Pocket Jazz Duo, au Molly Malone’s le Dimanche 06/11/16

Par Alain Flèche, photos par Pocket Jazz Duo et Alain Flèche.

Photo par Pocket Jazz Duo

Photo par Pocket Jazz Duo

Gloup’s, pas grand monde. La prestation me semble , d’abord, de qualité, (sentiment jamais démenti de la soirée) et ne cesse de me surprendre de ce «  Bordeaux boudeur » , même si je comprends ensuite que la présence fréquente de Rachael MAGIDSON , chant et autres instruments , en ce lieu , a pour effet, sinon de lasser, mais pour le moins, de banaliser ce genre d’événement pourtant remarquable dans sa spontanéité libérée d’obligation de surprendre, mais plutôt responsable de maintenir un intérêt justifié pour une musique toujours sujette à interprétation pas toujours convaincante … là, si ! Même si …Pocket Jazz Duo  est là, avec Thierry LUJAN aux guitares  j’arrive, ingénu de ne connaître ces acteurs de la présence, en ce bon vieux Bordeaux , de l’expression de la musique qu’on aime : la bonne, et découvre, du coup, 2 musiciens se frottant à divers standards rabâchés, mais  jamais éculés,   coltanien ou de Byrd … pour les extraits bossa, recréation du jour de plans à éternellement  re-actualiser, dans un plaisir partagé de transmettre le son qui mène au bonheur à qui sait l’entendre … !

Alors voilà, ça le fait sur « My favorite thing » plein d’énergie et d’inventivité de Thierry sur la Gibson 339 ou, avec une Nylon découpe jazz (spendide « Cavallier ») sur le sud latino de « girl from … » et autres, très bien re-senties, re-crées dans sa recherche de ne pas copier, mais bien de proposer un autre angle de vision à des trames si souvent visitées sans les épuiser. Du thème parfaitement exécuté sur une guitare qui sonne comme un orchestre jusqu’au chorus qui réunit les trouvailles des héros de l’inventivité sur 6 cordes,et Wes n’est pas en reste , Thierry assure . Il emplit le temps et l’espace de son discours jamais ennuyeux, renouvelé, dont il semble partager  notre plaisir en paraissant découvrir ses propres trouvailles en même temps que nous. Rachael , elle se prête à tout … Ce qu’elle est prête à tester , plutôt le mieux que le pire, se frotter à une inspiration émotionnelle qu’elle laisse pénétrer en elle pour l’affiner encore , autant qu’à une variation sur un thème donné , et rendu à ceux qui veulent bien l’entendre.

Ça se complique un tout petit peu lorsque la dame se répand sur peaux et métaux, propose une pulsion dynamique pour lancer la machine, tenir la baraque, s’en serre , et en use … à propos de … je ne sais pas… je ne veux pas dire : une forme de remplissage, ce serait dommage, plutôt  une proposition d’expression , sur son parcours musical  , passant par divers instruments (la trompette aussi, loin d’être ridicule car parcimonieuse en fréquences et notes, se fait  bien sentir à tenir l’attention , la tension, dans une prospective de recherche de sons et plans harmoniques « autres »  que répétitions et redites inutiles …);  cependant, tout ce travail qu’elle nous livre, en la sentant s’amuser comme un enfant qui sortirait des jouets de son coffre pour les montrer à ses copains, qui lui est sans doute  nécessaire à sa progression  sur son cheminement  musical, lui permettant une compréhension de la texture et perspectives de sa voie(x) , peut-être pourrait-elle transcender tout ça en focalisant ses effort sur son espace où elle est la plus convaincante  : le chant !

Les deux acteurs se connaissent, bien. Complices, regards, clins d’yeux rieurs, sourires et tendresses partagées avec le public aussi. En lançant blues et belles rengaines comme des bouquets de fleurs à travers la salle.

Second set :

Deux autres guitares investissent la scène. Voici maintenant 2  somptueuses Gibson et la belle Cavallier   en action, vite rejoint par la voix sur un « Sweet Georgia Brown » sur vitaminé , la soirée n’est pas finie ! Encore du bonheur à offrir, de nouvelles idées à explorer, de la beauté à partager …. et on en réclame encore !

Merci à vous Rachael et Thierry, de votre générosité et votre bon goût

Pocket Jazz Duo, photo Alain Flèche.

Pocket Jazz Duo, photo Alain Flèche.

Par Alain Flèche, photos par Pocket Jazz Duo et Alain Flèche.

The Pocket Jazz Duo

Anne QUILLIER / Pierre HORCKMANS – WATCHDOG

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Label Pince Oreilles

Par Alain Flèche

Mais que regarde donc ce chien en habits d’apparat  souhaitant la bienvenue à celui qui a les oreilles grandes ouvertes !? (Belle  illustration de la jaquette). Mais où sommes-nous donc ? Jazz, expérimentation, calculé, lâché, écrit, Joué ! Pas facile de trouver le fil d’Ariane.Son, ambiance, citations, références, déviations, promenades urgentes. Des gammes devenues classiques sur des trames résolument actuelles.Anne ne se gêne pas pour allier, mixer, mixter, mélanger les claviers – piano, Fender Rhodes et Moog –  pour une musique sans étiquette, juste le bonheur de partager des idées qui passent au bout des doigts posés sur les instruments qu’ils effleurent les uns après les autres, ou en même temps.Nombre des capacités des appareils sont exploitées, sans lourdeur ni effet catalogue, les choix s’inscrivent sur cette palette sonore de bon aloi, sans ostentation. Judicieux. Pierre, lui, nourrit et habite les espaces prévus (peut-être un peu trop …) dans des pièces, fussent-elles de sa plume, où il ne trouve pas toujours bien sa place; ce bon vieux dilemme/équivoque : trop ou pas assez !? Heureusement pour lui : suffisamment de présence pour rebondir sur de l’impromptu à défaut d’imprévu. De belles phrases qui pourraient faire oublier les facilités de remplissages si elles ne gâchaient, parfois, l’attente de quelque prise de risque qui tarde, trop souvent, à pointer le bout de sa anche. Les compositions sont élaborées, éclatées, agréables, insidieuses, faussement faciles, pas toujours simples à suivre, donc à accompagner; après plusieurs écoutes, l’intention de ce projet se précise, tout réside, bien entendu, dans la complicité quasi permanente entre les deux protagonistes, excellents. Musiciens, lauréats du 36ème concours de La Défense, distinction approuvée . Sans doute beaucoup de travail en amont, encore beaucoup à faire pour être définitivement convaincant. On pardonnera les faiblesses de cette  honnête tentative, souffrant sans doute des limites de la musique pratiquées dans des perspectives d’exploitation différés (en studio d’enregistrement) en gageant que ce duo doit être bien plus convaincant, dynamique, expressif, fin, furieux, fou enfin, dans un contexte de partage immédiat, avec public attentif, donc programmation à suivre …

Par Alain Flèche

http://www.collectifpinceoreilles.com

Michael FORMANEK Ensemble KOLOSSUS – The Distance

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Label ECM

Par Alain Flèche

Nouveau projet de Michael Formanek avec ensemble Kolossus! Aussi énorme que l’enregistrement de Sonny Rollins auquel ce titre fait (peut-être) référence !? Tant dans la quantité, pas moins de 18 musiciens convoqués pour l’aventure, que qualitativement, que la crème du new « Big Apple » ! Que du beau linge ! A  faire rêver toute boite d’édition. Et le chef qui s’y colle pour gouverner tout ça, le 19eme élément, pas des moindres : Mark Helias ! Si !« The distance », titre de l’album (et du 1er morceau, distance séparant ce que chacun comprendra à l’aune de sa propre intelligence!) pour introduire une suite en 8 mouvements, sujet : Exoskeleton (littéralement : partie extérieure « exotérique » du squelette). Dès l’ouverture, les 13 anches et cuivres installent une nappe sonore qui tient plus de l’élément aquatique que du bout de tissu recouvrant une table. Compositions et arrangements très pertinents qui donnent de l’espace et du temps pour comprendre l’intérêt du sujet sans lasser, l’oreille reste accrochée au discours jusqu’à la conclusion. Le piano de Kris Davis (omniprésente dans cet enregistrement, personne ne devrait s’en plaindre) va prendre le 1er chorus dans cette suite sans échelle. Et puis, par-dessus, presque du bruit, des parasites … non, ce n’est pas la chaine Hifi qui est en cause, seulement Tomas Fujiwara et ses peaux et métaux un peu sale (presque grunge?!) qui s’installe. Ce pauvre, mais beau, trop beau piano pensait traverser le Styx paisiblement ? Que nenni ! La batterie infernale ne va avoir de cesse que de le tirer  vers le fond. Le fond de son intention, couler ou se débattre, c’est le challenge ! Bien sûr, la belle dame va s’en tirer avec les honneurs, mais non sans avoir concédé quelques victoires à la « Bête » enragée. Une autre partie de cette suite, Chris Speed va s’y coller. Avec autant de risques, de hargne; les tentatives de sauvetage à l’arrache et pied-de-nez ne suffirons pas, la lutte est sévère, pourtant, le saxophoniste atteindra l’autre rive épuisé, rompu, mais sauf. C’est le tour de Mary Halvorson, tellement concentrée/concernée, qu’elle en oublie son pathos habituel, sur ce coup-là point de glissandi pour faire joli, du concret ! Elle ne devra cependant son salut qu’à force de beauté que nous lui connaissons et force d’accords voir de blockchords quasi tyneriens qui épaterons jusqu’à son adversaire batteur/battu qui la laissera passer sur l’autre rive saine et sauve. Dernière partie (après bien des péripéties). L’expérience aidant, l’orchestre resserre les rangs, tous groupés ! Digne du radeau de la méduse. Tous unis dans une diatribe concertante et free à qui mieux mieux mais dans le plus bel exemple d’harmo(lo)die du genre … Et c’est la trompette de Ralph Alessi qui monte au créneau, cerbère-drum n’en puis mais et, de guerre lasse, finit par laisser passer la troupe ! En fait, il ne l’a pas trop ramené sur ce coup-là ! Épuisé des combats précédents, submergé de l’intention du groupe au coude à coude à en découdre jusqu’à la victoire, ou la dissolution (alchimique), et la Métamorphose (écrit : Metamorphic) : dernière partie de cette suite) est consommée. Maintenant, la voie est libre. Libre à chacun de tenter à présent la traversée. Ne pas oublier biscuits et bouée ! Les réminiscences des exploits précédents devraient suffire à rendre le voyage presque  confortable. Tel le Grateful Dead nous ayant aidé à ce va et vient de réalité consensuelle à vision psychédélique (trip), Michael Formanek nous offre ici sa conception du « grand pas » à ne pas manquer et propose les outils idoines à rendre la traversée, peut-être pas si confortable, mais pour le moins possible. Bonne route !

Par Alain Flèche

 http://michaelformanek.com/

La Gazette Bleue n°19 vient de sortir ! Spécial Samy Thiébault & bien plus !

Bonjour !

Voici la Gazette N°19 • Novembre 2016

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Trois ans déjà ! On fête ça avec un entretien accordé par Samy Thiébault dont le magnifique « Rebirth » vient de sortir. On a aussi rencontré Sophie Bourgeois, Ceiba, Cyril Amourette, Frédéric Thaly (Martinique Jazz Festival). Visite au Café de l’Orient (Libourne) et flashback sur des festivals : Capbreton, Anglet, Marciac. Et toujours les chroniques de disques, de livres et vos rubriques habituelles.

Bonnes lectures !

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Sylvain Darrifourcq In Love With – Le Off Monsaguel 29/10/16

In love with Monsaguel

Par Stéphane Boyancier (Texte et photos)

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L’association Maquiz’Art propose un festival se déroulant du mois d’octobre 2016 à mai 2017 à Eymet en Dordogne. La deuxième soirée de cette programmation se déroule le samedi 29 octobre 2016 à Monsaguel (environ 20 km du lieu habituel des spectacles). Initiative de la mairie du village afin de développer la culture en milieu rural et ce, à titre d’essai, mais  la main du maire est tendue à l’organisateur afin de renouveler l’expérience dans les années à venir. Des festivals, plus près de la région bordelaise, sont déjà dans cette démarche d’investir les communes limitrophes de leur site d’implantation initial comme les Nuits Atypiques de Langon ou Uzeste Musical.

Le Tricollectif est un vivier de musiciens de la région parisienne dont le trio présent ce soir est issu. Il s’agit de In Love With composé de Sylvain Darrifourcq (batterie et percussion), Théo Ceccaldi (violon alto) et son frère Valentin Ceccaldi (violoncelle).

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Après une courte présentation du groupe, les frères Ceccaldi lancent le set avec un motif répétitif et saccadé qui donne déjà l’atmosphère dans laquelle on va baigner. Sylvain Darrifourcq les rejoint par des touchers de cymbales d’abord doux, qui vont s’intensifier par la suite. Les coups de baguettes pleuvent sur tous les fûts de son instrument. Le jeu de tous les musiciens devient obsédant, ça arrive de tous les côtés, les cordes sont sous tension, la rythmique est endiablée, complexe et soudain tout s’arrête et un jeu léger de violon fait surface pour finir ce morceau nommé, non sans humour « Bien peigné en toute occasion ». Valentin Ceccaldi débute le morceau suivant tout en douceur, le batteur utilise des balais pour des touches très légères alors que Théo Ceccaldi crée des petits sons à la frontière entre le minimalisme électronique et le silence. Place ensuite à un moment d’une intensité folle où les musiciens sont totalement possédés par leur instrument, improvisation ou pas, les musiciens nous font ressentir un espace de liberté dans lequel ils évoluent en toute quiétude pour se retrouver ensemble dans des sphères plus communes pour ensuite les déstructurer une nouvelle fois. A cet instant le jeu du violoncelle rappelle les collaborations du regretté Tom Cora avec le groupe hollandais The Ex, l’énergie du punk du début des années 90 et la fragilité du jeu sur les cordes de l’instrument est bouleversant. Des touches répétitives, obsédantes nous conduisent vers un morceau assez industriel dû au jeu de percussion très sec et métallique auquel se joignent des sons de violons lourds et sombres. Théo Ceccaldi est tel une rock star, maniant son archet comme un guitar hero, ne tenant pas en place sur son côté de scène. Quant à Valentin Ceccaldi, il délivre des sons mélancoliques venant tempérer la fureur de ses deux camarades. Ca cogne, ça frappe, ça frotte, ça vibre, ça pince, ça racle de tous les côtés. Sylvain Darrifourcq utilise des objets divers pour venir frapper sa batterie, y compris un cintre, démonte sa cymbale de charleston pour la frotter sur son tom basse, un son unique en sort alors, un genre de bruit d’usine métallurgique. Le public est entièrement capté par ce répertoire et l’émotion est palpable à la fois parmi l’audience et par les musiciens. Le set se déroule sans pause, les morceaux se succèdent comme une pièce unique. Un ensemble complexe, varié, rempli de sensations à la fois gaies, tristes, angoissantes et joyeuses, comme peut l’être la vie amoureuse puisque le répertoire du trio se veut être autour de l’amour.

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Un set d’une petite heure reprenant les titres de leur album, trop court au goût de beaucoup mais l’émotion transportée par cette musique la rend tellement intemporelle, on raisonne plus au ressenti qu’au nombre de morceaux. La soirée se finit dans le hall de la salle en discutant autour d’un verre, moment de partage, d’échanges ou chacun peut transmettre ses sensations aux musiciens en toute liberté.

Les bordelais auront la chance de revoir des membres du TriCollectif en avril 2017 au Théâtre des Quatre Saisons de Gradignan, juste avant le trio de souffleurs « Journal Intime »  et de revenir à Eymet écouter Das Kapital le samedi 22 avril 2017.

Stéphane Boyancier

http://www.maquizart.com/

http://www.tricollectif.fr/

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Uzestival, vendredi 21/10/2016

Les tambours de l’imaginaire

Par Stéphane Boyancier (texte et photos)

Après une 39ième édition cet été d’Uzeste musical , où l’on a pu voir, entre autres, Serge Teyssot Gay accompagné de Joëlle Léandre, l’Uzestival automnal 2016 nous ouvre ses portes depuis le 20 octobre 2016.

Ce vendredi 21 octobre à l’Estaminet d’Uzeste, Bernard Lubat se livre à une nouvelle expérimentation sonore qui est encore au stade de projet et n’a pas encore fait l’objet d’un enregistrement sur un support physique. L’idée est que Bernard Lubat joue du piano acoustique et que les sons de celui-ci lui soient renvoyés après le passage dans un ordinateur piloté par Marc Chemillier. Se crée alors un dialogue entre les notes originales du pianiste avec toute l’émotion qui transparaît à travers elles et ses mêmes notes malaxées par l’informatique. La chaleur du piano s’affronte avec la froideur mathématique de l’ordinateur. Deux univers en opposition, en discussion, en complémentarité. Cette expérimentation est vue comme un jeu entre les deux artistes, une joute pianistique ou chacun amène son élément. Bernard Lubat fournie la matière première et Marc Chemillier la transforme, l’augmente, met son grain de sel dans le processus de création et la renvoie à l’expéditeur qui, à son tour, lui redonne de nouvelles notes à travailler. Le plaisir d’agir, de jouer sans s’interroger sur la finalité, se laisser aller au processus de création en toute liberté. Un set d’une vingtaine de minutes qui se termine par la lecture de quelques mots extrait du petit calepin de citations de Bernard Lubat avant la mise en place des « tambours de l’imaginaire ».

Le concept est de réunir cinq batteurs d’horizons différents qui vont nous faire découvrir leur univers à tour de rôle pour finir en quatuor de batterie sous la baguette du maître des lieux.

Le premier a monté sur scène est Jérémie Piazza. Il s’agit là d’un solo de batterie, mais pas de ces solos qui interviennent souvent en fin de concert où le public est entièrement acquis à la cause du groupe, un solo qui part de zéro et qui va nous amener en profondeur dans la personnalité de l’artiste. Jérémie Piazza commence tout en douceur, totalement habité par son instrument, pour progressivement nous guider dans son monde et nous ramener tranquillement par des percussions à mains nus sur sa batterie.

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Place maintenant à la batterie horizontale de Mathias Pontévia qui dès son installation sur scène donne le ton et nous entraîne dans une ambiance oppressante, lourde et chaotique. Il joue à l’archet sur une cymbale recouverte de papier aluminium, racle par la suite cette même cymbale sur sa grosse caisse horizontale, active en permanence la pédale venant la frapper… La musique est souvent synonyme de voyage, de détente, elle est là tout son contraire mais le bonheur de se sentir transporté dans cet univers angoissant n’est pas désagréable car c’est la preuve que l’on est entré en communion avec l’artiste et c’est bien là l’essentiel.

Troisième à venir sur la scène de l’Estaminet, Bernard Lubat qui remplace son fils souffrant. Le moment le plus jazzy de la soirée avec des clins d’œil à l’acid-jazz grâce a la présence d’un pavé électronique qu’il joue en même temps que sa batterie « classique ».

Avant dernier à se présenter devant le public et le plus jeune de la troupe, Emile Rameau nous livre une démonstration de sa technique et de sa rapidité. Les frappes se succèdent à toute vitesse qui rappelle les auditions du film Whiplash, qui retrace le parcours d’un jeune batteur désirant intégrer un orchestre renommé.

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Vient enfin Fawzi Berger dont la batterie trône sur le devant de la scène augmentée de nombreux accessoires. Divers objets vont agrémenter son jeu, de petits jouets viennent parcourir les fûts, le siège du batteur faisant même parti intégrante du morceau. Plus accès sur la percussion que la batterie proprement dite, Fawzi Berger nous amène dans des climats de musique du monde tout en douceur et légèreté pour finir cette présentation de nos cinq batteurs du soir.

Tout le monde rejoint la scène pour un moment d’échange et d’improvisation à quatre batteries sous les ordres de Bernard Lubat qui donne les lignes directrices tout en laissant libre cours aux différents protagonistes.

Véritable moment de liberté artistique, cette soirée à l’Estaminet d’Uzeste nous fait entrer dans l’arrière boutique de la création artistique. On vit des moments d’improvisations, de musique vivante dans un lieu avec une âme qui déborde d’énergie créatrice et qui rend curieux. Encore des concerts cette fin de semaine avec la présence de François Corneloup le jeudi 27 octobre 2016.

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Stéphane Boyancier

http://www.uzeste.org

Si tu ne vas pas à la musique, la musique ira à toi !

Par Gwénola Guichard, Photos : Pascal Voviaux

The Soul Jazz Rebels

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Ce 15 octobre les Soul Jazz Rebels ont joué à domicile, dans le confort feutré d’un salon, faisant des infidélités aux traditionnels clubs de jazz et festivals.

Le quartet est composé de quatre musiciens talentueux : Hervé Saint-Guirons à l’orgue, Cyril Amourette à la guitare, Jean Vernhères au saxophone ténor et Christian « Ton Ton » Salut à la batterie.

Une quarantaine de personnes se sont retrouvées non loin de Bordeaux chez Jean-Gabriel pour écouter ce quartet au groove efficace. Ce nouveau concept de concert fut fort apprécié par le quartet. Faire venir la musique aux gens s’ils ne viennent pas à elle, en voilà une bonne idée.

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Convivialité et simplicité étaient au rendez-vous. Profiter d’une pause lors du concert pour discuter avec les membres du groupe aux abords du buffet ou autour d’un verre ajoute à l’originalité de l’expérience.

Le concert a été organisé par un musicien et passionné de jazz dans sa propre maison et le groupe l’a bien ressenti. Ils ont apprécié le climat de la soirée et la configuration du lieu, proche de celui d’un club et adapté à la musique jazz.

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Les Soul Jazz Rebels se sont formés il y a un an et demi et leur collaboration s’est concrétisé par l’enregistrement d’un album, « Chittlin Circuit », chez Black Stamp Music. On y retrouve uniquement des compositions originales auxquelles participent tous les membres du groupe.

Le quartet revient aux racines blues du jazz, celui qui se jouait dans les clubs enfumés et un peu sales dans les années 1960. Un son que l’on entend de moins en moins, déplore Jean Vernhères, le saxophoniste ténor.

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Ils proposent un jazz instinctif et chaleureux, dans la proximité. Une musique simple en apparence mais ultra maîtrisée. Tout repose sur l’improvisation. Le son est un peu gras mais très énergique.

Leur musique se veut un jazz abordable, pas élitiste. Et la réaction enthousiaste du public confirme cette volonté d’une musique accessible. En fin de concert certains ont partagé une danse tandis que d’autres se levaient pour mieux partager leur enthousiasme, sans oublier un rappel unanime.

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L’initiative de concert privé a vocation à promouvoir la musique de jazz hors des cercles d’initiés et gagnerait à être imitée.

 

www.souljazzrebels.com

Album « Chittlin Circuit » chez Black Stamp Music

Alex Golino : hommage à Hank Mobley

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

La Belle Lurette, Saint-Macaire le 22 octobre 2016.

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Il y a bien longtemps que je n’étais pas allé à la Belle Lurette la bien nommée. Exactement depuis le 30 avril dernier pour l’International Jazz Day ; et oui en Anglais dans le texte, Saint-Macaire n’a t-elle pas été sous protectorat anglais au Moyen-Age !

Après un break cet été le Collectif Caravan a donc repris ses activités en association avec cet endroit depuis le début de l’automne et ça nous manquait. La première jam, début octobre – chaque premier dimanche du mois de 17 heures à 19 heures – a ouvert la saison de jazz et d’autres concerts, de rock ou de chanson française ont déjà eu lieu. Pierre et Sylvain qui ont repris l’établissement en 2011 sont de grands amateurs de musique et bien heureusement nous font partager leur passion (lire la Gazette Bleue #17).

Ce soir l’invité est Alex Golino, le saxophoniste ténor Italo-Gréco-Bordelais, un invité de marque tellement son talent est grand. La formation avec qui il joue est le trio habituel composé de Thomas Bercy au piano, Jonathan Hédeline à la contrebasse et un « petit nouveau », Alban Mourgues aux baguettes. Ce dernier, longtemps élève du maître de la batterie Charles « Lolo » Bellonzi, fait partie des batteurs qui montent qui montent et c’est une chance de le voir souvent désormais dans le coin, lui qui n’habite pas la région mais Poitiers. Ah oui au fait Poitiers c’est la Région maintenant !

Mai ce soir la vedette c’est Alex Golino qui a décidé de rendre hommage à un de ses collègues saxophonistes, pas forcément celui dont le nom vous vient de suite en tête, mais qui a pourtant laissé une belle trace en tant que leader (une trentaine d’albums) ou comme sideman (Jazz Messengers, Donald Byrd, Miles Davis, Dizzie Gillespie…) ; il s’agit d’Hank Mobley, compositeur très prolixe dans les années 50-60. Alex joue justement dans ce même registre, c’est un bopper, un hard bopper mais tout comme Hank, il excelle en Bossa Nova.

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« A Baptist Beat », un Gospel, lance la soirée, avec de suite swing et chaleur. Alex démarre dans les graves d’un son moelleux et chaud, le ton est donné il va se lâcher. Car Alex ténor au velouté élégant n’est pas du genre à se mettre en avant et ce soir ça va vraiment faire plaisir de l’écouter totalement libéré. « Recado Bossa Nova » très mélodieux commence classiquement jusqu’au chorus de Thomas Bercy qui le fait exploser. Diabolique, infernal Thomas Bercy comme va le qualifier Alex lors des présentations. Je n’ai pas vérifié mais je doute qu’il n’ait que dix doigts…

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Jonathan fait chanter, voire même danser, sa contrebasse, ce qui n’est jamais une mince affaire et on découvre Alban au drumming complet et inspiré . Dans la ballade suivante « Darn That Dream » il se fait tout en discrétion et légèreté tout comme ses deux collègues alors qu’Alex nous caresse voluptueusement de son sax. Un régal.

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La Belle Lurette est pleine à craquer, toutes générations confondues avec même des enfants en bas âge, la bonne humeur est palpable, un vrai club de jazz, animé, vivant, à l’écoute, ou pas, on s’y sent bien.

Quelques mots sur la magnifique exposition des dessins de Cyril Pi-R représentant des portraits de musiciens célèbres ; elle est visible à la Belle Lurette jusqu’au 5 décembre.

Le plus dynamique « The Morning After » nous prouve qu’Alex Golino est du matin car il s’y fait très volubile ; Jonathan nous la fait presque guitar hero soutenu par le chabada d’Alban avant que le pianiste fou ne nous éclabousse de notes bleues. « The Morning After » on peut parfois être déçu… mais pas cette fois, quel bonheur !

« Avila and Tequila » nous montre l’étendue du registre d’Hank Mobley, ce hard bop mélodieux et dynamique caractéristique de cette époque.

La pause est bienvenue, il règne une chaleur tropicale dans le bar et les musiciens ont déjà bien travaillé. La sono bar diffuse le « Funky Blues » de Charlie Parker, on est entre de bonnes mains. C’est l’occasion de faire connaissance avec Alban qui n’est pas là par hasard ayant maintes fois joué avec Thomas Bercy, et même avec Alex. Alors que parfois certains se plaignent que le jazz sommeille à Bordeaux, Alban nous remet les idées en place en parlant du désert musical de Poitiers…

 

Hank Mobley a collaboré avec Miles notamment sur le premier thème du second set « One Day My Prince Will Come » que les enfants présents n’ont pas forcément identifié comme étant issu de « Blanche Neige ». Belle version.

« Funk and Deep Freeze », « Chain Reaction » nous propulsent gaiement vers la fin du concert. Gros swing pour le rappel, certaines dansent, les chorus continuent, on y passerait la nuit. Alex Golino a fait plus qu’honneur à son invitation, bien mis en avant ce soir il a pu faire admirer toute sa palette et pour sûr qu’on le reverra dans les parages. Pour couronner cette belle soirée j’ai même la chance de débriefer le concert avec lui en le ramenant à Bordeaux car il était venu ici non avec le A train mais le 17h52.

Epilogue : cette fin de semaine est un très spéciale pour Jonathan Hédeline qui après cinq ans et de multiples démarches vient d’obtenir son statut d’intermittent. Ses collègues lui ont offert pour l’occasion sa photo prise par Alain Pelletier  et qui faisait partie de la magnifique exposition des photographes d’Action Jazz au printemps ici à Saint Macaire. Pas peu fier Jonathan !

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Un autre monde à la Comoedia 2/2

Par Fatiha Berrak, Photos Thierry Dubuc

Théâtre le Comoedia à Marmande, le samedi 15 Octobre 2016

Gerardo Jerez Le Cam

Gerardo Jerez Le Cam – piano et composition

Iacob Maciuca – violon

Manu Comté – bandonéon

Mihai Trestian – cimbalom

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Voici une entrée plutôt rythmée, métissée à prédominance caribéenne, nous surfons tous volontaires sur la vague qui nous entraine dans son élan pour nous retrouver curieusement quelque part en Argentine plongés dans un souvenir d’enfance de Gerardo Jerez Le Cam. Il est question d’une étrange histoire qui découle d’un grimoire des us et coutumes de son pays natal comme il en existe partout ailleurs, là où les croyances restent bien ancrées. Une histoire de sortilège et de pauvre chat sacrifié autour de minuit ce qui à l’époque le terrifia. Boo !!! Un souvenir, qui va lui inspirer une composition musicale supplémentaire … Décidément rien ne se perd !

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Il y aura aussi cette très belle balade avec ses suspens et impromptus où se mêlent toutes sortes d’émotions. Celles de la drôlerie à la douleur, de la douceur à la folie ou celles d’une course qui n’en finit pas et qui pourtant s’arrête pour s’étendre un moment dans les hautes herbes d’une prairie baignée de vent, de soleil, de flottements et de clapotis. C’est l’histoire des humains et tous leurs liens savamment cousus et décousus et inversement …

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Il y a également ce passage où le temps se suspend sur le thème universel de la solitude au rythme d’un bandonéon qui vire, chavire et se traine. Il nous parle à voix basse, se tait presque puis repart d’un pas lent, pas triste mais plein de tendresse, il tend ses bras nonchalants revient s’assoir le regard poignant tourné vers le lointain d’un jour qui s’éteint …Solo de Manu Comté, accordéoniste, compositeur de musiques originales et réalisateur ou arrangeur pour le cinéma, voici des touches qu’il maitrise aussi.

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Plus loin, c’est le violon qui crée un pont et qu’il empreinte sur un rythme yiddish pour venir rejoindre de ce coté de la rive, le piano, le bandonéon et le cimbalom qui l’attendent, coeurs unis pour une virée d’abord nostalgique, indécise puis emballée, passionnée, dans la fougue et la joie. C’est la jeunesse qui court et soudain voilà que le temps rattrape tout et tous … Même si la fugue reste permise !

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Il y a ici une résonance musicale aux couleurs chaudes et sombres d’où les traditionnelles argentines, roumaines et moldaves sortent de l’ombre pour se conter en gouttes et en flots de notes chamarrées …

 

Nicolas Folmer 

Nicolas Folmer – Trompette

Julien Herné – basse

Olivier Louvel – guitare

Maxime Zampieri – batterie

Laurent Coulondre – keyboards

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Après une pause, nous voilà propulsés dans une ambiance qui attrape la lumière et la fait tourner dans tous les coins de la scène avant d’inonder la Comoedia d’une clarté musicale vivifiante comme un courant d’air inattendu et réjouissant.

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C’est bien lui Nicolas Folmer, trompettiste de jazz à l’inspiration musicale large, qui va de la sonorité latine au jazz funk. Un magnifique musicien qui est sollicité par de nombreuses personnalités de l’univers du jazz, tels que Diana Krall, Richard Galliano, Dee Dee Bridgewater entre autres qu’il a accompagnée pendant 3 ans. A ses débuts il rencontre Wynton Marsalis qui lui inspire son orientation jazz et avec qui il eu l’occasion de jouer au Festival Jazz in Marciac quelques années plus tard. Nous ne sommes pas à Jéricho, mais à Marmande ce soir, pour une trompette qui nous dit les beaux jours par n’importe quelle saison.

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Quand à Julien Herné, Olivier Louvel, Maxime Zampieri et Laurent Coulondre, ils ont donné toutes leurs couleurs au bouquet de cette très belle formation. Bravo pour la disponibilité et la sympathie de tous ces artistes parce qu’ils sèment ce qu’ils sont pour que l’on s’aime tels que nous sommes dans notre différence.

 

Monique Thomas Quartet « C’est si bon »

par Philippe Desmond, photos Irène Piarou.

Centre culturel de Créon, jeudi 20 octobre 2016.dsc00413

Il en va des habitudes comme du reste ; il y en a souvent de mauvaises mais heureusement il y en a de bonnes. Les « jeudis du jazz » de Créon d’après vous font partie desquelles ? Bien sûr des secondes et cela depuis maintenant huit saisons. Toujours le dernier jeudi avant les vacances scolaires… sauf cette année avec ce calendrier insolite où elles ont commencée un mercredi. Mais ce léger dérèglement n’aura pas suffi aux deux cent cinquante personnes présentes de rater ce rendez-vous.

Larural, l’association qui pilote de main de maître ces soirées n’est pas allée bien loin pour programmer cette première session de la saison. Elle a certes été chercher une chanteuse américaine mais à deux rues d’ici, la désormais Créonnaise – depuis 2005 – Monique Thomas. Pour l’accompagner, et bien plus encore, le batteur Didier Ottaviani son mari à la ville, Hervé Saint-Guirons à l’orgue et Yann Pénichou à la guitare.

Le principe de la soirée est toujours le même, ouverture des portes à 19 heures, dégustation de vin – ce soir les vignobles Desages à Baron – assiette garnie, pâtisserie, et à 20 heures jazz !

Carlina Cavadore et Serge Moulinier présentent le spectacle et la saison qui s’annonce, les lumières s’éteignent et comme à chaque fois ici le miracle se produit. Une salle animée, bruyante jusque là devient la plus attentive qui soit, avec une écoute exceptionnelle. Les musiciens apprécient vraiment.

Nous ne le savons pas encore mais nous allons assister à un concert exceptionnel mené de main de maîtresse par une époustouflante Monique Thomas. Non seulement elle chante merveilleusement mais elle a une présence scénique étonnante, capable de passer des émotions dans son chant tout en assurant les transitions avec un humour et une fantaisie remarquables. Une aisance incroyable, de la puissance, des nuances, des graves aux suraigus, aucune esbroufe, aucun procédé, un talent pur… et certainement beaucoup de travail !

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Monique est américaine donc, élevée au Gospel à Philadelphie. Messe obligatoire chaque dimanche, un peu contrainte et forcée, mais contrairement à chez nous où l’ambiance y est souvent mortifère, rythmée par ces chants et rythmes qui ne peuvent vous laisser de marbre et parlent à vos émotions, croyants ou pas. C’est de cela dont elle va tirer cette envie de chanter pour notre plus grand bénéfice ce soir.

Monique a décidé de nous faire un tour d’horizon du jazz, du Gospel au New Orleans et bien d’autres aspects. Départ en trombe avec un premier titre dynamique où transparaît déjà l’aisance de la chanteuse et la maîtrise des musiciens. L’orgue sonne très bien, déjà un chorus d’Hervé pour s’en persuader, la guitare de Yann est chantante et Didier se joue de sa batterie avec sa finesse habituelle. Ça devrait bien se passer.

Assez vite Monique attaque un Gospel commencé a cappella, puis rejointe par le trio et les battements de mains du public. Ce public elle va l’embarquer avec elle toute la soirée, le sollicitant, le faisant chanter, taper dans les mains comme dans le traditionnel « Sea Lion Woman » ou « See Line Woman » repris par Nina Simone, mais aussi en lui donnant le frisson comme dans cette déchirante version de « Strange Fruit » chantée dans un silence de cathédrale, quelques larmes coulant sur les joues de certains, dont les miennes. Il faut dire que les étranges fruits en question ne sont autres que des pendus, des esclaves noirs, un témoignage d’une autre époque que certains, lors des élections américaines qui se profilent, aimeraient voir revivre… Monique l’Américaine passe aussi un message politique, plus précisément humaniste.

Mais aussi Monique la Créonnaise qui exprime avec humour sa joie de vivre ici et de se produire devant ce public local. Public qu’elle va gâter avec par exemple ce très bel arrangement de « Cheek to Cheek » et ses variations de rumba, avec le classique « Moanin’ » d’Art Blakey sur lequel elle va scatter superbement, le trio étalant lui tout son talent. Répertoire éclectique avec aussi le langoureux « Tight » de Betty Carter, « Look for the Silver Lining » message d’espoir, « Basin Street Blues » où Monique nous fait vocalement le solo de trompette de Louis, « Let my People Go » avec au passage un message contre le racisme, le sexisme, l’oppression…

Une leçon de chant, de swing, mais aussi de l’émotion et du contenu, loin d’un récital sans saveur, avec des musiciens que nous connaissons par cœur à Action Jazz mais qui nous ont encore épatés ce soir. Ils étaient pourtant un peu inquiets car même si les titres étaient des standards, c’était la première fois qu’ils les jouaient dans cette configuration et avec ces arrangements.

Final de « second line » Irène et Alain Piarou, habitués de NO, ayant des fourmis dans les jambes ; « là-bas pour ce genre de morceau tout le monde se lève et défile en faisant tourner les serviettes » précise Irène. En France aussi on fait tourner les serviettes mais pas là-dessus…

Salut et rappel enthousiaste du public qui se voit offrir une merveille de « C’est si bon » Monique, en bon professeur qu’elle est, guidant le chant de tous. Un bonheur.

Ce soir il fallait être à Créon, le feeling du jazz y était présent. Prochain rendez-vous le jeudi 15 décembre avec le Tri Nations trio.

http://www.moniquethomasmusic.com/