette les quatorze années précédentes passées souvent devant la télé…

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Hier soir le programme était le suivant : de la soul, du funk, du jazz, du R & B (Rythm’n Blues c’est trop compliqué à écrire) avec l’Apollo All Star Band. Avant de déclencher une polémique du genre : All Star Band  mais pour qui ils se prennent… précisons que c’est du second degré appelé aussi humour, celui d’une bande de potes qui jouent ensemble pour la grande majorité depuis des années et ne s’en lasse pas ; ça s’entend. Mais attention ça rigole pas pour autant question qualité musicale, le boss veille. Le tromboniste du soir, un Basque, dont je garderai l’anonymat car il craint son patron, me dit que quand on joue avec Roger il faut s’y jeter à fond, pas le choix il faut y aller. Ah bon c’est pour ça que tu as tout explosé ce soir ! Mais il n’a pas été le seul, nous avions devant nous une bande de fous furieux échappés de l’asile, Attila et sa bande qui brûlent tout sur leur passage.

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Le premier à en faire les frais a été le « Chicken » – rendu célèbre par Jaco Pastorius – qu’ils ont saigné, plumé et vidé pendant dix minutes. Ils ont ensuite envoyé du bois sur « Knock on Wood » de Floyd, pas Pink trop soft mais Eddie, avec des cuivres flamboyants.

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Avec eux pas besoin d’aller chez le docteur comme ils vont nous le rappeler avec « I Don’t Need no Doctor » de Ray Charles ; sacrée version chantée et guitarisée par Dave Blenkhorn. Suivront des titres de Stevie Wonder – non, la série s’arrête là,  pas de Gilbert Montagné au programme – des Brecker Brothers avec « Inside Out » vous savez l’ancien générique de Jazz à Fip. Au fait avez-vous signé la pétition pour la sauvegarde des locales de FIP notamment  celle de Bordeaux/Arcachon. FIP c’est la musique qu’on aime mais presque surtout les annonces des concerts et événements locaux que l’on fréquente ; plus de locales plus d’annonces ! Plus d’annonces plus événements… (lien en bas de page).

Il y aura même le légendaire « Moanin’ » d’Art Blakey, dont c’est l’anniversaire – mais depuis le 16 octobre 1990 il ne peut plus venir – introduit magnifiquement à l’harmonium, pardon à l’orgue par Hervé Saint-Guirons ; et oui à force que Roger l’appelle le Révérend on finit par se tromper.

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On rencontrera « Mustang Sally » qui ne raconte pas l’histoire d’une Ford pas très propre comme certains le croient encore, plein d’autres choses et un final participatif – oui c’est la grande mode en ce moment – avec « What’d I Say ». Éclectique, magnifique.

Citons la section de cuivre exceptionnelle avec de gauche à droite Laurent Agnès (tr) déchaîné,

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Régis Lahontâa (tr) en mode suraigu,

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Sébastien Iep Arruti (tb) tonitruant,

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la section de bois avec Loïc Demeersseman explosif au sax ténor

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et Guillaume Schmidt volubile aux sax alto et baryton ;  raaahh le sax baryton !

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Et oui vous pouvez vérifier, les sax sont des bois, les quelques grammes de roseau de l’anche l’emportent sur plusieurs kilos de cuivre. En bref tout ça c’est des vents, attention je n’ai pas dit du vent ! Super arrangements de la section complète, c’était gigantesque notamment ce passage un peu libre, sinon free.

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Dave Blenkhorn a été nickel au chant et plusieurs fois nous a joué le guitar hero, registre dans lequel on le connaît moins.

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La Leslie d’Hervé Saint-Guirons n’a pas été ménagée mais il lui aurait préféré un vrai ventilateur tant il a donné de sa personne. Il a lui aussi régalé l’Apollo.

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A l’arrière mais comme au rugby, en attaque permanente à l’aile droite un gigantesque Shob à la basse – quel chorus il nous a fait exploser à la figure ! – qui avec, à l’aile gauche, tapi dans l’ombre prêt à bondir, le grand Roger Biwandu à la batterie, je précise pour celui qui ne le saurait pas, ont assuré un – soul – train d’enfer, le boss dirigeant tout le monde de la voix ou par son jeu sans avoir l’air d’y toucher. Un vrai capitaine d’équipe.

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Vous avez peut-être deviné qu’on ne s’est pas ennuyé une seconde hier soir, on a surtout passé un moment extra même si l’acoustique du lieu n’est pas idéale mais on passe là dessus, c’est tellement sympa à l’Apollo de nous accueillir ainsi !

Bon je me calme.

 

PS : Prochaine carte blanche à l’Apollo le mercredi 8 novembre avec Nolwenn Leizour (cb), Mickaël Chevalier (tr), Jean-Christophe Jacques (sax), Hervé Saint-Guirons (e-piano) et bien sûr le boss Roger Biwandu (dr). Et ceux qui croient ne pas aimer le jazz, venez,vous changerez d’avis !

Pétition FIP : https://www.change.org/p/pr%C3%A9servez-et-d%C3%A9veloppez-fip-la-p%C3%A9pite-%C3%A9clectique-de-radio-france

 

La grande classe de Monique Thomas.

A noter une écoute remarquable du publicPar Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Chez Thierry Valette, samedi 7 octobre 2017.

Le chant ne s’improvise pas, il s’apprend et l’idée qu’il est plus simple d’apprendre à maîtriser sa voix qu’un instrument est fausse. Bien chanter demande beaucoup de travail, et chanter devant du public réclame du courage.

Ce samedi nous sommes une bonne cinquantaine à assister à la restitution en public du travail effectué lors du « Jazz Lab », un stage en début d’été animé par Monique Thomas. Thierry Valette, chanteur amateur au sens beau et noble du terme et lui aussi élève de Monique, nous accueille dans sa belle demeure viticole au milieu des vignes. Le public ? Ses amis, ceux des musiciens, des stagiaires, des amis d’amis…

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Six stagiaires vont se succéder servis à merveille par un trio référence, Hervé Saint-Guirons au piano, Timo Metzemakers à la contrebasse et Didier Ottaviani à la batterie.

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Hervé est aux anges, il inaugure le piano Yamaha C3X, celui avec les oreilles arrondies – pas Hervé, le piano – les connaisseurs apprécieront. « Il faut qu’il se libère un peu, se détende mais il est déjà remarquable » me confie t-il. Il va d’ailleurs ce soir procéder à un rodage accéléré.

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Quelques gourmandises salées, quelques verres de l’excellent vin du cru, le Clos Puy-Arnaud et c’est parti pour une soirée de jazz vocal.

Monique Thomas est une personne sensationnelle, en plus de ses qualités musicales et de son grand professionnalisme elle est pleine de fraîcheur et d’humour. Sa présentation du concert en Franglais suite à l’impossibilité de départager ceux qui la souhaitaient en Anglais ou en Français est drôlissime. De quoi détendre moins le public, lui pas inquiet, que les chanteurs et chanteuses qui attendent leur tour.

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Elle explique le travail effectué avec les stagiaires. Recherche des arrangements, répétitions, et enregistrement d’un CD en studio ainsi que le travail de traduction en Français des standards pour en comprendre le sens et les nuances, pas toujours facile même si on maîtrise l’Anglais, la compréhension étant indispensable pour faire passe de l’émotion.

C’est Monique qui place le curseur très haut en chantant les deux premiers standards dont une superbe version de « Love for Sale » scattée en duo avec Timo. Le répertoire tourne autour de standards. Meriem Lacour, chanteuse professionnelle plutôt folk mais qui a suivi ce stage de jazz vocal me précise qu’un des objectifs était en effet la maîtrise de ce langage universel, celui qui permet de se glisser instantanément parmi des musiciens inconnus.

Monique chante avec une facilité apparente, fruit d’un travail intense et constant. Ne prend-elle pas elle-même régulièrement des cours de chants ! Expressivité, nuances, large tessiture elle a vraiment la grande classe. Et ce soir elle a donc aussi une autre classe, celle de ses élèves.

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C’est Caroline Leyrit qui passe au tableau la première avec « Lullaby of Birdland » ; elle a seulement six mois de chant derrière elle et en deux minutes son trac se transforme en une certaine aisance, son corps se libère, devient expressif, prestation étonnante pour une quasi débutante. Monique est ravie, il faut la voir dans son coin le regard plein de bienveillance, murmurant les paroles comme pour aider l’autre.

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Au tour du maître des lieux, Thierry Valette. Lui il a des années de chant derrière lui mais il travaille encore sa voix caractéristique assez haute et un peu voilée. On sent le métier, il commande le trio – impeccable – sur « I Concentrate on You » de Cole Porter.

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Bénédicte Brachet enchaîne ; elle a été une des premières connaissances de Monique Thomas quand l’Américaine est arrivée en France et à Bordeaux, parlant quatre mots de Français. Elle s’est remise au chant récemment et s’est déjà jetée à l’eau plusieurs fois lors des jams vocales au Caillou.

Une autre chanteuse qui avec Thierry Valette tenait un peu la scène dans les années 90 revient au chant, Dominique Mianne-Evrard. On sent en effet le métier qui revient sur « Time after Time » ; elle a choisi un titre pas facile, le second le sera encore moins, pour se mettre en danger et se forcer à progresser !

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Autre habitué des jams vocales , l’anglais Bill Walters qui reprend avec élégance « Hey Laura » de Gregory Porter. Évidemment pour lui pas de problème de langue, un obstacle de moins que les autres pour ce crooner.

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Meriem Lacour seulement accompagnée par Hervé Saint-Guirons nous livre quasi a cappella un « I fall in love too easily » de toute beauté, une prise de risque maximum avec un arrangement on ne peut plus dépouillé.

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Un premier set remarquable ponctué par Monique Thomas avec « Teach me Tonight » ; vraiment la grande classe. Quant au trio de l’avis des musiciens c’est pour eux une autoroute sur laquelle ils avancent en toute confiance. A noter en plus une écoute remarquable du public.

Autour d’un verre et de quelques parts de tartes on reprend ses esprits. Pas facile l’exercice auquel on vient d’assister pour chaque chanteur, pas le temps de se chauffer la voix, de déstresser, un moment vraiment pas aisé pour eux.

Au second set chacun refera un titre dont un seul en Français chanté par Bénédicte, le très émouvant « Petite Fleur » sur la musique de Sidney Bechet , « The Best is Yet to Come » comme une promesse de Bill Walters, « I didn’t know what time it was » avec Meriem, et « The Second Time Around » titre bien nommé, Caroline devant s’y reprendre à deux fois dans la bonne humeur générale…

Final avec Monique et Thierry sous forme assez rapidement de questions réponses, la première amenant malicieusement le second vers des sphères haut perchées impossibles dans un éclat de rire général.

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Alors si vous voulez vous aussi connaître le bonheur de chanter, le trac qui émoustille, la joie d’être avec d’excellents musiciens contactez Monique Thomas dans son école de Bègles « Vocal Arts Studio ».

Merci Thierry pour l’accueil de grande qualité !

www.vocalarts-studio.com

C’est la rentrée à la Belle Lurette : Bercy/Dubois/Lubat et du slam !

Texte et photos Philippe Desmond.

La Belle Lurette, Saint Macaire le 8 octobre 2017.

C’est la rentrée du Collectif Caravan à la Belle Lurette de Saint-Macaire. Toujours plein d’idées il a concocté un programme révolutionnaire pour ce dimanche avec la célébration des 100 ans d’octobre 1917, la révolution russe. Quelqu’un arbore même un magnifique sweat CCCP. Autour de Thomas Bercy (p) et Jonathan Hédeline (cb) et puisqu’on évoque la révolution on ne pouvait pas se passer de Bernard Lubat, cette fois à la batterie. Au sax Julien Dubois pour son esprit d’avant-garde et originalité du jour, le slameur Marco Codjia qui anime les sessions slam du Quartier Libre à Bordeaux.

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Avant le concert octobre 1917 ce dernier nous explique un peu l’origine du slam, cette poésie libre, ouverte à tous, que l’on scande -ou pas – qui fait l’objet de tournois, de compétitions si l’on peut dire sur toute la planète. Ne pas confondre avec le rap ou le hip-hop. Marco est slameur et surtout auteur. Il va nous slamer avec un flow impressionnant un poème de sa composition « L’homme crocodile » une allitération de mots en « cr » pleine de rythme mais aussi de sens. De la haute voltige.

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Après l’intervention d’une slameuse avec un texte très noir sur Bordeaux qui donnerait presque envie de quitter la ville place au musiciens que Marco va accompagner pour ce qu’on appelle une performance.

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Sur deux longues suites dont un hommage à Coltrane, l’apport du slam sur la musique, un jazz très libre pour ne pas dire free, va apporter une touche inattendue et vraiment intéressante.

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Textes engagés, musique d’avant-garde, c’est ça le jazz, on l’a déjà dit, le renouveau permanent.

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Développements libres de Julien Dubois au sax alto, rythmique nerveuse de Bernard Lubat à la batterie assouplis par la rondeur de la contrebasse et les nappes aux claviers.

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Sur la terrasse comble, les gens ayant annexé une partie du parking, une fois la surprise passée on apprécie. Il faut dire que le public fidèle à ces après-midis de jazz est ici friand de découvertes. Ce lieu pour ça est admirable et insolite.

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A l’intérieur de la Belle Lurette une expo photos de Kami intitulée « About men and politics » accrochée jusqu’au 30 décembre et consacrée aux manifs souligne l’esprit engagé et citoyen du Collectif Caravan. Une remarque qui n’engage que moi, le tarif des photos paraît décalé par rapport au sujet qui relate souvent des revendications liées au pouvoir d’achat.

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La deuxième partie de l’après-midi est consacrée à la jam habituelle et là les instruments sortent de partout pour enfiler les standards avec des musiciens de tous âges et de tous niveaux ; une vraie jam ouverte, le blog en a souvent parlé. Celui qui souffle dans son bugle est le même que celui qui a fait le Sainte Croix du Mont que je suis en train de siroter, il n’y a qu’ici qu’on peut voir une chose pareille ! Première jam de la saison et certainement dernière en plein air avant de s’entasser dans la chaude ambiance de la Belle Lurette chaque premier dimanche du mois.

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Alors souhaitons une belle saison au Collectif Caravan qui organise le 28 octobre à Monsaguel (24), en association avec le Maquizart, un concert du Coltrane Jubilé intitulé « Orphée »

Coltrane Jubilé Quartet
Thomas Bercy – piano, compositions, arrangements et direction artistique
Maxime Berton saxophones ténor et soprano
Jonathan Hedeline  contrebasse
Gaétan Diaz  batterie

Avec la participation de
Bernard Lubat causerie & batterie
Claude Magne danse contemporaine
Marco Codjia slam
Sébastien Arruti – trombone

Christophe Dal Sasso/Sylvain Ghio : DaoElectro

Texte et photos Philippe Desmond.

Le Comptoir Ephémère, Bordeaux, jeudi 5 octobre 2017. 

Ce qui est intéressant dans la musique et notamment dans le jazz c’est que rien n’est jamais figé, il reste toujours des pistes à explorer ce dont certains ne se privent pas. Christophe Dal Sasso en fait partie, toujours une idée nouvelle en tête. Après son adaptation en big band de « A Love Supreme » de John Coltrane vue au Rocher de Palmer (voir Blog Bleu du 29 mars 2015, lien en fin d’article) il a créé et composé le projet « Les Nébuleuses » en associant un trio à cordes à un quintet de jazz. Pourquoi pas.

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Ce soir, avec son compère lui aussi varois, le batteur, au physique de 2ème ligne, Sylvain Ghio (prononcer Guio), il va nous faire voyager dans le cosmos avec son tout nouveau projet « DaoElectro ». Dans le Comptoir Ephémère pas beaucoup de voyageurs courageux pour embarquer dans le vaisseau alors qu’ils étaient si nombreux la veille pour parcourir le monde avec Ceïba… Les absents, comme souvent, ont eu tort. Il est vrai que le jeudi soir ça joue partout.

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Pour cette soirée le duo a invité Laurent Agnès – Julien Alour normalement – bien connu dans nos contrées et désormais trompettiste de Post Image ; entre autres. Laurent découvre la musique et joue en lisant quasiment sans répétition, une prouesse.

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Comme son nom l’indique le projet repose beaucoup sur des machines électroniques, claviers, pads, pédales d’effets, tout ce que la technique offre maintenant ; sacrilège ? Non, Bach et Mozart ou Jelly Roll Morton joueraient probablement du synthé maintenant et ajouteraient des loops à leur musique.

Pour autant ce que j’ai trouvé central dans cette musique c’est le rôle du batteur, lui seul jouant avec un son naturel. Tout tourne autour d’une rythmique nerveuse, répétitive, allant jusqu’à la transe. Les nappes électros proposées par Christophe Dal Sasso contrebalancent une énergie de percussion inouïe, la trompette de Laurent et les flûtes venant poser des mélodies ou des diversions sur cet ensemble. Parfois à la limite du free, souvent dans des développements mélodieux et toujours cette rythmique enivrante. Musique electro mais sans cette froideur souvent présente.

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Le drumming à la fois lourd et fin de Sylvain Ghio rappelle celui d’Elvin Jones – tiens revoilà Coltrane – il joue du tambour, très souvent avec les mailloches qu’il utilise un peu à contre-emploi percutant ses peaux et les cymbales sauvagement avec ;  il faut voir dans quel état elles finissent, totalement échevelées.

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Le premier morceau à ce titre a été édifiant, il relatait le décollage de la fusée vers le cosmos, une explosion d’énergie, un orage de percussions.

Trompette souvent en sourdine aiguë, parfois avec des effets surprenants, les flûtes variées, traversière, de Chine, de Lettonie, gardant elles leurs sons naturels Christophe, très affairé, en jouant avec toujours un œil et un doigt sur ses machines pour en gérer les effets insolites, tantôt planants, tantôt violents.

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Belle interaction entre les musiciens, Sylvain Ghio quand il n’a pas décollé pris par sa musique, fixant Christophe pour capter les infos. Bravo encore à Laurent Agnès qui a su entrer si vite dans ces compositions d’avant-garde.

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« Light Star », « New Star », « Planète Rouge »… nous sommes bien dans un autre univers. Vers la fin on vient se poser du côté de la Bretagne paraît-il avec un titre en forme de ronde dont la mélodie vous reste en tête ; c’est cela que j’ai aimé, ces audaces qui n’oublient pas la musique, ces expérimentations qui restent accessibles.

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Rien d’étonnant, Christophe Dal Sasso est un excellent arrangeur il a d’ailleurs électronisé le « Juba Juba » de Yusef Lateef – avec qui il a eu le bonheur de  jouer nous précise-t-il – Sylvain y martyrisant ses mailloches et le tom basse de la batterie prêtée par  Philippe Gaubert ; elle a tenu. Elle a tenu même après un extraordinaire solo hors sol – normal on est dans l’espace – où un Sylvain totalement habité a confirmé son talent reconnu pas les nombreux grands jazzmen avec qui il a collaboré. Epoustouflant.

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Une belle découverte que ce DaoElectro qui nous fait sortir des sentiers battus sans pour autant la crainte de se perdre.

https://www.facebook.com/DaoElectro-1693934134238155/

http://blog.actionjazz.fr/le-big-bang-du-dal-sasso-belmondo-big-band/

 

 

Ouverture du Comptoir Éphémère

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Bordeaux, mercredi 4 octobre 2017

Un endroit quasi historique

Le Comptoir du Jazz a une longue histoire. Créé en 1997 en même temps que le restaurant mitoyen « Le Port de la Lune » par Michel Daroque – et sa moustache à la Dali – il a vécu après la vente par ce dernier en 2011 des moments compliqués et pas toujours glorieux, notamment une fermeture pour mauvaise gestion, ce qui est un euphémisme… Musicalement par contre il a connu des nuées de soirées remarquables et des moments inoubliables de jazz et de blues.

Il y a deux ans suite à une prise de contrôle par des personnes proches du monde du Rugby bordelais, le Comptoir avait essayé de changer de nom pour « le Club-House », dénomination qui n’a guère convaincu, la communication se faisant toujours avec ce nom suivi de « ex Comptoir du Jazz » et la mayonnaise sport/musique n’a jamais vraiment pris malgré une programmation régulière de qualité.

En mai dernier l’affaire étant disponible Benoît Lamarque et sa société Arcadia Ego, déjà gérants du Caillou, ont décidé d’investir le lieu pour le relancer. De nouveaux noms ont été évoqués dont « le Pastorius » en hommage à Jaco, ou encore « l’Abattoir » en référence aux anciennes installations voisines ; mais avouez qu’envoyer des musiciens à l’Abattoir aurait pu être mal pris par ceux-ci ! Finalement au regard du passé du lieu, de sa notoriété et des habitudes des Bordelais il a été décidé de garder le nom « Comptoir » en y ajoutant le qualificatif « Moderne ».

Vers la démolition du lieu

A Action Jazz, un peu au courant de l’affaire, nous en étions restés à cette dénomination jusqu’à que commence à poindre de la communication avec « Le Comptoir Ephémère ». On a compris de suite. L’établissement se trouve dans un quartier en pleine transformation urbaine et allait en faire les frais. Effectivement en juillet Benoît Lamarque a appris par le propriétaire des murs que le lieu était voué à démolition, l’obligeant à réduire ses projets à la baisse. Ceci a d’ailleurs créé une polémique assez vive entre différents acteurs dans laquelle nous n’avons pas à nous immiscer, notre rôle étant seulement d’informer le public jazz sur les lieux où il peut vivre sa passion.

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En présence de Fabien Robert adjoint à la culture de la ville de Bordeaux, et devant un nombreux public, le mercredi 4 octobre a donc vu la (re)naissance du « Comptoir Éphémère » et cela pour une durée indéterminée allant de un à deux ans. Alors autant en profiter pour vivre intensément ces mois restants.

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Une exposition des superbes photos de Thierry Dubuc accueille les visiteurs qui découvrent aussi la nouvelle décoration.

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Fini les cadres avec les maillots de rugby tout avachis, place à une déco plus sobre et élégante, des boiseries rouges et noires, des écrans vidéo, une nouvelle sono, un bar réaménagé et surtout une nouvelle scène ! Celle-ci était jusque là engoncée entre un mur et un énorme poteau, ressemblant plus à un tunnel dans lequel s’entassaient les musiciens ; le simple fait d’y avoir ajouté une avancée l’a métamorphosée. On se demande comment cette solution n’avait pas été trouvée avant.

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La programmation du lieu devrait être plus éclectique gardant sa forte couleur jazz mais avec aussi de la chanson, de la danse, du cabaret et cela du mercredi au dimanche. Musique du monde aussi notamment pour cette soirée inaugurale avec Ceïba présentant son nouvel album « Tout Va ». Voir sur le Blog Bleu du 29 septembre le compte-rendu du concert au Rocher.

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Alors pour une fin heureuse il faut donc profiter de ces dernières heures du « Comptoir » qui disparaîtra sous les coups de bulldozer d’ici peu. Quand ? Nul ne le sait !

https://comptoirephemere-bordeaux.com/

Galerie photos d’Alain Pelletier :

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Concert de Soutien à FIP Bordeaux

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Le Rocher, mardi 3 octobre 2017.

Vous le savez certainement les trois locales de FIP, celles de Nantes, Strasbourg et Bordeaux/Arcachon sont menacées car remises en question par le PDG de Radio France Mathieu Gallet. Le dossier est très avancé et la fin annoncée très proche paraît-il. Économies. Pourtant une goutte d’eau dans la galaxie Radio France, car une locale c’est 7 ou 8 personnes et la moitié en équivalent temps plein. Par contre pas de reclassement prévu pour ces personnes… Idem à Nantes et Strasbourg les deux autres locales rescapées des précédentes purges.

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Certes FIP continuerait à diffuser sa bande son mais comme le déclare la pétillante animatrice Stéphanie

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puis Patrick Duval dans son mot d’accueil « chez lui » au Rocher de Palmer, devant une 650 pleine, finies les annonces locales si importantes pour la vie culturelle : les concerts, les expositions, le cirque, le théâtre, le court métrage, les pestacles pour enfants, les rencontres littéraires, les conférences, les « petits » festivals, tous ces événements qui ainsi ne passent pas inaperçus.

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Souvent ces spectacles ou événements annoncés n’ont pas accès au grands médias ils trouvaient là un relais important.

Ces radios FIP créées il y a plus de 40 ans ont déjà subi trois attaques, la première en 1986 comme le rappelle Patrick Balbastre, ancien de Radio France.

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A cette époque à Bordeaux nous avions FIB, il y avait FIL à Lyon, FIM à Marseille et aussi d’autres, FIP étant uniquement à Paris ; le FI voulant dire France Inter, la troisième lettre correspondant à la ville. Devant le mécontentement des auditeurs les radios avaient subsisté mais sous le seul nom de FIP et avaient tout de même gardé leurs antennes et ainsi leurs annonces locales. La dernière attaque date de 2000, époque où FIP Lille a été supprimée comme le précise Jean-Gabriel Guichard du comité de soutien.

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Et voilà que ça recommence au moment où cette radio vient d’être déclarée la meilleure du monde par Jack Dorsey le PDG de Twitter. Les présidents de la Région, du Département, de la Métropole, de gauche et de droite, solidaires de FIP,  ont écrit à ce sujet au PDG de radio France sans résultat pour le moment.

FIP est un joyau, combien de découvertes avons nous faites en l’écoutant.  Ma discothèque est pleine de disques puis de CD entendus sur FIP pour la première fois. Je me souviens au début où il fallait téléphoner pour connaître le titre, notant l’heure dans la voiture et appelant le soir ou le lendemain ! Puis le portable permettant d’appeler immédiatement, puis les playlists sur le net jusqu’aux autoradios indiquant maintenant le titre en direct. Combien d’entre nous on téléphoné au 05 56 24 13 13 pour essayer de gagner une place pour un concert à Eysines, au Fémina ou ailleurs ou encore pour gratter un album à l’œil. Je me souviens avoir gagné plusieurs fois. La musique certes mais aussi les annonces.

Ces annonces ce sont les jolies voix des Fipettes qui nous les prodiguent et ce soir elles sont là révélant ainsi – enfin – au public leurs personnes, leurs visages, comme Zorro qui enlève son masque. C’est que la situation est grave.

Les amateurs de la radio se sont déplacés et après l’inquiétude de voir arriver le public au compte goutte c’est la satisfaction de constater la 650 pleine. FIP c’est avant tout la musique et peu de paroles alors va pour peu de discours et beaucoup de musique(s) ce soir.

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FIP c’est tout, le jazz, le classique, la chanson, la pop, les musiques du monde… tout on vous dit mais de qualité, alors ce soir l’échantillon proposé est éclectique et de grande valeur.

Du jazz avec Edmond Bilal Band le quartet de bordelais bien connu d’Action Jazz car vainqueur du Tremplin 2013. Prestation courte de 20 minutes comme les autres mais dense et sans round d’observation. Les excellents Paul Robert au sax, Mathias Monseigne à la basse, Simon Chivallon aux claviers et un époustouflant Curtis Efoua à la batterie. Une musique inventive, dynamique et moderne, une découverte pour beaucoup une confirmation pour nous. Ecoutez leur dernier opus sorti en mai dernier « Starouarz » vous verrez.

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Changement radical avec Las Hermanas Caronni, deux sœurs jumelles argentines venant de Rosario, mais vivant à Bordeaux depuis plusieurs années et fidèles auditrices de FIP comme elle nous le révèlent. Laura au violoncelle et Gianna aux clarinettes, les deux chantant. Un moment de grâce d’une beauté dépouillée magnifique et si musicale mais bien trop court – j’ai déjà eu la chance de les voir lors d’un vrai concert, merveilleux, ne vous en privez pas à l’occasion – Pleines de fraîcheur et d’humour en plus, comme Gianna qui nous déclare pendant que Laura s’accorde que celle-ci a accouché sous FIP. Style indéfinissable mais à quoi bon, du jazz, du tango, de la chanson, une touche de classique, FIP à elles deux. Une 650 bouche bée sous le charme ; moi quand je les vois et les entends, c’est simple, je tombe amoureux des deux à la fois.

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FIP sans musique du monde n’est pas FIP nous voilà partis dans les Balkans avec la Cie Mohein et ses 8 musiciens « seulement », la chanteuse n’étant pas là.

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Autour du cymbalum – un piano sans clavier en quelque sorte – au son si caractéristique, trois violons endiablés, la clarinette de Nicolas Lascombes, une guitare, une contrebasse et des percussions.

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Ça virevolte, ça balance, le public finissant debout. Musique aux sons parfois tristes et pourtant si gaie, musique d’émotions, pour mariages et enterrements comme on le dit pour elle.

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Tout les musiciens viennent saluer rejoints par les Fipettes, les applaudissements de la salle debout sont scandés, c’est émouvant et rappelons nous, seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livre pas.

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Sauvons les locales de FIP, signez la pétition !

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Les six Fipettes (Photo Dom Imonk)

lien pétition : https://www.change.org/p/pr%C3%A9servez-et-d%C3%A9veloppez-fip-la-p%C3%A9pite-%C3%A9clectique-de-radio-france

contact : fipbordeauxarcachonendanger@gmail.com

 

 

Les photographes d’Action Jazz s’exposent. Concert d’OD en bonus

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat Lire la suite

Ceïba au Rocher : Tout Va !

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Le Rocher de Palmer, jeudi 28 septembre 2017.

Sortie de l’album « Tout va »

La sortie d’un album n’est pas un événement anodin quand on est de véritables artistes. Elle est là pour couronner le travail de plusieurs mois, lui même assis sur une base de plusieurs années.

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Une sortie en public est bien sûr une des meilleures façons de présenter son œuvre à condition que tout se passe bien. Pour que tout se passe bien il faut une forte préparation des artistes et que le public réponde présent. Connaissant les musiciens nous n’étions pas inquiets sur le premier point et cela s’est confirmé de façon éclatante lors du concert. Pour le second et bien la salle de 650 places du Rocher s’est avérée trop petite et la chasse aux places disponibles s’est ouverte à peu près en même temps que la traditionnelle ; complet depuis deux semaines.

Nous avions rencontré Ceïba et ses musiciens lors de l’enregistrement de l’album au studio Cryogène de Bègles pour un article paru dans la Gazette Bleue #22 de mai 2017. La minutie du travail, le soin des détails nous avaient frappés et déjà, avant même le mixage définitif, on avait perçu la beauté et la richesse des compositions. . Le résultat est un très bel album de dix titres baptisé « Tout Va », c’est son contenu que beaucoup vont découvrir ce soir avec d’autres surprises. Ceïba a pratiquement tout composé avec bien sûr la pianiste Valérie Chane-tef sur quelques titres.

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La première surprise c’est la présence sur scène outre Ceïba, Valérie Chane-tef, Franck Leymerégie et Benjamin Pellier le quartet habituel, de Guillaume Thévenin l’ingénieur du son et responsable du studio Cryogène. Il est aux « machines » électros et sa guitare est près de lui. Guillaume qui est aussi musicien, a été une pièce importante de l’enregistrement, apportant ses idées, ses suggestions et c’est naturellement que le groupe l’a intégré pour ce spectacle et les suivants. Il va proposer les ambiances sonores faites de voix off africaines, de bruits de marchés, de nature, de divers bruitages, chanter et ponctuer les thèmes de virgules musicales avec sa guitare. Une excellente idée.

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Un voyage plein d’émotion

Le concert commence avec la perle « Un Petit Bout de Toi » qui ouvre aussi l’album. Valérie l’introduit au piano, puis la rythmique arrive sur la voix délicate de Ceïba ; le voyage commence. Si tu veux partir avec moi je t’attends (… ) viens je t’emmène en voyage (…), voilà « Kidou » et l’arrivée sur scène avec sa valise d’une voyageuse, la danseuse Khady Saar que nous avions vue avec Ceïba en 2016 à Ambarès ; toujours cette grâce et cette puissance félines, cette présence scénique ondulante très forte qui va nous régaler toute la soirée et nous manquer dans l’album !

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A voir ses réactions c’est déjà gagné avec le public dans lequel beaucoup d’amis mais aussi énormément de gens qui découvrent le groupe et sa musique.

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Souffle alors l’émouvant « Vent Nouveau » dont il faut un peu raconter l’histoire. Il y a deux ans le groupe avait repris « Evariste Siyed Lon » un titre créé par Kan’nida sur le rythme Boulaguel traditionnel de la Guadeloupe, ce style dont certains ont fait un emblème politique lié à l’indépendance de l’île. Et certains là-bas – et ici – ont pris ça comme une provocation que des métropolitains s’emparent de leur musique allant même jusqu’à des menaces. « Vent Nouveau » est une réaction en forme de droit de réponse, mais surtout un message de fraternité, de tolérance et d’amour. D’ailleurs l’an dernier le groupe avait pu se rassurer sur la nature humaine en chantant lors d’un festival en Guadeloupe « Evariste Siyed Lon » devant un public chaleureux.

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Le voyage va continuer en Afrique, aux Antilles avec une belle variété. Voilà des intermèdes où tous sont aux percussions Khady Saar étalant son talent de danseuse dans des costumes et des chorégraphies extraordinaires, Ceïba n’étant pas en reste dans ce domaine. Elle sait d’ailleurs tout faire à merveille.

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Qualité musicale et visuelle

Le spectacle est coloré, visuellement très soigné grâce aussi aux éclairages. L’harmonie des voix, les breaks, les fins de titres, on comprend qu’il y a eu énormément de travail car tout est fluide.

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Valérie Chane-tef , pièce maîtresse du groupe, apporte sa touche jazz créole comme elle la définit elle-même et nous offre quelques moments de grâce avec notamment un chorus au piano sur lequel elle scatte , ou des développements qui font tourbillonner Khady Saar.

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Franck Leymerégie nous a réservé lui aussi une surprise avec quelques interventions assis sur un ka dont il joue des deux mains et d’un pied, technique venant du Bèlè martiniquais. Au set de percussions il est inégalable avec sa rythmique au rasoir et ses trouvailles. Il nous offre même un passage au bendir, cet instrument à la vibration sonore si caractéristique.

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Au fond à droite comme toujours, Benjamin Pellier à la basse, avec son groove plein de rondeur indispensable à la charpente du groupe, va même nous proposer des chorus dont une magnifique intro en solo ; personnage discret mais si efficace !

Vers l’issue du concert, Ceïba va enfin libérer le public qui a depuis longtemps des fourmis dans les jambes en lui proposant de se lever et danser ; il n’attendait que ça ! Khady Saar elle est survoltée

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Triomphe, rappel bien sûr et cette fois Ceïba qui fait chanter la salle conquise.

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Une dernière surprise avec l’arrivée sur scène du Béninois Ewa Touhinnou magnifique chanteur et percussionniste pour le dernier titre de l’album dont il est co-auteur avec Ceïba « Wedouto ».

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Un spectacle complet très abouti, magnifique !

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Dire que j’évitais les musiques classées du monde avant de connaître Ceïba…

Si vous avez raté ce concert, rendez-vous le 4 octobre à 21h30 lors de la soirée d’ouverture du Comptoir Éphémère quai de Paludate ou au festival de la Ruche à Saucats le 14 octobre.

http://ceibamusic.com/ ; http://valeriechanetef.com/ ;

Gazette Bleue n°22 – Mai 2017

 

 

Combat de Swing : Flora Estel Swingtet vs Rix’tet

Le Carré des Forges, Fargues Saint-Hilaire

samedi 23 septembre 2017

Aujourd’hui je ne vais pas vous raconter un concert mais une soirée sportive, pas à la salle Wagram, célèbre pour ses combats de catch, mais au Carré des Forges pour un combat de swing !

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Devant nous deux groupes vont s’affronter pour une rencontre très engagée… musicalement. « Chiffes molles s’abstenir ! » a prévenu Joris Seguin le batteur du Rix’Tet, une des deux formations. En face le Flora Estel Swingtet.

Les deux leaders Flora et Rix font leur entrée en musique dans la salle, comme à la boxe, peignoir rouge pour elle, bleue pour lui, le ton est donné !

La salle, très belle, est pleine avec une grande piste de danse car ça va danser et drôlement même. Plusieurs écoles de swing sont présentes signe du renouveau de cette discipline qui et c’est tant mieux ramène vers le jazz un public varié et nouveau et surtout jeune souvent. Le swing et le jazz c’est la même famille, une porte d’entrée comme une autre.

Qui dit combat dit arbitre, il est là plutôt elle est là en la personne d’Emmanuelle Cazal épatante dans son rôle et la tenue qui va avec.

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Explication des règles du jeu : les deux groupes sont sur scène, le Flora Estel Swingtet à jardin et le Rix’Tet à cour (petit moyen mnémotechnique, en regardant la scène vous pensez à Jésus Christ, JC, ou à Jacques Chirac et ainsi vous avec jardin à gauche et cour à droite) et vont s’affronter en plusieurs « battles . Soit en « mixte », les deux formations jouant ensemble, soit en « relais » avec deux variantes : l’une succède à l’autre sur le même titre avec un changement de tempo – plus rapide – soit avec un titre différent mais sur le même tempo. L’arbitre ou le public récompense d’un point le groupe vainqueur de chaque battle. Ah oui c’est pas de la rigolade !

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Dès le premier titre les provocations commencent entre musiciens, mais est-ce bien sérieux tout cela ? N’est-on pas dans la parodie, bien sûr que si vous vous en doutez et dès le départ on sent le trucage arriver et le match nul se dessiner, on sent surtout qu’on va se régaler !

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Les deux groupes ne sont pas n’importe qui, deux leaders dans le genre musical du swing, d’un côté l’énergie et la verve étincelante de Flora Estel, de l’autre l’élégance de crooner de Rix et bien sûr des musiciens hors pair, bien connus des lecteurs habituels de ce blog ; line-up, comme on dit pour faire chic, en fin d’article.

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Nous voilà partis pour près de quatre heures avec certes des pauses mais pas pour les danseurs, un DJ set meublant les intermèdes.

Première manche de battles, deuxième manche où chaque groupe joue seul sept titres et enfin dernière manche à nouveau de battles. Le répertoire est swing bien sûr reprenant les derniers albums de chaque formation, très Sinatra pour le Rix’Tet , plus 40’s 50’s pour le Swingtet.

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C’est un bonheur que de voir ces deux groupes faire danser tant de monde, des plus chevronnés danseurs et danseuses de swing, de lindy hop, de balboa, de claquettes, de collegiate shag aux simples danseurs de rock comme moi. Tenues travaillées pour certaines et certains rappelant l’époque des grosses voitures américaines aux couleurs acidulées et bardées de chromes, tout un petit monde bien gai.

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Si on ne danse pas, pas de problème le spectacle est là avec un très bel éclairage et musicalement c’est du haut niveau ; avant de « s’affronter » les deux formations ont travaillé ensemble et l’osmose déguisée en rivalité est totale.

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Il est plus de minuit trente et le résultat est proclamé par l’arbitre. Devinez, match nul ? Non, l’adjectif n’a ici aucun sens tant la qualité était présente, disons plutôt égalité. Le public en voudrait encore et il aura droit à un rappel avec un « Sing Sing Sing » bien enlevé mais pitié pour ces lutteurs qui depuis des heures sont sur la brèche ; en plus ils ont tout le matériel à ranger…

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Respect les musiciens ! Et merci à la commune de Fargues Saint Hilaire d’avoir permis l’organisation de ce spectacle à priori unique en son genre.

The Rix’tet
Chant/Guitare : Eric Delsaux
Guitare : Joachim Montbord

Trompette : Jérôme Dubois
Contrebasse : Pascal Fallot
Percussions : Joris Seguin

Flora Estel Swingtet

Chant : Flora Estel
Piano / Chant : Hot Pepino
Guitare : Eddie Dhaini
Saxophone : Pierre Maury
Contrebasse : Aurélien Gody
Batterie : Thierry Oudin

Maîtresse de cérémonie et arbitre : Emmanuelle Cazal

Conception Lumière : Art’ty
Son : B. Michelina