2 événements au Rocher

Par Alain Fleche, Photos : Philippe Marzat et David Bert

Michael Wollny / Ethan Iverson (The Bad Plus)

44ème semaine de l’année ’16,  2 événements rares, concerts :

Mardi, du duo M.Wollny/V.Peirani et jeudi, The Bad Plus (tout ça au « Rocher de Palmer » Bavo  les mecs !)

Michael Wollny - Vincent Peirani (Philippe Marzat)

Michael Wollny – Vincent Peirani (Philippe Marzat)

Alors qu’est ce à voir, d’un pseudo hasard de programmation réunissant à quelques jours de distance, 2 tendances, peut-être pas si distantes, de l’expression d’une musique actuelle, réunies sous le vocable « jazz » lui- même réunissant …

2 attitudes différentes de l’approche toujours renouvelée de la recherche de l’instant.

Ici : un son, européen, j’allais dire ‘local’, tenté, teinté de couleurs exotiques empruntées de courants divers, totalement assimilés, d’un romantisme début XXème jusqu’aux dernières trouvailles en matière de cassure de rythmes non réguliers et gammes inhabituelles faisant partie maintenant de nouvelles bases incontournables de recherche harmonique actuelles.

Michael Wollny (Philippe Marzat)

Michael Wollny (Philippe Marzat)

Là : le son aussi; direct de racines enchevêtrées de cultures présentes sur le nouveau continent, importées, voir induites, de travaux en perpétuelle exploration sur toute la surface du globe qu’ils reprennent à leur compte par leur appropriation légitime de tout ce qui fait son.

Les américains sont épatants d’éclats, de rythmes qui se mélanges dans des métriques différentes, qui se chevauchent et se distancent puis se recroisent sans s’être jamais perdu tout à fait de vue !

German / latin, eux, puisent plus dans un romantisme tantôt sombre puis presque joyeux qui virevolte et plonge dans des concerti improvisés, avec orchestre à 4 mains, d’incertitudes aussitôt résolues dans l’unisson improbable de 2 voix qui cherchent, se cherchent … et se trouvent dans une harmonie qui les rassure et les emmène dans des sphères éthérées où chacun de s’exprimer et de se confondre en unité cohérente grâce à une écoute et une entente permanente d’où émergent plaisir et bonheur des acteurs, comme des auditeurs  dans une résolution d’harmonie, bizarre certes, mais juste (du moins entendue comme telle à l’heure d’aujourd’hui).

Les 2, l’un duo ( des potes se retrouvant de temps à autres pour faire correspondre leur avancement perso sur le sujet commun), de  l’autre, trio (depuis plus de 15 ans travaillant ensemble ), réalisés dans leur projet respectif, racontent des histoires différentes, avec un peu les mêmes notes, signes, paroles, qui finissent par les réunir dans une histoire où les repères ne nous sont pas inconnus, là où se mêlent depuis longtemps rythmes gammes et progressions harmoniques de tout horizon, ne l’oublions pas : ayant pour but (et origine!?) d’amener l’humanité toute entière vers plus de communication … et d’entente !

Ethan Iverson (David Bert)

Ethan Iverson (David Bert)

Bon, à part ce rapprochement dans cet espace/temps, de 2 jalons de la « musique toujours tout’neuve » qui ont affirmé leur recherches … et découvertes par des angles autres mais pas si éloignés, quitte à se situer aux antipodes l’un de l’autre, où ils en deviennent indissolublement complémentaires… ce que nous comprenons puisque nous avons déjà parlé de ce qui les rapproche.

Voici un magnifique exemple d’existence, aujourd’hui, là, si proche, de Musiques qui nous parlent, et se parlent, du même langage, sans mondialisation aucune, plutôt la Cité Céleste (où tout ce qui est épars est réuni) que Babel ! Emulation plutôt que compétition, rapprochement plutôt que challenge. Nous sommes tous sur la même vibration, pour qui veut l’entendre, et c’est bien ce qui nous réunit dans notre quête vers le « Beau ».

Et voilà.

Plus rien n’est hermétiquement cloisonné, tout communique. Une note jouée au bout du monde influe sur la production  et/ou l’écoute d’une autre, au même instant !

The Bad Plus (David Bert)

The Bad Plus (David Bert)

Oui, c’est magique. Et on le sait. Depuis ‘Trane’ et sa quête spirituelle, ou Miles : «  rien de nouveau qu’Armstrong n’ait  dit », toujours ré-actualisée, re-proposée, la réponse c’est l’Amour ; la question n’est jamais anodine.

 

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