3ème édition du festival « Jazz Au Pôle »

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

Théâtre De Gascogne de Saint-Pierre-du-Mont près de Mont de Marsan

Du 07 au 13 février 2017 où se dérouleront, concerts, expositions, rencontres et scènes ouvertes.

Cette année l’instrument mis à l’honneur est le piano, l’édition 2016 résonnait au son de la trompette, 2015 était consacré au saxophone.

Le mardi 07 février 2017

A notre arrivée à 19h dans ce vaste hall à la fois moderne et chaleureux nous étions fort bien accueillis en musique par les élèves de la classe de troisième cycle du département Jazz, du conservatoire départemental des Landes, sous la direction de Didier Ballan, professeur attentif.      

Autour d’un piano pas comme les autres, cette pièce unique qui évoque par ces lignes aériennes un voilier prêt à nous embarquer pour de nombreux voyages musicaux, créé par deux passionnés, Xavier Bontemps, restaurateur de pianos anciens et François Desmarchelier, designer et ébéniste. Après les concerts il est mis en libre accès pour tous les pianistes qui le souhaitent. Des pianistes, ici il y en a et d’excellents ! Le tout dans une ambiance festive des plus sympathiques … D’ailleurs nous en profitons pour remercier tous les responsables du festival ainsi que les bénévoles. Merci à Julie Gatineaux, médiatrice culturelle et Antoine Gariel, directeur des politiques culturelles de Mont de Marsan.

Thomas Enhco

Pianiste, violoniste, compositeur de musique classique et de jazz français.

Elève du conservatoire national supérieur de musique et de danse. Il est issu d’une famille d’artistes renommés, Thomas Enhco « baigne dans la musique depuis toujours » dès 3 ans il fait l’apprentissage du violon et à 6 ans celui du piano, il est formé à la fois au jazz et au classique semble-t-il pour son bonheur et aujourd’hui pour le nôtre aussi …

A 12 ans, Thomas entre au centre des musiques Didier Lockwood où il étudie pendant 3 ans auprès de musiciens de jazz français et internationaux, il joue au côté de Mike Stern, Biréli Lagrène, André Ceccarelli ou Niels-Henning Orsted Pedersen.

A 14 ans le jeune homme forme son premier groupe « Thomas Enhco & Co » un trio dans lequel il joue du piano et du violon, avec Zacharia Abraham à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie puis un peu plus tard, son frère David Enhco trompettiste, les rejoindra également.

En juin 2013, il remporte le prix de la révélation de l’année des victoires du jazz.

Il accompagnera au piano ou au violon les artistes tels que Billy Cobham, Martin Taylor, Toots Thielemans, Bobby Durham, Rhoda Scott, Étienne M’Bappé, Sylvain Luc, Nicolas Folmer, Thomas Bramerie, pour ne citer qu’eux …

Sa discographie :

2006, Esquisse, Ames – 2009, Someday My Prince Come, Blue in Green – 2012, Fireflies (Label Bleu) – 2015, Feathers (Verve Records) – 2016, Funambules (Deutsche Grammophon). Feathers, est son premier album solo.

Nous sommes dans la grande et très belle salle de concert parée de rouge et de noir, n’attendant plus que ce jeune homme qui entre avec son allure d’adolescent et son aisance naturelle, il s’installe sous la loupe qui l’éclaire pour faire jaillir du piano un air frais dynamique et joyeux au nom de « Fire dance » lumineux et captivant. Puis s’en suit une mélodie romantique et un peu nostalgique, qui nous regarde passer et nous insuffle le simple sentiment de bonheur, ce même bonheur que l’on peut voir parfois s’éloigner sans rien dire et qu’ici les notes nous poussent à suivre plus loin, pour distinguer cette silhouette chère à notre cœur, qui soudain revient et vers qui toute l’attention converge dans une spirale de sentiments aimants.

Thomas nous dit que le matin même il jouait à Pau au sein d’un orchestre symphonique alors, ce soir il se sent un peu seul, avec un air amusé aussi et qu’il n’a rien préparé pour notre rencontre mais qu’il allait improviser son répertoire comme il le sentait. Il lui arrive de temps à autre de se lever pour aller taquiner les cordes basses du piano avec une certaine nonchalance. Il nous parle de ses compositeurs illustres qui ont contribué à son inspiration, tels que Robert Schumann, Johannes Brahms et autres romantiques, mais aussi Thelonious Monk pour son jazz improvisation. Nous étions durant prés d’une heure trente accrochés à ses bras et simplement heureux d’être là, en si bonne compagnie.

 

Le mercredi 08 Février 2017

Paul Lay, raconte Billie Holiday

Paul Lay est natif d’Orthez, il poursuit ses études classiques à Toulouse puis découvre le jazz lors d’un stage à Marciac. Il entre au conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Alors qu’il vient d’être diplômé, Paul Lay intègre le Quintet du contrebassiste Riccardo Del Fra, l’un de ses anciens professeurs.

Sa discographie :

2010 en trio sous le label Labory Jazz « Unveiling »

2014 Paul Lay Mikado Quartet « Workaholic »

Pour la dixième étape de ce projet Paul Lay, pianiste virtuose, récompensé par le prix « Django Reinhardt 2016 » se pose à Saint-Pierre-du-Mont aujourd’hui et nous accueille dans son univers passionnant.

Nous sommes à la fois au théâtre, au cinéma et sur une scène de concert où est placé à notre gauche, un piano à queue noir laqué tiré à quatre épingles et sur lequel il ne manquait plus qu’un gardénia.

Il n’attend pas longtemps l’arrivée du jeune virtuose Paul Lay, qui va ce soir l’animer à sa façon et rendre hommage à Billie Holiday pour l’occasion du centième anniversaire de sa naissance au rythme d’une existence traversée de touches noires et blanches.

Nous sommes transportés au tout début du siècle dernier, en 1915, l’année du premier souffle d’Eleanora Fagan de son vrai nom.  Les lumières s’effacent et l’écran s’agite grâce à la complicité du vidéaste « Olivier Garouste », vont alors s’entrelacer de façon interactive des extraits de concerts, les paroles et des chants de Billie holiday accompagnés simultanément par l’improvisation du jeune pianiste. Il sera projeté autre chose que de simples images de « Lady Day », mais avant tout l’histoire déchirante d’une femme, dont la vie a forgé ses « voies » et certaines en sentiers épineux à une époque sans cesse bouleversée pour une femme de sa condition. Malgré tout, elle a su planter dans le terreau exigeant de son parcours, une fleur auditive à la fois rare et persistante, troublante et poignante, qui éclot encore de nos jours pour caresser nos oreilles et adoucir nos mœurs, on écoutera également quelques morceaux de personnalités chères à Billie Holiday telles que Lester Young ou Duke Ellington.

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