Le Blog Bleu déménage…

Bonjour à tous !

Le site d’Action Jazz a fait peau neuve et s’est enrichi en concentrant désormais toutes les informations et publications de l’association.

Ainsi, retrouvez-y tous nos articles, chroniques, billets divers, lesquels rejoignent gaiement l’agenda, diverses sections qui existaient aussi déjà, ainsi que nos gazettes bleues, tout ceci directement sur le site à :

actionjazz.fr

Bonnes lectures et au plaisir de vos retours et de vous croiser en quelques lieux de ce jazz qui nous passionne tous !

A ce sujet, notez bien le prochain rendez-vous que nous vous proposons, le Tremplin Action Jazz # 6 au Rocher de Palmer, salle 650, le samedi 27/01/2018 à 20 h !

Pensez à déposer vos dossiers de candidature au maximum le 15/12/2017.

Pour ce faire, dossier d’inscription à demander par mail à : tremplin@actionjazz.fr

Qu’on se le dise !

La Rédaction

 

 

 

THE SOUL JAZZ REBELS IN BORDEAUX – 30/09/2017

Par Dom Imonk

 

The Soul Jazz Rebels

Une chose est sure c’est que, quoiqu’on en dise, le jazz est furieusement vivant et a envie qu’on l’aime. Il y a pour cela des musiciens qui s’y entendent à merveille pour faire découvrir, ou rappeler toute la diversité de cette musique multiple, des rivages mainstream aux sentiers escarpés du free. The Soul Jazz Rebels font partie de ces passeurs. Ils ont choisi une filière carrément jazz-blues-funk « roots », d’abord pour le plaisir, c’est évident en les écoutant, mais aussi pour séduire un public qui ne demande qu’à se trémousser sur des rythmes qu’il avait déjà connus dans les années soixante, ou même un peu plus tard. Le terrain de jeu de nos musiciens est bien plus qu’une simple chapelle « revival », où ils ne se contenteraient que de jouer des covers d’artistes que pourtant ils vénèrent. Non, leur musique, ils la composent, avec beaucoup de soin et de fraîcheur, et cette précision qui est l’un des ingrédients indispensable pour toucher le public en plein cœur et déclencher instantanément ce fourmillement irrésistible dans les gambettes, qui pousse au dancefloor. On a tous connu ça ! Savoir écrire et sonner comme dans les sixties, ce n’est pas si simple, il faut que le groove soit puissant, nourri d’un soupçon de blues un peu gras, avec l’épice funk à la suave moiteur des soirs d’été, mais pas trop quand même, pour rester actuel, fresh et sans détour. Tout est question de finesse et de tact. Pour se faire une idée, on écoutera leur remarquable « Chittlin Circuit », album sorti en début d’année chez Black Stamp Music, qui est un vibrant hommage au circuit des clubs US comme l’Apollo de Harlem ou le Cotton Club, où se jouait cette musique, prétexte à des jam mémorables. On rappelle que The Soul Jazz Rebels, ce sont Jean Vernhères (saxophone ténor), Christian Ton Ton-Salut (batterie), Hervé Saint-Guirons (Hammond) et Cyril Amourette (guitare). Quatre garçons dans le vent fort de la Great Black Music, c’est dit ! Excellents musiciens, présents sur bien des fronts, on les a vus en juin dernier groover en diable au Festival Jazz 360, faisant ainsi trembler les feuilles et fleurs odorantes des tilleuls de la place de Camblanes. Puis un peu plus tard, c’est Jazz in Marciac qui les accueillait et nos rebelles ont mis le feu au Bis, public soufflé par l’énergie de ce groupe. Immédiateté, simplicité, impact, mais aussi un contact à la chaleur sincère et surtout une âme collective souriante, dont l’ardeur est communicative. Ils ont la pêche et ils vous la donne !

Le concert de samedi dernier au Caillou du Jardin Botanique a en tous points confirmé ces impressions estivales. Jean Vernhères est le front man, il sait mettre l’audience dans sa poche : sourire charmeur, anecdotes et humour, et quand il part au sax, les phrases sont généreuses, savantes et d’un lyrisme qui rend honneur à ces Sonny Stitt et autres Gene Ammons qu’il cite et dont il ne cache pas l’inspiration qu’il en tire. Même chose pour Cyril Amourette. Lui c’est du côté de George Benson période Jimmy Smith que ses doigts le promènent. Attentif et concentré, son jeu est un bijou de précision et ses échappées solistes des modèles du genre, tatouées d’un délicieux grain roots qui les colore, sans l’aide d’aucun effet, le pur son originel. En maître incontesté des baguettes, professeur, leader, sideman, Christian Ton Ton – Salut joue comme un esthète et survole ses peaux et cymbales avec l’inspiration d’un aquarelliste. La beauté naturelle de son jeu, ses relances, ses chorus et cette élégance racée, soudent le groupe avec raffinement et le mettent en valeur sans jamais l’effacer. Du grand art. Attardons-nous sur Hervé Saint-Guirons, qui est notre maître ès orgue Hammond. Il est depuis longtemps la référence en cette ardue matière, et ses collaborations sont légion, avec par exemple Ernest Dawkins, Dave Blankhorn, Monique Thomas et Alex Golino…. « Le Réverend », comme le surnomme affectueusement Roger Biwandu, autre figure importante du jazz local, mais pas que, avec lequel il joue très souvent, notamment à l’Apollo de Bordeaux, est l’un des plus ardents défenseurs de ce jazz-blues-funk, et son jeu remarquable, dont le son est enrichi par sa fidèle « leslie », trahit ses influences qu’il confie être quelque part entre Brother Jack McDuff et Dr Lonnie Smith. Excusez du peu ! Hervé Saint-Guirons  a une belle âme, habitée par la mémoire de ses prédécesseurs et les routes tracées, ainsi que par ce respect de l’autre qui est de chaque instant. Le concert de ce soir n’a donc pas failli à la réputation de ces quatre pointures et de ce groupe très attachant. Ils ont mouillé la chemise en reprenant la plupart des titres de leur récent album, en y insufflant cette ferveur live qui est leur sceau, en un flow up-tempo irrésistible. Deux sets, deux courses folles, on croyait qu’ils nous avaient tout donné, et bien non ! En rappel, le « Filthy McNasty” de Horace Silver est venu porter le coup de grace à une assistance définitivement conquise. Début 2018, Hervé Saint-Guirons indique que le petit frère de “Chittlin Circuit” devrait venir au monde, alors surveillons ça de très près, nous en reparlerons ! En attendant, si vous le pouvez, foncez voir The Soul Jazz Rebels en concert et achetez vite leur disque, l’hiver arrive, il faut vous réchauffer, songez-y !

Par Dom Imonk

souljazzrebels.com

facebook.com/blackstampmusic

THE SOUL JAZZ SETLIST :

1° set :

1 – Chittlin blues (Cyril Amourette)

2 – Baby Foot Party (Jean Vernhères)

3 – Bap Boss (Christian Ton Ton-Salut)

4 – Don’t Stop the boogalou (Hervé Saint-Guirons)

5 – Smoothie shoes (Cyril Amourette)

6 – Mojo (Christian Ton Ton-Salut)

2° set :

1 – Inner City Street (Jean Vernhères)

2 – Boogie Trop (Jean Vernhères)

3 – The night remember (Hervé Saint-Guirons)

4 – Mooving the lawn (Cyril Amourette)

5 – Betty Boop (Cyril Amourette)

Rappel :

Filthy McNasty (Horace Silver)

Jam Jazz Bordeaux – Rentrée 2017/2018

Par Dom Imonk, photos Alain Pelletier (Quartier Libre et Starfish Pub) et Dom Imonk

Quand arrive Septembre et ses rentrées plus ou moins gaies, il faut bien se faire une raison, c’est la reprise ! Alors pour se consoler, rien n’interdit de lorgner un peu sur les soirées de ce qui est encore un peu l’été. Et là, bizarrement, le sourire revient vite si l’on parle des concerts à venir, mais aussi et surtout, des fameuses « jam » jazz, car il s’en passe de bien bonnes dans le Bordeaux by night, on est ravi de les retrouver et la saison 2017/2018 se présente au mieux. Tout a commencé pour nous le 1° septembre au Bar l’Avant-Scène au 42 Cours de l’Yser, où le mystérieux trio « Mimoon » doit y démarrer les hostilités. Ici, on aime aussi le rock, comme en témoignent quelques affiches, AC/DC, Frank Zappa etc… Un lieu très accueillant et chaleureux, vraiment ouvert à toutes influences. « Mimoon » c’est Clément Bourciquot à la batterie, Félix Robin au vibraphone et Louis Laville dit « Vendeen » à la contrebasse, ces deux loustics formant la moitié du groupe Capucine. Le concert est filmé par Jérôme Mascotto, saxophoniste qu’on retrouvera plus tard, et féru de cinéma. Les choses jazz vont déjà bon train, les standards se bousculent et s’étirent avec  passion, alimentés de chorus et d’échanges qui instaurent une ambiance club dans laquelle on se sent bien.  Les « jam addicts » sont arrivés, et c’est du costaud ! Mathieu Calzan, qui investit le piano droit du bar et en titille avec délice l’ivoire, Louis « Cash Express © » Gachet (from « SF »), qui dompte sa brûlante trompette à la « hubbarde » et en extirpe des sons très « shaw », Jérôme Mascotto donc, et son beau saxophone tout neuf, et ce son engagé et chaleureux qui est sa marque. On n’oubliera surtout pas les « drumming » impeccables que distillent tour à tour Yoann Dupuy et Thomas Galvan, ainsi que la finesse de la contrebasse de la douce Marina Kalhart, qui nous quitte pour Copenhague (mais que l’on reverra), fidèle de ces jam et dont on avait apprécié le récent projet « Melodious Tonk » en trio avec le batteur Simon Lacouture et le guitariste Patrick Bruneau.

Mimoon Trio

Clément Bourciquot et Marina Kalhart

La semaine suivante, cette joyeuse animation n’allait certes pas se calmer, vu que dès le lundi, ce fut au tour de Thomas Despeyroux, exquis batteur et grand artificier de la jam bordelaise, d’ouvrir celle du Café des Moines au 12 rue des Menuts, pour laquelle il a invité deux jeunes pointures de la scène parisienne : Simon Chivallon aux claviers, que l’on connait bien chez nous (Edmond Bilal Band, Alexis Valet 4tet & 6tet, Gaëtan Diaz 5tet, JarDin…), et Gabriel Pierre à la contrebasse, excellent musicien et hyper actif dans foule de jams parisiennes, mais que l’on a aussi grandement apprécié à Marciac, au sein du trio d’Alexandre Monfort. On a plaisir à le retrouver le lendemain pour une nouvelle jam jazz, organisée elle aussi par Thomas Despeyroux tous les mardis en un nouveau lieu : Le Bad Motherfucker Pub (ce nom !) 16 Cours de l’Argonne. Accueil sympathique, salle assez vaste avec un beau billard tout au fond, on peut grignoter et la bière est bonne, bref. Il nous propose un trio très pointu et bien en jambes, d’autant qu’il marque le retour de Guillaume « Doc » Tomachot en excellente forme, qui nous gratifiera d’un suprême chorus enflammé sur le « Mr P.C. » du Trane, son sax est chaud bouillant ! Pour la jam arrivent un batteur mystérieux, mais aussi Alexis « Elastic » Cadeillan qui s’empare de la basse et va la faire danser, ainsi qu’à ses côtés le fort talentueux Rémi Dugué-Luron, armé d’une guitare acoustique électrifiée un peu vintage, dont il extirpera les plus beaux sons de son âme manouche.  Superbe entente improvisée qui fait de cette première une réussite, on y reviendra !

De g à d : Gabriel Pierre, Thomas Despeyroux et Guillaume « Doc » Tomachot.

Jam Badmotherfucker Pub

Le lendemain mercredi, c’est probablement la jam jazz la plus en vue de Bordeaux, la « Jazz Night Session » du Quartier Libre (lequel fête d’ailleurs ses deux ans d’existence !), 30 rue des Vignes aux Capus, tout ça grâce à Julian et son équipe, qui y ont cru dès le début mais aussi à celui dont c’est presque la fille spirituelle, Thomas Despeyroux, vrai « master of ceremony » que revoila en super forme, à la tête d’un quartet sacrément musclé. Avec lui on retrouve Guillaume « Doc » Tomachot visiblement ragaillardi par la soirée d’hier, il le prouvera tout au long du set, alors que la belle Laure Sanchez tient la contrebasse et nourrit le groove, son associé de trio Robin Magord s’y entendant à merveille pour faire jongler les bulles herbiennes. Tout fonctionne au quart de tour et cette superbe mécanique jazz poursuivrait bien sa route dans la nuit, si dame jam ne piaffait pas d’impatience à venir en découdre avec la note bleue improvisée. Ce soir c’est noir de monde et les musiciens sont légion. Alexis Valet a laissé son vibraphone à Paris, mais le clavier encore tiède de Robin Magord n’a pas de secret pour lui, alors il s’en empare avec élégance, bien décidé à ne pas s’en laisser compter et à en tirer les phrases perchées que l’on aime chez lui. La bande des aficionados est réunie pour écouter ses potes ou s’en donner à cœur joie sur scène. On cite Marina Kalhart, Louis Gachet, Mathieu Calzan, Jéricho Ballan, Louis Laville, Félix Robin et surement quelques autres… Vous ne croyez tout de même pas qu’ils allaient laisser passer une telle occasion, mince, c’est la rentrée ! Soirée de rêve dans un torrent jazz bien fresh, jusqu’à tard dans la nuit, ce sera dur de se lever le lendemain, mais quel pied ! Puisqu’on parle du Quartier Libre, profitons-en pour rappeler qu’il offre aussi une table inventive et gouteuse, et qu’en plus d’une riche programmation de concerts en tous genres, où ne sont pas oubliés le rock, le slam, l’electro, l’avant-garde, bruitiste ou pas, bref, tout ce qui sonne « mutant sound », d’autres jams que celle jazz s’y tiennent comme la « Jam Old Jazz » (le mardi), la « Jam Blues Funk » (tous les 1° jeudis du mois) et la «Soul Jam Party » (le samedi) , alors ne les manquez surtout pas !

 

De g à d : Thomas Despeyroux, Guillaume « Doc » Tomachot, Laure Sanchez et Robin Magord.

De g à d : Jericho Ballan, Louis Gachet, Louis Laville et Alexis Valet.

Le jeudi de la semaine suivante, nous voici rendus au Starfish Pub, 24 rue Sainte Colombe. C’est la rentrée d’une jam qui existe depuis un an et s’y tiens les 1° et 3° jeudis du mois. Menée par le groupe Capucine – on ne présente plus Thomas Gaucher, Félix Robin, Louis Laville et Thomas Galvan – les festivités sont reconduites pour la nouvelle saison et on s’en réjouit ! La journée a été rude pour certains car il y avait audition au Conservatoire tout proche, sous la houlette de l’invité du soir, Julien Dubois, leur professeur et aussi leader du groupe JarDin. Nos musiciens arrivent fourbus, mais ils n’en laisseront rien paraître tout au long d’un set consacré au grand Wayne Shorter, dont on fêtait en août les 84 ans ! Peu de thèmes mais magnifiquement développés et un Julien Dubois au jeu riche, militant et combatif, et quelque fois risqué, sa patte « mbase » ressortant par moment ses griffes pour aciduler ses remarquables phrases, dont certaines un soupçon free style. La fatigue a comme disparu et Capucine tient bien le rythme, le flow et les chorus assurent, nos quatre jeunes gaillards rendant élégamment honneur à leur professeur, même si les doigts de Vendeen sont en surchauffe. La jam va suivre et ça va jouer du feu de Zeus jusqu’à pas d’heure ! Quelle énergie, quelle passion, quelle force collective ! On a retrouvé là toute la « bande » déjà croisée précédemment, avec de nouvelles têtes comme Mathieu Tarot et David Bonnet à la trompette, Joseph Rouet-Torre à la guitare et Alexandre Aguilera, sans sa flûte car il a décidé de reprendre son sax pour les jam, et c’était très réussi pour une première ! Bordeaux, la « belle endormie » ? Pas si sûr ! Ces jams le prouvent et vous font de l’œil, ne vous en détournez pas ! Tous ces lieux et ces musiciens vous ouvrent en grand les portes de leurs nuits étoilées ! Alors n’hésitez pas, venez donc y faire un tour, ils n’attendent que ça, et vous ne serez pas déçus !

Capucine et Julien Dubois

Jam Starfish

Jérôme Mascotto et Mathieu Calzan

Jam Starfish

Par Dom Imonk, photos Alain Pelletier (Quartier Libre et Starfish Pub) et Dom Imonk

barlavantscene.fr

cafedesmoines33.com/

quartierlibrebordeaux.com/v2

starfishbordeaux.fr

 

La Gazette Bleue N° 24 vient de sortir ! Spécial UZEB, Festivals d’Été, Cuba et plus !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°24 • Septembre 2017

Bonjour à tous ! Voici la Gazette n° 24 qui ouvre avec Uzeb, le retour au Rocher de Palmer en juillet dernier. Spécial Festivals de l’Été, mais aussi Cuba et le Jazz, des interviews, des chroniques CD, l’agenda etc… Bref, une riche rentrée musicale !

Bonnes lectures !

La Gazette Bleue N° 23 vient de sortir ! Spécial Thomas Bercy « Coltrane Jubilé » et bien plus encore !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°23 • Juillet 2017

 
Bonjour à tous ! C’est l’été et c’est un spécial Thomas Bercy et le « Coltrane Jubilé »qui ouvrent les festivités d’été, avec la Gazette Bleue N° 23 de Juillet 2017. On y parle aussi de Frank Catalano, de Jazz 360, du Jazz Day # 2 à St Macaire, de Snarky Puppy, de Jazz au pluriel, de Vacances et Jazz à Montreal et de Canapé bleu.
Retrouvez-y aussi vos rubriques, chroniques de cds et agenda.
Nous vous souhaitons de très bonnes vacances, une maximum de bonnes musiques, et d’excellentes lectures !

Affinity Quartet – Caillou – 16/06/2017

Par Dom Imonk, photos Philippe Marzat

Affinity Quartet plus Mickaël Chevalier

L’été est tout proche et le Caillou du Jardin Botanique  peut enfin prendre ses aises. Les estivales y ont débuté le 1° juin et s’y poursuivront jusqu’à la fin Août, avec une flopée de beaux concerts en perspective, et pour tous les goûts. Ce vendredi soir, le soleil tarde à se coucher, la terrasse est bondée. On a en effet ressorti la jolie scène sur roues, moment tant attendu des addicts de la place, et pour insuffler une ardeur supplémentaire, c’est l’ Affinity Quartet, dans un nouveau projet antillais, qui est venu jouer un jazz bien chaloupé, à base de standards épicés, chaudement menés. Autant dire qu’une atmosphère de vacances ne tardera pas à s’installer. C’est l’occasion de retrouver au piano notre ami Francis Fontès en belle forme,

Francis Fontès

entouré de ses fidèles compères Dominique Bonadeï à la basse, Hervé Fourticq aux saxophones et Philippe Valentine à la batterie. Très solide combo, qui tient large place dans l’histoire du jazz de Bordeaux, mais aussi dans son présent des plus vifs.

Dominique Bonadeï

Hervé Fourticq

Philippe Valentine

La cerise sur le gâteau, c’est un invité de marque « de dernière minute » : Mickaël Chevalier qui les rejoint sur scène avec son bugle voyageur, l’occasion pour lui de retrouver au passage, au piano et à la batterie, deux de ses collègues du groupe Nokalipcis.

Mickaël Chevalier

L’affaire ne pouvait donc que fonctionner au mieux. Ainsi, nous voilà embarqués à bord d’un bel esquif, pour une croisière en deux sets, où tout ce joli monde est là, soucieux de donner du plaisir en suggérant le voyage et les Caraïbes. Question titres repris, nous sommes gâtés, c’est un vrai festival ! Mario Canonge est de la fête avec « Lese pale » et «Peyi mwen jodi », on déguste aussi « Travail raide » d’Alain Jean-Marie, « Guadelupe » de Michel Petrucciani, « Tu piti » du père d’Eddy Louiss, « Siempre me va bien » de Poncho Sanchez et quelques traditionnels comme « La Guadeloupéenne » et « Célestin ». On réécoute le délicieux « Butterfly’s dream » de Nolwenn Leizour, composition jouée avec Nokalipcis (décidemment !) dont elle est la contrebassiste. D’autres grands standards seront aussi repris, finement remodelés en mode afro-caribéen, quoiqu’ils en aient déjà le parfum, comme  « Manteca » de Dizzy Gillespie, « St Thomas » de Sonny Rollins et un beau « Caravan » Ellingtonien en guise de rappel. Nous les aurions bien écoutés jusqu’au bout de la nuit, tant ces thèmes ont illuminé la soirée, d’une musique superbe, jouée par un groupe épatant, à l’âme généreuse, avec lequel nous avons tous beaucoup d’affinités !

Par Dom Imonk, photos Philippe Marzat

Remerciements à Philippe Valentine pour la setlist.

Le Caillou du Jardin Botanique

 

Nowhere au Quartier libre le 09 mai 17

Par Dom Imonk

Nowhere Trio

Ce soir c’est quartier libre, permission de minuit accordée, enfin ! Moment tant attendu ! Nous voilà donc partis pour Nowhere… Pour nulle part ? Mais non ! Pour aller voir un concert de Nowhere au Quartier Libre, près des Capus’. Lieu que l’on retrouve à chaque fois avec un grand bonheur, car la musique programmée y est précieuse, et les tenants du site fiers, et ils peuvent l’être, de cette scène qu’ils ont su construire de date en date. Nowhere est un trio de jeunes pointures diablement affutées, combo rondement mené par le bassiste compositeur Ouriel Ellert, interviewé dans notre Gazette Bleue de Mai dernier (n° 22), à l’occasion de la sortie de son nouveau disque « On my way » (Klarthe/Harmonia Mundi), lui aussi chroniqué, à paraître sous peu. Il se produit donc en avant-première ce mardi soir, devant une salle pleine à craquer, reposée d’un long week-end, accompagné d’Anthony Jambon (guitares) et de Martin Wangermée (batterie, samples). Autant dire qu’il va faire plutôt chaud, quand on sait le pédigrée de nos trois garçons, et le nombre de lieux et de projets qui les animent, notamment sur Paris, dont la nuit frémit d’aise à les savoir programmés. Et l’ambiance sera d’autant plus chaude que les spectateurs sont, pour la plupart, des musiciens du conservatoire tout proche, qui captent à 200% ce qui se joue ici, habitués qu’ils sont des jams mémorables du mercredi soir, et même plus ! Avoir découvert « On my way » avant ce concert est certes un délicieux privilège, mais la cerise sur le gâteau, c’est la surprise du live. Étonnant de voir à quel point toutes ces compositions, nouvelles et presque sages pour certaines, se laissent déflorer par le mystère instantané de l’improvisation. Elles sont faites pour ça et s’ouvrent sans retenue vers la liberté, en s’offrant à des échappées, des solos et des breaks, hirsutes et modernes, sous l’œil réjoui du patron qui relance à tout va. Ainsi de vives interactions nouent sans relâche les élans de chacun. Le jeu fluide et cristallin d’Anthony Jambon – il y a du Bill Frisell chez lui – constamment à l’écoute, part dans des chorus riches et dont la densité peut s’acidifier, voire s’affermir si besoin. Nous reparlerons de lui car il vient de sortir lui aussi un disque, « Precious time » (Klarthe records), sur lequel on retrouve un autre acteur du concert, Martin Wangemée et son drumming impressionnant, qui instaure par moment une course aussi folle que du canyoning rock/pop, ou qu’un saut à l’élastique jazz/electro. De la dynamite dont Ouriel Ellert est visiblement friand, son jeu subtil, gambadeur et coloré s’y associant parfois en des pactes polyrythmiques époustouflants d’inventivité, créant carrément de la transe drum & bass mutante par moment, c’est fou ! Le 1° set nous avait déjà conquis, « Desert », « Feelings », « Five times four elements », quels titres ! Voici un 2° set qui poursuivra ses tentatives (très réussies) de nous séduire, la pèche de ce trio ! Le public exulte. Ouvert avec l’un des « tubes » de l’album, « Existence », dont le groove intérieur est irrésistible et le solo de batterie monstrueux à la fin (cf. le lien à la vidéo en fin d’article), voici le moment du « guest ». Ouriel Ellert invite un grand guitariste, qu’il avait eu comme prof au CIAM : Mr Christophe Maroye en personne. Devenu son ami, c’est un pilier incontournable de la scène régionale, un grand monsieur, aussi bien apprécié pour ses qualités humaines, que pour son ouverture artistique (photographe, vidéaste…). Il va ainsi nous gratifier de quelques passages somptueux à la guitare, en totale harmonie avec ses hôtes et dans le flow de la musique, devenue aérienne. On se délecte à l’écoute de son tout nouveau disque, « No turning back », paru il y a peu et dont le concert de lancement au CIAM a tout récemment été évoqué sur ce blog. N’oublions pas d’autres pépites jouées lors de ce set : « Wind », « Where you are » et « The endless expectation », chair de poule garantie ! Clair que ces deux sets nous ont tatoué le cœur, tant cette musique, belle et forte, crée de l’émotion. Rappelons la sortie le 2 juin du disque de Nowhere « On my way », et le release concert le 12 juin à l’Ermitage. Alors amis parisiens, vous savez ce qu’il vous reste à faire, Foncez- y !!

 

www.nowheretrio.com

www.klarthe.com

quartierlibrebordeaux.com

Vidéo de Nowhere « Existence » au Quartier Libre 09/05/2017

Lien à la Gazette bleue n° 22 de Mai 2017

La Gazette Bleue N° 22 vient de sortir ! Concert de Post Image, bassistes, New Orleans & more !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°22 • Mai 2017 !

Retour sur le concert des 30 ans de Post Image, et Mets ta nuit dans la mienne au T4S. Mais aussi, spécial Freedom in Bordeaux avec Karfa Sira Diallo. Et puis des rencontres avec Laurent David, Ouriel Ellert, Stéphane Borde, Ceiba en studio etc…Et vos chroniques et agendas habituels !

Bonnes lectures !

Erik Truffaz Quartet et Edmond Bilal Martignas le 24/03/17

Par Dom Imonk, photos Philippe Marzat

Erik Truffaz

Une chose est sure, c’est qu’Erik Truffaz aime notre belle région, il s’y est souvent produit, avec le succès que l’on sait. Le Rocher de Palmer y est pour beaucoup, puisque rien que l’an dernier, il a accueilli le trompettiste, en février et en juillet, mais on en redemande. Souhait exaucé ! Ce soir, Martignas-sur Jalle fête donc le jazz, et la Salle Gérard Philippe est pleine à craquer, pour une soirée organisée par l’association « Label Evolution », en coproduction avec le Rocher de Palmer, dans cette formule « hors les murs », très appréciée par les publics les plus excentrés.

C’est l’Edmond Bilal Band qui ouvre le bal, pour un set assez court, mais bourré de vitamines. Ce quartet a la rage au cœur et son jazz groove prend à chaque set une ampleur qui s’appuie sur d’essentiels ingrédients : La scène, un incessant travail créatif, dans la composition et l’éclairage actuel de leurs thèmes, et cette complicité qui les soude. « Edmond », c’est d’abord le sax de Paul Robert, la voix du groupe, souvent allongée d’electro, tantôt furieuse et roots, tantôt planante et onirique, la lampe frontale jazz.

Paul Robert

C’est aussi « Brutus », comprenez Mathias Monseigne, bassiste qui affine son style de note en note, et joue en pointillés souples et percussifs, c’est un peu l’acupuncteur funk du groupe (On se souvient de Michael Henderson chez le Miles Davis 70s). Les drums d’Edmond, c’est Curtis Efoua Ela, toujours aussi époustouflant d’agilité et d’à-propos, extracteur du minerai rythmique vital, avec des breaks au millimètre.

Mathias Monseigne

Curtis Efoua Ela

Quant au couturier d’Edmond, c’est Simon Chivallon, jeune magicien des claviers et du Rhodes en particulier, il observe, colore le groove à la moindre incitation, et habille la musique de nappes feutrées et ondulantes, formant sa cape de velours. Ce fut bref mais catchy en diable. Dernier morceau du set en surprise, Aflica-E, le premier de leur prochain album à sortir le 12 mai. On vous en reparle très vite !

Simon Chivallon

Après un rapide intermède, voici donc l’Erik Truffaz Quartet, prêt à en découdre avec le silence. Les premières notes se posent, tout en douceur, et petit à petit la pulsation enfle et un irrésistible tempo s’instaure. Ça c’est l’effet Truffaz. Le moteur rythmique de cette belle machine est lancé, pour de bon. D’entrée, Benoît Corboz s’impose en maître des ponctuations acides hallucinées de ses claviers. Frissons seventies. Une longue amitié le lie à Erik Truffaz, lequel nous rapportera non sans humour les péripéties de leur premier voyage à New York, ils avaient 25 ans, l’hôtel Carter à Time Square, le short vert rayé noir de Benoît etc…Bref, notre homme se sent bien ici, il a envie de se confier, et on aime ça.

Benoît Corboz

Retour au groove avec l’époustouflant « Fat City », tiré de « Doni doni », sur lequel le jeu illuminé d’Erik Truffaz, d’abord rêveur et tatoué de wah wah, s’échappe en un lyrisme à la vrille cosmique, en se posant sur le brasier entretenu par l’incroyable batterie du jeune Arthur Hnatek (qui a d’ailleurs finalisé les arrangements de ce morceau), et le riff d’airain associé de la basse de Marcello Giuliani et des claviers. Très grand titre ! Erik Truffaz a du cœur et cette élégance rare à s’intéresser vraiment au lieu où il joue. Ainsi, la salle sera ravie de se voir offrir une dédicace en un joliment amené « Martignas by night », propice lui aussi aux confidences du maître, une improvisation bluesy, sur fond de basse octaver et de batterie métronome, avec un petit goût du Miles Davis’ 80s. Erik Truffaz est un homme d’engagement et il voyage aux quatre coins du vertige des sens et de l’émotion planétaire. Sa discographie en dit long, et nous émoustille depuis vingt ans, et même plus récemment si l’on écoute « In between », « Tiempo de la révolution » et « Being human being ». Ainsi, « Doni doni », album qui se joue ce soir, embrasse passionnément la mère Afrique, par une attention particulière pour le Mali, dont le titre est tiré de sa langue bambara, et qui voit sur le disque, l’une de ses filles les plus célèbres, Rokia Traoré, illuminer l’espace. Voilà que débute « Szerelem », pièce remarquable, gorgée de douceur et de beauté, une élégante dédicace du trompettiste aux femmes de la salle, dont les joues de certaines ont dû rosir d’aise…On repart dans le groove et on se laisse emporter par la pulse imparable de ce groupe, d’autant que pour épicer ce banquet, suivront quelques pépites de chorus endiablés, Marcello Giuliani carrément en mode Bootsy Collins par moment, Arthur Hnatek, alpiniste intrépide des équations polyrythmiques de haut vol, et  Benoît Corboz sorcier majestueux des claviers électriques, âme survivante de Joe Z, mais aussi très émouvant au piano acoustique, lors d’un duo beau et éphémère avec le leader.

Arthur Hnatek

Marcello Giuliani

La trompette de Truffaz est lumineuse et séduit les étoiles. Cependant, peut-être un peu moins « fourth world – possible musics » que les fois précédentes, elle a semblé ce soir plutôt vouloir explorer plus profondément l’âme d’un jazz universaliste, intérieur, blues, pop, world, sans fard et sans frontière, fait pour le peuple.

Erik Truffaz

Trois rappels ont eu raison d’un public réellement conquis par cette musique, en particulier par « Doni doni », le dernier morceau, vrai hymne humaniste et optimiste, rondement mené par un groupe au zénith, que, les poils dressés sur les bras et les yeux humides d’émotion, on a furieusement envie d’appeler le « Truffaz Syndicate » ! Soirée coup de cœur ! Bravo et merci à tous ces épatants musiciens, que l’on voudra revoir bien vite, mais aussi aux équipes techniques, son, lumières, bénévoles, qui ont fait de ce concert une franche réussite.

Par Dom Imonk, photos Philippe Marzat

Erik Truffaz Quartet

http://www.eriktruffaz.com/

La Gazette Bleue N° 21 vient de sortir ! Bon printemps à vous !

Bonjour !

Voici la Gazette Bleue N°21 • Mars 2017 et ça repart !

Avec Roger « Kemp » Biwandu qui se livre et « Three », puis tout sur le colloque an 1 et le 5° tremplin, mais aussi Philippe Méziat et le T4S, Post Image (30 ans !), Benoît Lugué « Cycles », Éric Séva, Franck Dijeau, et bien d’autres, + chroniques cd et agenda & more !

Bref, le printemps sera chaud !

Bonnes lectures !