Alê Kali chez Alriq ; une nuit ensoleillée

Par Philippe Desmond.

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Un bien triste printemps agité n’arrête pas de se traîner vers un été qui semble parti en goguette, la journée en a été le reflet total. Aller à la guinguette Alriq ce soir quelle idée ? Quelle bonne idée oui, merci de me l’avoir soufflée mon amie !

Il est 21 heures, plus un nuage, un ciel d’un bleu azur presque inquiétant, un coucher de soleil éblouissant sur les quais de Bordeaux, une corne de brume, voilà une invitation au voyage qui ne se refuse pas. Direction le Brésil avec la soirée de sortie d’album d’Alê Kali la musicienne chanteuse brésilienne la plus connue de Bordeaux où elle est installée depuis cinq ans.

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Jolie scène, décorée des créations d’Eduardo Ver illustrant les titres de l’album, bien remplie avec Mathieu Cayla à la guitare, Anthony Duvalle aux percussions et l’étonnant bassiste brésilien Josias Pedrosa (les deux derniers déjà entendu au Caillou en 2015).

Avec Alê Kali et notamment sur l’album qu’elle présente on est bien sûr au Brésil mais loin des clichés habituels. De la samba oui mais parfois lente, souvent poétique, pas de folklore. D’autres rythmes qui me sont étrangers arrivent mais mes oreilles les apprécient de suite. De la modernité, du dub-blues « Nâo Precisa », de la pop-rock électrique énergique avec « Nâo me fale nada ».

Alê Kali c’est surtout une voix superbe, claire, sensible et une belle présence scénique rehaussée par le scintillement de sa tenue mordorée contrastant avec ses boucles noires. On ne comprend pas les paroles mais la douceur et la suavité de la langue brésilienne laisse augurer de belles histoires. La guitare de Mathieu Cayla installe souvent le climat des morceaux (au fait pourquoi on dit morceau comme pour la viande?) dans le registre très caractéristique de la musique du Brésil. Aux percussions Anthony Duvalle s’active sur ses nombreux accessoires avec énergie ou grande douceur, un régal. La découverte c’est Josias grand bassiste sachant excellemment tout faire, même du slap ou du dub. La grande classe.

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Le vent est tombé, la soirée devient presque douce grâce à la musique et à la beauté insolite du lieu, quelques verres de jus de canne distillé diplomatiques aidant bien à cette atmosphère. Des invitées sont appelées sur scène, Patricia Sireyjol et son cavaquinho, Valérie Chane-Tef au piano et même Ceïba qui y découvre le surdo, ce gros tambour brésilien dont le son très grave vous traverse le corps.. De la douceur on est passé à la chaleur car la piste de danse est remplie et ce qui n’était qu’un rappel devient presque un second set !

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Jolie parenthèse que cette nuit ensoleillée, demain il pleut…

www.alekali.com

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