Alma Caribe : Gatto/Rodz and friends

Le Caillou, vendredi 15 septembre 2017

Olivier Gatto a de la chance, il a épousé sa muse qui ainsi l’inspire pour ses créations musicales dont la dernière baptisée Alma Caribe. Shekinah Rodz puisque c’est d’elle qu’il s’agit, vient de Puerto Rico cette île des Caraïbes associée aux USA ; ce territoire est aussi appelé la isla del encanto (L’île de l’enchantement) Shekinah en est une preuve vivante et musicale éclatante. Et en plus il paraît qu’elle fait très bien la cuisine de son pays ; vraiment de la chance.

Qui dit cuisine dit salsa et c’est donc à cette sauce aux influences, latines, africaines et locales qu’Olivier Gatto a réarrangé des titres de jazz be bop ou hard bop ou encore de soul pour ce nouveau répertoire. Set list en fin d’article.

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Pour le choix des musiciens, en plus de Shekinah, une première touche d’Antilles avec Francis Fontès le plus guadeloupéen des pianistes bordelais, ou l’inverse, une seconde avec Frantz Fléreau lui aussi de Guadeloupe et percussionniste installé à Bordeaux depuis près de vingt ans et qui pour des collaborations ou des stages de formation parcourt le monde entier. C’est d’ailleurs à New York il y a peu de temps que ce dernier a appris, grâce à un ami batteur commun, l’existence à Bordeaux d’Olivier Gatto ! Le monde est grand et petit à la fois. Philippe Valentine lui apporte son savoir multiple à la batterie comme va nous le confirmer le concert.

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C’est le second concert de la semaine du groupe au Caillou où la configuration d’hiver a été reprise plus pour des affaires de voisinage grincheux que de météo ; encore que ce soir là, toujours en été sur le calendrier, la chaleur de la salle soit bien préférable à la tristesse grise de la terrasse.

A cinq et avec tout le matériel sur la petite scène il a fallu se tasser, je cite Olivier : « 4 congas,1 ka,1 barril,1 drumset,1 upright bass, 1 keyboard, 1 flûte,1 soprano sax,1 alto sax, 2 bells, chimes etc ». Lui a justement pris, une fois n’est pas coutume, sa Silent Bass Yamaha à la taille de guêpe beaucoup moins encombrante que son armoire normande habituelle.

Dès le premier titre, « Think on Me » de George Cables, le ton est donné, avec une telle sauce – une salsa pareille – nous sommes bien chez Shekinah. On ne peut que penser aux malheurs qui viennent de s’abattre dans ces contrées malgré la chaleur pleine de gaîté de la musique. Shekinah éblouit à la flûte ; de toutes les façons Shekinah éblouit toujours, même au piano… de la cuisine.

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« What’s Going On » fait partie du répertoire « classique » d’Olivier Gatto et c’est toujours un bonheur de l’entendre. L’apport des percussions de Frantz est indéniable, il ajoute cette belle couleur afro-latino à ces titres de jazz et quel talent lui aussi ! Le hard bop s’interpose entre les passages « calientes », il est là en fond ne réduisant pas cette musique à du pur latino souvent lassant à la fin. Les qualités d’arrangeurs d’Olivier Gatto on les connaît, on les retrouve ici. Les chorus s’enchaînent et Francis Fontès n’est pas le dernier à prendre son tour ; avec du Herbie Hancock et du McCoy Tyner au programme il est la fête et lui aussi s’arrange avec eux y mettant sa signature antillaise ancrée dans les gênes.

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Que cette musique est belle, chaleureuse, que ces musiciens donnent, partagent avec nous. Une confirmation, mais on le sait depuis si longtemps, Philippe Valentine sait tout faire ; il enseigne la batterie et ses élèves ont bien de la chance d’avoir un professeur qui certes connaît la théorie – c’est un peu le principe du métier – mais qui surtout en maîtrise parfaitement la pratique. Binaire, ternaire ou rythme de samba, il est là.

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Olivier lui quand il joue on se demande toujours où il est, ce soir il ne quitte pas Shekinah des yeux, s’amuse de sa muse. Le son de cette contrebasse est vraiment bluffant même si lui ne l’aime guère le contact corporel et la résonance étant bien différents d’une vraie « doghouse ».

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Shekinah non contente de nous jouer de la flûte, du sax alto, du soprano, chante aussi à la grande surprise de ceux qui ne la connaissent pas ; il y en a encore trop. Mais comme cela est insuffisant elle nous propose des duels/duos magiques aux percus avec Frantz ; et insatiable elle souffle dans ses sax en jouant de la cloche au pied, pas à cloche pied.

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Le public aura du mal à les laisser partir tout comme mercredi pour le même concert au même endroit ou a surgi par surprise à la toute fin Terreon Gully, l’immense – par le gabarit et le talent – batteur de Dianne Reeves qui venait de terminer son concert au Rocher. Terreon fait partie d’une autre formation d’Olivier Gatto, le Spiritual Warrior Orchestra chroniqué dans ce blog en février dernier. Un peu timide Terreon a fini par prendre les baguettes pour étaler toute sa classe.

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Avec Terreon Gully (Photo Dom Imonk)

Si dehors il fait encore plus frais, dans nos têtes et dans nos cœurs la température a monté et pour de longues heures.

Set List :

1. Think on Me (George Cables)
2. What’s Going On ( Marvin Gaye)
3. Phantoms (Kenny Barron)
4. Man From Tanganyika (McCoy Tyner)

1. I Have a Dream (Herbie Hancock)
2. United (Wayne Shorter)
3. Obsesión (Pedro Flores)
4. La Havana Sol (McCoy Tyner)

Encore :
1. Why ( Victor Lewis)
2. Wise One (John Coltrane)

Roger Biwandu invite Camélia Ben Naceur à l’Apollo.

L’Apollo, Bordeaux le 13 septembre 2017.

Pas de jazz à Bordeaux ? Pas hier soir en tous cas ! Pensez donc Dianne Reeves remplissait la 650 au Rocher, Olivier Gatto présentait son nouveau projet « Alma Caribe » au Caillou et pour sa carte blanche à l’Apollo Roger Biwandu invitait la pianiste Camélia Ben Naceur. L’embarras du choix, embarrassant en effet. Par chance Olivier Gatto revient au Caillou ce vendredi, alors pour moi ce sera l’impasse pour la grande Dianne ; mais une équipe d’Action Jazz y était et vous en parlera.

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Roger Biwandu entretenait le suspense depuis quelques semaines sur l’identité de son invitée baptisée pour la circonstance Caramelito. La dernière fois il l’avait appelée Victoria Principal ! Mais nous étions quelques uns à avoir compris de qui il s’agissait car il nous annonçait une pianiste exceptionnelle et des comme Camélia il n’y en a pas beaucoup.

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Un certain Billy Cobham s’en est d’ailleurs aperçu et il en a fait sa pianiste titulaire depuis bientôt dix ans ; elle était avec lui lors de son dernier passage au Rocher. Camélia joue aussi avec les Jazz Paddlers autour de Jean-Marie Ecay et de musiciens de la région – en principe – tous surfeurs. Le batteur bordelais Joris Seguin en fait partie. Il est là ce soir et me parle du grand professionnalisme de son amie Camélia. Le talent certes, il est immense, la passion bien sûr, il suffit de la regarder jouer, mais surtout énormément de travail.

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Perfectionniste aussi jusqu’au bout des doigts comme ces gants de manutention qu’elle met pour ranger son matériel et préserver ses petites mains qui sont un trésor. Et par dessus tout Camélia c’est une boule d’énergie qui donne beaucoup au public et à ses partenaires musiciens, elle est toujours à 200% me dit Joris, il y a longtemps que je m’en était aperçu. Camélia c’est un miracle au piano si on veut faire un mauvais jeu de mots car elle vit à Lourdes où entre deux tournées dans le monde avec Billy elle vient se ressourcer.

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Et donc hier soir elle était la vedette de ce magnifique trio, Roger à la batterie bien sûr et Nolwenn Leizour à la contrebasse. Roger n’est certes pas misogyne mais surtout il aime à s’entourer d’excellents musiciens et d’ami(e)s ; le fait que ce soit des femmes ou des hommes est subalterne.

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Le répertoire est très éclectique, alternant les titres punchy et des ballades profondes. Dans ces dernières l’explosive Camélia est capable de maîtriser sa fougue et de la transformer en délicatesse, de jouer en gouttelettes, de montrer sa sensibilité. Mais elle peut tout à coup en quelques mesures y introduire un groove surprenant. Et là l’entente parfaite avec Roger et Nolwenn est éclatante. Il faut les voir s’écouter, se comprendre, anticiper, marquer des breaks, se répondre.

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Bientôt Roger Biwandu va venir jouer avec un tambourin – mon rêve me dit-il – il a en effet pris ce soir un jazz set minimal, caisse claire, grosse caisse, charley et une seule cymbale. Comment faire tant de choses avec si peu de choses ? Un pied de nez à Camélia et à son patron Billy Cobham qui lui joue avec un vrai show-room ? Les soirs de jazz Roger, je l’ai souvent dit, joue de la musique plus que de la batterie, un régal pour les oreilles et les yeux.

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Nolwenn avec toute la discrétion qui la caractérise est à l’ouvrage, elle finit épuisée. Son rôle indispensable pour l’assise du trio est évident et elle a pris ce soir autant de chorus que certains dans une année. Ses dialogues avec Camélia sous les yeux admiratifs de Roger sont à souligner et leur accolade finale est révélatrice.

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Camélia a elle tenu ses promesses, comme toujours, avec ce bonheur de jouer et d’écouter les autres. Elle aussi a fini épuisée, des crampes dans les poignets de ses quatre mains (!) tant elle a donné d’accords et de triples croches.

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Une idée m’a traversé l’esprit pendant cette soirée, comment tous ces gens qui passent dans la rue entendant et voyant le concert à travers la vitrine de l’Apollo ne prennent-ils pas le temps de rentrer, comment peuvent-ils se priver de tels moments de bonheur…

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Set List

Black Nile (W. Shorter)

Dolphin Dance (Chet Baker)

You the Night and the Music (Arthur Schwartz)

Dindi (A.C. Jobim)

Sing a Song of Song (Kenny Garrett)

 

Caravan( Juan Tizol- Duke Ellington)

There is no Greater Love (Isham Jones)

I Have a Dream (Herbie Hancock)

Anna Maria (Wayne Shorter)

Moment’s Notice (John Coltrane)

Jazz à la maison ; Sophisticated Ladies

Samedi 9 septembre 2017 quelque part près de Bordeaux

Les occasions d’écouter du jazz sont assez nombreuses même si certains pensent le contraire, festivals, concerts, bars… Mais quand on aime vraiment ça, cela ne suffit pas alors on se les invente et au lieu d’aller vers les musiciens on dit à ceux-ci de venir chez soi. C’est l’esprit de Jean-Gabriel Guichard amateur éclairé et trompettiste à ses heures qui pratique cette formule depuis quelques années. Une soirée à la maison avec un concert de qualité, de quoi se restaurer et désaltérer avec modération. Pas une mince affaire à organiser avec une cinquantaine de personnes tout de même à recevoir et entasser dans son séjour. Réseaux d’amis, de leurs amis, il y a même à chaque fois une liste d’attente.

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Il faut dire que la programmation est ici toujours d’une grande qualité et choisie pour un public qui n’est pas forcément spécialiste. Pensez donc, la plupart des présents ne connaissaient pas Action Jazz ! Mais ça y est il connaissent !

Au programme ce soir les Sophisticated Ladies qui invitent Shekinah Rodz. A la tête du trio Rachael Magidson l’américaine de Bordeaux, trompette, batterie et chant, entourée de Laure Sanchez, contrebasse et chant et Paola Vera, anglaise d’origine vénézuélienne, piano et chant.

La portoricaine Shekinah a déjà fait partie des SL dans le passé, tout comme d’autres musiciennes notamment Valérie Chane-Tef ou Nolwenn Leizour, par contre elle n’a jamais joué avec ce trio là ; mais pas d’inquiétude… Elle est venue avec son sax alto, sa flûte et bien sûr sa voix. Vous trouverez des reportages sur Shekinah, Rachael et Laure dans la Gazette Bleue (liens en bas de page).

Pendant que l’apéritif d’accueil se déroule, la mise en place se fait sur la scène improvisée à côté de la bibliothèque ; réglage de la sono légère, accord des instruments, finalisation de la set list, ces dames travaillent.

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Au fait quelle est la différence entre un groupe de jazz féminin et un groupe de jazz normal masculin (je provoque exprès) ? Musicalement aucune. Récemment j’ai eu la chance de voir le Rhoda Scott Lady quartet et je m’étais fait la même réflexion. Et pourtant quelle suprématie machiste dans ce monde du jazz où les femmes sont souvent cantonnées au rôle de chanteuses. Rachael raconte qu’un jour, arrivant avec les SL, on leur a demandé où étaient leurs musiciens…

Le concert va se dérouler en deux sets, et oui il faut bien se nourrir, dans la proximité – pas promiscuité – obligée et si agréable de ce séjour bondé. Cette proximité elle permet en effet de sentir et voir les choses se faire, d’entendre le son naturel des instruments, les cliquetis des clés du sax, le chuintement délicat des balais sur la peau de la caisse claire, le souffle des chanteuses.

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Nous voilà partis dans le New York des années 20 pour le premier titre où Rachael jongle entre sa trompette et sa batterie légère, une prouesse, puis très vite Shekinah vient enflammer tout ça avec son sax alto ; quelle énergie possède t-elle !

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Belle version d' »Afro Blue » chantée par Laure et sa voix veloutée, très légèrement et agréablement voilée.

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Shekinah en profite pour épater tout le monde à la flûte. Au piano je découvre le talent de Paola que je n’avais vu qu’une fois dans l’ambiance bruyante du Molly Malone’s.

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Plus tard après la pause on prendra le « Tea for Two » qui aura plus des airs de Mojito for Two vu le tempo latino qui lui est donné. Une concession à ma remarque sur le genre, quand elles chantent toutes ensemble on se rend bien compte qu’elles ne sont pas des hommes. En les regardant aussi bien sûr !

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Ces quatre filles sont épatantes de talent, Rachael et son plaisir visible d’être sur scène affichant ce beau sourire permanent,

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Paola avec cette classe anglaise et cette délicatesse au chant, Laure toute frêle derrière son gros instrument qu’elle apprivoise avec grâce, Shekinah éblouissante au sax et à la flûte et si passionnée au chant.

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Mais d’où sont elles me demandent des gens ? Mais de Bordeaux, vous les avez là toute l’année, vous pouvez les voir, les entendre presque aussi souvent que vous le souhaitez ! Ne vous privez pas de ce plaisir !

Voilà « Besa Me Mucho » dont Shekinah va déchirer la langueur à grands coups d’alto, Paola et Laure nous offrant des chorus de haut niveau, Rachael cadrant tout cela avec délicatesse aux balais.

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On est bien alors « C’est si bon » et en rappel « Route 66 » au grand dam de Rachael qui voulait ressortir sa trompette. Thank you Ladies, great job !

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Ah oui on allait oublier le dessert ! C’est bien le jazz à la maison ; un seul regret, ce n’est pas la mienne alors il faut reprendre la route qui n’est pas 66…

Un grand merci à toi Jean-Gabriel et à ton épouse !

http://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n20-janvier-2017/

http://www.actionjazz.fr/gazette-bleue-n5/

« Round About Italy » à Sortie 13.

Par Philippe Desmond.

Sortie 13, Pessac le vendredi 1er septembre 2017

Dans le jazz on pratique beaucoup les standards qui, au sens strict du terme, sont avant tout des adaptations de chansons ou d’airs de comédies musicales de Broadway, le Real Book en est le support principal. En musique classique on pratique aussi d’une certaine façon les « standards » la différence étant qu’en jazz leur adaptation en est libre, sacrilège pour la « grande » musique.

Ces fameux standards de jazz ne sont ainsi quasiment que des titres américains ou des adaptations américaines comme pour « Autumn Leaves ». Alors, pour changer, quelle bonne idée a eu William Lecomte de proposer au guitariste italien Lorenzo Petrocca de jouer les titres phares et emblématiques de son pays d’origine ! Lorenzo est installé en Allemagne depuis très longtemps où avec William qui vivait à Stuttgart ils se sont connus. Jens Loh (contrebasse) est lui allemand et Antoine Fillon (batterie) originaire de la Gironde, qui a vécu aussi là-bas depuis vingt ans où il a fait carrière avant de revenir récemment à Lacanau.

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William Lecomte est un pianiste hors pair – en plus de ses propres projets il travaille avec Jean-Luc Ponty depuis dix huit ans – et un très grand arrangeur. Action Jazz a fait sa connaissance lors de sa participation au disque de la chanteuse bordelaise Sophie Bourgeois (voir chroniques sur le blog) ; celle-ci le qualifie d’arrangeur-dérangeur pour parfois sa façon de réécrire les titres de façon inattendue. Cette réécriture est souvent un travers de certains musiciens qui exagèrent leurs arrangements ; j’ai entendu récemment une reprise trop déstructurée de « Fever » par une chanteuse parisienne qu’on aurait ainsi pu rebaptiser « Hypothermia », glaciale… William Lecomte ne fait pas partie de ces gens-là, le respect de l’œuvre originale est toujours là, même si de temps en temps les intros vous font jouer avec plaisir aux devinettes. Le projet « Round About Italy » en est une preuve parfaite.

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Ce vendredi à Sortie 13 – le lendemain ils étaient au Baryton de Lanton – ce magnifique lieu culturel de Pessac où a lieu juste avant le vernissage de l’exposition Lumen , nous avons eu la chance d’assister à un magnifique concert avec des thèmes connus et réadaptés avec talent. Voilà « Parla Piu Piano » du Parrain où dès l’intro en solo on peut apprécier le doigté de Lorenzo Petrocca, le piano prenant le relais puis le géant allemand Jens Loh ajoutant un très bon groove avec un chorus de contrebasse chantonné en même temps.

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« O Sole Mio » habilement traité en Bossa Nova, William faisant briller de mille feux le soleil sur les touches du piano, laissant traîner par ci par là quelques citations. La ballade sirupeuse « Ancora » de la chanteuse de variété italienne Mina est traitée façon groove-rock, Antoine Fillon assurant un tempo binaire décalé par rapport à la version originale ; très habile. « Estate » de Bruno Martino tout le monde la reconnaît, Claude Nougaro l’avait reprise sous le titre « Un été » délicatesse des instruments, un moment de grâce, piano et guitare se partagent le thème en totale complémentarité sous les glissements précis des balais et une douce rythmique de contrebasse. Lorenzo joue de la guitare sans le moindre effet ce qui lui donne ce son simple et chaud à la fois très adapté à ces arrangements. Sur un thème d’Henri Mancini tiré de Pink Panther – mais pas le célébrissime titre – William Lecomte nous joue du clavietta, ce clavier dans lequel on souffle restituant ainsi ce son si particulier à la fois nasillard et mélodieux.

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« Come Prima » bien sûr, démarrée comme un concerto de piano, ce dernier soutenant ensuite le chorus de contrebasse toujours chantonné ; Jens Loh a le chic pour rendre les chorus de contrebasse très intéressants.

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Piccola pause pour picoler nous propose avec humour William ; ce lieu culturel propose aussi un bar et une petite restauration de tapas au demeurant excellents. La salle n’est pas comble mais très bien remplie pour une date un peu spéciale avec la rentrée et le rideau qui se tire sur les vacances.

Pas de musique italienne sans crooner italien, Lorenzo Petrocca qui avoue ne pas être chanteur – avec modestie mais aussi réalisme – se sacrifie pour endosser ce rôle sur un titre de Pino Danièle ; beaucoup de douceur. Voilà le tube enjoué « Volare » au refrain repris par le public, puis l’inévitable « Caruso » ses vagues de piano, ses sanglots de guitare et ses plaintes de contrebasse à l’archet ; très émouvant. Tout cela est très beau, on redécouvre ou découvre ces œuvres légères pour certaines avec surprise et émotion. Ça s’emballe avec une mazurka débutée sur un solo de batterie d’Antoine Fillon au rythme martial, le tempo virant ensuite latino ; de sacrés musiciens, il savent tout faire et très bien !

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Je vous conseille l’album « Round About Italy » sorti en 2017 chez HGBS Blue Records

Merci à ces quatre formidables musiciens, en plus des personnes d’une grande gentillesse, qui nous ont fait passer une très belle soirée en Italie.

 

http://www.roundaboutitaly.eu/

http://www.sortie-13.com/

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La Gazette Bleue N° 24 vient de sortir ! Spécial UZEB, Festivals d’Été, Cuba et plus !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°24 • Septembre 2017

Bonjour à tous ! Voici la Gazette n° 24 qui ouvre avec Uzeb, le retour au Rocher de Palmer en juillet dernier. Spécial Festivals de l’Été, mais aussi Cuba et le Jazz, des interviews, des chroniques CD, l’agenda etc… Bref, une riche rentrée musicale !

Bonnes lectures !

Le nouveau Tom Ibarra Group en studio.

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Depuis maintenant plus de deux ans Action Jazz suit de très près la carrière du guitariste Tom Ibarra. Installé dans la région depuis quelques années, à Bergerac exactement, il fait partie de ces musiciens locaux et régionaux que notre association a pour but de mettre en avant. Mais il est vrai qu’avec lui et son entourage d’autres liens se sont tissés. C’est donc depuis pas mal de temps déjà que nous savions que sa carrière allait prendre un tournant. C’est déjà Alain Piarou le président et créateur d’Action Jazz qui avait mis en rapport Tom avec le batteur Pierre Lucbert devenu maillon essentiel du groupe. Ils étaient faits pour se rencontrer. Mais là le changement est plus profond, le quartet devenant quintet avec trois nouveaux membres. Jean-Marie Morin le bassiste historique et Christophe de Miras qui avait rejoint le groupe fin 2015 partent vers leurs propres projets, sans amertume, mais par choix de vie. Place aux jeunes, pensez donc ils sont à peine quadras ces deux derniers !

C’est au studio d’enregistrement Cryogène de Bègles que nous faisons connaissance avec le nouveau Tom Ibarra Group, le TIG. Ils sont là pour dix jours à enregistrer le deuxième album de Tom avec Guillaume Thévenin à la console. Neuf compositions originales du guitariste.

Faisons connaissance avec les petits nouveaux.

A la basse Antoine Vidal, 22 ans, un parisien rencontré là-bas par Tom lors des jams du Caveau des Oubliettes. Possédant son propre projet de jazz fusion, le groupe Ishkero, Antoine a de suite accroché avec Tom . Lors des sessions d’enregistrement, il est force de proposition quant aux arrangements et musicalement il possède déjà une belle expérience qui s’entend, maîtrisant aussi la technologie et les effets électros.

Aux claviers, natif de Tourcoing, Auxane Cartigny, 21 ans, une pépite selon certains. Piano classique à l’âge de 7 ans, puis percussions, le jazz spontanément vers 12 ou 13 ans en écoutant des disques puis des prix de jazz et classique ; il vient d’achever avec succès son cycle de trois ans au Centre des Musiques Didier Lockwood où il a rencontré Tom Ibarra qui lui vient de finir sa première année. Il compose aussi pour son propre trio de forme classique, piano, contrebasse, batterie.

Au sax ténor et ça c’est quand même une grosse nouveauté, Jeff Mercadié originaire de Nérac en Lot-et-Garonne où il a commencé la musique avant de poursuivre à Marmande puis en licence au Mirail et en DEM à Montauban. Lui aussi achève son cycle au CMDL. Déjà bien âgé, 27 ans (!) , il mène des projets, funk et salsa, et a monté un quintet de jazz moderne pour lequel il compose. Lui aussi apporte ses idées à Tom pour les compositions.

L’idée du sax est venue à Tom pour étoffer le son du groupe et, attitude pas égoïste du tout, pour créer un contrepoint, une complémentarité avec la guitare. De fait à l’écoute des premières maquettes la différence avec le précédent album et même ses évolutions est flagrante. Un son plus frais, plus jazz, vraiment un univers différent.

A la batterie bien sûr on retrouve Pierre Lucbert, 21 ans, qui vient d’achever ses études de musique et se lance dans le grand bain. Il est devenu un maillon essentiel du groupe de part sa technique, son apport rythmique et son groove.

Tom Ibarra bientôt 18 ans, et oui il va finir par vieillir lui aussi, a donc composé neuf titres, il y travaille dur depuis janvier en parallèle avec ses études au CMDL. L’école leur a d’ailleurs mis des locaux à disposition permettant au groupe de nombreuses sessions de répétition, gain de temps – et d’argent – inestimable pour le passage en studio.

Il faut voir travailler ces jeunes musiciens pour voir le soin qu’ils apportent à leur création ; pas un détail ne leur échappe et le moindre pain, voire la moindre imperfection, provoque aussitôt à la réécoute un chambrage en bonne et due forme.

Car ils s’entendent comme larrons en foire et si tout se passe très sérieusement il règne aussi une très bonne humeur dans le studio. Ils y habitent dans un joyeux capharnaüm pour la durée de l’enregistrement. Mais ils travaillent et aujourd’hui ils avaient même un jour d’avance sur le planning, 4 titres en 3 jours.. Ils commencent déjà à ressentir la fatigue car quand on est méticuleux comme eux il y a une tension et une attention permanentes qui finissent par ronger votre énergie. Mais ils sont jeunes et vu ce qu’ils avalent à table ils devraient tenir.

Le CD est prévu à la vente pour le mois de décembre et sa release officielle aura lieu en mars. En attendant deux concerts du nouveau TIG sont programmés le 6 octobre au Sunset à Paris et le 13 octobre au Club House (ex CdJ)   à Bordeaux . Action Jazz vous tiendra bien sûr au courant mais le résultat vaudra le coup d’après les premières écoutes brutes avant mixage.

« Round About Italy » bientôt à Sortie 13

Par Philippe Desmond

Le vendredi 1er septembre aura lieu à Sortie 13 un concert de jazz original avec des musiciens d’exception. Le projet « Round About Italy » a été initié par le pianiste William Lecomte lors d’une discussion avec le grand guitariste Lorenzo Petrocca, italien d’origine mais installé en Allemagne depuis sa jeunesse. Pourquoi ne pas monter un projet autour des musiques et des chansons connues représentatives de l’Italie, il y a de quoi faire. Chansons traditionnelles, musique de films…Banco !

Jens Loh contrebassiste allemand et Antoine Fillon (rien à voir avec l’autre) batteur originaire de Bordeaux où il a appris l’instrument à l’école Agostini et installé en Allemagne, complètent ainsi le quartet.

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William Lecomte en plus d’être un grand pianiste a des talents certains d’arrangeur. Nous le connaissons à Bordeaux pour son travail avec la chanteuse Sophie Bourgeois dont la Gazette Bleue et le Blog Bleu se sont fait l’écho. Son rayonnement va bien au delà, n’est il pas depuis 18 ans le pianiste attitré de Jean-Luc Ponty !

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Et quelle nouveauté de changer un peu, même beaucoup, des standards habituels mais avec des airs que nous connaissons tous. « Caruso », « O Sole Mio », « Volare », « Come Prima », « Parla Piu Piano » du Parrain… Certains arrangements surprises vous donneront un doute un moment sur la nature du titre sans pour autant trahir les airs originaux.

Cette musique est faite pour tous les goûts, les amateurs et puristes de jazz et tous les autres. Du swing, de la bossa, plein de couleurs sur cette musique italienne déjà si particulièrement agréable. Italien ou pas, il ne faut vraiment pas rater ça.

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https://www.facebook.com/round.about.italy

https://www.youtube.com/watch?v=W-0EBAuggSw

 

Un événementDruck

Gypsy Festival à Salles : jour #2

Par Stefani STOJKU ; Photos : ©Philippe MARZAT

Salles, Dimanche 20 Août

L’ambiance est calme sous un soleil bien présent. Le marchand de glaces à la plancha s’installe, et c’est au compte-gouttes que et les festivaliers commencent doucement à montrer le bout de leur nez. Pas de quoi s’étonner, la chaleur se fait sentir, le soleil brûlant sur les chaises.

GYPSY COOKER

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Les chaises sont encore vides lorsque le premier groupe de la journée se met en scène. Qu’importe ! Les GYPSY COOKER nous proposent d’entrée un menu bien garni, servis d’enthousiasme et de grands sourires. Le ton est lancé : du swing ! Du swing et de l’amour ! De la tendresse et de la bienveillance pour Hagop DEMIRDJIAN, au chant et à la guitare, ainsi tel se veut l’atmosphère de ce beau dimanche.

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On salue particulièrement la performance du violoniste qui nous traîne et nous entraîne jusqu’au dernier souffle « Korobeiniki ».

SWING DELUXE

Hagop DEMIRDJIAN : Chant, Guitare

Agnès Duteil : Accordéon

Fanny Cabaret : Contrebasse

Et ça continue côté Swing avec ce groupe de musiciens parisiens mené par, maintenant familier, Hagop DEMIRDJIAN. Petit plus, l’accordéoniste, Agnès DUTEIL qui berce les morceaux, alternant valse et swing à coup de « Sweet Sue», « Tutti frutti », « Indigo » ou encore « La vie en rose ».

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Le soleil commence doucement sa descente au son d’une accordéoniste, décidément enflammée.

« Stay with me, swing with me » est un appel au public qui y répond plutôt bien !

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Et pourquoi pas nous surprendre avec un petit jazzy- Oh, oobee doo-swing « I want to be like you », car oui, ils l’ont fait et ils ont réussi !

LES GOSSES DE LA RUE

Arno Berthelin : Flûte traversière

Nicolas Frossard : Violon

Robin Dietrich : Guitare rythmique

Nicolas Bombard : Guitare solo

Franck Richard : Contrebasse

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Cinq musiciens : une harmonie

Une lumière sur ces cinq copains d’humeur festive mais d’une concentration incroyable. Les Gosses de la Rue, ceux sont tout d’abord des Bordelais (enfin quatre d’adoption) dont la passion réunit leur style et background distincts, chacun apportant son cosmos !

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Qualité de jeu impressionnant, entre grands standards et compositions persos, c’est sur « Amsterdam » de Jacques BREL que le groupe nous propulse directement dans les étoiles ! La performance d’Arno BERTHELIN, incroyable musicien comme possédé par son instrument nous laisse en suspens, subjugués par son ardeur. De là, s’enchaînent morceaux aussi intenses que déchirants.

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Intense est le mot pour décrire l’interprétation du violoniste Nicolas FROSSARD, tout simplement sublime, notamment sur « Phantom House » ou sa rapidité et dynamisme paressent presque comme irréel. Oui, madame, monsieur, mon cœur bat et il n’est pas le seul.

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Un groupe qui fait son show, propre et haut en émotions.

Ninine GARCIA

Ninine GARCIA : guitare

Eva SLONGON : violon

Mondine GARCIA : guitare

Le dernier et non pas le moindre de ce festival : Ninine GARCIA, accompagné de sa violoniste Eva SLOGON et de son neveu Mondine GARCIA à la guitare.

Ninine GARCIA, nous offre une musique comme il n’en existe aucune autre.

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Quelques classiques joués mais surtout et essentiellement des compositions du maitre comme « Paquito », « Caporal swing » ou encore « 1940 ».

Eva, la violoniste y pose même ses mots, de sa voix fragile et printanière sur des titres tel que « Eva Swing » ou encore le célèbre « jardin d’hiver ».

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La nuit est noire et sous une pluie de remerciements et applaudissements, ce beau weekend se termine, sous les mérites de Michel LEMISTRE, sans qui, nous n’aurions pu répondre à une telle invitation musicale.

Verdict : A peine partis et déjà impatients de revenir ! Vitement l’année prochaine !

 

Gypsy Festival à Salles : jour #1

Par Stefani STOJKU, Photos : ©Philippe MARZAT

Salles, samedi 19 Août

Un autre festival de jazz… de jazz, oui, mais du gypsy jazz s’il vous plait !

Pour sa 2ème Edition, ce festival entièrement dédié au jazz manouche nous offre une programmation de charme et de merveilleuses promesses.

A SALLES, au beau milieu des Landes girondines, cette petite commune nous accueille au sein de son château, construit à la fin du XVIe siècle. Un peu à l’abandon mais aux prestations de pierres apparentes et boiseries vieillies, ce lieu offre un cadre idyllique, champêtre et apaisant.

Bottes de foins, tracteur et puits au fond du parc, le décor est planté et la scène se dresse fièrement au-devant du château sous un soleil donnant.

DJANGOPHIL

Jean-Michel BOURDIER : Guitare

Patrick PUECH : Contrebasse

Michel ALADJEM : Violon

Billy REINHARDT : Guitare

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Le premier groupe à ouvrir le festival n’est autre que DJANGOPHIL, quartet composé de deux guitares, une contrebasse et un violon. Indéniablement imprégné du grand Django REINHARDT, un des guitaristes les plus respectés et influents de l’histoire du jazz, DJANGOPHIL nous balade à travers ses œuvres ainsi que quelques interprétations de classiques voués au succès.

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Et quelle belle ouverture ! Beaucoup d’humour et du Django REINHARDT à la carte, ils nous entrainent au son des cordes et d’un violon endiablé dans un somptueux morceau en mode « Blues en Minor ». Revisitant des classiques de Django REINHARDT « Django Tiger », au « Smile » de Charlie CHAPLIN, osant même la belle bossa de Dorado SMITH, ce quartet nous emporte dans son univers bien à lui.

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L’ambiance est au rendez-vous et c’est avec un hymne aux Tziganes « les yeux noirs » que ce jazz band plein de joie conclut son show.

RIX’TET

Joris SEGUIN : Caisse claire

Pascal FALLOT : basse

Joachim MONTBORD : guitare

RIX : Chant, Guitare

Jerôme DUBOIS : Trompette

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Swing et balades des années 50 mis à l’honneur, c’est ainsi que Rix’tet prend place, guidé par la voix délicieuse d’Éric DELSAUX, dit RIX, Jérôme DUBOIS à la trompette, et les musiciens Joris SEGUIN, Pascal FALLOT et Joachim MONTBORD respectivement à la caisse claire, basse et guitare.

Le public est sous le charme et se surprend à chantonner, claper des mains, sourire aux lèvres.

Une set List accessible et idéale pour un voyage musical de rêve : la « Sweet Lauren » de Nat King Cole, le fameux « Ring Ding Ding » de Sinatra, ou encore le mélancolique « Back to black » d’Amy WINEHOUSE.

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Une corde casse à la guitare mais sans souci, RIX’TET rebondit sur un dynamique « Put it on the Ritz » de Fred ASTAIRE.

Lovers, crooners, les dames fondent à l’écoute de « Embraceable me » et « I got you under my skin », les hommes eux s’évadent sous un « Froggy day in London ». Bref, un moment totalement Oldies 50’s pour un public comblé.

Adrien MARCO TRIO

Adrien Marco : Guitare

Adrien RIBAT : Guitare

Maxime IVACHTCHENKO : Contrebasse

Adrien Marco Trio - Copie

Après une pause paella et quelques rafraichissements, c’est à 21h que le show reprend. La nuit est tombée et les lumières donnent à la scène une toute autre ambiance.

Couleurs velours et brise fraîche, le trio Adrien Marco s’installe.

Adrien Marco Trio, c’est tout d’abord Adrien MARCO, jeune autodidacte de 30 ans, tombé en amour avec le jazz manouche, le jazz dit de « DJANGO ». A ses côtés, Adrien RIBAT à la guitare et Maxime IVACHTCHENKO à la contrebasse. A eux trois, ils s’imposent avec une réadaptation de « Jardin d’hiver » et en quelques minutes hypnotisent toute l’audience, nous compris.

Adrien Marco - Copie

Véritable coup de cœur, nous découvrons alors un virtuose de la guitare manouche, ses doigts courant sur les cordes à grande vitesse et battant au rythme d’un cœur à vive allure. Un jeu de lumières surprenant et des mélodies d’un accord parfait qui repend leur amour du Gypsy Jazz, imprégnant chaque morceau d’une signature proprement singulière. Improvisations et complicité sur scène, le temps s’arrête pour un instant et le concert prend fin laissant le public en émoi.

Rodolphe RAFFALLI

Rodolphe RAFFALLI : Guitare

Sébastien GASTINE : Contrebasse

David GASTINE : Guitare

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Pour clôturer ce premier jour de festival, qui d’autre que le grand Rodolphe RAFFALLI !  De tradition manouche à des influences sud-américaines ou classiques, ce guitariste reconnu pour son éclectisme, s’assoit silencieusement sur sa chaise.

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Avec les frères David GASTINE (guitare) et Sébastien GASTINE (contrebasse), ils nous font partager des moments à la « BRASSENS » et nous emmènent dans le monde d’Edith PIAF façon RAFFALLI avec « Paname », « Milord » puis « La foule », titres enregistrés sur leur dernier album.

Grand moment et beau partage. Et il reste encore une journée !

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La nuit insoliste, Uzeste

Par Alain Flèche, photos Alain Pelletier

Samedi 19 août 2017, soir

Soirée de clôture de la 40ème édition du festival artistique d’Uzeste. Le concept est une promenade, plus ou moins guidée, autour du village, avec musique, acteurs, pyro, et plein d’autres trucs ! Je ne promets pas de ne pas en oublier, ni de les avoir tous reconnus, ni de raconter dans l’ordre. Mais quel désordre (l’ordre moins le pouvoir !). Au coin d’une place, d’un bois, d’une rue… nous croiserons :

Jérôme Rouger, Jacques Bonnafé, Gilles Defaques, Raphael Quenehen, Sylvain Darrifoucq, Valentin Ceccaldi, Fabien Gaston-Rimbaud, Léa Monteix, le parti Collectif, Laure Duthilleul, François Corneloup, Gael Jaton, Polo Athanase, Nenetto, Alys Varasse, les “Imaginasons” de Patrick Deletrez, Fawzi Berger, le Scrime…

Rendez-vous dans le parc, accueilli par des sons synthétisés par ordinateur. Toute proche, une scène. Sketch sur la relation acteurs-auditeurs,  le 1er rang est responsable du résultat du show, en ce qu’il filtre et réagit sur les informations, soit en les acceptant, soit en faisant écran. Je pense, dorénavrant,  éviter ces places, pourtant tentantes. En fin de diatribe loufoque (et otarie on a ri), à grand renfort de gestes genre “hôtesse de l’air  jouant des bras et des mains pour diriger les voyageurs en cas de…”, le public est séparé en deux énormes groupes qui se dirigeront dans des directions différentes. Avons nous tous vu les mêmes intervenants ??? Quoiqu’il en soit, on y va ! Des lumières, des feux partout, dans les bosquets, près de la rivière, des chants, des textes dans des endroits improbables.

En fait, dès la seconde “vraie” intervention, nous nous rendons compte que nous sommes bien plus nombreux que prévu, et tant pis pour ceux qui traînent la patte, ils ne  verront ni n’entendrons tout de ce spectacle sans cesse enchaîné et renouvelé. Sax et mandoline dessous un petit pont, musiciens en mouvement, notes furtives, tambours au loin. Des relents de musique jouée ailleurs, un violoncelle devant nous accompagne les sons diffus. Nous avançons, des rythmes créoles se précisent. Juste des voix. Du “bélé”, chanteurs cachés dans les taillis, des lampes suspendues aux arbres agitées par des mains invisibles, lumières et ombres qui se confondent. Au bout du parc, une impasse. Un mur, un oeuvrier nous apostrophe, nous encline à lire, à hurler tous, le graffiti inscrit sur le mur : “complot commun” ! Puis mouvement général droit sur le mur… en cartons, qui seront érigés plus loin, au milieu d’un délire de sons, de bruits, de musiques, de textes, où tous se demandent ce qu’ils doivent faire… mais ils le font, dans tous les sens, gloire à l’insensé !  ! Une vingtaine de tambours, caisses, percussions, crécelles et autres emmènent maintenant le troupeau, tel le joueur de flûte de Hamelin. Tous semblent être dépassés par cette marée (où on se marre bien), mais, bon enfant, elle joue le jeu au milieu des multiples feux de joie, d’artifice, follets, qui s’illuminent à chaque instant. Sur un pré, des lettres géantes : 40 ESTEJADA DE LAS ARTS… enflammées ! Tambours toujours. À l’angle d’une rue, fenêtre allumée à l’étage. Solo d’une guitare libérée de codes. Arrive une grue charriant une palette, dessus : une batterie qui donne la réplique à la gratte bis are.

On reprend la route. Tambours, feux, des instruments parcourent en courant la longue procession. Croche-pied pour la pensée qui n’a que faire ici. Il suffit d’être, pour ne pas s’emmêler les oreilles. L’instinct ! Le lâcher prise du connu est de rigueur pour ne pas trébucher sur des idées reçues, ou fixes, en tous cas inutiles ! Autre fenêtre : une jeune femme récite, plein de charme, un texte-manifeste magnifique du grand poète  gascon Bernard Manciet  . .  Pas loin, une batterie explose de joie. Un solo plein de fougue, de feux qui éclairent Louis, ricochent en même temps que les baguettes sur les cymbales. Encore des feux, des sons éparses partout, des cris, des rires, et nous arrivons en face de “l’Estanimet” où nous attend un piano, monté sur des palettes, des bougies se balancent au-dessus. Le grand Maitre d’ici officie. Bernard Lubat nous gratifie d’une aubade flamboyante en guise d’au-revoir. Tout doit se finir en chants et danses. C’est l’heure du bal. À la bonne heure ! Pas de risque de fausse note, ce n’est pas du “baloche” de banlieue ! On est chez les grands là. Alors, rien de moins que le fabuleux groupe nantais pour faire se dandiner les ours en goguette, refusant d’en finir avec la fête. Et c’est donc les musiques de Papanosh que nous emporterons dans les oreilles comme dernières fleurs de ce bouquet de bonheur que nous a offert ce festival, dernier grand bastion artistique contre la bêtise généralisée. Vivement l’année prochaine !