Alexis Valet sextet à Jazz and Blues

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Festival Jazz and Blues

Beautiran (33) le 1er juin 2017.

Le vibraphone est un curieux instrument, il ne laisse certainement pas indifférent. Un lointain cousinage avec un orgue de par l’utilisation de tubes métalliques, une mécanique complexe en font un drôle d’engin musical, classé parmi les percussions mais aussi joué souvent par des pianistes. Vieux de cent ans il s’est imposé dans le jazz avec, dans des styles différents, Lionel Hampton, Milt Jackson et bien sûr Gary Burton.

A Bordeaux ils sont deux jeunes musiciens à exceller avec, Félix Robin avec le groupe Capucine et Alexis Valet qui ce soir est à la tête de son sextet pour le concert d’ouverture du 22ème festival Jazz and Blues.

Un sextet de jeunes grands talents qui commencent à bien rayonner en dehors de la région avec Simon Chivallon (piano électrique), Olivier Gay (trompette), Jonathan Bergeron (sax alto), Tom Peyron (batterie). Ils sont chaperonnés par Nolwenn Leizour (contrebasse) qui malgré sa belle jeunesse fait ici figure de doyenne.

Malgré la forte promotion de l’événement le public a eu du mal à trouver le chemin de l’espace culturel de Beautiran et comme très souvent les absents ont eu tort, ce qui permet d’affirmer que nous les présents avons eu raison.

Hormis une composition de Jacques Schwarz Bart, « Blues Jonjon » tous les titres joués ce soir seront des compositions de trois des musiciens, Alexis, Jonathan et Olivier. De bons instrumentistes il y en a pléthore, de bons compositeurs il y en a déjà moins, ils en font partie.

De la modernité de suite avec « Chich Taouk »* de Jonathan Bergeron qui sur une base rythmique soutenue va d’abord permettre des chorus flamboyants de trompette et d’alto, une étonnante impro de piano aérienne de Simon – qu’il est bon ! – suspendant le temps un moment, avant que le vibraphone – un Musser pour les connaisseurs, un must – et ses notes tenues ne vienne ajouter sa tonalité douce et pastel. En solo à deux baguettes (des mailloches) ou en harmonie à quatre Alexis en est un maître ; s’ajoute le plaisir visuel, persistance rétinienne oblige, de voir les arabesques des mailloches accompagner cette sonorité si particulière.

« Yaoundé » et son intro de haute volée et « Hopeful Day » d’Olivier Gay confirment son talent de compositeur. Du jazz moderne très écrit qui se transforme soudain en Be Bop swinguant, tournant bien rond pour un cocktail très réussi, une façon de tirer le public vers des sonorités inhabituelles sans le désarçonner. Une musique chaleureuse et riche à la fois.

Pourquoi de temps en temps le nom du premier Lifetime de Tony Williams me vient-il à l’esprit ? Peut-être aussi grâce au drumming créatif et contrasté de Tom Peyron…

Un titre d’Alexis « Apple Terror » nous embarque avec une intensité montant lentement mais inexorablement. Alexis a enfin retroussé les manches de sa chemise et les baguettes virevoltent encore plus, magnifique. Dernier titre « 6.3 » aucun rapport sans doute avec la quinzaine de Roland Garros sinon qu’il nécessite un rappel en guise de manche supplémentaire pour boucler le match.

Et Nolwenn qu’Olivier m’a cachée pendant presque tout le concert à mon grand désarroi ? Magistrale comme d’habitude avec des grilles pas faciles avoue t-elle (de sacrés tordeurs de notes ces jeunes musiciens), tissant sa trame indispensable tout du long.

Les absents ont vraiment eu tort.

Le festival se poursuit jusqu’au 9 juin avec encore 5 concerts et 7 artistes, allez y ça vaut vraiment la peine : http://www.jazzandblues-leognan.fr/

Alexis Valet est ce soir au Caillou avec le quartet King Of Panda

* orthographe des titres sous réserve

2 commentaires sur “Alexis Valet sextet à Jazz and Blues

  1. LEGAL dit :

    Bonjour,
    Avec des partenaires, nous commençons à préparer une nouvelle manifestation qui se déroulera au mois de septembre 2018.
    Je souhaite en parler de vive vois plutôt que par mail.
    merci de me contacter au 05 56 42 51 17 ou 06 85 92 75 98
    Bien à vous

  2. Kate dit :

    J’avoue que je ne connaissais pas cet instrument avant aujourd’hui. Il faut dire que ça valait la peine de passer par là ! Merci beaucoup et bonne continuation pour le blog.

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